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EAN : 9782842303594
338 pages
Hoëbeke (17/09/2009)
3.73/5   11 notes
Résumé :
4° de couverture :
(Edition source : Hoëbeke - 09/2009)


La Mondaine est un service de police particulièrement dédié à l'observation, la surveillance, et souvent à la dénonciation des comportements intimes des acteurs de la société. La Mondaine, c'est la rencontre du monde de la nuit, avec Ses paillettes, son argent, son champagne, ses femmes, et celui du renseignement, des informateurs qui voient tout et ne disent rien. Un pouvoir immen... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Pecosa
  14 octobre 2020
Brigade mondaine.
Difficile de ne pas penser à un Gérard de Villiers qu'on aurait vu trainer jadis chez le buraliste, ou à une série B des années 70 tournée rue Saint-Denis.
Ancêtre de la Brigade de répression du proxénétisme, et rejeton du Bureau de la discipline des moeurs du lieutenant général de police Nicolas René Berryer, la Brigade Mondaine avait pour fonction le contrôle de la prostitution et du trafic de stupéfiants.
La journaliste Véronique Willemin s'est intéressée aux « gardiens des bonnes moeurs » qui depuis le Moyen-Age veillent au grain, essentiellement la nuit, quand le sexe tarifé va de paire avec la criminalité.
La Mondaine: Histoire et archives de la police des moeurs est écrit par une femme, et ça change tout. Pas de racolage façon Unes de presse à scandale ou thème de polar de seconde zone, mais des centaines de documents souvent inédits, qui vont des fichiers photographiques de demi-mondaines en 1872 aux opérations de police démantelant des réseaux de prostitution en banlieue parisienne dans les années 2000.
Certaines archives sont assez incroyables comme le long rapport de la Mondaine sur les activités sexuelles de l'acteur Michel Simon, connu pour ses pratiques et sa collection Erotica, qui se fait lyrique: « Il est aussi amateur de boites à musique anciennes qu'il déclenche avec délice provoquant une cacophonie qui met à épreuve le système nerveux le plus assagi. » Et le fonctionnaire de conclure: « Michel Simon affirme alors: « J'attends le moment de ficher mon camp ». Mais où? L'avenir nous l'apprendra. »
J'avoue que j'ai prêté une attention beaucoup plus vive à la période qui va du début du siècle à la fermeture des maisons closes, Madame Claude, 36.15 Aline, les sex-shops, et le sexe 2.0 m'intéressant moins que La Belle Epoque, le Chabanais, le One-Two-Two, le Sphinx, l'Occupation…quand les nuits parisiennes marchaient avec le Renseignement et jouaient un rôle dans la grande Histoire. Les photographies, les fiches, les coupures de presse présentées dans l'ouvrage sont tout aussi intéressantes, et confirment, s'il fallait encore le confirmer, que pour les femmes contraintes à la prostitution, la chair est triste, hélas.
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Bigmammy
  30 juillet 2011
Voilà un livre qui n'est pas à laisser en libre accès dans votre bibliothèque si vous avez des enfants à la maison.
A travers une étude historique classique et très documentée (plus de 1500 fac-similés et photos), Véronique Willemin retrace l'histoire des différentes polices chargées, de Philippe Auguste à la Vème République, de surveiller les débordements sexuels des français, et surtout aujourd'hui, de combattre le proxénétisme.
De la triste maison d'abattage du quartier de la Goutte d'Or aux clandés de luxe continuant à prospérer après la fermetures "maisons closes" de par la Loi Marthe Richard, en passant par les très riches heures des maisons de luxe de l'entre-deux-guerres et de l'occupation - One Two Two, Sphynx, Chabanais - c'est une revue méticuleuse et objective des pratiques de la prostitution sous tous ses aspects, et surtout les plus sordides.
