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EAN : 9782253083535
360 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (11/04/2018)
3.77/5   11 notes
Résumé :
La planète est exsangue, ravagée par la pollution, la guerre, la maladie. Les Sumner, de riches propriétaires terriens, pressentent que l’effondrement du monde est proche. Ils décident de construire à Bear Creek, dans leur domaine de Virginie, un centre de recherches scientifiques et d’y organiser la vie en autarcie. Après le cataclysme, les hommes et les femmes se révèlent stériles et disparaissent en quasi-totalité. Créer des bébés par clonage semble pallier la re... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
kuroineko
  27 décembre 2018
Paru pour la première fois en 1976, Hier, les oiseaux a bénéficié d'une bienvenue réédition par le Livre de Poche au printemps 2018.
Quarante-deux années après sa publication, le roman de Kate Wilhelm reste d'une inquiétante actualité. Dans les débuts du récit, le monde court à sa perte entre guerres atomiques, maladies, stérilité animale et humaine, pollution, désinformation, etc. Une famille de visionnaires s'acharne à sauver ce qui peut l'être, optant pour la solution du clonage.
Trois parties et un épilogue composent l'histoire. La première raconte l'instauration du système de clonage et d'une vie communautaire en autarcie. Dans la vallée résident une centaine d'humains ayant survécu aux maladies. Des humains bientôt dépassés numériquement par leurs clones. Puis clones de clones.
Kate Wilhelm met l'accent sur l'uniformité de cette communauté, à brève échéance. Persuadés que c'est l'individualité et son individualisme qui ont conduit l'humanité à sa destruction, les médecins et ingénieurs généticiens concluent que l'individu ne doit être qu'une partie d'un tout et s'y soumettre.
Outre les questions d'éthique sur le clonage et la greffe d'éléments sur certains foetus, le texte s'impose aussi comme un hymne à la différence et à la création unique, au lieu de la reproduction standardisée de modèles antérieurs. Dans ce contexte post-apocalyptique, la Nature se fait très présente et les descriptions de l'auteure enchante le récit. Les arbres sont la vie-même et révèlent leurs secrets à qui sait entendre et ecouter.
Hier, les oiseaux renvoie à d'autres lectures d'anticipation, comme le meilleur des mondes d'Aldous Huxley. S'il est parfois un peu complexe de se retrouver dans les fratries de clones, certains personnages, comme Molly, Mark ou Barry, sont très intéressants à suivre dans leur évolution et leurs pensées.
Même si le devenir possible de l'humanité tel qu'il est décrit par Kate Wilhelm est dérangeant et anxiogène, elle n'efface pas pour autant toute lueur d'espoir.
A l'issue d'une COP24 de Katowice bien peu concluante et de mesures insuffisantes prises en matière de lutte écologique, la lecture de romans tels Hier, les oiseaux devrait faire réfléchir toujours plus sur l'avenir du monde et de ses habitants.
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Commenter  J’apprécie          350
Pequignon
  17 février 2021
Demain les clones
Ce livre rapide et efficace est un petit classique réédité aujourd'hui pour un bon plaisir !
Les clones, sujet développé et toujours redéveloppé encore actuellement, ça fait peur dans un livre de 1974. Lire la base d'un sujet pour y retrouver des poncifs et s'obliger à respecter parce que c'est la base, c'est pas lecture plaisir. Mais quand c'est un bon classique, la base c'est bon. Et comme tout bon classique respecté, on s'est abstenu de le copier. Cette approche du clonage humain, je ne l'avais pas vue ou lue avant dans des fictions plus modernes. Elle nous tire par le néocortex notamment par le fait qu'on l'attend au tournant. L'idée paraît difficile à faire tenir debout mais ça y parvient.
le style convenu permet une narration très rapide et c'est ce qui s'apprécie le plus. Ce qui pourrait lasser vite n'est jamais le but de ce qui est décrit. Ainsi une scène nécessaire mais pas très intéressante dure un paragraphe. Plié. Et les ellipses sont ellipses, on parle en années, en générations, en tout cas pour la première moitié du bouquin. Ça se ralentit un peu dans la seconde moitié, mais pas de quoi s'alarmer, et surtout ça se justifie. Il n'est pas déplaisant non plus de laisser à un personnage singulier le temps de vivre un poil, et puis singulier, c'est le mot, tu le sais c'est ça le mot. En trois cents pages et quelques on démarre en pure romance, histoire de famille (avec un détail un peu...mfff...pas total confort, donc génial), pour passer à du scientifique propre et encore plus gênant, des spéculations morales bien trouvées et crédibles où une sorte de bigoterie grégaire côtoie la saloperie naïve, et ça sur fond de décors post-apo mélancolique un peu arty néo-basique. Si vous avez saisi toutes les implications de ces deux dernières phrases, vous vous êtes fait spoilé.e.s. Modérez vos capacités intellectuelles, je vous prie. D'ailleurs attention, le résumé sur ce site raconte TOUT le livre.
le seul élément « nouveau » (1974) qui est devenu un peu éculé c'est la catastrophe écologique, mais elle n'est pas suffisamment appuyée pour agacer vu la rapidité du récit et c'est même assez élégant. Agréable d'avoir un morceau de littérature écolo daté de 1974 sans avertissement de l'écrivain éclairé sur l'état de la planète, ni moralisation. La démangeaison de malaise qui nous secoue le bas-ventre tout le long du livre est en fait motivée par une grande philanthropie.
