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ISBN : 2246854024
Éditeur : Grasset (11/03/2015)

Note moyenne : 3.77/5 (sur 41 notes)
Résumé :
Un manoir obscur et fascinant, dans une cité hors du temps. Celui qu’on appelle l’Ogre attire à lui des proies presque consentantes pour les aimer puis les tuer. Mais d’où viennent ces femmes ? Pourquoi se donnent-elles à lui ? Elles le racontent dans les carnets qu’elles laissent derrière elles et que Féléor assemble en un curieux livre – ses Sangs.
Mercredi, Constance, Abigaëlle, Frida, Phélie, Lottä, Marie : sept femmes, et autant d’expériences du désir et... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
bilodoh
  10 mai 2014
Aimer à mort, un bizarre mélange de conte, d'érotisme et d'horreur…
Une sorte de Barbe-bleue, dont les femmes ont des instincts de mort et qui confient leur âme dans leur journal…
Sept portraits de femmes, toutes très différentes, de la jeune servante à la danseuse étoile, en passant par l'herboriste qui expérimente les aphrodisiaques, la bourgeoise plantureuse et fatiguée ou encore la superstitieuse qui a peur de la folie.
Une belle écriture que celle de cette jeune auteure, une originalité de forme aussi, mais malgré ces qualités indéniables, la thématique qui associe plaisir, douleur et mort ne m'attire pas vraiment.
Commenter  J’apprécie          340
Soleney
  28 novembre 2013
C'est le deuxième livre de cette auteure, après Oss. Je retrouve son écriture fluide, poétique et prenante, son imaginaire profondément dérangeant, ces personnages tordus et étranges… Les Sangs m'a tout de suite fascinée. À peine avais-je commencé à lire quelques lignes que j'ai accroché. Pari gagné pour l'auteure !
Audrée Wilhelmy s'attache à dresser le portrait d'un homme, Féléor Barthélémy Rü, au travers des femmes qu'il a connues. Riche, puissant, beau, énigmatique, il a tout pour plaire. Mais ce sont les femmes qui prennent la parole pour le raconter. En parallèle, elles racontent leur histoire à elles. Leur vie, leurs désirs, le sexe, surtout, et leur mort.
Le récit est découpé en sept parties, chacune au nom d'une des protagonistes. On commence avec une courte description du personnage, puis elle raconte à la première personne son aventure avec Féléor ; et parfois son enfance pour expliquer une partie de sa personnalité. Cela peut prendre la forme d'un journal intime, mais aussi de lettre adressée aux morts ou à Féléor. À la fin de chaque partie, ce dernier parle à la première personne et donne sa version des faits. Et là, surprise ! On constate qu'ils ne sont pas tout à fait les mêmes – ou que certaines choses ont été passées sous silence. Les filles se laissent parfois emporter par leurs lubies, leurs désirs, elles perdent le sens de la réalité – à l'image de Mercredi. Cela donne matière à réfléchir sur la subjectivité de chacun. Nous déformons la réalité, qu'on le veuille ou non, car nous l'interprétons malgré nous.
Selon la femme avec qui est Féléor, la relation qu'ils auront prendra des tons de manipulation, de sadomasochisme, d'inceste… Il y en a pour tous les goûts, et le moins qu'on puisse dire, c'est que sa vie n'est pas triste ! Au début des accidents, puis des lubies de ses femmes, les meurtres de ses compagnes deviennent habituels. Féléor finit même par y prendre goût.
Le procédé d'écriture est étrange, mais innovant et très intéressant. Parfois presque inquiétant. Les personnages sont…bizarres. Mais ils restent réalistes, humains – contrairement à certains livres où on ne parvient plus à s'y retrouver, tellement ils sont exagérés et leurs pensées, erratiques (comme Quai Ouest, de Koltès ou Nightfall, de David Goodis). Ils ont tous une certaine profondeur ; à l'exception de Phélie, que je trouve trop ressembler à Abigaëlle.