Les "Julots-casse-croute" en chaussure bicolore et chapeaux mous ont cédé le pas à des dames replètes, ex-tapineuses reconverties dans le sex-buziness qui travaillent maintenant sur Internet et font marcher au pas des dizaines de filles, étrangères pour la plupart... Filles de l'est amenées par camion, Brésiliennes (souvent en fait des brésiliens transexuels), ghanéennes ou sierra-léonnaises terrorisées par les pratiques de vaudou et surveillées par les "mamas" qui les menacent de torturer à distance leurs mères ou leurs soeurs restées au pays si elles parlent ou se rebiffent et qui, malgré la cruauté de leur conditions d'existence, se déclarent pourtant mieux ici que chez elles....
Le livre de Véronique Willemin est surtout une extraordinaire plongée dans les archives des services successifs chargés du renseignement (Qui couche avec qui, comment, quelles pratiques déviantes), avec toutes les turpitudes que cela suppose de la part des services de police spécialisés, une série de témoignages "bruts de décoffrage" d'anciens chefs de la brigade, mais aussi d'anciens entrepreneurs d'hyper-marché du sexe, de tenanciers de bars...Les rapports étaient effectués sur des "blancs", feuillets sans en-tête administrative, qui allaient s'entasser dans le grand coffre du Patron de la Brigade, lui seul en détenant la clef.
On peut regretter que le livre n'ait pour plan que la chronologie et pas de structuration autour de thèmes. Pas de prise de position non plus, sur l'opportunité de légiférer autrement, rouvrir les maisons ou pas....Là n'est pas le propos d'un ouvrage de chercheur. Mais qui ouvre les yeux sur bien des réalités noires....
Lien : http://www.bigmammy.fr
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edmonf
  26 juillet 2017
Un beau livre extrait à la fois d'une longue enquête de terrain et d'une consultation manifeste des archives spécialisées.
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
PecosaPecosa   14 octobre 2020
La Goutte d'Or. Un quartier de tradition populaire dans le sud du XVIIIème arrondissement. Une petite dizaine d'hectares délimités par le boulevard de la Chapelle et le métro aérien au sud, les rails des chemins de fer de la gare du Nord à l'est, la rue Polonceau au nord, le boulevard Barbès et la rue des Poissonniers à l'ouest.
Un quartier très actif où poussait la vigne au Moyen-Age, d'où son appellation. (...)
Dans le triangle d'or du XVIIIème, les usines d'amour réputées pour "la baise pas chère" se nomment: Le Panier Fleuri, 8 boulevard de la Chapelle (là où tapinait Casque d'Or), Chez la veuve Bonnet, 106 boulevard de la Chapelle, Carmela, 74 boulevard Barbès, La Charbo, à l'angle de la rue Charbonnière et de la rue de Chartres.
"Bordel-usine", Le Panier Fleuri détient la palme de l'affluence. Son patron, "Maurice le Croquemort" (ancien employé des pompes funèbres), a pu se retirer des affaires après la guerre avec une fortune de plusieurs dizaines de millions alors que ses pensionnaires ne recevaient chacune que vingt sous par passe. Une misère. La clientèle ne roule pas sur l'or. Ouvriers, soldats sans le sou (notamment les Bat' d'Af), immigrés, font la queue pour l'amour. (...)
Les filles consument rapidement leur seul capital: leurs corps. Bêtes de sexe, traitées comme des bêtes de somme; elles vieillissent vite. Trop vite. Les maladies, l'alcool, les grossesses.. Dès qu'elles perdent de leur valeur marchande sexuelle, les placeurs, chargés d'approvisionner les maisons en chair humaine, les font descendre dans la hiérarchie bien établie des bouges. On disait "Aller à la Montjol" en référence au fort de Montjol dans le XIXè autour duquel on trouvait les pires enfers d'abattage de la capitale. Ils furent rasés en grand nombre dans les années 1930. Usées, utilisées jusqu'à leur dernier souffle, les filles renvoyées du Panier Fleuri ou de la Montjol finissaient leur carrière en une ultime étape qui pouvait être la rue, la prison ou l'hôpital Saint-Lazare.
