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Critiques sur Le Portrait de Dorian Gray (428)
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Nastasia-B
  23 mai 2012
Ça y est, je me décide enfin, après moult hésitations, à écrire un petit billet virtuel sur ce livre que j'aime tant. le portrait de Dorian Gray, bien sûr, c'est une histoire. Mais en regard du nombre impressionnant de commentaires sur ce roman, peut-être n'est-il point besoin d'y apposer ma propre défloraison de l'oeuvre.

Nonobstant, bien au-delà de l'histoire, le portrait de Dorian Gray c'est un ton, c'est une forme, c'est la quasi quintessence de ce qu'Oscar Wilde aura su faire de plus réussi, de plus noble et ciselé, de plus acerbe et aérien et d'ailleurs, dans son immodestie provocante et coutumière caractéristique, lui-même ne s'y est pas trompé dans sa préface : « Un livre est bien écrit ou mal écrit, un point c'est tout. »

Et effectivement, ce livre est une merveille stylistique, avec ce fameux ton dandy et pince-sans-rire de l'époque victorienne qui est devenu la marque de fabrique de l'auteur. le seul de ses contemporains à pouvoir parfois rivaliser avec lui sur ce registre est probablement l'autre grand monstre sacré du théâtre fin XIXème, j'ai nommé, Anton Tchékhov. Je n'insisterai donc jamais assez sur ce volet formel de l'ouvrage qui est une pure délectation.

Peut-être n'est-il pas vain de rappeler l'origine de ce roman. On sait que ce genre n'est pas le terrain de prédilection De Wilde, lui, le dramaturge dans l'âme. Mais comme Wilde n'a peur de rien, qu'il a un ego digne de faire de l'ombre à Napoléon, César et Louis XIV réunis, celui-ci n'hésite pas, lors d'une altercation verbale avec Sir Arthur Conan Doyle à mettre celui-ci au défi d'écrire un meilleur roman que lui et ce, dans un délai imparti.

Ce sera le portrait de Dorain Gray pour Oscar Wilde et Le Signe des quatre pour Conan Doyle : vous me direz, des altercations comme ça, on aimerait bien qu'il y en ait plus souvent en littérature !

Il fallut donc écrire vite, et dans un style non coutumier pour Oscar Wilde. Aussi est-ce peut-être la raison intime pour laquelle le portrait de Dorian Gray fait toujours un peu figure d'OLVNI (le L c'est pour Littéraire), car il y a une spontanéité, un élan et à la fois des « répliques » cinglantes et savoureuses, telles qu'on les désignerait dans une pièce de théâtre. Évidemment, vous me rétorquerez, que Wilde a passablement remanié son texte après que le défi fut terminé, mais il n'empêche que les conditions de sa gestation en font, du moins c'est la thèse que je défends, son intérêt et son originalité.

Un Wilde non pris de court, asseyant minutieusement un projet d'écriture romanesque n'aurait probablement pas effectué les choix d'écriture qui furent retenus pour le portrait. À propos, ce « portrait », comme on dit en français, j'ose encore vous ennuyer à mettre le doigt sur l'incomparable supériorité du titre original « The picture of Dorian Gray » qui joue sur la richesse sémantique du mot « picture », impossible à rendre en l'état en français, désignant à la fois le portrait et l'image, avec toute la connotation du mot « image » sous-jacente, « n'être que l'image de », et tout ce rapport à la forme par opposition au fond, déjà contenu dans le titre.

Le titre, justement, parlons-en encore. Dorian Gray. Ça sonne bien n'est-ce pas ? On sait que l'auteur aimait à choisir des titres dont les sonorités étaient pleines de sens, voire, de doubles sens (Cf : The Importance of being Earnest). Que peut bien nous dissimuler ce titre ? Bon, en ce qui concerne le nom de famille, Gray rappelle étrangement grey : il y aurait donc une nuance de gris là-dedans. C'est un début.

