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Pascal Aquien (Éditeur scientifique)
EAN : 9782080710741
300 pages
Éditeur : Flammarion (17/10/2000)

Note moyenne : 4.09/5 (sur 436 notes)
Résumé :
Dernière pièce d'Oscar Wilde, "L'Importance d'être constant" brille des feux d'un langage habité par la grâce: s'y manifestent la puissance et la modernité de la réflexion de l'auteur sur la fiction, mais aussi son inventivité subversive et satirique, son esprit généreux et étincelant d'élégance et de drôlerie.
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Critiques, Analyses et Avis (43) Voir plus Ajouter une critique
Nastasia-B
  09 décembre 2014
Dans L'Importance D'Être Constant, Oscar Wilde revisite et revitalise la longue tradition théâtrale du quiproquo, je dirais " à l'italienne ". C'est une comédie légère et vive, comme l'étaient ses aînées de la Commedia del'Arte, mais où les arlequins sont des dandys anglais et où le caustique des répliques rappelle plus Tchékhov que Goldoni.
La pièce est fondée sur un jeu de mots, qu'on a réussi à restituer tant bien que mal en français mais qui doit manifestement poser quelques problèmes dans certaines langues. En anglais le mot " earnest " évoque évidemment la constance, mais également la sincérité, la fidélité, l'honnêteté, la fiabilité, le sérieux. C'est à la fois un nom et un adjectif et cela résonne étrangement comme le prénom Ernest. En français, les traducteurs ont trouvé la petite pirouette du " constant " mais dont l'effet sonore et sémantique est différent.
Vous avez compris que tout du long de cette comédie en quatre actes, Wilde va jouer sur l'ambiguïté de ce mot car, les deux protagonistes principaux, Jack et Algernon, deux dandys célibataires jouisseurs de l'aristocratie britannique de la fin du XIXème utilisent un procédé similaire pour s'extraire des impératifs familiaux et/ou mondains.
Algernon s'est créé un ami fictif, Bunbury qui est toujours plus ou moins mourant et qu'il doit absolument aller visiter, tandis que Jack, qui est orphelin et qui n'a donc pas de famille très proche, utilise quant à lui un frère imaginaire et débauché prénommé... eh oui !, Ernest, c'est-à-dire Constant dans la version française.
Que ce soit Bunbury ou Constant, le prétexte est surtout utilisé soit pour échapper à des obligations que les jeunes hommes jugent assommantes, soit, et c'est manifestement le cas le plus fréquent, pour aller conter fleurette à quelque charmante demoiselle sans espoir de lendemain.
Or, bien conscients de l'infidélité réciproque de leur ami, aussi bien Jack qu'Algernon commencent à voir rouge lorsqu'ils s'aperçoivent que l'un s'intéresse un peu trop à la cousine de l'autre et que ce dernier s'intéresse quant à lui à la pupille du précédent.
Nous avons donc droit à une construction parfaitement symétrique et croisée très artificielle, d'ailleurs, de plus en plus artificielle à mesure qu'on s'avance dans la pièce, ce qui, fait suffisamment rare pour être mentionné, n'est absolument pas gênant. On voit arriver les choses gros comme un camion, mais c'est manifestement fait exprès.
Oscar Wilde semble se ficher éperdument que sa pièce ait l'air crédible ou pas, c'est un divertissement qu'il souhaite, c'est placer des bonnes répliques, c'est imprimer un style, c'est se faire plaisir tout en nous faisant plaisir.
Le seul hic, pour Jack, c'est qu'il a eu la légèreté de prétexter autour de lui qu'il se rendait au chevet de son frère Constant et, parallèlement, pour ne jamais trop s'engager auprès des femmes, il s'est fait passer auprès de Gwendolen qu'il aime maintenant vraiment, comme étant également Constant.
Sachant qu'en plus le rusé Algernon ne recule devant aucun stratagème pour pouvoir approcher Cecily, la pupille de Jack, il est fort possible que lui aussi se fasse passer pour Constant. D'où l'importance du titre pour la bonne intelligence de la pièce.
