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Bernard Pautrat (Traducteur)
EAN : 9791030418422
64 pages
Allia (01/03/2024)
4.04/5   281 notes
Résumé :
Une longue lettre d’un homme attristé par l’attitude lamentable de son ex-compagnon. Un créateur de génie victime de sa passion pour ce jeune homme de la noblesse anglaise, hautaine et prétentieuse.
(disponible uniquement sur le site de Denis éditions)

EXTRAIT

“Cher Bosie,

Après une longue et vaine attente, j’ai décidé de vous écrire, autant dans votre intérêt que dans le mien, car il me serait pénible de penser qu... >Voir plus
Que lire après De profundis - La Ballade de la geôle de ReadingVoir plus
Critiques, Analyses et Avis (32) Voir plus Ajouter une critique
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J'avoue que je ne reconnais pas mon Oscar dans son De Profundis. Dans la première moitié de sa lettre à Bosie, il est vindicatif et se répand dans un sordide règlement de comptes - par ailleurs fréquemment chiffré, ce qui manque notoirement d'élégance venant d'un homme de sa classe. Et s'il apparaît nettement que Douglas n'était qu'un petit coq infatué et cupide, il n'en ressort pas moins que Wilde a perdu beaucoup de son panache dans cette lettre réquisitoire.
On peut, en effet, s'interroger sur ce qui a pu conduire cet homme d'esprit, dont l'intelligence et la finesse ne sont plus à démontrer, à s'amouracher de ce philistin de Bosie au point d'y sacrifier sa vie, sa famille, ses biens, son art, son honneur, sa liberté. Et cela alors même que ses propres amis n'ont cessé de le mettre en garde.
Et, quand bien même semble t-il avoir recouvré la vue et son bon sens dans cette longue lettre à son amant ingrat, sa faiblesse et son aveuglement durant ces trois ans d'une liaison dévastatrice restent, de mon point de vue, inexplicables émanant d'un homme tel que lui.
Alors, bien sûr, on peut aussi convenir que seule la part du poète esthète, idéaliste et tourmenté s'est exprimée durant cette relation. Mais que diable n'a-t-il pas pas voulu donner plus de crédit aux quelques étincelles de lucidité dont il admet avoir eu parfois la fulgurance.

Dans la seconde moitié de sa lettre, le ton change : de vindicatif, il passe à désespéré et s'emploie à une sorte d'auto-flagellation - "c'est ma faute, ma responsabilité, j'aurais dû, j'ai essayé en vain...". Mais, là aussi, il en fait trop. Et surtout trop tard.
Il se lance alors dans des tirades dithyrambiques sur la douleur car, dit-il "le secret de la vie est dans la souffrance". Puis, touché par la grâce, il enchaîne sur une éloge à Jésus durant une vingtaine de pages dont la lecture m'est apparue pesante par trop de lyrisme et de nébulosité.
Et, enfin, il termine son de Profundis en se recentrant sur Bosie mais de façon plus apaisée, cette fois. Il semble avoir épuisé sa rancoeur et ne lui reste qu'une sorte de fatalisme où, perle toujours cependant la force de cet amour insensé qui a ruiné sa vie.