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PecosaPecosa   15 octobre 2020
(Affaire Stavisky)
Dès l'ouverture du Sphinx, le 24 avril 1931, "Monsieur Alexandre" dit "Monsieur Sacha", autrement dit Alexandre Stavisky, se fit remarquer par son élégance. Il venait boire un verre, guincher avec Arletty Simon, un mannequin de Chanel dont il était fou amoureux, payait des tournées de champagne, paradait. Il ne montait jamais. Pour combler le déficit de ses entreprises hasardeuses et payer sa vie de flambeur, Stavisky se mit à émettre de faux bons de caisse au Crédit municipal de Bayonne, malgré les mises en garde de Borelli, son homme de confiance. Le scandale éclata, exploité par l'extrême droite. Le 07 janvier 1933, il fut retrouvé mort dans un chalet à Chamonix. Suicide? Assassinat? (...)
Après sa mort, le Canard Enchaîné titra "Stavisky se suicide d'un coup de révolver qui lui a été tiré à bout portant " et "Stavisky s'est suicidé d'une balle tirée à trois mètres. Voilà ce que c'est que d'avoir le bras long."
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PecosaPecosa   14 octobre 2020
Si les gérants des maisons closes étaient connus de la Mondaine en tant qu'indics ou confidents occasionnels d'informations aussi croustillantes qu'utiles, les propriétaires se dissimulaient derrière des prête-noms ou des hommes de paille.
"Seuls, indique le commissaire Jacques Arnal, patron de la Mondaine en 1952, des dénonciateurs de sous-maîtresses mécontentes ou des enquêtes approfondies permettaient de révéler le vrai visage de ceux qui empochaient l'argent du stupre. C'est ainsi qu'entre 1913 et 1940, on savait que, parmi les "bidochards", il y avait quatre anciens ministres, deux sénateurs, huit députés, cinq banquiers, autant d'industriels, quatre conseillers municipaux, des hauts fonctionnaires, deux généraux du cadre de réserve, des notaires, des magistrats et quelques notables de moindre envergure. La palme revenant à un ancien ministre de la IIIème République qui touchait les bénéfices de trois bordels dont le tristement célèbre de la rue de Fourcy, l'odieux modèle des maisons d'abattage. Tous ces dossiers dormaient dans l'immense coffre de la Brigade Mondaine, un coffre à l'épreuve des balles, des grenades et du feu... Mais aucun coffre-fort n'est à l'abri d'une clé, vraie ou fausse! Le commissaire Gally, patron de la Mondaine au lendemain de la guerre, a constaté que ces documents avaient mystérieusement disparu pendant l'Occupation..."
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PecosaPecosa   14 octobre 2020
Le 16 juillet 1940, un sous-officier allemand est trouvé mort, le crâne fracassé, sur la voie ferrée de la gare Saint-Lazare. Il s'agit du premier décès suspect d'un soldat allemand à Paris. La Kommandantur, qui croit à un attentat, fait saisir la Brigade criminelle.
Le jeune inspecteur Robert Lesigne est chargé de l'enquête: "Vous avez dix jours pour trouver le coupable, sinon vous serez fusillé." (...)
Lesigne prouva fort heureusement que "le soldat allemand s'était tué accidentellement. Il avait suivi une prostituée chez elle. Surpris par une ronde de feldgendarme, il avait eu peur et avait tenté de s'enfuir. La maison donnait d'un côté sur la rue, de l'autre en surplomb sur la voie. La fille avec laquelle il venait de batifoler lui avait-elle à ce point perturbé les sens, il s'était trompé de fenêtre. Il avait sauté sur les rails."
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parigiparigi   11 mai 2014
Un ouvrage très bien documenté et agréable à lire.
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Video de Véronique Willemin (1) Voir plusAjouter une vidéo

Véronique Willemin : La mondaine : histoire et archives de la police des moeurs
Dans un salon de la fondation Deutsch de la Meurthe à la Cité universitaire internationale de Paris, Véronique WILLEMIN s'entretient avec Olivier Barrot à propos de son livre : "La mondaine : histoire et archives de la police des moeurs.
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