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EAN : 9782760947528
160 pages
Éditeur : Leméac (Editeur) (23/08/2017)
3.31/5   13 notes
Résumé :
Osip se refuse à sa nièce. Il ne lui montrera pas comment « faire le sexe des humains », même s’il ne voit pas trop qui pourra le lui enseigner sur le rocher qu’ils habitent avec le reste du clan. Il n’a pas pitié de Mie. Elle appartient à cette plage qu’il observe depuis la plateforme du phare où il passe ses journées. Seuls l’intéressent les bateaux étrangers et la femme de l’aîné. Celle-ci n’a ni la pudeur de la Vieille, ni les manières des femmes qu’il a croisée... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Soleney
  09 mai 2021
Perturbant : voilà comment je pourrais résumer mes impressions sur les textes d'Audrée Wilhelmy. Après Oss et Les Sangs, je découvre son petit dernier. de tous, c'est celui que j'ai pris le moins de plaisir à lire. Il m'a semblé que la qualité du texte, très présente dans les deux premiers, s'était effacée au profit du gore, du choquant.
En soi, l'histoire ne m'intéressait pas plus que cela : c'était pour le nom de l'auteure que j'ai acheté ce livre.
Comme à chaque fois, il n'y a pas de contexte. Cette histoire pourrait se dérouler n'importe où, n'importe quand, mais (dans le cas du Corps des bêtes comme d'Oss) plutôt dans un coin très froid, très isolé et très pauvre. C'est l'histoire d'une famille repliée sur elle-même, vivant de presque rien, n'étant pratiquement pas en contact avec l'extérieur. Tout d'abord, une mère et ses deux enfants survivants. Puis une Vieille, deux frères rivaux, une étrangère au centre de leur conflit, et les petits nés de la tension sexuelle qui plane. Il y a huit parties, chacune alternativement consacrée à l'un des deux narrateurs : Osip et Mie.
Osip est le frère cadet, éternellement dans l'ombre de l'aîné. Un mot pour le résumer : frustration. Dès tout petit, on apprend qu'Osip a une libido galopante, née peut-être de l'isolement dans lequel il grandit, de l'imagination qui remplace la réalité, de la crainte (peut-être ?) de ne jamais trouver de partenaire (j'interprète comme je peux). Impossible de savoir avec certitude la source de ce désir démesuré, mais toujours est-il qu'à peine pubère, il éprouve déjà une profonde attirance pour le corps de sa mère. Malsain ? Étrange ? Oui.
L'arrivée de Noé, l'étrangère qu'on a mariée à son aîné (Sevastian-Benedikt pour les intimes), ne peut donc qu'enflammer ses hormones déjà soumises à forte pression. Pendant des mois, des années, Osip navigue entre le besoin irrépressible de goûter à la chair et la crainte de l'irréparable. Coucher avec la femme de son frère, ce trappeur hors pair, cette créature sauvage qui connaît mieux la forêt que sa propre maison, ne sera pas sans conséquence.
Et Noé, dans tout ça ? Noé, on se fiche bien de savoir ce qu'elle veut. Ce n'est pas comme si elle pouvait vraiment décider, de toute façon. Les hommes ont des besoins, donc qu'elle se taise et qu'elle ouvre les cuisses !
Noé, on la connaît déjà : c'était l'un des personnages d'Oss, le premier texte d'Audrée Wilhelmy. Une jeune fille secrète, torturée, à la fois indépendante et soumise à la libido des mâles (cela n'a pas changé : elle a beau être dégourdie et vivre seule dans sa cabane toute pétée, si l'un ou l'autre des frères veut du sexe, la voilà contrainte de se laisse faire). Mais la frontière entre le consentement et la résignation est mince avec elle, et le doute persiste : accepte-t-elle parce qu'elle aime ça ou parce qu'elle sait que cela ne sert à rien de lutter ?
Et puis il y a Mie. Mie sans qui le titre n'aurait pas été le même. Mie qui a le don de voyager de corps en corps, de devenir n'importe quel animal. Mie qui, à douze ans à peine, découvre le sexe avec eux et se prend d'envie pour essayer avec un humain. Mais pas n'importe lequel : son oncle Osip (de toute façon, ce n'est pas comme si elle avait l'embarras du choix, ses petits frères ne sont pas encore pubères…). Mie qui déroute avec sa façon de penser, plus adulte qu'enfant, avec son regard analytique, sa compréhension du monde. Elle est déjà très consciente des pouvoirs de chacun : ceux des deux frères qui s'affrontent, mais surtout celui de sa mère. Secrète, désirée, convoitée, consommée, compétente, silencieuse : Noé enflamme fantasmes et imaginaires. D'où lui viennent toutes ces marques sur la peau ? D'où vient-elle tout court ? Comment a-t-elle appris à dépecer une baleine ? Qui lui a appris ses chansons ?
