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ISBN : 2842280172
Éditeur : Le Pré aux Clercs (31/10/1996)

Note moyenne : 3.85/5 (sur 51 notes)
Résumé :
Ignoré (très volontairement) pendant longtemps de ses biographes, Teleny est pourtant un des meilleurs romans d Oscar Wilde, en tout cas celui où il livre le plus librement sa nature sexuelle profonde et contradictoire.
Conçu semble-t-il au début comme une sorte de jeu littéraire érotique avec certains de ses amis, Teleny fut très vite repris totalement par Wilde lui-même, et publié clandestinement à Londres à très petit tirage et hors de prix. Et traduit à P... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Parthenia
  04 mars 2014
Avant de parler du livre en lui-même, il me faut dire quelques mots sur l'auteur présumé. La paternité de l'ouvrage est attribuée par quelques spécialistes à Oscar Wilde, tandis que d'autres pensent qu'il s'agit d'une écriture en collaboration avec plusieurs de ses amis. N'étant pas une spécialiste de l'auteur irlandais, je me garderai bien de trancher... he
Pour en revenir à l'intrigue, celle-ci relate l'histoire d'amour tourmentée entre le jeune et riche Camille Des Grieux et le très recherché pianiste hongrois René Teleny.
Dans un premier temps, Camille va tenter de lutter contre ses sentiments, déchiré entre sa passion dévorante pour un homme et son désir de respectabilité, car dans cette société victorienne, l'homosexualité est très sévèrement punie par la loi.
Cependant, son obsession finit toujours par le ramener à Teleny, qu'il se met à suivre secrètement après ses récitals pour découvrir avec douleur que le talentueux musicien partage ses nuits aussi bien avec des femmes que des hommes... Comme une espèce d'échange télépathique s'est noué entre Camille et René dès leur première rencontre, le malheureux Anglais assiste en pensée aux ébats du Hongrois !
Dévasté par la jalousie, il pense mettre fin à ses jours mais en est empêché in extremis par Teleny. Commence alors pour eux une vie de volupté aussi inassouvissable que dangereuse jusqu'au drame final...
De tous les romans érotiques que j'ai lus jusqu'ici, c'est celui que j'ai le plus apprécié.
Non seulement les personnages sont bien développés mais le récit offre également un témoignage culturel poignant sur la stigmatisation de l'homosexualité et la souffrance mentale et émotionnelle qui en découle.
Certes, les scènes de sexe, très explicites et très détaillées, abondent (d'ailleurs, certaines métaphores sexuelles m'ont bien fait sourire ! ^^), mais ce livre ne se résume pas à ça, car nous avons droit à des passages plus psychologiques où l'hypocrisie de la société est dénoncée et où le droit à l'amour et au bonheur est revendiqué, quelque soit le sexe de son partenaire !
D'ailleurs, le texte décrit avec une précision très évocatrice l'amour homosexuel de Teleny et Des Grieux, émotion pure et actes sexuels mêlés, ce qui fait que l'on se sent extrêmement touché par leur relation...
"Nous nous aspirions de nouveau dans un baiser plus ardent, si possible, que le premier. Oh ! le souvenir de ce baiser me brûle encore les lèvres. Un baiser, c'est quelque chose de plus que le premier contact charnel de deux corps : c'est l'exhalation de deux âmes enamourées. Mais le baiser criminel longtemps retenu, longtemps désiré, est plus sensuel encore ; c'est le fruit défendu, c'est un tison ardent qui enflamme le sang." (page 83-84)
C'est donc très visuel. C'est également écrit d'une manière très sophistiquée et très raffinée, parfois en totale contradiction avec la violence de certaines scènes (dont quelques-unes ne sont pas dénuées d'humour même dans le drame comme celle du bordel ou de la partie fine entre hommes, et dont une autre, portant sur un viol, est elle, par contre, particulièrement glauque), mais ce contraste souligne davantage l'hypocrisie de cette société victorienne pour qui seule compte la sauvegarde des apparences, conduisant au suicide les personnes ayant osé défier les conventions ou victimes des mâles dominants...
On retrouve dans ce texte beaucoup de références mythologiques,liées à l'Antiquité ou bibliques ainsi que des allusions littéraires classiques.
