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Jacques Martin (II) (Traducteur)
ISBN : 2702135862
Éditeur : Calmann-Lévy (17/12/2004)

Note moyenne : 4.4/5 (sur 29 notes)
Résumé :
4ème de couverture :
« Mais il semblait que, derrière le grand incendie du ciel, il vit quelque chose : il voyait ce qui chaque soir s'était révélé à lui plus nettement Peut-être pouvait-on appeler cela l'éternité de la vie. »

Ce grand ciel embrasé qui sert de toile de fond à Missa sine nomme, c'est l'Allemagne vaincue de 1945, l'Allemagne « année zéro » qui survit dans les décombres.

Dans un château dont il a hérité mais qui e... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (3) Ajouter une critique
nelly76
26 avril 2017
C'est sur le Larghetto , concerto pour piano n°27 dit "l'ultime " de Mozart, que j'essaie d'écrire ma critique de Missa sine nomine.
Je dis bien, j'essaie car il y aurait tant et tant de phrases à écrire concernant ce sublime roman d ' Ernst Wiechert.

Sur la croupe montagneuse dominant la forêt de Thuringe et le Vogelsberg, il y a une bergerie entre une maigre pinède et un marais:c'est le seul bien qui reste aux trois barons de Liljecrona après le règne du nazisme et de sa défaite par les alliés. Trois frères surnommés le triptyque, tant ils étaient inséparables et indissociables dans leur jeunesse; triptyque aussi lorsqu'ensemble, ils se mettaient au violoncelle et enchantaient le village lors d'un concert, mais c'était avant.Avant la seconde guerre mondiale où là leur monde va exploser.
Aegide et Érasme fuiront la guerre, l'exode leur sera pénible et Érasme à son retour sera "rongé " par ses souvenirs d ' exode. Quant à Amédée, personnage central du roman, dénoncé par son garde forestier "Pro-Hitlerien", il passera par "les portes de l'enfer", interné 4 ans dans un camp de concentration et d'extermination. Et le roman commence par son retour, lui que l'on croyait mort, arrive sous les armoiries en piteux état de son château occupé par les Américains. N'étant plus pour le
moment propriétaire, il se refugie dans leur ancienne bergerie, où là il va retrouver , vivant ses deux frères. Et tout le récit, va nous raconter ce retour progressif à la vie.C'est au travers cette symbolique entre Amédée et le Christ , qu ' Ernst Wiechert va nous entraîner. Toute la lutte du Baron Amédée, aidé par son fidèle serviteur cocher, Christophe, nous sera décrite avec une telle force, un tel lyrisme que j'en ressors , comme à chaque fois, à la lecture d'un roman d ' Ernst Wiechert, sans voix, sans mots , et que je dois laisser retomber la pression avant de pouvoir écrire mon ressenti , si tant est qu'on peut décrire une telle oeuvre!!
Au travers les mots, les pensées du Baron Amédée, nous imageons bien l'Allemagne Nazie, vaincue, d'après guerre. Au début , ses nuits sont peuplées de cauchemars, il se refuse au contact des hommes , se réfugiant dans sa pitié , pitié retournée d'abord sur lui-même ( voir citation:-" M.Le Comte ne doit pas tant penser à lui, dit Jacob en se levant, ni croire qu'il doit porter le poids des morts sur ses épaules, le Dieu de justice est là pour porter le poids des morts et il n'a pas invité M.Le Comte , ni moi à l'aider") avant que d'être dirigée vers les autres pour que les autres sachent où tourner leur regard, quand il fera nuit et que la nuit noire ne les effraie plus, mais au contraire soit source de joie.
Et petit à petit, nous verrons Amédée se régénérer progressivement au contact de la nature, des éléments et des "vérités essentielles" qui lui permettront d'accéder au bonheur, à la sagesse par le pardon et le détachement "avec la grâce efficiente d'un sacrement".
Nous suivrons aussi la "reconstruction "de ses frères, Aegide qui se mariera avec une femme sincère et aimante qui lui donnera un fils.Erasme, lui , aura moins de chance, et devra faire annuler son mariage, car ils découvriront que sa femme n'est pas divorcée, comme elle l'avait dit, et a un passé très trouble.Le pasteur Wittkoop, qui n'a pas de soutane, et qui du matin au soir, fourche à la main
amoncelle de la tourbe pour que les villageois se chauffent l'hiver; sa compagnie sera précieuse et déterminante pour le retour à la vie d ' Amédée, et le "jeune femme "Barbara sera sa plus belle réussite dans sa renaissance.