Spoiler
Ce qui est particulièrement formidable, c 'est cette romance entre David et sa cousine, qui est déjà assez chouette alors qu'on attend un peu l'arrivée de la SF (eh oui, ils ont mis un bébé-tube-à-essai sur la couverture et c'est au rayon SF, c'est dommage, ça rate la surprise mais d'un autre côté Hier, les oiseaux est un titre qui ne m'attirerait pas du tout au rayon « littérature blanche »). Les cousins décident d'être amoureux malgré les contingences. Mais ça se finit vite à cause de la catastrophe. Kate Wilhelm arrive à nous faire accepter cet amour peu conventionnel pour nous (pour des raisons de santé de la progéniture, nous sommes d'accord), ce qui est déjà une petite prouesse. Mais l'idée formidable est de suivre ensuite ces générations de clones de ces cousins et de leurs familles, qui vont forniquer jusqu'à plus soif et multiplier notre malaise.
Les clones, en réfléchissant à leur propre clonage, ne semblent jamais conscients de leur consanguinité et les générations passant, on ne sait plus qui est clone de qui et on a juste l'image mentale d'un délire de société fermée avec ses castes/familles clonées qui font des orgies (patchwork déjà efficace) mais en plus consanguines.
de plus, les tares des clones arrivées après les générations successives sont bien trouvées aussi et pleines de sens, sans qu'on puisse dire si elles sont dues à un problème de brassage génétique ou à un problème propre au clonage. (Il y a un truc qui m'a échappé à ce sujet, si vous savez dîtes-moi). Cette capacité de lecture d'image qui disparaît m'a fasciné. Qu'ils se perdent en forêt, c'est pas le truc le plus crédible, c'est même un peu bancal. La peur de l'extérieur oui, mais ne pas reconnaître un arbre, bof. Mais ça sert le propos, le retour à l'état sauvage, qui est ici entièrement justifié et encore une fois non moraliste. Par contre, regarder un dessin et n'y voir que des taches, c'est très intéressant.
Quant à l'idée principale, le fait que chaque groupe de clones copie-conforme se voit comme une entité et perd la notion d'individualité jusqu'à l'interdire, c'est la plus belle du livre. Il y a une ode à la solitude, qui engendre poésie et création mais aussi tristesse, mélancolie. Ça donne lieu à des promenades, à des balades mentales de l'individu isolé dans sa communauté totalement inédites. En plus c'est très acceptable si l'on en juge par le comportement très fusionnel de certains vrais jumeaux ou triplés.
Bon, c'est pas pour rien qu'il y eu prix Hugo et Nebula pour cette belle chose.
Le talent n'a rien à voir avec le sexe.
Donc non, je ne dirai pas j'aime lire les femmes qui écrivent de la science-fiction.
Je ne le dirai pas.
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Le_chien_critique
  11 juin 2019
Si tu en as marre de te faire réveiller à l'aube par le bruit infernal des piafs, ce roman est pour toi.
Un roman post apocalyptique où l'humanité disparait suite à la pollution de l'environnement, il en sort 10 par mois désormais. Hier, les oiseaux a cependant été écrit en 1977, on peut donc parler de roman novateur pour l'époque.
Le principal défaut de ce roman vient de l'optique prise par l'autrice qui a préféré se focalisé sur l'humain (et ses clones) plutôt que sur la plausibilité scientifique. Les causes ayant amené à la pollution et a la disparition quasi complète de l'humanité sont envoyés en deux lignes. le worldbuilding est donc assez bancal. En outre, les progrès réalisés depuis autour du clonage datent clairement le livre dans son époque, mais les questions éthiques soulevées restent intéressantes.
Une fois ceci accepté, que reste t il ? L'intérêt à mon sens est que ce post apo revisite le genre en nous proposant une post humanité différente à partir du clonage de l'humain. Elle nous propose une confrontation entre humains et clones, ce qui les différencient ou les lient. Une nouvelle civilisation nait, sur les ruines de la précédente. Qu'est ce qui fait civilisation, c'est la vaste question de ce roman. Lorsque l'individu est interchangeable, lorsque chaque individu est assigné à un rôle, à une fonction, lorsque l'on fonde une société sur l'instant, en oubliant le passé et la projection vers l'avenir, que reste t-il de l'humanité ?