On a beau se voiler la face, mais les désirs que décrit l'auteure peuvent prendre part en chacun de nous, on peut se les approprier. Même si certains sont tellement horribles que ça donne plutôt envie de vomir – je pense notamment au moment où Féléor lèche et mord le pied d'Abigaëlle pour goûter ses plaies et faire exploser ses cloques entre ses dents... Gloups. À mon avis, c'est un des passages les plus marquants de ce livre (c'est pourquoi il est en citation).
J'ai aussi remarqué quelque chose d'intéressant : le premier amour de Féléor s'appelle Mercredi, et le nom de famille de la dernière est des Cendres. On dirait une connotation chrétienne, d'autant plus qu'on ne connaît pas le nom de famille de Marie et que ce n'est qu'en regardant la table des matières qu'on peut le remarquer. Mais d'après l'auteure ce n'est pas voulu. Et « c'est dans ces moments qu'on se découvre plus intelligent qu'on ne le croit ».
Ce livre fait partie de mes coups de coeur. Il est dérangeant et original, mais c'est ce qui fait sa particularité. J'ai accroché aux personnages, j'ai accroché à l'écriture fluide de l'auteure, j'ai accroché à l'idée : si vous êtes prêts à tenter l'aventure, je vous le recommande ! :)
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LaBiblidOnee
  27 mars 2015
J'ai adoré cette adaptation de Barbe Bleue par Audrée WILHELMY : pas tout à fait thriller, pas complètement érotique non plus, c'est avec brio que l'auteure nous conte l'histoire d'un homme que ses femmes successives aiment à mourir.
Sept femmes, sept récits d'elles, narrant ce qui s'est vraiment passé dans le château de cet homme riche, de cet Ogre, comme l'appellent certains… : Y défilent successivement une droguée qui se sert de lui pour ses expériences, une danseuse étoile qui lui montre l'existence du plaisir dans la douleur physique, une mère veuve qui étouffe littéralement de se trouver plus grosse que les autres, une cérébrale qui comprend son besoin de mise en scène pour exister et en fera les frais, puis l'amour de sa vie, la seule dont il ne souhaite pas la mort mais qui ne veut pas vieillir…
S'ajoute à elles la première, celle qui fut l'élément déclencheur de cette collection d'horreur. Et bien sûr la dernière, qui aide Barbe Bleue à boucler la boucle (ou pas ?...) de son histoire.

Douces-amères ou franchement atroces, les morts successives de ces 7 femmes ne font aucun doute. Les tue-t-il de ses mains ? Pourquoi l'épousent-elles en le sachant ? le lui demandent-elles ? Pourquoi accepte-t-il leurs demandes ?
Heureusement pour nous qui, sans cela, resterions sans réponse, une étrange rumeur court selon laquelle Barbe Bleue obligerait chacune de ses femmes à écrire un journal.
En plus de conserver leurs affaires personnelles dans son musée des horreurs, il paraît même qu'il contraindrait ses épouses à lire les récits des précédentes…
Etes-vous prêt(e)s à les lire à votre tour… ?

*****
Voici une lecture très plaisante, avec une imbrication parfaite, des explications convaincantes, une imagination au service de ce conte revisité de Barbe Bleue, qui est destiné aux adultes mais conserve très habilement son esprit de conte.
Amour, admiration, richesse, puissance, jeux sexuels, et mort subite, que cherchent ces femmes qui l'ont aimé ? Qu'ont-elles aimé en lui, et lui en elles ? Audrée WILHELMY nous ouvre, pudiquement et violemment à la fois, les portes du Manoir le plus intriguant et effrayant de nos souvenirs de jeunesse, nous laissant entrevoir la malédiction de cet homme qui, finalement, est presque autant victime que coupable tant les femmes se servent autant de lui que lui d'elles – pour son plaisir et pour son malheur.
Qui est cet homme très seul qui, lorsqu'il trouvera enfin l'amour, le vrai, ne parviendra pas à le conserver… ? Sera-t-il inquiété pour autant lui qui est si riche ; et si puissant… ? Il laissera en tous cas, en guise de témoignage, cet étrange et agréable roman.