Ainsi, Antinoüs et Hadrien apparaissent dans une vision commune à Camille et René tandis que ce dernier joue du piano, préfigurant la fin tragique de leur histoire : "... Après vint l'Égypte, puis surgirent Antinoüs et Hadrien. Vous étiez l'empereur, j'étais l'esclave... Il ajouta plaisamment, parlant presque pour lui seul : — Qui sait ? Peut-être mourrai-je pour vous, un jour, comme Antinoüs pour son maître. Et ses traits prirent l'expression douce et résignée que l'on voit sur les statues antiques des demi- dieux." (page 23-24)
Même le patronyme de Camille, renvoyant aux héros du Manon Lescaut de l'abbé Prévost, laisse planer une atmosphère tragique...
Pour conclure, une très belle découverte d'une sorte de manifeste homosexuel avant l'heure, à l'érotisme très cru mais servi par une très belle plume qui magnifie une vision de l'amour tragiquement passionnée...
Lien : http://parthenia01.eklablog...
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henrimesquida
  19 novembre 2019
Dans ce roman d'apprentissage, le jeune narrateur Camille Des Grieux s'éprend de Teleny, sombre et séduisant pianiste étranger. Fantasmes, expériences hétérosexuelles s'ensuivent jusqu'à ce que se noue une relation charnelle entre Camille et Teleny, l'histoire se terminant tragiquement.

"Teleny" est assez déroutant pour ceux qui ont déjà lu Wilde. Ce ne sont plus les traits d'humour, les célèbres bons mots qui occupent le devant de la scène. C'est un récit à la fois sombre et très cru, où les scènes à caractère pornographique se succèdent.

Camille nous fait un peu penser à Dorian Gray au double visage, à travers cette homosexualité qu'il n'assume pas pleinement dans une société victorienne à la morale officiellement très stricte. Ainsi, lorsqu'il reçoit un billet le menaçant de le dénoncer, il hésite à retrouver Teleny, torturé entre son amour et son désir d'une part et sa peur de ce que la société pourrait lui réserver de l'autre.

Je me suis également beaucoup interrogée sur le rôle de la mère, ombre à la fois bienveillante et vampirique: la mère de Camille, très jeune et jolie, l'accompagne lorsqu'il se rend aux concerts de Teleny, le réveille lorsqu'il fait un rêve érotique, s'inquiète de son agitation lorsqu'il devient l'amant de Teleny et pour finir, devient en quelque sorte sa rivale en amour. Camille dit d'ailleurs de façon générale: "Par-dessus tout, j'abhorrais la femme, malédiction du monde." (p47)

Wilde nous plonge par ailleurs dans les lieux les plus sordides de l'époque victorienne. La question de la morale affichée en contradiction totale avec le comportement est ici continuellement posée, les jeunes hommes de la bonne société se retrouvant pour des parties fines qui parfois se terminent mal: dans un bordel de Tottenham Court Road, où une phtisique décède dans un acte de débauche ou encore chez un ami, où l'un des participants ayant voulu faire usage d'une bouteille paie de sa vie cette dernière audace.

Apportant également un éclairage sur la vie privé De Wilde, ce livre dresse un portrait intéressant de la société victorienne et repose sur une écriture très soignée. Une belle curiosité.
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baroncharlus
  20 août 2014
Bien que les éditeurs marquent en gros "Oscar Wilde" sur la couverture, le livre n'est probablement pas entièrement sorti de l'imagination du seigneur de la conversation.
En effet, il s'agit vraisemblablement d'une collaboration entre amis saturniens (comme on disait à l'époque...), en fait d'un véritable jeu érotique, tout à fait scandaleux à l'époque -donc caché-, dont Wilde a dû "chapeauté" l'ensemble en plus d'en rédiger lui même certaines parties.