Dorian ? Hmm, c'est plus compliqué. L'étymologie nous enseigne que cela vient du grec signifiant " don " au sens de cadeau. Donc, " le don du gris " ? Mais, tiens, tiens, tiens ça me rappelle étonnement l'une des répliques de Dorian à Lord Henry : « Vous m'offrîtes naguère un livre empoisonné. » Mais, ce n'est peut-être pas tout, continuons…

Nous savons qu'Oscar Wilde connaissait bien assez de français pour jouer aussi avec les sonorités de cette langue. " D'or and grey ", c'est-à-dire d'or et de gris. Tiens, tiens, tiens, comme ça colle bien à l'histoire et au personnage. Et comme ça correspond, également, à l'un des grands succès anglosaxons de l'époque ; j'ai nommé L'Étrange cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde, publié seulement quatre ans auparavant et dont on pourrait également dire que le protagoniste principal est fait d'or et de gris… Et si finalement cela voulait dire que…

Bon, j'arrête ici mes élucubrations, qui d'ailleurs ne représentent pas grand-chose, seule compte l'oeuvre, et cette oeuvre-là, elle compte.
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Hugo
  27 juillet 2013
De la bouche d'un ami,
Son esprit juvénile fut perverti,
De la main de l'artiste,
Naquit la jeunesse éternelle,
Mais le peintre a périt de la main du modèle
Rongé par la culpabilité,
Dorian Gray a succombé....

Écrit avec un génie indiscutable, ce roman m'a ennuyé, impossible d'accrocher au style d'antan, quelle tragédie. Pourtant j'ai persisté avec conviction et volonté, page après page, je n'avais qu'une seule envie, le finir au plus vite.

Comme je suis déçu de ne pas savoir apprécier ces chefs d'oeuvres, ces classiques de la littérature, ça me mine...

Ce qu'il faudrait pour que je me sente mieux :

M'aider à déloger la jolie statue grecque en haut de l'affiche (que je soupçonne de coucher avec un ours ou deux) qui squatte ma place depuis trop longtemps... il fut un temps ou j'étais classé critique d'or (jusqu'en 36 ème position), puis la déchéance, l'humiliation causées par tous ces arrivistes avec leurs jolies phrases, leur talent critique et rédactionnel, branlette intellectuelle je vous dis, privilégiez le petit peuple bordel de dieu.

A plus les copains
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Gwen21
  27 avril 2013
A mon tour donc de vous parler de cet homme irrésistiblement jeune, incroyablement beau, merveilleusement sensuel, immensément riche, impeccablement habillé et empreint d'un esprit dominateur, j'ai nommé... Christian Grey ! euh, non, mille pardons, j'ai nommé... Dorian Gray !

Un personnage dont la personnalité offre bien plus de cinquante nuances et dont la complexité a toutes les chances de davantage vous séduire...

Dans ce roman, 50, c'est le nombre de citations qu'on serait tenté d'en extraire pour en faire profiter les autres lecteurs. D'ailleurs, pour ma part, je pense que, bien que m'étant auto-disciplinée sur ce point, je n'ai jamais autant cité un roman ! le coupable ? Oscar Wilde en personne ! qui semble avoir voulu écrire une "Anthologie des aphorismes" ! Laissant à Blaise Pascal et à François de la Rochefoucaud la paternité des recueils de maximes, notre écrivain so british a choisi le roman pour transmettre à ses contemporains quelques pensées et visées philosophiques bien senties, pour le plus grand plaisir de ses lecteurs (d'aujourd'hui).

Je ne peux pas, en conscience, mettre moins de quatre étoiles bien que seul le dernier tiers du roman m'ait véritablement captivée car, côté action, ce n'est quand même pas la panacée. « Le Portrait de Dorian Gray » est avant tout un roman psychologique ; son action est essentiellement mentale. Cependant, l'écriture est si fine, si sculptée, si savoureuse et elle atteint si bien la cible en son centre à chaque page, que, rien que pour cela, il est absolument impossible de prétendre que ce roman n'est pas bon.

