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ISBN : 1561633925
Éditeur : NBM Publishing Company (01/06/2005)

Note moyenne : 5/5 (sur 1 notes)
Résumé :
The next volume in the prize-winning and greatly acclaimed complete adaptations of Wilde’s tales presents “The Devoted Friend” on what constitutes real friendship, and “The Nightingale and the Rose” a stirring story of sacrifice to love with a cruel twist.
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Presence
  11 septembre 2018
Ce tome fait suite à Fairy Tales of Oscar Wilde 3: The Birthday of the Infanta qu'il n'est pas nécessaire d'avoir lu avant. Il comprend 2 histoires initialement parues en 2004, toutes les 2 adaptées d'un conte d'Oscar Wilde, écrits, dessinés, encrés et mis en couleurs par Philip Craig Russell. Dans le corpus créé par cet auteur, il les a numérotés 49 (réalisée en 2001) et 54 (réalisé en 2003). Ces 2 contes sont tirés de le prince heureux - le géant égoïste et autres contes d'Oscar Wilde (1854-1900), publié en 1888. Au total, P Craig Russell a adapté tous ces contes, regroupés en 5 tomes publiés par NBM.
L'ami dévoué (15 pages) - Dans un cours d'eau, une maman canard est en train d'apprendre les bonnes manières à ses trois enfants. Ils sont observés depuis la rive par un campagnol amphibie. Ce dernier trouve que les enfants sont particulièrement désobéissants et que leur mère devrait les noyer. Cependant il indique qu'il n'y connaît rien en éducation des enfants, et il ajoute qu'il ne trouve aucun sentiment plus noble que celui de l'amitié dévouée. Il se fait interpeler par un verdier d'Europe qui lui demande ce qu'il connaît de l'amitié, ce qu'il attend d'un ami, et ce qu'il serait prêt à faire pour un ami. Devant les réponses évasives du campagnol, il lui raconte l'histoire de l'amitié entre Hans un jeune jardinier n'ayant à son nom que son cottage et son jardin, et Hugh, un riche meunier propriétaire de son moulin et y faisant travailler des employés. Hugh faisait l'amitié de rendre souvent visite à Hans qui lui offrait quelques fleurs ou légumes ou fruits. de temps à autre, Hugh demandait à Hans de lui rendre un menu service.
Le rossignol et la rose (15 pages) - Un jeune étudiant se languit d'amour dans un jardin. Il pense à la fille du professeur qui a promis de danser avec lui lors d'u bal donné par un prince, sous réserve qu'il lui offre une rose rouge. Or il n'y a pas de rose rouge dans son jardin. Perché dans l'arbre, un rossignol écoute ses lamentations et s'en trouve tout triste. Il est convaincu que l'amour est quelque chose de beaucoup plus précieux que les émeraudes et que les opales. L'étudiant se rend malade rien que de penser que la fille du professeur dansera avec d'autres que lui qui continuera à se morfondre. Il pleure tant et plus de chagrin qu'il finit par s'endormir d'épuisement, face contre terre. Un lézard, un papillon et une marguerite qui ont écouté ses lamentations se moquent de cet individu capable de se rendre ainsi malade parce qu'il n'a pas une rose rouge. le rossignol toujours aussi ému s'en va parlementer avec le rosier pour lui demander une rose rouge. Ce dernier lui répond qu'il ne peut produire que des fleurs jaunes, mais il lui conseille d'aller demander à son frère qui pousse sous la chambre de l'étudiant. le rossignol ayant posé sa question il s'entend dire par le rosier comment faire pour obtenir une rose rouge, et le prix à payer.
Bien sûr Oscar Wilde est plus connu pour son roman le portrait de Dorian Gray (1890), ou pour sa pièce L'Importance d'être Constant (1895), ou même ses nouvelles le Fantôme de Canterville et autres nouvelles (1891). Cette adaptation en bande dessinée est donc l'occasion pour un lecteur qui ne les connaitrait pas de tester ses contes pour enfants. P. Craig Russel est un auteur de comics complet (scénario et dessins) qui a réalisé de nombreuses adaptations en tout genre : Conan and the Jewels of Gwahlur (une histoire originale à partir du personnage créé par Robert E Howard), des adaptations d'opéra The P. Craig Russell Library of Opera Adaptations ou The ring of Nibelung d'après Richard Wagner, ou encore de nombreuses adaptations de nouvelles et romans de Neil Gaiman comme The Sandman: Dream Hunters ou American Gods: Shadows.
La couverture met en avant le nom d'Oscar Wilde dans le titre et propose une construction qui met le rossignol au premier plan, signalant que son importance prime sur celle des humains. de fait le premier conte est introduit par des animaux qui parlent (la cane et ses canetons, le campagnol, le verdier), et dans le second le rossignol tient le rôle principal, et dialogue avec plusieurs rosiers. Russell ne choisit pas l'anthropomorphisme, mais conserve la forme des animaux, en privilégiant leur contour plutôt qu'une description de type photographique. Ce faisant les animaux donnent l'impression d'être l'expression de la nature, c'est-à-dire que leurs propos revêtent une franchise en harmonie avec leur sentiment profond, sans filtre distordant. Ce travail de simplification de la représentation s'avère assez complexe. En effet les cases comportent une bonne densité d'informations visuelles, et les contours suffisent à décrire des formes reconnaissables. Par exemple, lorsque le lecteur prend le temps de regarder les fleurs et les plantes du jardin de Hans, il reconnait aisément les différentes espèces. Représenter une fleur pour P. Craig Russell, ce n'est pas disposer des pétales au petit bonheur la chance, c'est intégrer un élément végétal en respectant la forme de ses feuilles, la géométrie de la tige ou du tronc, etc. Dans la deuxième histoire, il s'agit bien de rosiers et pas d'une forme générique d'une couleur vaguement approchante.