Lien : http://onee-chan-a-lu.public..
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argali
  24 septembre 2014
Comme Barbe Bleue, Féléor est un collectionneur, d'épouses mais aussi des effets qui leur ont appartenu et qu'il aime retrouver pour se souvenir. Mais ici, l'auteure n'en fait pas un meurtrier délibéré. Ce sont plutôt les femmes qui le pousseront à les « suicider ». Sept femmes connaitront un destin funeste après être tombées sous le charme de ce riche et beau jeune homme. Sept femmes passionnées, de conditions et fortunes diverses, animées d'un même désir dévorant mais aussi malsain que déviant. Aucune union ne sera sereine, équilibrée, normale.
De construction originale, entre allégorie et réalisme, ce récit nous présente chaque situation comme un tableau, un morceau indissociable d'une fresque. Chaque partie s'ouvre sur un bref portrait de la femme, établi par cet homme qui la désire. Puis nous avons accès à son journal intime, des lettres ou des écrits personnels qui nous révèlent non seulement sa folle passion mais aussi ses pensées les plus intimes. Viennent ensuite les notes de Féléor qui apportent un regard autre sur chacune, sur chaque relation, mettant en exergue les personnalités névrosées de ces femmes. Plus qu'un meurtrier, il semble l'instrument des fantasmes cruels qu'elles mettent en scène, un voyeur, un jouisseur ; pas un tortionnaire comme on pourrait le penser de prime abord.
Ce conte érotique et noir découvre peu à peu un univers étrange et décalé. Il présente également une réflexion sur les relations humaines, les jeux de l'amour, les fantasmes. Livrées sans pudeur, les pensées des amantes m'ont quelques fois mises mal à l'aise, non pas tant par la crudité de leur propos que par le côté malsain de leurs comportements sexuels déviants. Leurs jeux toujours plus pervers pour atteindre la jouissance suprême les conduisent inexorablement vers la mort. Une mort salvatrice qu'elles attendent voire planifient et dont leur amant sera l'auteur.
Cette plume libertine à l'écriture ciselée et concise offre un récit vif, enlevé et pour le moins original. Je reconnais de grandes qualités littéraires à ce texte mais la thématique du plaisir lié à la douleur et à la mort n'est pas pour moi.
Ce conte immoral et captivant à la fois est à déconseiller aux âmes sensibles. Les descriptions crues d'odeurs fétides, de chairs en lambeaux et autres passages sordides risquent fort de les retourner. Pour les autres, les curieux, tentez ce récit hors du commun et faites-vous votre propre opinion.
Audrée Wilhelmy, née en 1985 à Québec, vit à Montréal. Ce roman est son second après "Oss".
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Stelphique
  09 mars 2015
Pourquoi je l'ai choisi:
Je ne sais pas résister aux contes revisités….
Les personnages:
Mercredi, Constance, Abigaelle, Frida, Phelie, Lotta, Marie: Toutes ses femmes nous offrent leur dernier cri, leur dernier souffle, leur dernier message avant la fin…Il ne fait bon vivre aux cotés de Féleor, mais elles l'ont fait et se sont délectées de chaque seconde….Jusqu'à la dernière, avec un plaisir certain….
Ce que j'ai ressenti:
On sent comme une espèce de fascination dans ses pages. C'est quasi hypnotique. On ne peut quitter ce monde, ses femmes, on est happé par les mots, électrisée par leurs consentements…On franchit une frontière entre conte et thriller, folie et raison, affabulations inavouables et désirs assouvis, la ronde qui se joue dans ses lignes nous entraine au sein de l'esprit féminin et de leurs secrets penchants….