En somme, un bon divertissement, avec quelques passages assez drôles, quelques piques lancées ici ou là de la part De Wilde à la société de son temps, quelques petits coups de pieds dans les fourmilières et puis c'est tout car cette pièce n'a probablement pas beaucoup d'autres ambitions cachées. Faire parler d'elle à l'époque, choquer un petit peu ses contemporains, faire le buzz comme on dirait aujourd'hui, mais de là à y percevoir une critique sociale forte et structurée, c'est justement tout ce que l'auteur semblait ne pas vouloir être " sérieux " (earnest). Mais ce n'est bien entendu que mon avis, c'est-à-dire, très peu de chose.
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missmolko1
  22 juillet 2013
Voila une pièce de théâtre comme je les aime : on ne s'ennuie pas un instant car l'on passe d'un rebondissement a un autre. L'humour est omniprésent et les quiproquos ainsi que différents jeux de mots m'ont fait vraiment rire.
L'intrigue m'a bien plu aussi, il s'agit deux deux hommes qui tombe éperdument amoureux de deux femmes et leur font croire qu'il s'appelle Constant puis, un mensonge en entrainant un autre, la situation devient vite ingérable.
Je ne connaissais que l'auteur irlandais a travers différents extraits du portrait de Dorian Gray que j'ai pu étudié au cours de ma scolarité mais j'ai été conquise. Ici il s'agit d'un exercice très différent mais très réussi.

L'humour british sert a se moquer de la société de l'époque et de tout ces mariages d'intérêt. le personnage de Lady Bracknell en est l'exemple type. C'est elle qui donne son consentement ou non pour les mariages et on voit très bien comment elle choisit les prétendants pour sa fille ou son neveu! En tout cas les personnages sont tous très bien travaillés :
- John ou Jack est plutôt gentleman avec sa fiancée Gwendolen mais il a aussi une face cachée qu'il endosse sous l'identité de son frère.
- Algernon est drôle, j'ai aimé son cynisme dans le premier acte.
- Cecily est une jeune fille qui m'a plu aussi. J'ai trouvé que pour l'époque et pour une jeune fille elle a un sacré culot!
J'aimerai beaucoup voir une adaptation sur scène car a mon avis ça vaut son pesant d'or! Je vous recommande aussi vivement la lecture car c'est une valeur sur et vous passerez forcement un bon moment.
Lien : http://missmolko1.blogspot.i..
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Under_the_Moon
  13 mai 2014
Cette pièce de théâtre est la plus célèbre qu'Oscar Wilde ait écrite, et c'est aussi l'une de ses deux oeuvres les plus célèbres. Quand on pense qu'Oscar Wilde a été condamné aux travaux forcés trois mois après la première de la pièce, et que sans le vouloir, il y a "prophétisé" sa fin tragique à Paris !
On y trouve un bon nombre de ses citations les plus célèbres, ainsi que son célèbre "esprit".
Prise au premier degré, on pourrait dire que c'est une pièce dans la même veine que " Les Précieuses ridicules" de Molière, dans le sans où Oscar Wilde fait ici une critique sévère de la société victorienne de la fin du 19ème siècle. A plusieurs reprises il dénonce le caractère extrêmement superficiel de ces gens de la "bonne" société et le fait que ces derniers se prennent très au sérieux - ils en deviennent alors ridicule. le titre en anglais joue sur cette sonorité (entre "Ernest", le prénom et "earnest" qu'on peut traduire par "sérieux") car TOUT dans cette pièce n'est qu'une vaste farce ! Des codes de conduites aux "amis imaginaires" des protagonistes masculins.
Wilde en profite au passage pour se moquer des discours romantiques et des femmes- entre autre.
Alors oui, on se moque beaucoup dans cette pièce, et cela fait bien sourire, mais dans le deuxième acte, l'auteur en fait un peu trop pour se moquer des femmes. D'accord, les jeunes filles rêvent de romance et les inventent allant parfois jusqu'à prétendre qu'elles sont réelles, mais ça devient vite lassant. Si sur scène, l'énergie de bons acteurs fait passer ces scènes comme une lettre à la poste, avec la simple lecture du texte, c'est une autre affaire… Quant au dénouement qui tombe un peu trop bien… Là aussi, je trouve qu'elle passe bien mieux avec le jeu de bons acteurs ou comédiens.
