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EAN : 9782268006192
331 pages
Éditeur : Les Editions du Rocher (01/12/1987)

Note moyenne : 4.2/5 (sur 5 notes)
Résumé :
Dans cet ouvrage magistral, Ken Wilber se met en quête d’une théorie intégrale de la conscience.
Il y est question de science, de philosophie, de psychologie et de spiritualité. Ken Wilber s’efforce de voir comment toutes ces disciplines peuvent s’agencer de façon harmonieuse.
Dans ce livre absolument nécessaire pour qui s’intéresse à la psychologie et à la non-dualité, Ken Wilber forge quelques-uns de ses concepts fondamentaux.
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
colimasson
  28 mars 2018
J'attendais ce livre depuis longtemps. Nous ne vivons pas vraiment, pas encore, dans un monde sans dieux ni absolus. La fatigue, c'est d'entendre déblatérer à ce sujet en invoquant les nouvelles divinités des sciences physiques ou humaines. Ken Wilber appelle ça des erreurs catégorielles. D'une manière assez simple, on peut définir l'erreur catégorielle par l'exemple suivant : « La religion essayait d'être scientifique, la philosophie tentait d'être religieuse, et la science s'efforçait d'être philosophique — et toutes faisaient en conséquence fausse route ».

En avançant sur ce terrain, il faudra renier un grand nombre de ces tentatives laborieuses qui ont été faites en vue de définir un nouveau paradigme qui serait total -du genre le paradigme qui permet de rendre compte de Brahman ou de Dieu par la hausse du taux de sérotonine dans le corps. Oui, on se rendra compte que l'homme a toujours eu des ambitions démesurées alors qu'il peut aussi bien se réjouir à construire des maquettes d'avion avec des allumettes en ne commettant qu'une erreur catégorielle de moindre ampleur.

On peut se dire que le positionnement de Ken Wilber face à cette quête d'un nouveau paradigme est ambivalente car, mine de rien, en démontrant pourquoi tous ceux qui ont tenté d'en circonscrire la nature se sont gourés, il sous-entend que c'est lui qui en est peut-être le plus proche, même s'il n'en est proche que d'une manière apophatique. Ouais mais bon, c'est peut-être vrai en même temps. Et puis après tout, Ken ne dit pas qu'il faut arrêter cette quête, il ne dit pas que ça nous pète les couilles le New Age, alors qu'il aurait très bien pu le faire, ça n'aurait déplu à personne. Non, il se contente plutôt d'énoncer quelques règles de logique philosophique qui permettraient à tout chercheur honnête d'arrêter de nous faire croire qu'on ne voit rien à leurs tours de prestidigitation sophistiques. Combien de pauvres vieux fous voit-on errer indéfiniment dans la recherche de ce nouveau paradigme qui incluerait sciences, religion, biologie, psychologie, histoire et économie dans un pack tout-en-un, comme une fuite indéfinie de la vie qui pourtant est bien là, elle, tandis que leur paradigme de l'absolu ils n'arrivent toujours pas à le chier. Moi-même souvent me retrouvé-je sur les chiottes de l'absolu, ne parvenant qu'à émettre des vents contradictoires.

« Que l'État de Conscience Ultime n'est pas différent de l'État de Conscience Actuel, voilà ce que maintes personnes semblent ignorer. En conséquence, elles s'efforcent à tort de se fabriquer un état de conscience « supérieur », radicalement différent de leur état de conscience actuel, dans lequel elles s'imaginent qu'elles pourront réaliser l'Identité Suprême. […] »
[…]
En nous imaginant que l'État de Conscience Ultime est différent de l'état de conscience que nous connaissons maintenant, nous nous efforçons stupidement de trouver des moyens d'accéder à cet état de conscience « supérieur » supposé différent et miraculeux, ignorant totalement le fait que même si nous atteignions cet état de conscience « supérieur » il ne s'agirait pas de l'État Ultime parce qu'il serait le résultat de certaines étapes et aurait en conséquence un commencement dans le temps.
[…]
Nous parlons toujours d'échapper à samsara comme s'il était différent du nirvana; nous essayons de surmonter l'ignorance comme si elle n'était pas l'éveil; nous nous efforçons de dissiper maya comme si ce n'était pas Brahman. Fénelon, l'Archevêque de Cambrai, a émis le seul commentaire acceptable sur cette situation : « Il n'est pas d'illusion plus dangereuse que les fantasmes par lesquels les individus s'emploient à éviter l'illusion. » »