Dans ce roman, l'auteure s'attaque à la figure de la mère : les relations filiales sont toujours sous-tendues de sexe et d'envie (pour les petits garçons), d'incompréhension, de distance, de froideur (pour Mie)… Des relations qui seraient facilement qualifiées de malsaines dans notre monde, mais qui touche à la normalité dans cet univers replié.
Les pères, finalement, n'ont que peu d'importance : ils sont morts, absents, considérés simplement comme des géniteurs par leurs enfants. Des figures oubliables, dispensables.
Je referme ce livre avec un indéfinissable sentiment de soulagement mêlé de songerie. C'était poisseux comme un vêtement lavé dans la mer : une ambiance glauque qui colle à la peau – c'est toujours mieux que de ne rien ressentir.
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HUBRISLIBRIS
  23 avril 2018
Le Corps des bêtes.
C'est un regard braqué sur une famille ; les Borya. Dégénérescence des engeances. Une grand-mère (La Vieille). Noé (la fille sans bavardage). Osip (l'oncle à l'oeil hagard des corps féminins), et Mie (la singulière, l'enfant se faufilant sous le derme des bêtes). Une fresque familiale, un puzzle qui se compose, se décompose. C'est l'orchestration de leurs vies sur un caillou, une terre désertique mais bordée d'eau, de cette terrifiante qu'ils n'abordent pas. L'eau est leur limite, la signalétique d'une fin de monde. Où sont-ils ? Quelle époque ? L'auteure dissémine des indices, trace un chemin pour mieux le désaxer, proposer un autre itinéraire. Des noms jalonnent la lecture : Triglav, Nan Mei. Côtes québécoises ou bordure d'une ile égaré aux contrées asiatiques ? Qu'importe la localisation. Seule compte l'hostilité des lieux.
Le corps. Un mot qui revient, devient relent. Il est le sujet principal, le personnage central de ce livre qui oscille entre conte et fresque d'apocalypse. le corps, c'est avant tout Mie. La petite est en lisière de l'adolescence, en proie aux mutations de sa chrysalide enfantine. La crainte du changement se caractérise par sa volonté à fuir dans le corps des bêtes. Observer les autres plutôt que subir sa propre chair. Elle devient tantôt héron, parfois ours. L'oeil se fait avide de ce qu'elle ignore encore, de ce qu'elle souhaite partager avec l'oncle ; le sexe des humains.
Corps à prendre.
Corps à dépiauter.
Corps charpie.
Corps en découverte.
Le corps s'entremêle à la sexualité, aborde le féminin, la violence de l'autre. le corps est réceptacle de tous les maux – mots. Car l'auteure déploie son vocabulaire tranchant, sans tabou. Serpe aiguisée qu'elle manie avec élégance, ne conçoit pas le dégout, peut-être l'étonnement, la curiosité, ou l'interrogation mais jamais l'ignoble crasse ne s'injecte sous sa plume.
Un roman où l'histoire est à trouver au delà des conventions.
S'imprégner de l'atmosphère et en ressortir poisseux mais avide d'une prochaine aventure noire.
Lien : https://hubris-libris.blogsp..
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LettresItBe
  16 novembre 2017
017 : le Corps des bêtes, Leméac for ever. Une fois n'est pas coutume, le territoire est hostile, rugueux, aride. Un rocher comme habitat, une famille-puzzle ou l'oncle se refuse charnellement à la nièce, où le frère engrosse la soeur … Audrée Wilhelmy s'affranchit des bonnes morales qui n'ont aujourd'hui que trop voix au chapitre. Un petit couronnement d'une oeuvre triptyque qui, on l'espère, ne s'éteindra pas sur ce bout de caillou familial.
Tout un article dédié à Audrée Wilhelmy à découvrir sur le blog de Lettres it be
Lien : https://www.lettres-it-be.fr..
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critiques presse (2)
LeJournaldeQuebec   29 janvier 2018
Après avoir reçu un formidable accueil pour Oss (2011) et Les Sangs (2013), la talentueuse écrivaine montréalaise Audrée Wilhelmy propose pour son troisième roman une histoire basée sur le mythe de Salomé et son infâme triangle amoureux, Le corps des bêtes.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
LaPresse   31 août 2017
Avec Le corps des bêtes, Audrée Wilhelmy signe un troisième roman moins «tapageur» que le précédent, mais tout aussi dérangeant. Rencontre avec une jeune auteure qui se plaît gentiment à semer le malaise en abordant de front les tabous.
Lire la critique sur le site : LaPresse

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