Bon, il l'est, indubitablement. Déjà sa structure est audacieuse ; contrairement à Bel-Ami qui agit seul face au monde qui l'entoure, ici Dorian Gray n'est, si je puis dire, que l'un des personnages du roman ; en réalité, il y a bien trois personnages de premier plan, Lord Henry, Basil et Dorian, qui sont unis dans une formation triangulaire au centre de laquelle se trouve le véritable personnage principal de l'oeuvre : le Portrait lui-même (d'ailleurs, dans le titre original (The Picture of Dorian Gray) ou dans sa traduction, le fameux portrait est toujours écrit avec une majuscule, comme un nom propre). Cette chaîne invisible qui unit les trois hommes est solide, elle résistera même aux fractures et survivra à la mort de l'un de ses maillons. C'est une chaîne forgée par l'admiration mutuelle que les trois hommes se portent. le Portrait est encore plus puissant qu'un miroir même s'il fonctionne à peu de choses près de la même façon. Il sert de base à Wilde pour développer une très belle thématique sur l'ego et ses répercussions dans les existences individuelles.

Dorian inspire Basil ; Basil peint Dorian ; Henry influence Dorian ; Dorian suit Henry ; une amitié pérenne lie Basil et Henry, Henry et Dorian, Dorian et Basil. Les trois hommes vouent le même culte à la jeunesse, à la beauté, à l'art, à la culture, à l'esthétisme ; les trois hommes vouent le même culte à Dorian Gray qui semble sublimer en lui tous ces trésors. La passion de Basil pour le corps, ô combien charmant, de Dorian, la passion d'Henry pour l'esprit, ô combien façonnable, de Dorian et l'amour narcissique de Dorian pour sa propre personne constituent pour Wilde le terreau idéal pour planter ses piques dans les flancs de la société anglaise de cette fin de XIXème siècle.

Et le Portrait dans tout ça, me direz-vous ? le Portrait est là pour donner un peu d'action palpable au récit et justifier sa nature romanesque, lui épargnant ainsi le destin moins heureux qu'aurait pu connaître un « traité cynique sur la fin du romantisme en Angleterre ».

***ALERT SPOILER***

Étrangement, ce qui m'a le plus marquée au cours de ma lecture fut moins la série d'aphorismes pourtant délectables dont elle fut truffée que la découverte d'un style très sensuel. J'affirme d'ailleurs que ce roman est un roman érotique.

Wilde, ce grand écrivain dont la vie fut mouvementée et dont la carrière littéraire fut ternie par un scandale suivi d'un procès perdu, puis qui, ayant été reconnu coupable du « crime de sodomie », fut incarcéré deux ans avant de connaître l'exil et le déclin, n'a pas hésité à décrire de façon très lumineuse et forte la passion qu'un homme peut inspirer à un autre homme et, une fois replié le paravent de l'art, il n'a pas craint de mettre à jour, noir sur blanc, des liens « d'amitié » bien proches de ceux de l'amour. Je cite Dorian quand il songe aux sentiments que Basil lui a déclarés : « L'amour qu'il lui portait - car c'était vraiment de l'amour – n'avait rien en lui qui ne fût noble ou spirituel. » Et cette déclaration d'amour du peintre à celui qui fut sa plus belle source d'inspiration est elle-même d'une grande intensité que je trouve suggestive, jugez par vous-même, je cite Basil, enflammé par ses aveux : « Les semaines et les mois passèrent, et je devins de plus en plus obsédé par toi. […] Je t'avais représenté en Pâris revêtu d'une armure raffinée, et en Adonis portant habit de chasseur et tenant un épieu poli. le front couronné de lourdes fleurs de lotus, tu avais pris place sur la barque d'Hadrien, portant tes regards sur l'autre rive du Nil aux eaux vertes et troubles. Tu t'étais penché au-dessus d'un étang immobile, dans un bosquet grec, et tu avais vu dans le silence argenté de l'eau cette merveille qu'est ton visage. »

De surcroît, il faut bien reconnaître que le roman ne plaide pas du tout en faveur des femmes qui y sont décrites comme les créatures les plus laides, rébarbatives et sottes. Aucune ne trouve grâce aux yeux de Lord Henry et le chapitre 8 où Dorian apprend le suicide de celle qu'il aimait est imprégné de la plus franche misogynie : « - Je crains que les femmes n'apprécient plus que tout la cruauté, la cruauté pure et simple. Elles ont des instincts prodigieusement primitifs. Nous les avons émancipées, mais elles restent des esclaves qui cherchent leur maître. Elles adorent être dominées. » (Christian Grey, sors de ce corps !).