J'ai beaucoup aimé frôler leurs esprits troublés, leurs tendances destructrices envers elles mêmes, tout en adorant jusqu'à l'obsession cet homme. J'ai senti toute la Passion qui les anime, même si elle peut être fatale, il n'en reste pas moins qu'on sent une intensité d'amour absolu et d'abandon ultime. C'est beau cette façon d'aimer, sans contrainte, à l'infini, jusqu'à la Mort…..Les femmes se donnent corps et âme, et nous prenons en pleine face leurs désirs, leur volupté, et une grande partie de fantasmes impudiques….
La forme d'écriture était surprenante, et bien agréable. Chaque porte franchie nous délivre une femme plus ou moins attachante, mais ce recueil de Sangs est quand même dérangeant dans sa nature, mais une belle ode à la femme en général par sa poésie très contemporaine. Cette version revisitée de Barbe Bleue est une jolie réussite!!!!

Lien : https://fairystelphique.word..
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critiques presse (3)
Bibliobs   07 mai 2015
Ses rêves, ou ses cauchemars, Audrée Wilhelmy n’a pas craint de les coucher, au sens propre, sur le papier. Elle n’a pas seulement un talent fou, elle a aussi un culot monstre.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
LeFigaro   25 mars 2015
Pour lire Audrée Wilhelmy, romancière québécoise de trente ans qui apparemment n'a pas froid aux yeux, il faut avoir l'estomac bien accroché.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Lexpress   23 mars 2015
C'est osé, un rien amoral, gaiement sulfureux, hautement recommandable.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (30) Voir plus Ajouter une citation
bilodohbilodoh   10 mai 2014
… je ne veux plus jamais avoir à faire quoi que ce soit. La moindre responsabilité m’effraie : même un amant serait beaucoup trop de travail, et l’idée seule de prévoir une rupture est éreintante. Ma paresse m’attache à toi même si plus rien d’autre ne nous lie. (p.80)
Commenter  J’apprécie          200
LaBiblidOneeLaBiblidOnee   23 mars 2015
A force de le voir chaque jour, ton poulailler de servantes m'affecte de moins en moins, mais elle... elle : même morte, je ne la supporte pas. C'est insensé, je crois que j'envie jusqu'à sa mort entre tes doigts. Mais assassine-t-on les vaches comme on tue les oiseaux ? Ha ! ha ! je t'imagine en train d'essayer de m'étrangler. Tes mains font-elles seulement le tour de mon cou ? Pauvre toi, et pauvre moi surtout, qui comprend maintenant que rien de ce que je pourrai faire ne saura t'arracher à tes femmes mortes.
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Commenter  J’apprécie          80
SoleneySoleney   28 novembre 2013
Je caressai des dents la plante du pied et pressai ma langue sur l'orteil estropié, une première fois rapidement, car un tressaillement de la cheville me fit craindre l'effarouchement de la jeune femme, une seconde fois plus longuement, en insistant sur les pourtours de la plaie pour en sentir les bourrelets gonflés où l'ongle s'appuyait autrefois. Puis mes dents trouvèrent une cloque ronde, pleine, que je fis éclater entre mes canines. Je me souviens que le liquide tiède gicla dans ma bouche, je m'empressai de serrer les dents sur la blessure pour ne pas perdre une goutte de lymphe, ma langue glissa sous la peau et toucha la chair tuméfiée. Un frisson parcourut la jambe de la danseuse, montant de la cheville jusqu'à la cuisse, mais elle ne me repoussa pas et, interprétant son sang-froid comme un assentiment, je me mis à croquer toutes les cloques de son pied, éprouvant une joie féroce chaque fois qu'un frémissement de douleur animait le membre.
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bilodohbilodoh   10 mai 2014
C’est un geste singulier que de tenter de traduire sa pensée en mots. Jamais il n’y a de mots assez précis pour la précision d’une pensée.(p.99)
Commenter  J’apprécie          222
bilodohbilodoh   11 mai 2014
Ce sera la dernière fois, mais il sentira quand même qu’aucune femme, jamais, ne l’a aimé ou ne l’aimera comme je l’aime, c’est-à-dire à en mourir pour lui. (p.57)
Commenter  J’apprécie          150
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