Tout au long de ma lecture, j'avoue avoir réagi à la manière de Bosie en ne supportant pas que l'extraordinaire Wilde chute du piédestal où je l'avais toujours placé. Et ce n'est qu'en refermant le livre que j'ai admis qu'il n'en était pas descendu mais que ce n'était là que le superbe chant du cygne d'un artiste remarquable.
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- de Profundis, longue lettre, cri d'angoisse, de douleur, de regret mais aussi d'amour-passion d'Oscar Wilde adressée en 1897 à son amant, Lord Alfred Douglas, depuis la prison de Reading, où il fait le bilan de leur relation et, où il lui clame l'amertume qui blesse son coeur .
- La Ballade de la geôle de Reading , long poème lyrique sur la douleur de l'enfermement , de la privation de liberté , écrit par Wilde lors de son exil en France,
Deux textes bouleversants découverts en étudiant, une fois de plus, une préface d'Albert Camus « l'Artiste en prison » (pour une exposition estivale à Lourmarin "Camus, l'engagement critique "). Pour Camus, Wilde, incarcéré , paria, affligé , mis au ban de la société aurait découvert dans le pénitencier de Readinge dans le comté de Berkshire, la solidarité , et même « un bonheur dont il n'aurait jamais eu l'idée auparavant ».
J'ai apprécié les nombreux renvois et annotations en bas de page enrichissant cette lecture et permettant de mieux saisir et d'approfondir ces deux textes fort émouvants.
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Deux magnifiques textes De Wilde, particulièrement poignants.
La ballade de la geôle de Reading, le lieu même où Wilde fut incarcéré, raconte l'histoire vraie, et dramatique, d'un soldat condamné pour avoir égorgé son épouse.
De profundis est une longue lettre adressée à Lord Douglas par Wilde qui lui reproche de l'avoir abandonné à son sort.
Oscar Wilde, qui nous avait jusque là habitués à de très belles réflexions sur la vie et sur son esthétique nous livre ici une sorte de dernier témoignage très émouvant qui sera, d'ailleurs, publié après sa mort survenue en 1900.
A lire après tous les autres écrits De Wilde, à l'exception des aphorismes, que l'on lit et relit sans cesse.
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Parle à mon culte, mon esthète est malade

En 1897, Oscar Wilde n'est plus ce dandy délicat, lettré mondain, qui éblouit le monde de ses aphorismes, pièces et roman.
Condamné à deux ans de travaux forcés pour outrage aux bonnes moeurs à la suite d'un procès inique qu'il a eu l'idée suicidaire d'intenter au père du jeune Bosie, son amant, il croupit, tondu, humilié, déshonoré, ruiné, épuisé, dans son habit de bagnard au fond d'une geôle à Reading où il n'est plus désormais qu'un matricule : C.3.3.

Seule éclaircie dans cet univers de désespérance, le nouveau directeur du bagne lui a autorisé l'usage limité d'encre et de papier. C'est ainsi que Wilde a pu, au rythme d'une page par jour et sans pouvoir se relire, écrire cette lettre destinée, à Bosie.

Document à la fois brillant, étonnant et agaçant, ce de Profundis, semble s'adresser autant à Bosie, qu'à lui-même et au monde. Il est conçu à peu-près en 3 parties : reproches et justifications, résilience mystique et enfin, perspectives.

Wilde commence par un violent réquisitoire à l'encontre de Bosie qu'il décrit comme un être lâche, égoïste infantile et méprisable, intellectuellement faible, véritable sangsue vidant le compte en banque de l'écrivain et l'empêchant de se consacrer à son art.
Cette partie contient des passages formidables, d'une méchanceté inouïe : « tu n'as jamais eu de motivations ! Tu n'as eu que des appétits. Une motivation est un objectif intellectuel » ou « Tu avais été un élève paresseux, tu as été un étudiant pire encore »…Tout en faisant mine de s'accuser (« c'est à moi que j'adresse des reproches …», « je m'en veux terriblement »), Wilde tente de justifier par le haut sentiment de l'Amitié, le parcours qui l'a conduit à la ruine.

S'agissant de quelqu'un plaçant l'esthétisme au-dessus de toute autre considération, on peut être étonné de la trivialité que constituent les rappels aussi fréquent des sommes dépensées par prodigalité pour son amant, la liste des différents séjours dispendieux…Ces détails prosaïques contrastant par ailleurs, avec une autoglorification qui laisse pantois : « Que j'étais un homme de génie ? Les Français l'ont compris, comme ils ont compris l'originalité de mon génie… », « pour un artiste tel que moi, pour un personnage de mon rang… », « comment un artiste de ma distinction, un homme qui, par le truchement de l'école et du mouvement qu'il incarnait… ».