Pour en finir (car il le faut bien même si ce roman mériterait de très longs développements), je dirais que le trio pensé par Wilde avec d'un côté Lord Henry, viveur endurci qui incarne le cynisme et la corruption d'une société fantoche, d'un autre Basil, l'artiste sensible, éperdu d'idéal et empreint de compassion, et, entre ces deux-là Dorian Gray, ce dandy immuablement jeune que ses aspirations narcissiques condamnent à perdre ses illusions et à céder aux vices que sa position sociale lui présente sur un plateau d'argent, symbolise à merveille la pensée humaine dans ses doutes, ses rêves et ses contradictions.


Challenge ABC 2012 - 2013
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DanD
  08 septembre 2018

Je regarde une célèbre photo d'Oscar Wilde, beau dandy sous sa tignasse, et je me rappelle ce que ce que me disait il y a peu une amie: “Nous sommes foutues. Tous les hommes chouettes sont gays”. J'ai encaisse la fleche sournoise en gentleman et souri avec commiseration. Mais laissons le portrait De Wilde et passons au Portrait de Dorian Gray.

C'est toujours avec un peu d'apprehension que j'aborde ce que d'autres ont qualifie de chef-d'oeuvre. de longues annees ont passé jusqu'a ce que je me decide a ouvrir le Portrait, et de longs mois jusqu'a ce que je le finisse. C'est que je suis revenu maintes fois sur des pages déjà lues. J'ai aime les conversations pleines d'aphorismes, meme si je ne souscris pas aux idees qu'ils vehiculent. J'ai moins aime les longs chapitres enumerant les objets d'art ou autres dont Gray s'entoure, et si je les ai revisites, c'etait pour comprendre a quoi ils rimaient (sans conclusions. Je suis reste perplexe).
En definitive, sa renommee n'est pas usurpee, et ne tient pas seulement comme je le craignais aux scandales qu'a provoques Wilde (ou peut-etre serait-il plus juste de dire qui l'ont provoque).

Wilde allie et reinterprete deux mythes, le mythe de Narcisse et le mythe de Faust, dans un recit a resonnances un peu gothiques. Comme Narcisse, Dorian Gray est obnubile par sa propre beaute et meurt devant son reflet (devant son portrait). Comme Faust, il vend son ame au diable, et si le diable n'est pas precisement nomme, un des personnages tient assurement le role de son avocat: son ami et mentor Henry Wotton, dont la philosophie de vie ultra-hedoniste glorifie l'esthetique, la beaute et le plaisir, au detriment de toute ethique.

Mais le livre est plus que cela. Wilde met en evidence la superficialite de la societe Victorienne, a travers des personages qui symbolisent toute la corruption et toute l'hypocrisie des classes elevees londonniennes. Par des dialogues (brilliants il est vrai) il laisse entendre que pour ces classes-la tout n'est que dissimulation, vanite et regne des apparences. Rude critique, qui n'empeche pas le lecteur de suivre les personnages avec une fascination legerement morbide, comme aimante par leur amoralite. J'aurais meme aime plus de details sur les debauches, les transgressions de Gray (a la place des listes interminables de tapis ou de tissus brodes…), comme s'il m'avait manqué de la profondeur dans son changement psychologique, comme si j'aurais aime differer la fin gothique que je subodorais.