Mais soyons sérieux : le théâtre est fait pour être vu et non pour être lu !
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5Arabella
  22 juillet 2019
L'importance d'être constant est la dernière pièce écrite par Wilde, et la plus célèbre, celle que l'on joue le plus souvent. le théâtre occupe une place importante dans l' oeuvre de l'auteur : 7 pièces achevées et deux fragments. A son époque le théâtre était très populaire et permettait à un auteur de connaître un succès publique et gagner des sommes relativement importantes en cas de réussite. Mais au-delà c'est un genre qui ne pouvait que convenir à Wilde, qui dans toute son oeuvre met l'accent sur le dialogue et la parole, et qui dans ses écrits et dans sa vie pratique une mise en scène permanente de lui-même.
L'importance d'être constant a été écrite à a demande du metteur en scène George Alexander pendant l'été 1894. Wilde la réécrira pour la réduire à 3 actes, comme le souhaitait le commanditaire. La pièce sera créée le 14 février 1895, ce sera un véritable triomphe. Mais pour l'auteur, il s'agira d'une sorte d'apothéose avant la chute. Lord Queensberry tente de perturber les représentations, et le différent entre les deux hommes va aboutir au procès qui condamnera Wilde et l'enverra en prison ; ce procès débute le 26 avril. Dès l'arrestation De Wilde, son nom est retiré de l'affiche et des programmes ; la pièce n'est plus jouée à partir du 8 mai.
La pièce est en apparence très légère. Un jeune homme, Jack Worthing, qui ignore ses véritables origines, s'est inventé un frère qui lui permet de quitter régulièrement son domaine rural et la pupille qu'il a en charge, pour venir se distraire à la capitale, sous prétexte de venir au secours de son frère dissolu. C'est sous le prénom de ce frère fictif, Constant qu'il est connu à Londres, et qu'il courtise une jeune fille Gwendolen. Cette dernière répond à ses sentiments, mais essentiellement à cause de son prénom usurpé, Constant, car elle s'est promis d'épouser uniquement un homme qui le porte. Mais la mère de Gwendolen, lady Bracknell refuse de donner sa fille en mariage à un homme qui ignore qui sont ses véritables parents, et qui a été découvert par son père adoptif dans un sac de voyage abandonné à une consigne de gare.
En parallèle, l'ami de Jack, Algernon, désireux de rencontrer sa pupille, Cecily, se rend à sa résidence campagnarde pendant ce qu'il pense être une absence de Jack en se faisant passer pour le fameux frère Constant. Cecily et Algernon tombent amoureux, leur histoire se complique lorsque Jack revient plus tôt que prévu, et n'a qu'une idée en tête, faire partir Algernon. L'intrigue s'emballe progressivement avec la venue de Gwendolen, décidée à braver les interdits maternels pour son cher Constant, puis par la mère de la jeune fille qui veut mettre fin aux élans amoureux de sa fille dirigés sur un prétendant qu'elle juge indigne. de ce fait, Jack refuse son consentement au mariage de Cecily et Algernon.
Mais lady Bracknell reconnaît en Miss Prism, la gouvernante de Cecily, la femme qui une trentaine d'années plus tôt a disparu avec un nourrisson, le neveu de lady Bracknell. Miss Prism avoue que par une méprise épouvantable, elle a mis le nourrisson dans un sac de voyage laissé à la consigne, au lieu d'un manuscrit. Jack revient avec le fameux sac où il a été trouvé, il s'agit bien du même, et il devient donc respectable, frère d'Algernon, et qui plus il est, il apprend qu'il s'appelle en réalité Constant. Les deux mariages peuvent donc avoir lieu.