Un livre d'une beauté et d'une profondeur à "couper le souffle", comme le reste de son oeuvre qui je le déplore encore une fois, est si méconnue et qui demanderait à être beaucoup plus étudiée. A CONSEILLER CHALEUREUSEMENT♡♡♡♡♡.
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GrandGousierGuerin
10 janvier 2016
Un monde de cruauté, de terreur a disparu laissant dans sa fuite des traces de cendres et de sang. Il faudra du temps pour reconstruire ces villes et ces paysages mais encore plus les coeurs.
Le long du chemin avance un homme habillé de l'ancien uniforme des réprouvés. A sa vue, les passants sont surpris puis saisis d'effroi en reconnaissant cet homme qu'on croyait mort, dont la mort aurait simplifié les choses et dont la survie est perçue comme une accusation de leur lâcheté d'avoir accepté ce que l'homme avait combattu.
Ce chemin le mène devant un portail monumental surmonté d'un blason en partie brisé. Derrière se trouve la demeure de ses ancêtres, de son enfance qui est réquisitionnée pour l'heure. Point de place pour lui ici. Il poursuit donc son chemin en direction des marais, vers la maison du forestier où il retrouve ses deux frères, connus auparavant comme les trois petits barons, inséparables et possédant un talent remarquable en musique qu'ils mettent en pratique dans l'étude de fugues au violoncelle.
A chaque frère revient un mérite, un don qu'il mettra en oeuvre pour sauver leur peuple, leurs gens, leur offrir la rédemption même s'ils doivent pour cela être trahis, battus et laissés pour mort.
Point ne sert de poursuivre le résumé de ce récit car il n'est qu'accessoire à la mise en valeur symbolique de la rédemption où seule la nature reste sans tâche, pure notamment dans l'austérité des marais.
Roman riche en symbole sur la rédemption d'une Allemagne nazie au lendemain de la défaite, c'est un livre à lire, qu'on se doit de proposer aux autres en cadeau ou en lecture commune.
Et je m'interroge à savoir pourquoi ce roman n'a finalement que peu d'écho dans mes amis lecteurs, pourquoi il est si difficile de le trouver en librairie, pourquoi ne fait-il pas partie des indispensables sur le sujet ?
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JAsensio
05 mai 2011
Sans doute faudrait-il, à celui qui, angoissé ou bien railleur, nous demande ce que peut, encore, la littérature, se contenter de tendre un exemplaire de Missa sine nomine d'Ernst Wiechert. Ce roman, le dernier de l'écrivain, publié en 1950 (1), semble émettre, à notre époque de bavardage, de vitesse, de meurtres anodins ou de masse (mais également anodins dans leur caractère technique, industriel), de catastrophes et de ténèbres rampantes, une étrange lumière, crépusculaire, torve peut-être, salvatrice toutefois. La littérature, du moins quand elle est grande, plutôt que de nous offrir quelque consolation illusoire, cette drogue pour jeune fille, peut nous intimer l'ordre de nous tenir debout face à celui qui nous met en joue. Ce n'est sans doute pas le moindre paradoxe de cet office sans nom qu'est le très beau roman de Wiechert de nous appeler sans hésitation et nous commander de nous lever pour faire face. Nous appeler par nos prénom et nom, pas pour défier les bourreaux par une force, supposée juste, opposée à une autre force, sordide et malveillante, mais nous appeler pour nous ordonner de sortir de notre caveau où, pensions-nous comme un malheureux Ugolin prisonnier d'une bibliothèque, les pages des meilleurs livres étaient une chair peu nourrissante. Toute oeuvre d'art réelle est, pardonnez-moi ce mot aussi laid que long, résurrectionnelle ou, pour le dire d'un autre auquel Jean Cayrol donna une beauté inquiétante, nocturne et peut-être, on nous l'a suffisamment répété, interdite après Auschwitz, lazaréenne.
Lien : http://stalker.hautetfort.co..
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Citations & extraits (27) Voir plus Ajouter une citation
nelly76nelly7623 avril 2017
...Amédée se leva en souriant et posa des partitions sur le pupitre.
--Cela me ferait plaisir , dit-il , de jouer avec vous 《l'ultime》.
Ses frères le regardèrent , puis ils obéirent. Ils se rappelaient tous deux ce que l'《 ultime》 désignait dans leur langage.Il y avait plus de dix ans qu'ils ne l'avaient joué.
