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Critique de nilebeh


nilebeh
  12 février 2015

Voilà donc mon premier contact avec une BD depuis les années Mickey ! Et je dois dire que, malgré des réticences perceptibles, je me suis laissée un peu emmener par Nicolas Wild qui, curieusement (pour moi, en tout cas) se met en scène dans une sorte de roman politico-historico-policier. Je m'explique. Au détour d'une rencontre parisienne, il fait un voyage en Iran avec Sophia, fille de Cyrus Yazdani et découvre , en trois actes, la théorie zoroastrienne : Bonnes pensées, bonnes paroles, bonnes actions.
Nous apprenons que Cyrus, éminent érudit et chef de file de la communauté zoroastrienne iranienne, a été assassiné en Suisse, par un certain Mehrab qui pourtant était son ami. Et cet apparent ressort de l'intrigue est en fait un prétexte à nous faire découvrir l'histoire douloureuse d'un peuple mal-aimé en Iran, mal perçu par les chefs religieux chiites de ce pays, peuple qui, pour résister à la pression, a dû s'exiler en Inde où il a réussi une certaine intégration . On aime bien la métaphore du vase de lait plein à ras-bord (= refus des chefs indiens d'accueillir la diaspora venue d'Iran pour cause de surpopulation), vase dans lequel les parsis font se dissoudre du sucre : le lait ne déborde pas et est enrichi par le sucre : ainsi feront les parsis en Inde en étant les ressorts de la réussite économique indienne : 0,01% de Parsis en Inde pour une part très importante des gens qui réussissent.
Les aspects politiques de cette histoire inspirée de faits réels sont mis en avant : brutalité du régime de Ahmadinejad, intégrisme des ayatollahs, multi - ethnie mal vécue en Iran. On aime bien les notations historiques et culturelles (la première charte des droits de l'homme, la magnificence de Persépolis, l'info sur les rois mages qui étaient zoroastriens) et les traits d'humour qui parsèment le discours : j'aime bien : « Attention aux marches, l'escalier en est plein. »
Pour autant, on ne peut pas parler d'un bon polar , l'histoire étant segmentée et l'énigme non résolue finalement, les liens entre les cases pas toujours souples ni logiques, retours en arrière et ruptures du discours n'aident pas forcément non plus. Les scènes de procès sont assez fastidieuses. Quant à l'idée, même si elle repose sur quelque chose de vrai, de se mettre en scène soi-même en tant qu'auteur-acteur, elle me semble un brin nombriliste.
J'ai été sensible au dessin, notamment dans la restitution des lieux (au British Museum, à Persépolis), mais pas particulièrement à l'écriture. Au final, un moment agréable mais sans plus.
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