La pièce est vraiment très drôle, il s'agit d'un véritable festival de répliques brillantes, bons mots. Mais au-delà de la drôlerie et du plaisir immédiat du lecteur (ou spectateur) elle marque une véritable étape dans l'oeuvre théâtrale De Wilde. D'une certaine façon, il y réalise le programme qu'il annonçait à propos d'Un mari idéal : «libérer le théâtre de tyrannie de l'action au profit du seul langage ». Wilde n'est jamais allé aussi loin dans cette directions que dans L'important d'être Constant. L'intrigue, ou ce qui en tient lieu, détourne, voire pervertit, les modèles de théâtre dans lesquels Wilde a trouvé ses sources, ce qui, d'une certaine façon, marque l'appropriation définitive qu'il en fait pour trouver son propre style et univers.
La commande d'Alexander portait sur une pièce qui serait une version moderne de L'école de la médisance de Sheridan, fleuron de ce qu'on appelle Comedy of manners, qui a toujours été une source d'inspiration pour Wilde, comme l'ont été les pièces française contemporaines. Mais dans L'important d'être Constant, l'utilisation des techniques et ficelles devient surréaliste. Par exemple (et Wilde s'est servi de cela dans plusieurs pièces) un lourd et honteux secret d'un des personnages est un des ressorts principaux de l'intrigue. Ici, c'est Miss Prism qui le porte ; personnage terne et respectable au possible, qui n'a jamais fauté, même en rêve. Son secret consiste dans l'erreur qu'elle a commise en intervertissant bébé et manuscrit, ce qui est invraisemblable, et prête juste à rire.
De même, les jeunes filles qui rêvent forcément d'amour et de mariage, ne le font que pour souhaiter un élu qui porte le prénom de Constant. Peu importe le physique, et toutes les autres qualités, les affinités etc. le seul critère est un prénom. Il y a là une façon de mettre en pièce toute une rhétorique amoureuse idéaliste, et pointer les absurdités des mariages faits dans la bonne société sur la base d'une méconnaissance quasi totale de ce qu'est une vie de couple.
Wilde aborde dans la pièce la question de l'identité, des identités multiples du moi, du masque qui permet d'être plus vrai que le visage nu. « L'homme est le moins lui-même lorsqu'il parle pour lui-même. Donnez-lui un masque et il vous dira la vérité », écrivait-il dans « le Critique comme artiste». C'est ainsi que Jack, lorsqu'il prétendait être Constant, pensant tromper son monde, disait la vérité de son identité. Et Algernon, lorsqu'il se prétendait le frère de Jack n'usait pas d'un subterfuge, mais énonçait leurs véritables liens.
Tout cela l'air de rien : l'art de Wilde consiste dans l'élégance suprême de donner la sensation d'être léger, voir superficiel, alors qu'il suggère, à partir de références qui montrent une culture plus qu'impressionnante, une multitude d'idées, de concepts, de pensées.
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Darkcook
  12 mars 2015
Dernière distraction avant les écrits de l'agrégation, il fallait au moins une comédie british du XIXème pour soulager momentanément la pression... J'avais assisté à une représentation amateur de la pièce il y a quelques années en compagnie de fameux amis, mais l'amateurisme de la chose (avec certains comédiens jouant plusieurs rôles, occasionnant la confusion, trébuchant sur le texte) m'avait empêché d'apprécier pleinement l'extraordinaire drôlerie de cette pièce un peu particulière, entre le vaudeville bien connu, mais sauce british, avec parodie hilarante de l'aristocratie anglaise, et un absurde pré-beckettien, comme en attestent les commentaires de l'édition.
Car oui, la caricature esquissée par ce cher Wilde est si poussée que les personnages accumulent les énormités, le nonsense, les contradictions les plus paradoxales, le tout dans la plus grande distinction, sans se rendre compte du ridicule de leurs considérations, principes et opinions fortement tranchées sur tous les sujets... Ces répliques, surtout chez Lady Bracknell, Cecily et Gwendolen, vous feront vous esclaffer de rire dans le métro, de même en ce qui concerne Jack et Algernon, ancêtres libertins d'un certain duo de Beckett, au sous-texte homosexuel!