Wilde a defendu son oeuvre contre ce qu'il a appele le "pseudo-ethical criticism". Pour lui un livre est bien ecrit ou mal ecrit. Tout le reste n'est que fumee et fioritures. le sien est incontestablement bien ecrit. Mais meme la fumee qui s'en degage est interessante, encore de nos jours, dans une societe qui venere la jeunesse, et ou les plus ages d'entre nous font tout pour garder (ou s'apparenter) ses signes exterieurs. Nos rides sont plus vues comme des indices de decrepitude que comme des attestations de sagesse. Dommage… (merde! J'ai devoile mon age!)
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lyoko
  06 août 2017
Dorian Gray est une jeune homme incroyablement beau. A tel point que le peintre qui en a fait son portrait le considère comme sa muse. C'est grâce a la beauté de ce jeune homme que tout le talent du peintre a pu se dévoiler.
Mais Dorian fait la rencontre d'un homme du monde , pour qui la débauche est une culture en soi. Cet homme va pervertir ce jeune mondain pour qui le culte de la beauté et de la jeunesse vont devenir une priorité.

Il y a de cela bien longtemps, j'ai étudié la peau de chagrinDe Balzac (pour être exacte : en première), j'en garde quelques souvenirs vague. Mais incontestablement on ne peut faire autrement que de faire un corolaire entre ces deux romans.

Dire que j'ai réellement apprécié ce roman serait faux. J'ai aimé l'écriture de l'auteur, sa façon de raconter mais j'ai toujours eu beaucoup de mal avec le culte de la jeunesse, de la beauté excessive et la recherche de la vie éternelle. Et pourtant je me rends bien compte que Wilde fait une belle et grande satyre d'une catégorie de la société anglaise de l'époque ( ce que j'apprécie au plus haut point).

C'est vrai qu'Oscar Wilde est un sacré personnage. J'aurais aimé le rencontrer, parce que j'aime sa verve, ses propos acides, son cynisme. Mais je suis sûre que nous ne serions pas devenus les meilleurs amis du monde. Nous nous serions certainement écorchés a coups de noms d'oiseaux à cause de sa façon de provoquer et de ses idées qui ne sont pas toujours en accord avec les miennes. Mais une chose est sûre c'est que nous aurions eu de beaux échanges, certes virulents, mais constructifs.

Si il était possible de ramener cet homme aujourd'hui , je serais franchement très curieuse de voir comment il aurait jugé les critères de beauté actuels, ainsi que le phénomène de chirurgie esthétique très a la mode en ce moment...
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darkmoon
  14 mars 2013
Sans âme , la beauté éternelle n'est que destruction !

Oscar Wilde , un écrivain qui amène une réelle réflexion sur la jeunesse, le sens de la vie, l'hédonisme et l'esthétisme.
Le Portrait de Dorian Gray , un roman rempli de morale ; sur la vanité, l'apparence et l'attirance, sur le fait que le plaisir est totalement différent du bonheur…

Au début, on se laisse prendre à l'atmosphère des soirées bourgeoises londoniennes et on se perd ensuite dans les bas-fonds de la ville : la drogue, la prostitution... Au départ, nous découvrons ces deux ambiances à travers les yeux du jeune Dorian qui inspire parfaitement l'innocence. Ensuite, ce regard change et nous constatons que ce que nous pouvons envier, finalement, n'en vaut pas toujours la peine. L'interdit nous attire mais... A quel prix ?

On peut voir en Lord Henry Oscar Wilde lui-même, dandy hédoniste, amoureux de mots et des turpitudes de la langue, connu pour ses moeurs légères. Ce Lord Henry ; machiavélique et cynique, jaloux de la pureté du visage de Gray au point de le rendre infecte et démesuré de plaisir, finalement cela se retournera contre lui...

On retrouve tantôt un Dorian Gray innocent, tantôt pervers, damné, tantôt sur le chemin de repentir.L'ombre du tableau est délicieusement oppressante. La psychologie des personnages est au coeur d'une intrigue mêlée de romance, de noirceur et de fantastique... Cela fait du portrait de Dorian Gray une oeuvre unique, qui se conclut par une fin digne du chef-d'oeuvre d'Oscar Wilde.