L'《 ultime》 était le larghetto du dernier concerto pour piano écrit par Mozart. Amédée l'avait transposé pour leurs instruments. Ce n'était qu'un moyen de fortune , mais il lui avait semblé que ce qui était immortel restait immortel, même si on ne le jouait que sur une feuille de tilleul.
A ses yeux c'était la suprême réussite d'un homme que le doigt de Dieu avait touché. Ou d'un homme qui essaie de parler tout bas avec son Dieu.Cela ne pouvait s' écrire que lorsqu'on croyait voir pour la dernière fois le soleil couchant, sous les premières ombres des dernières ténèbres, mais il fallait que la rougeur du soir fût plus forte que l'ombre.
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nelly76nelly7623 avril 2017
Ce qui émouvait le plus les femmes, c'était qu'il avait remis des yeux tout neufs à la poupée qu'on appelait la《 poupée aux yeux d'or》.Il avait prié Jacob de trouver , dans ses nombreux voyages, deux yeux de verre de poupée, jetés au rebut, et il les avait posés lui-même à la place des yeux d'étoffe jaune à moitié défaits. Il n'avait pas voulu que les anciens yeux lui rappelassent un passé effroyable, et il avait eu l'impression que toute la vie des chaumières du marais se transformerait, si la 《 poupée aux yeux d'or 》 avait des prunelles nouvelles.
--Oui, dit-il en caressant les cheveux de la petite fille ravie, maintenant elle a triomphé de tout.Du typhus et de la cécité. Maintenant elle a le coeur gai, et tu vois comme les bougies se reflètent dans sesyeux.Elles ne se reflétaient pas dans les autres.
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nelly76nelly7623 avril 2017
.....Et maintenant les deux enfants étaient couchés côte à côte, dans leurs petites corbeilles de jonc, que la 《 Jeune femme》 avait tressées. On eût dit que les sombres flots des années les avaient poussées dans les roseaux du rivage et qu'on les avait recueillies et portées sur la terre ferme.Ainsi qu'il était dit dans la bible.Et tout ce qui leur était arrivé par ailleurs était aussi simple que dans les temps bibliques.La colonne de feu dans la nuit et les flots mortels qui s' écartaient devant eux.Et maintenant la petite flamme dans la cheminée, cet élément consolateur et impérissable, et la neige qui
tombait sans bruit sur le toit de roseaux. Le vieux temps éternel, qui avait vu surgir et crouler les grands empires et, sur le fond obscur de celui-ci, ces petites gens qui s' étaient remis à extraire la tourbe et à abattre les arbres.Qui recommençaient au commencement, alors que les maîtres du monde ne savaient plus où ils devaient commencer, ni où ils devaient finir.
Alors les trois frères accordèrent leurs instruments et levèrent leurs archets, comme s' il ne s' était pas
passé quarante ou cinquante ans, comme si ç'avait été hier.Et comme si les 《 trois érables》 se dressaient encore 《 sur le Niémen, sur l'autre bord》.
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nelly76nelly7624 avril 2017
Et le baron Amédée, laissant sa main glisser sur les cheveux humides de rosée de la 《 Jeune femme》 agenouillée, et ses yeux se pénétrer du spectacle grandiose du couchant, croyait voir ce que voyait peut-être cet homme au bord du marais: l'éternité de la vie.
Ce n'était pas le nom qu'il lui donnait, et ses lèvres n'ébauchaient pas un mot pour le désigner. Mais son coeur battait avec tant de calme et de certitude que ce devait être le terme juste.
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nelly76nelly7621 avril 2017
Et ce soir même, il avait saisi son archet, il avait joué, alors qu'un an plus tôt, il s' était contenté de refuser d'un geste.Et à présent, il était assis devant sa cheminée, les cheveux de cette fille reposaient sur ses genoux et, quand il les regardait , ses yeux ne les transperçaient plus, comme un simple miroir , ils les pénétraient jusqu'au coeur , et semblaient leur dire: 《 Soyez gais aussi longtemps qu'il nous est encore donné de l'être.》
Ses frères avaient ce qu'ils n'avaient pas encore possédé l'année précédente, un château ou un domaine, et une épouse qui attendait un enfant.Mais lui ne possédait rien de plus que cette chambrette, sous ce toit de roseaux le pain qu'il rompait, l'âtre qui le chauffait.Il possédait moins qu'eux , mais ii, était satisfait.Il voulait rester parmi eux et ne songeait plus à les quitter.Il était leur maître, comme il l'avait toujours été. Si l'un d'entre eux devait tendre la main pour implorer une aide ou un réconfort, c'était vers lui qu'il la tendrait.Il etait unphare dans leur ténèbres.
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