De fait, le livre n'est pas sans rappeler certains thèmes développés par Wilde lui-même dans d'autres de ses romans (l'homosexualité du Portrait de Dorian Gray, la superstition du crime de Lord Arthur Saville, çà et là des touches de magie un peu obscure ... ) et le livre régale de quelques bons mots. Les chapitres peuvent souvent se lire comme de véritables nouvelles,se suffisant à eux-mêmes, non indispensables à l'intrigue, ce qui semble témoigner en faveur de la thèse des auteurs multiples. (Voir par exemple le chapitre 3 sur les "maisons de joie"!) Les scènes érotiques remplissent peut-être la moitié du livre et, si elles peuvent être amusantes, n'ont qu'un intérêt littéraire limité.
En résumé le livre mérite la lecture (on y retrouve un peu de l'esprit d'Oscar Wilde, révélateur à plus d'un titre de son époque, plaidoyer pour le droit à l'homosexualité, intrigue malgré tout surprenante... ) mais quant à l'adouber comme le chef d'oeuvre caché De Wilde ...
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jprathle
  17 juillet 2019
Débordant de sensualité et de crudité, Teleny est avant tout une histoire follement romantique. Les scènes de sexe, autant homosexuelles qu'hétérosexuelles, sont décrites avec un érotisme débordant. L'auteur n'omet aucun détail, qu'il fut anatomique ou « mécanique », et la fureur des sens y fait pleinement rage. On se doute de la malice que pouvait éprouver Oscar Wilde en écrivant ces lignes qui en offusquèrent plus d'un, et l'on ressent tout à fait le défi qui s'opère ici : vouloir choquer les bonnes moeurs, et donner le chapitre à une forme de sexualité alors interdite.
On connait le destin de l'écrivain irlandais, assigné devant une cour de justice par le père d'un de ses amants, et condamné à une peine de deux ans de prison en 1897. On ne peut d'ailleurs s'empêcher de voir en Teleny la figure de Lord Alfred Douglas. Car Teleny est avant tout une histoire d'amour. Camille Des Grieux et Teleny sont les figures d'un amour fou, sans limite, tout autant charnel que spirituel, et forcément physique et sans issue. Dès leur rencontre, les deux hommes éprouvent une attirance magnétique et un besoin de l'autre inextinguible. Seules les convenances de l'époque et de leurs milieux les empêche d'assouvir leur passion au grand jour mais qu'importe, ils vivent cette passion pleinement et jusqu'au bout.
L'écriture sensuelle de (ou des) auteurs de Teleny nous fait partager cette effervescence avec une acuité fascinante, le romantisme échevelé des personnages peut surprendre, et paraître désuet à l'heure actuelle, mais l'ironie et les bons mots d'Oscar Wilde tempèrent au bon moment de nombreuses situations. La peinture de l'Angleterre victorienne d'alors, ses rites et ses usages, ne manque pas de piques et certaines scènes, à la fois pittoresques et osées, finissent d'attirer notre attention, et d'asseoir notre engouement. Nous avons ici, assurément, un roman brûlant et envoûtant, qui tranche avec les oeuvres précédentes de l'auteur mais demeure paradoxalement dans la ligne droite de celles-ci.
Lien : http://lecinedeneil.over-blo..
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ChezVolodia
  11 octobre 2018
J'ai littéralement dévoré ce livre et l'ai au combien apprécié. Car l'amour entre deux hommes y est sublimé. Rien ne nous est caché. Tout est dévoilé avec beaucoup d'émotions de sensibilité avec parfois des mots crus mais justes.
J'ai compris en lisant ce livre, pourquoi il est resté dans la clandestinité si longtemps, car en plus de son amoralité, il dénonce l'hypocrisie sociale et de moeurs (aussi bien femmes que hommes) qui régnait à l'époque Victorienne.
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
PartheniaParthenia   04 mars 2014
La rue était déserte. Seuls quelques passants attardés se hâtaient de rentrer chez eux. Embusqué au coin de la rue, je ne perdais rien des mouvements des deux jeunes gens.
Je crus un moment qu’ils allaient se séparer, car je vis Bryancourt tendre les mains et saisir celles de Teleny. J’en fus tout heureux. Après tout, me disais-je, j’ai mal jugé Bryancourt ; pourquoi m’imaginer que tous les hommes et toutes les femmes sont amoureux de ce pianiste ?