Pour résumer le quiproquo de la pièce, sans trop spoiler : il y a jeu de mots dans le titre, la pièce parle à la fois de fidélité et du personnage que s'est inventé Jack (Constant) comme prétexte pour se rendre à Londres courtiser Gwendolen... Sauf que celle-ci ne souhaite épouser qu'un homme nommé ainsi!! Dans le même temps, Algernon apprend que la pupille de Jack, Cecily, s'intéresse au fameux Constant dont parle son tuteur, et va alors tenter de la séduire sous cette identité... Je vous laisse imaginer le chassé-croisé amoureux, qui n'est que le début de cette très agréable comédie...
Oscar Wilde était une de mes lacunes littéraires, bien que j'aie évidemment entendu parler du Portrait de Dorian Gray et de ses quelques autres travaux, et je me suis régalé... Mes amis lecteurs ici le savent bien, j'adore l'Angleterre, Shakespeare, Agatha Christie... Bref, je tiens à mon insigne Bêta Cup of Tea, je voudrais vivre dans la campagne anglaise loin de tout, and any literature from this fuckin'island will please me!! I'm looking forward to read more Wilderness from this guy, even if I read these in french...
Allez, c'est parti pour les écrits de l'agrèg, et passé le 20 mars, je fêterai la fin de ce fardeau par un déchaînement de lectures personnelles et peut-être quelques retours à des auteurs de polars dont je n'ai pas parlé depuis longtemps!!
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Citations et extraits (125) Voir plus Ajouter une citation
Nastasia-BNastasia-B   11 décembre 2014
JACK : Vous savez que je vous aime et vous m'avez conduit à croire, Miss Fairfax, que vous ne m'étiez pas tout à fait indifférente.
GWENDOLEN : Je vous adore. Mais vous ne m'avez pas encore fait de déclaration officielle. Il n'a pas du tout été question de mariage. Le sujet n'a même pas été abordé.
JACK : Eh bien... puis-je vous demander votre main maintenant ?
GWENDOLEN : Je crois que le moment est admirablement choisi. Et pour vous épargner toute déception, je crois juste de vous dire dès maintenant en toute franchise que je suis tout à fait décidée à vous dire oui.
JACK : Gwendolen !
GWENDOLEN : Oui, M. Worthing, qu'avez-vous à me dire ?
JACK : Vous savez parfaitement ce que j'ai à vous dire.
GWENDOLEN : Oui, mais vous ne le dites pas.
JACK : Gwendolen, voulez-vous m'épouser ?
GWENDOLEN : Bien sûr, mon chéri. Vous en avez mis du temps ! Je crains bien que vous ayez bien peu d'expérience dans l'art des demandes en mariage.

Acte I.
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MissSherlockMissSherlock   11 mars 2017
ALGERNON : Mon cher, la façon dont tu flirtes avec Gwendolen est absolument honteuse. Presque aussi intolérable que la façon dont Gwendolen flirte avec toi.
JACK : J'aime Gwendolen. Je suis venue à Londres expressément pour lui demander sa main.
ALGERNON : Je croyais que tu étais venu pour le plaisir ! Moi, j'appelle ça un voyage d'affaires.
JACK : Tu es totalement dénué de romantisme !
ALGERNON : Je ne vois pas très bien ce qu'il y a de romantique à faire une demande en mariage. C'est très romantique d'être amoureux. Mais il n'y a rien de romantique dans une demande en bonne et due forme. Après tout, on peut toujours vous dire oui ! Et c'est ce qui se produit je crois, la plupart du temps. Après la flamme retombe. L'essence même d'une histoire d'amour, c'est l'incertitude. Si jamais je me marie, je suis certain que je ferai tout pour l'oublier.
JACK : J'en suis persuadé, mon cher Algy. Le Tribunal des Divorces a été créé pour des gens à la mémoire aussi étrangement constituée.
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Nastasia-BNastasia-B   14 décembre 2014
CHASUBLE : Vous étudiez l'économie politique, Cecily ? De nos jours, l'éducation des jeunes filles est une chose extraordinaire. J'imagine que vous n'ignorez rien des relations entre le capital et le travail ?