Découpé en trois parties qui abordent l'éthique autour de la science, l'écologie, la sexualité, les normes sociales et l'individu face au groupe, la trame se déroulent sur quelques décennies pour explorer l'évolution de cette société nouvelle.
Centré sur la communauté autarcique, au plus près des individus, ce roman permet un questionnement toujours pertinent sur les questions sociétales et écologiques
Le genre de livres qui donnent peu d'inspirations aux graphistes, si ce n'est pour faire des couvertures hideuses.
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loeildem
  27 mai 2018
Le début m'a laissé profondément perplexe. Je me suis demandée dans quelle genre de lecture je m'embarquais. J'ai franchement peiné. le mettant de côté, je me suis dit que je n'arriverais jamais à le relire. Et pourtant. Pourtant je m'y suis mise un après-midi et j'ai avalé les pages sans m'en rendre compte. Je ne sais pas quel a été le déclic parce qu'il y a beaucoup de personnages, de termes techniques. J'ai trouvé super intéressantes les thématiques proposées par l'auteure : le clonage, l'importance de la nature, le droit des hommes. Ce roman m'a rappelé une précédente lecture, le meilleur des mondes de Huxley. Un roman que j'ai lu deux fois. J'ai médité toute son importance lors de ma deuxième lecture. Ici, j'ai réitéré la même expérience. Ma deuxième tentative de lecture fut la bonne.
Un monde post-apocalyptique s'ouvre à nous. Des hommes tentent de survivre, de traverser le temps et de révolutionner le monde scientifique. Ils passent des heures entières dans des laboratoires à étudier la génétique. le clonage semble être la seule solution à la conservation de l'espèce. Je me suis sentie un peu perdue dans le jargon scientifique et médical. Des termes techniques, pas très difficiles en soi, mais qui, intégrés dans l'histoire, dans les dialogues, deviennent un peu flous. de plus, la multitude de personnages n'aident pas à suivre aisément la trame narrative. Ces personnages sont des clones, les générations se succèdent, l'individu unique n'existe plus. Chacun pense en commun, l'opinion propre à chacun n'a pas sa place.
Les dirigeants ont conscience que rester en autarcie, c'est condamner tout le monde. Il faut franchir les frontières, partir explorer les villes alentours. Mais les heureux élus envoyés en éclaireur n'ont aucune idée de comment survivre. Ils forment un troupeau, indissoluble, pensent en groupe et ferment leur esprit à toute pensée étrangère. de vrais automates. Et je fois avouer que ça fait un peu peur ce genre de choses.
La Nature est omniprésente dans le roman et j'ai aimé l'importance que lui donne l'auteure. Elle est la seule à avoir survécu à l'apocalypse. Faite de mystères et de ressources encore inexploitées, elle guide certains personnages dans des quêtes personnelles. Parce qu'il y a encore des humains quelque part.
L'écriture est assez recherchée, je l'ai trouvé très précise, scientifique. Pas trop de sentiments ou d'émotions, ce n'est pas le but. Un côté impersonnel qui m'a toutefois un peu dérangé mais la thématique justifie cela.
Même si le début a été difficile, j'ai fini par accrocher à cette lecture qui pose des thématiques justes et intéressantes.
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aliasdam
  22 juin 2018
L'humanité touche à sa fin. Une famille a décidé de créer un centre de recherche scientifique dans lequel ils vont développer/créer des bébés clonés.
Trois parties presque distinctes qui marquent la fin d'une époque, le début d'un commencement et la naissance de personnages qui restent en mémoire. Kate Wilhem a un joli talent pour présenter l'aube d'une nouvelle génération dans un monde où la nature reprend ses droits. On pense à la Servante écarlate, on pense à notre situation géopolitique et tous les excès de notre société. Ce roman écrit en 1976 trouve ici un écho tout particulièrement rageant et déconcertant.
Le monde humain n'existe plus, seuls vivent des clones de clones de clones qui vivent en groupe, ne remplissent que leurs missions, ne sortent pas des cordes et dépendent les uns des autres. Et si un clone né en pleine nature rejetait ce mode de vie et tentait de leur faire comprendre?
Une ode à la nature et à la différence, Hier, Les oiseaux est une bien belle pépite ressortie aux éditions le Livre de Poche cette année 2018 à savourer, à méditer et à mettre dans toutes les mains.
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
kuroinekokuroineko   27 décembre 2018
Ils étaient heureux parce qu'ils n'avaient pas assez d'imagination pour voir l'avenir, et quiconque tentait de leur expliquer les dangers était par définition un ennemi de la communauté.
Commenter  J’apprécie          80

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