Bref , c'est un livre qui fait réfléchir sur le sens que nous donnons à notre vie. Ce roman est une vraie perle bourrée d'idées morales et de beauté éternelle!
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Guylaine
  02 février 2013
C'est la première fois que je donne mon avis sur un classique (Champomy !)
C'est vrai quoi, c'est moins facile je trouve…
J'avouerai que dans un premier temps j'ai un peu ramé avec ce portrait de Dorian Gray, je me suis demandée si Oscar Wilde ne diluait pas un peu, genre « je suis payé aux chapitres », le pire a été celui où il nous décrit les nombreux passe-temps raffinés de son héros ou anti-héros (comme vous voudrez) : l'étude des parfums, des instruments de musiques, des bijoux, des pierres précieuses, des tissus et des broderies, des ornements sacerdotaux, des tableaux de ses ancêtres… Vous voyiez, déjà, vous trouvez mon énumération un tantinet longuette, et bien, il fait des pages sur chacun de ces sujets, imaginez !
Et puis, arrive le moment où il renoue avec son récit, et là on veut savoir… On espère… on espère que cet homme comprendra que le plaisir, la jeunesse et la beauté ne sont pas tout dans la vie, et certainement pas à ce prix… On espère qu'il va renouer avec le bien…
Mais en vain, même quand Dorian décide de changer sa vie, de faire de bonnes actions, son portrait lui apprend qu'en fait c'est par vanité…
He's definitively bad !
http://youtu.be/pVzF199JZLY
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Eve-Yeshe
  21 décembre 2017
Ce roman est un chef-d'oeuvre ! tout part d'un portrait du héros, Dorian Gray, exécuté par le peintre Basil Hallward. Ce portrait est magnifique et subjugue ceux qui le regarde, Dorian lui-même et Lord Henry leur ami commun.

Il a été exécuté avec brio car Basil voit Dorian via les yeux de l'admiration, la fascination et même l'amour. Tout n'y est que recherche et harmonie des couleurs, de l'attitude. En voyant ce portrait Dorian émet un souhait : garder l'éternelle jeunesse et que le tableau subisse les outrages du temps.

Les liens réunissant ces trois personnages sont particuliers : Lord Henry sert de mauvais génie, instillant avec perversité sa vision cynique de la société, des femmes en particulier, transformant un jeune timide en homme narcissique, imbu de lui-même, ne reculant devant rien pour assurer son emprise et sa propre réussite sociale.

Basil le peintre est un personnage pur, passionné par son art, et amoureux de Dorian, ce qui explique la beauté du portrait qu'il a réalisé. Amoureux de l'amour ou amoureux du vrai Dorian ?

« Tout portrait qu'on peint avec âme est un portrait, non du modèle, mais de l'artiste. le modèle n'est qu'un hasard et qu'un prétexte. Ce n'est pas lui qui se trouve révélé par le peintre ; c'est le peintre qui se révèle lui-même sur la toile qu'il colorie. » P 13

Oscar Wilde en fait d'ailleurs un personnage à part entière car il emploie toujours la majuscule, pour le désigner, parlant du « Portrait » qu'il oppose au héros, comme on oppose le bien le mal, le beau et le laid…

Dans ce roman, Oscar Wilde n'est pas tendre envers les femmes, c'est le moins qu'on puisse dire, elles ont des rôles vraiment accessoires, même pas secondaires, que ce soit dans la vie de Dorian que dans celle de Lord Henry. Quant à la notion de fidélité, il se déchaîne en affirmant par exemple:

« Ceux qui sont fidèles ne connaissent de l'amour que sa trivialité ; ce sont les infidèles qui en connaissent les tragédies. P 21 »

Le rythme subjugue le lecteur, les idées fusent comme des bulles de champagne et Oscar Wilde joue avec elles, et nous entraîne, même si certaines peuvent nous déranger, tant il flirte avec l'excès, le désir de choquer, en maniant comme personne le paradoxe. (Notamment certaines affirmations concernant la société ou les femmes ou tentant de justifier le comportement de Dorian ne peuvent que le hérisser.)