P. Craig Russell représente avec la même approche les éléments manufacturés et les personnages humains. le lecteur peut voir le dénuement de la cabane de Hans, l'opulence du repas familial servi sur la table de Hugh ou lors de la veillée funèbre, les tuiles en bois de la grange, gauchies par les années et les intempéries, les briques sous le crépit, les luminaires luxueux de la salle de balle. La plupart du temps ces éléments s'intègrent de manière organique à l'environnement, plus rarement ils participent à composer un tableau, avec une approche moins naturaliste et plus arrangée. L'artiste présente des êtres humains également travaillés pour être plus expressifs, plus représentatifs, mais sans perdre de degré de complexité. La bonne nature de Hans se lit sur son visage, et sa pauvreté se voit dans sa tenue vestimentaire. L'aisance financière de Hugh se voit dans ses beaux habits, ainsi qu'une forme de sophistication dans les expressions de son visage, le lecteur se rendant rapidement compte que cet individu est habile à moduler ses émotions pour son profit. le langage corporel de l'étudiant adopte des conventions plus romantiques dans la gestuelle, postures qu'il projette sur le comportement de la fille du professeur, dont le langage corporel est tout autre quand il se retrouve face à elle.
P. Craig Russell fait preuve d'une habileté certaine pour le travail d'adaptation. S'il lisait ces bandes dessinées sans savoir qu'il s'agit d'adaptation, le lecteur trouverait les pages un peu chargées en texte, mais ces derniers étant très bien tournés. Par ailleurs les images ne répètent pas ce qi est déjà dit en mots, et le découpage des pages en case relève bien d'une narration séquentielle, et pas d'une suite d'illustrations du texte, accolées les unes aux autres sous forme de bande dessinée. Non seulement les dessins donnent à voir les différents environnements et donnent vie aux personnages (humains ou animaux), mais en plus l'auteur utilise les spécificités de la bande dessinée pour des moments uniques. Il peut s'agir d'une légère exagération quand Hugh repart les bras chargés de fleurs et de fruits. Il peut y avoir un léger glissement vers l'expressionnisme quand Hans s'enfonce dans une forêt menaçante. Il peut y avoir un passage vers l'allégorie quand la tempête se déchaîne, l'écho porte un son, ou un oiseau émet un dernier trille. Les dessins font alors apparaître la vie spirituelle d'un individu ou l'indifférence de l'univers.
De fait même s'il n'a pas d'appétence particulière pour Oscar Wilde, le lecteur est tout simplement enchanté par la beauté des dessins, leur richesse sophistiquée, et élégante. Il accepte donc bien volontiers la forme qui veut que les animaux parlent et expriment des émotions ou des vérités plus franches que les humains, donnant l'impression d'êtres plus vrais. Alors que le verdier raconte son conte sur la relation entre le jardinier et le meunier, le lecteur se rend compte que la nature du propos n'a rien d'enfantine. Oscar Wilde n'a pas viré sa cuti ou adapté sa façon de voir afin écrire pour un public plus jeune. le lecteur adulte n'a pas besoin d'explication pour comprendre ce qui cloche dans la relation d'amitié, ou dans le fait qu'une rose ne suffira pas à révéler l'amour potentiel dans le coeur de la fille du professeur. Par contre, s'il ne connaît pas ces contes, il ne s'attend pas à leur noirceur. Wilde & Russell réussissent à conserver un ton narratif cohérent du début à la fin, sans rupture pour augmenter artificiellement la dramatisation. La cruauté nait du décalage des comportements et ne s'en exprime qu'avec plus de force. Oscar Wilde met en scène le gouffre qui sépare la manière dont les individus se représentent le monde, les contresens d'interprétation des comportements, l'expression d'un égoïsme abyssal d'autant plus horrifiant et sidérant que les individus n'en ont pas conscience.
Ces 2 contes d'Oscar Wilde sont adaptés avec une réelle maestria, pour un spectacle visuel délicat et enchanteur, sans rien perdre de l'intention de l'auteur, sans rien perdre de la cruauté des rapports humains. Exceptionnel.
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Vidéo de Oscar Wilde
Rome Re?invente?e . L'Antiquité dans l'imaginaire occidental, de Titien à Fellini.
Rome : un fantasme, une énigme, un grand livre d?images qui a traversé les siècles, jusqu?aux séries d?aujourd?hui, aux jeux vidéo ou aux bandes dessinées. Dès la Renaissance, artistes et écrivains n?ont cessé en effet de puiser à la source intarissable de l?Antiquité. Gustave Flaubert dédia plusieurs années de son existence à la rédaction de "salammbô", Federico Fellini retrouva son énergie créatrice lors du tournage du "Satyricon", Cléopâtre, Spartacus ou Jules César donnèrent au cinéma ses plus grands succès publics, l?empereur Hadrien fournit à Marguerite Yourcenar la matière d?un best-seller et Oscar Wilde érigea l?éphèbe Antinou?s au rang de porte-étendard homosexuel? C?est l?objet de cet ouvrage que de montrer, à travers une dizaine d??uvres d?art, comment la référence à l?histoire romaine a nourri l?imaginaire collectif occidental, dessiné les contours de notre univers culturel, structuré nos représentations politiques, notre conception de la religion, du destin, ou encore des rapports entre l?homme et la femme. Et comment l?effondrement de l?Empire n?a cessé d?être un miroir dans lequel les sociétés projetaient les angoisses de leur temps.
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