CECILY : J'ai bien peur de ne rien savoir du tout. Tout ce que je connais a trait aux relations entre le capital et l'oisiveté... et ce ne sont que mes observations personnelles. Je crois donc qu'elles sont fausses.
MISS PRISM : Cecily, on croirait entendre parler les socialistes ! Et vous savez, j'imagine, à quoi mène le socialisme ?
CECILY : Oh, oui, Miss Prism, il mène à une conception rationnelle du vêtement. Et je pense que si une femme s'habille rationnellement, alors on la traite rationnellement. Et elle le mérite bien.

Acte II.
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Nastasia-BNastasia-B   03 décembre 2014
JACK : Dis-moi, Algy, crois-tu que Gwendolen risque de ressembler peu ou prou à sa mère dans environ cent cinquante ans ?
ALGERNON : Toutes les femmes finissent par ressembler à leur mère : voilà leur drame.
(JACK : You don't think there is any chance of Gwendolen becoming like her mother in about a hundred and fifty years, do you, Algy ?
ALGERNON : All women become like their mothers. That is their tragedy.)

Acte I.
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Nastasia-BNastasia-B   16 décembre 2014
JACK : Ce sont des sottises. Tu dis sans cesse des sottises.
ALGERNON : Mon cher, il est bien plus intelligent de dire des sottises que d'en écouter, et c'est également beaucoup plus rare, en dépit de ce que peut dire tout un chacun.
JACK : Je ne t'écoute pas. Je suis incapable de t'écouter.
ALGERNON : Oh, ce n'est que de la fausse modestie.

Acte III.
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Vidéo de Oscar Wilde
L'émission complète : https://www.web-tv-culture.com/emission/joseph-denize-quand-on-parle-du-diable-51689.html
Voilà un auteur prometteur. Franco-italien de naissance, installé à Florence en Toscane, depuis plus de vingt ans, Joseph Denize, après des études littéraires, s'est spécialisé dans l'écriture publicitaire et cinématographique. Mais l'envie du roman était là depuis longtemps. Et c'est dans le fantastique qu'il a choisi d'ancrer son premier livre, « Quand on parle du diable ».
Nous voici donc à Paris, en 1917. Dans cette période charnière de la première guerre mondiale, nous allons suivre un jeune homme, Aimé Grandin, dont l'oncle, fantasque artiste peintre faussaire, est mort dans des conditions bien énigmatiques. Et notre jeune homme d'être embarqué dans un imbroglio où un tableau sème la mort, où les personnalités se dédoublent, où des sociétés secrètes cherchent à prendre le pouvoir quand les hommes meurent au front par milliers.
Allégorie de la guerre, ce roman à énigmes, foisonnant s'inscrit dans la tradition des grands feuilletonistes de la littérature tels Edgar Alan Poe mais aussi Oscar Wilde et son « Portrait de Dorian Gray », Balzac et sa « Peau de chagrin » ou Boulgakov avec son oeuvre maitresse « le maître et Marguerite » lu et relu par Joseph Denize au fil des années.
Si je cite volontairement ces grands noms de la littérature, c'est, qu'au-delà de l'intrigue, des rebondissements, de la fantasmagorie imaginée par l'auteur, on est aussi enthousiasmé par sa plume. Une écriture soignée, riche, travaillée sans être ampoulée, ne s'interdisant pas quelques traits d'humour et ne cédant pas à la facilité des dialogues à outrance.
Dans ce Paris de 1917, parfaitement dépeint dans les moindres détails, les forces du mal mènent un combat à faire froid dans le dos. Sur les pas du jeune Aimé, du prestidigitateur Vikto Tombo et de la belle mais énigmatique Mérie, nous sommes embarqués avec délice dans une histoire cauchemardesque à souhait qui nous entrainera dans les entrailles de la Ville-lumière.
Amateurs de fantastique, voilà l'une des pépites de ce début d'année, « Quand on parle du diable », le premier roman de Joseph Denize, publié chez Julliard.
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