L'écriture est belle, peaufinée, chatoyante comme les couleurs du tableau et on sent l'admiration de l'auteur pour la peinture, (il admirait beaucoup Gustave Moreau).

Ce roman d'une grande sensualité, sera hué par la critique, car considéré comme un éloge de l'homosexualité, de la débauche.

L'idée de faire vieillir mais aussi faire apparaître la cruauté sur les traits du beau visage, à chaque « mauvaise action » de Dorian est vraiment une idée de génie, car on va voir jusqu'où celui-ci est capable d'aller pour que personne ne voit le tableau se métamorphoser.

Cette idée m'a fait penser bien-sûr à « la peau de chagrin » De Balzac que j'ai adoré et que Oscar Wilde admirait :« la mort de Lucien de Rubempré a été le drame de ma vie » disait-il.

Énorme coup de coeur:
Lien : https://leslivresdeve.wordpr..
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gouelan
  10 novembre 2016
Roman fantastique et philosophique que je n'avais pas encore pris le temps de lire.

"Comme c'est triste! Je vais devenir vieux, horrible, effrayant. Mais ce tableau n'aura jamais un jour de plus qu'en cette journée de juin... Si seulement ce pouvait être le contraire! Si c'était moi qui restais jeune, et que le portrait lui vieillit! Pour obtenir cela, pour l'obtenir, je donnerais tout ce que j'ai! Oui, il n'y a rien au monde que je refuserais de donner! Je donnerais mon âme pour l'obtenir! "

Et voilà, le sort en est jeté, Dorian demeurera jeune et séduisant, le portrait portant le lourd fardeau de la vieillesse et de la laideur.

Puisque son visage et son corps ne reflètent plus son âme, il se croit intouchable. Sa vie devient oeuvre d'art, son âme véritable étant cachée dans le portrait du tableau. Il a désormais deux visages, l'un véritable, l'autre fantastique.

Jusqu'où ira cet homme, dépourvu de scrupules et de morale, libéré des chaînes de la vieillesse et de la laideur, pour assouvir ses plaisirs ?

Mais ce Narcisse diabolique pourra-t-il résister à la vue de son portrait lui révélant la noirceur de son être ?

En déchirant le voile de l'illusion, que restera-t-il de sa beauté ?

Une histoire envoûtante.
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Roggy
  25 novembre 2015
Il est difficile de ne pas succomber au charme d'un roman qui suinte l'intelligence et l'esprit. La maîtrise du langage et une pointe d'humour d'une élégance unique sont également très appréciables.
Les personnages sont superbement construits et étoffés au fil des chapitres. Ils gagneront même en voix, en personnalité et en traits d'esprit au long du roman.

Qu'on traite de l'analyse scientifique de la passion, de la vie humaine et des sentiments ou tout simplement des émois amoureux d'un jeune homme, l'histoire nous prend aux tripes, nous passionne et nous pousse à nous poser des questions.

La faculté de modeler les êtres par la beauté de l'art et de la littérature, de les éveiller et de les ouvrir à la vie et aux mystères du corps et de l'âme. Quel sujet passionnant et auquel on prête si peu attention de nous jours!
Il est tentant de faire le parallèle avec notre société de plus en plus vide, où prime le « culte de soi » et où il y a si peu de place pour les analyses profondes et les questionnements.
La réflexion sur le temps qui passe est particulièrement touchante. Oscar Wilde estime que l'homme est simultanément bon et mauvais et que son âme se dégrade au fil du temps. Chacun de nous porte le ciel et l'enfer en nous.

L'histoire prendra un tournant définitif qui nous laisse pantois, pensifs, tous sens en alerte…

Oscar Wilde a dit « Un livre n'est point moral ou immoral. Il est bien ou mal écrit. C'est tout. «

Et celui-ci est admirablement bien écrit !

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