Du fond du trou, Wilde cherche à regagner son piédestal d'artiste béni des dieux, mais l'ensemble sonne parfois comme une « Cage aux folles » pathétique. Avec, un éléphant au milieu de la pièce. Car Wilde magnifie sous le terme d'amitié, une relation d'où il semble tenir pour négligeable toute notion physique et sexuelle, n'évoquant par exemple, que subrepticement les virées dans les maisons de plaisir et les gitons dont Bosie et lui étaient entourés et friands.
Or, si on écarte aussi, cette dimension de plaisirs physiques, on ne comprend guère comment un « génie » tel que lui a pu se conduire de manière aussi stupide. Wilde reviendra néanmoins un peu plus sur cet aspect, plus loin dans sa lettre.

Mais et c'est pour moi le sommet de cette oeuvre, soudain, cette partie ambigüe s'achève d'une phrase, magnifique tocsin : « Et la conclusion de tout cela est qu'il me faut te pardonner ». Formidable contre-pied qui vient cueillir le lecteur par surprise.

Et commence ainsi la deuxième partie, la plus complexe et la plus trouble. Ambitieuse aussi.

En annonçant renoncer à la rancoeur et l'amertume, Wilde développe un argumentaire philosophique complexe, centré sur la vie du Christ assimilé à un artiste ayant fait de sa vie un chef d'oeuvre (au fond, ce à quoi aspire Wilde). Il faut quand même sérieusement s'accrocher pour s'y retrouver, les développements étant particulièrement touffus et truffés de références dont on peine quand même à s'extraire. Là aussi, tout en parlant d'humilité retrouvée, Wilde manie fortement l'encensoir : « …j'avais transformé l'esprit des hommes et la couleur des choses. Il n'y avait rien que je disais ou faisais qui ne suscitât un étonnement émerveillé », « peu d'hommes occupent une telle place de leur vivant », « tout ce que je touchais je le parais d'une beauté nouvelle », « j'ai éveillé l'imagination de mon siècle au point que celui-ci a créé autour de moi un mythe et une légende »…

Ensuite, Wilde revient sur ce qui lui a été reproché, retrouvant à ce moment-là, de vrais accents de sincérité crue. S'il évoque une perversion dans ses passions, ou d'avoir « festoyé avec des panthères », il écrit aussi ne pas regretter un seul instant avoir vécu pour le plaisir et que « seuls les pêchés de l'âme sont honteux », retrouvant ainsi un peu de sa fierté si durement entamée et rappelant l'atroce iniquité dont il a été la victime.

Il tente également de se convaincre que la souffrance nourrira son Art et essaye de donner un sens à ses souffrances, tirant d'elles, des passages magnifiques : « La joie et le rire peuvent parfois dissimuler un caractère grossier, dur et insensible. Mais derrière la douleur, il y a toujours la douleur. ».


Enfin, dans une dernière partie de cette longue lettre, Wilde s'adresse à nouveau à Bosie. Il lui rappelle notamment comment la haine de son pitoyable amant pour son père est à l'origine du procès qui a entrainé cette descente aux enfers en permettant à la société se venger durement. En reconstituant le processus tragique par lequel il s'est laissé emporter de manière aussi bravache que stupide, Wilde essaie à nouveau d'ouvrir les yeux de Bosie sur la nécessité de se connaître réellement l'un l'autre, après des exercices d'introspection.

Pour autant, après une telle litanie de reproches, on ne peut que s'interroger sur le fait qu'à la fin, Wilde ouvre à nouveau la porte à Bosie, l'invitant ardemment à lui écrire.
(Cette ambiguïté trouvera d'ailleurs sa concrétisation à la libération De Wilde, quand les deux amants se retrouveront à nouveau, pour une vie encore consacrée à la luxure dispendieuse).