Peut-être a-t-on été un jour dégoûté par les utopies estampillées réalistes alors qu'elles ne faisaient que nous éloigner toujours plus de ce qui est vraiment notre réalité. Une théorie qui ne se moque pas de l'esprit devrait être aussi vivifiante qu'une bouffée d'air frais, nous rappelle Ken Wilber. Par contre, elle ne devrait pas être aussi sucrée qu'un Sunday aux smarties. Drôle d'erreur catégorielle.
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Citations et extraits (40) Voir plus Ajouter une citation
DanieljeanDanieljean   22 août 2015
L'EPT ("l'erreur pré/trans") énonce simplement ceci : dans toute séquence développementale reconnue, dans laquelle le développement passe d'un état pré-x à un état x, à un état post-x, les états "pré" et les états "trans" du fait qu'ils sont tous deux des états "non-x", ont tendance à être confondus et assimilés. Les états pré-rationnels et les états post-rationnels sont tous les deux non-rationnels, les états préconventionnels et postconventionnels sont tous les deux non-conventionnels, les états pré-personnels et post-personnels sont tous les deux "non-personnels", et ainsi de suite.
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colimassoncolimasson   17 juin 2018
Freud désirait surtout étudier la signification des données psychologiques — leur intentionnalité et leur interprétation (interprétation des rêves, des symptômes, etc.). En d'autres termes, son approche et son territoire étaient presque entièrement mentalo-phénoménologiques, herméneutiques et historiques — l'histoire ne désignant ici que les antécédents et le développement du moi propre de l'individu (fixations, traumas, refoulements, etc., du passé). La conscience psychanalytique est une conscience historique, une reconstruction et une remémoration des antécédents personnels dans l'intention de comprendre l'influence qu'ils exercent à l'heure actuelle. Enfin, la psychanalyse est avant tout un dialogue — elle nécessite un discours intersubjectif : « la cure cathartique ».
En outre, — et ce point est capital — la découverte majeure de Freud ne fut pas une théorie, mais une injonction : l'association libre, qui révéla un domaine objectif (donnée) largement ignoré à ce jour (processus primaires inconscients). […] En utilisant cette formule, Freud parvint à réunir des données relatives à ce nouveau domaine objectif, le processus primaire inconscient. L'exactitude de ces données pouvait être vérifiée par quiconque acceptait de respecter les trois phases : (1) suivre l'injonction et procéder à des associations libres; (2) prendre note des perceptions ou données résultantes; et (3) comparer ces données à celles d'une communauté d'individus ayant les qualifications nécessaires.
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DanieljeanDanieljean   22 août 2015
L'affirmation selon laquelle tout le monde est en réalité Brahman amène bien souvent les êtres trop imaginatifs à concevoir des fantaisies telles qu'une présence uniforme,omniprésente, terne mais divine, l'évaporation instantanée et totale de toute diversité et multiplicité, laissant derrière elle une vacuité céleste omnisciente, miséricordieuse immaculée mais amorphe. Nous ne concevons de telles sottises que parce que nous supposons que la déclaration : "Tout est Brahman" est une proposition logique, contenant une certaine information mentale relative à l'univers, et ce faisant sa signification ne peut que nous apparaître comme la réduction de toute multiplicité à un magma uniforme, homogène et immuable.
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colimassoncolimasson   23 juin 2018
Ce que je veux dire est simple. En proposant des preuves exclusivement rationnelles de l'Absolu — des preuves qui peuvent aussi bien être défendues qu'attaquées — on se place dans une position lamentable, car lorsque ces preuves minables s'effondrent, c'est un dieu minable qui s'effondre avec elles. De telles erreurs catégorielles retardent en vérité la prise de conscience du fait qu'il existe une preuve instrumentale de l'existence de Dieu; mais l'instrument est la contemplation, non la raison, et la preuve est directe. Ces discussions rationnelles sont très utiles si elles complètent la gnose; elles sont source de graves erreurs si elles remplacent la gnose.
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DanieljeanDanieljean   22 août 2015
Il en va de même du temps. L'Absolu peut être présent dans son intégralité en chaque point du temps à condition expresse qu'Il soit intemporel. (...)
Au vu de tout ce qui précède, il n'est pas difficile de comprendre que toutes les traditions métaphysiques aient proclamé universellement que l'Absolu est littéralement inaccessible. S'il était possible à une personne d'atteindre l'Absolu, cela signifierait qu'il y a eu déplacement d'un endroit où l'Absolu n'est pas jusqu’à un endroit ou Il est - or il n'est aucun point où Il n'est pas.
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Vidéo de Ken Wilber
Ken Wilber Stops His Brain Waves
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