Ma joie fut de courte durée ; la scène qui suivit me bouleversa : Bryancourt attira sur lui Teleny et... leurs lèvres s’unirent dans un long baiser, un baiser qui pour moi fut fiel et absinthe ; puis, après un échange de quelques paroles, la porte s’ouvrit et ils disparurent dans la maison.
Des larmes de rage, d’angoisse, de dépit jaillirent de mes yeux, je grinçais des dents, je mordais mes lèvres jusqu’au sang ; je m’élançai comme un fou sur la porte close, je la frappai du poing. Des pas s’approchèrent, je m’enfuis. J’errai dans les rues jusqu’à l’aube ; alors, harassé, fourbu au moral et au physique, je regagnai ma demeure. Le lendemain, je pris encore une fois la ferme résolution de ne plus jamais retourner aux concerts de Teleny, de ne plus le suivre, de l’oublier. J’aurais même quitté la ville, si je n’avais pas cru avoir trouvé un moyen de me délivrer de cet horrible amour.
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AymAym   14 février 2014
Plus je le regardais, plus ma passion grandissait. Mais ce n'était pas assez de le voir, j'avais à ajouter au plaisir de la vue celui du toucher, j'avais à jouir du contact de sa chair musclée, à le sentir sous ma main, à caresser sa poitrine, les sinuosités de son dos. De là, mes mains descendirent jusqu'aux hémisphètres, et lui prenant les fesses, je le presai contre moi. Puis, me dépouillant de mes vêtements, je collai mon corps au sien, je m'y frottai et m'y entortillai comme un ver. Etendu sur lui, ma langue dans sa bouche, je cherchais la sienne qui se retirait et qui dardait au dehors, lorsque je retirais la mienne, de sorte que toutes deux semblaient jouer à un folâtre jeu de cache-cache qui faisait courir dans nos veines un frisson de volupté...
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Videos de Oscar Wilde (58) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Oscar Wilde
L'émission complète : https://www.web-tv-culture.com/emission/joseph-denize-quand-on-parle-du-diable-51689.html
Voilà un auteur prometteur. Franco-italien de naissance, installé à Florence en Toscane, depuis plus de vingt ans, Joseph Denize, après des études littéraires, s'est spécialisé dans l'écriture publicitaire et cinématographique. Mais l'envie du roman était là depuis longtemps. Et c'est dans le fantastique qu'il a choisi d'ancrer son premier livre, « Quand on parle du diable ».
Nous voici donc à Paris, en 1917. Dans cette période charnière de la première guerre mondiale, nous allons suivre un jeune homme, Aimé Grandin, dont l'oncle, fantasque artiste peintre faussaire, est mort dans des conditions bien énigmatiques. Et notre jeune homme d'être embarqué dans un imbroglio où un tableau sème la mort, où les personnalités se dédoublent, où des sociétés secrètes cherchent à prendre le pouvoir quand les hommes meurent au front par milliers.
Allégorie de la guerre, ce roman à énigmes, foisonnant s'inscrit dans la tradition des grands feuilletonistes de la littérature tels Edgar Alan Poe mais aussi Oscar Wilde et son « Portrait de Dorian Gray », Balzac et sa « Peau de chagrin » ou Boulgakov avec son oeuvre maitresse « le maître et Marguerite » lu et relu par Joseph Denize au fil des années.
Si je cite volontairement ces grands noms de la littérature, c'est, qu'au-delà de l'intrigue, des rebondissements, de la fantasmagorie imaginée par l'auteur, on est aussi enthousiasmé par sa plume. Une écriture soignée, riche, travaillée sans être ampoulée, ne s'interdisant pas quelques traits d'humour et ne cédant pas à la facilité des dialogues à outrance.
Dans ce Paris de 1917, parfaitement dépeint dans les moindres détails, les forces du mal mènent un combat à faire froid dans le dos. Sur les pas du jeune Aimé, du prestidigitateur Vikto Tombo et de la belle mais énigmatique Mérie, nous sommes embarqués avec délice dans une histoire cauchemardesque à souhait qui nous entrainera dans les entrailles de la Ville-lumière.
Amateurs de fantastique, voilà l'une des pépites de ce début d'année, « Quand on parle du diable », le premier roman de Joseph Denize, publié chez Julliard.
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