Une oeuvre souvent bouleversante, parfois déroutante, profondément désolante. Si comme il l'écrira dans la Ballade de la geôle de Reading, « tous les hommes tuent ce qu'ils aiment », nul doute qu'Oscar Wilde n'aura eu de cesse de mettre fin à son amour pour lui-même.
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Le 25 mai 1895, au terme des procès l'opposant au marquis de Queensberry, Oscar Wilde est condamné à deux ans de travaux forcés en vertu d'une loi interdisant l'homosexualité. Ruiné par son amant Alfred Douglas, alias Bosie, le fils du marquis, Wilde est déclaré en faillite et ses biens sont confisqués.
Après quatorze mois de travaux forcés, le directeur de la prison de Reading lui accorde le privilège de posséder du matériel d'écriture, à la condition de le remettre chaque soir, accompagné des écrits, aux gardiens. C'est ainsi que Wilde rédigea cette longue lettre à son amant de seize ans plus jeune. A sa sortie de prison, il remettra le texte à son ami Robert Ross, lui demandant de le faire copier et d'en envoyer un exemplaire à Bosie, qui affirmera par ailleurs ne jamais l'avoir reçu. C'est Ross qui donnera le titre de profundis à l'ouvrage.

Dans cette longue lettre, Wilde dresse un portrait sans concession de Bosie, libérant ainsi ce qu'il a sur le coeur : le jeune homme apparait égoïste, dépensier (il serait à l'origine de la faillite de l'écrivain), immature, ne comprenant rien à l'Art. Il jette un regard amer sur leur relation qui aurait gâché une partie de son talent, tout en reconnaissant que c'est lui qui n'aurait pas dû se laisser entrainer dans ces habitudes luxueuses et stériles.
Malgré tout, Wilde déclare avoir pardonné tous les caprices de son amant, ne pouvant se permettre, au fond de sa prison, de se laisser submerger par la haine. C'est l'une des parties de l'oeuvre qui m'a semblé la plus intéressante. L'écrivain évoque avec une grande sensibilité l'amour, la haine, le pardon, le chagrin.
Le tout est truffé de références à ses autres oeuvres, à celles des grands écrivains de son siècle, à la Bible, laissant entrevoir une grande culture. Cela me pousse à lire d'autres oeuvres De Wilde, que j'ai découvert ici.
Je ne m'étendrai pas davantage sur ce livre, sinon pour dire que c'est un coup de coeur. Que ceux qui souhaitent le lire en anglais ne s'en privent pas : l'écriture est facilement compréhensible.

Challenge ABC 2014/2015
Challenge Petits plaisirs 2014/2015
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Telle que nous l'avons constituée, la société n'aura pas de place pour moi, mais la Nature, dont les douces pluies tombent sur le juste comme sur l'injuste, m'offrira, dans ses rochers, des anfractuosités où je pourrai me cacher et des vallées secrètes dans le silence desquelles je pourrai pleurer en paix. Elle tendra la nuit d'étoiles pour que je puisse marcher sans trébucher dans les ténèbres et enverra le vent sur mes empreintes pour que personne ne puisse me traquer ni me blesser. Elle me lavera dans ses grandes eaux et, avec des herbes amères, me rendra la santé.
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Tu savais ce que mon art était pour moi : la note fondamentale grâce à laquelle je m'étais révélé d'abord à moi-même, puis au monde, la grande passion de ma vie, l'amour auprès duquel tous les autres étaient ce qu'est l'eau du marécage comparée au vin rouge, ou le vert brillant du marécage comparé au miroir magique de la lune.
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J'aspire à vivre pour pouvoir explorer ce qui est pour moi rien de moins qu'un nouvel univers. Veux-tu savoir ce qu 'est ce nouvel univers? Je crois que tu peux le deviner. C'est celui dans lequel je vis.
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Tout comme un violon, le langage à besoin d'être accordé
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La vérité en art est l'unité d'une chose avec elle-même, (...).
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