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ISBN : 2367940363
Éditeur : Krakoen (01/01/2014)

Note moyenne : 3.4/5 (sur 5 notes)
Résumé :
"Je rêvais de fuir les adultes et toute cette boue qui nous empoisonnait le sang. Je rêvais de partir loin, très loin, et de ne plus jamais revenir. Mais le rêve a rejoint la réalité, il est devenu cauchemar..." En retraçant la cavale sanglante de trois adolescents qui s'ennuyaient dans une ferme du Limousin, Pierre Willi tresse les fils d'un drame inexorable.

Auteur nordiste installé depuis plusieurs années dans le Périgord, Pierre Willi a choisi sa... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (3) Ajouter une critique
Sharon
11 mars 2014
Mon premier constat est que le titre est particulièrement bien choisi, pour ce roman noir et champêtre.
L'action se passe dans un trou de verdure – Paulin cite Verlaine, je cite Rimbaud – où personne ne vient jamais. Même le bus hésite à s'y aventurer, de peur de s'embourber.
Trois fermes, trois familles, toutes en état de décomposition, bien avant que l'action ne commence. Les prénoms donnés sont ceux d'un autre temps – Bernard, Gérard, Paulin. Ici, les jeunes, dont on s'est débarrassé en les envoyant en pension, savent s'amuser, à tirer, ou à empêcher l'invasion des étrangers de toute sorte. Même les Allemands restent les ennemis héréditaires.
Les portraits d'agriculteurs, âpres au gain, âpres à profiter de toutes les subventions possibles et imaginables, risquent de ne pas plaire à ceux qui présentent les agriculteurs comme les "ardents défenseurs de la nature depuis toujours". Il est bon d'ouvrir les yeux aussi, sur une réalité que les reportages télévisés ne montrent pas. le portrait de ces hommes et femmes, qui ne savent que s'enivrer, cogner, ne m'a pas semblé si exagéré, pas plus que les conséquences sur leur rejeton. Personne, je me répète, ne se rend dans ces coins reculés. Même l'assistante sociale se contente du minimum, seul le garde champêtre intervient – et encore, pas dans le cadre de querelles familiales.
Ce qui est flagrant est l'absence de communication. La violence domine tous les rapports, quel que soit leur nature. Quand les personnages manquent de mot à ce point, est-il encore possible de parler d'amitié, ou d'amour ? Prenez Nana, par exemple. Née dans une autre famille, qui se serait préoccupée de ses troubles dès leur apparition, elle aurait mené une toute autre existence. Là, rien, si ce n'est la chronique de l'indifférence haineuse de sa famille, et de l'indifférence tout court de ceux qui la prennent en charge.
Le reproche qui pourrait être fait à ce livre est que l'action commence tardivement. Pour ma part, j'ai trouvé bon que le narrateur prenne le temps de poser le décor, poisseux, le contexte (la crise agricole) afin que le lecteur comprenne bien dans quel bourbier les personnages se sont enlisés. Et l'espoir n'est pas au bout de la route.
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yv1
07 mars 2014
Quelle ambiance les amis, quelle ambiance ! Pierre Willi décrit un hameau ravagé par l'inactivité, l'alcool, les armes et sans doute une certaine consanguinité qui ne donne rien de bon. C'est opaque, poisseux, noir, ça sent le purin, le lisier, les relents d'alcool que les parents des jeunes ingurgitent en grosse quantité et la poudre. La langue de Pierre Willi est âpre, hachée, argotique parfois, technique lorsqu'elle parle des armes, use de néologismes de francisations de termes anglo-saxons ; elle fait parler alternativement un narrateur omniscient ou Paulin qui n'est pas un Saint (j'ai essayé de l'éviter celle-ci, mais je n'ai pas pu, mes doigts ont surpassé ma volonté de donner une peu de tenue à cette chronique). Un bémol cependant, malgré tous mes compliments sur l'écriture de l'auteur, j'ai trouvé que le bouquin tardait à démarrer et que même lorsque le sang avait commencé de couler, il manquait du rythme, ce qui est paradoxal pour une fuite en avant. Peut-être trop de répétitions des doutes, questionnements de Paulin quant à sa capacité à protéger Nana ? Il tourne en rond Paulin, et je peux le comprendre, dans cette situation, j'imagine que je ferais pareil, mais là, j'aurais aimé qu'il avançât plus vite, peut-être en enlevant quelques pages ???
Bémol léger au regard de l'atmosphère qu'a su créer Pierre Willi, de ses saillies sur divers points comme la vie rurale traditionnelle qui se meurt au profit d'une vie plus moderne et totalement inféodée aux grandes entreprises et à la société de consommation.
En résumé, si je ne suis pas super emballé par l'histoire, je le suis totalement par les personnages, les lieux, l'écriture qui sait décrire une ambiance glauque et pesante, un truc qui collera longtemps à mes synapses. Très visuel, très cinématographique. Très noir. du vrai du bon polar qui tache avec des vrais morceaux de la vraie vie dedans.
Lien : http://lyvres.over-blog.com
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Riz-Deux-ZzZ
05 décembre 2016
Mon avis va être très court car c'est une énorme déception...
Je n'ai pas aimé le style d'écriture trop brouillonne avec des points de vue qui se mélangent. Mais surtout, j'ai détesté les clichés omniprésents : l'histoire se passe en Limousin (ma région) et l'auteur (originaire du Nord) invente un village fait uniquement d'agriculteurs bouseux, alcooliques et dépendants des subventions. Alors, non, en Limousin, nous ne sommes pas que des paysans et oui, nous connaissons l'Ipod et la télé.
Au delà de la déception, c'est vraiment de l'énervement qui ressort de ma lecture : l'intrigue aurait pu être intéressante mais la forme est insultante et exagérée.
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Citations & extraits (5) Ajouter une citation
yv1yv107 mars 2014
J'entendais Raymond vitupérer devant notre téléviseur, puis grogner, puis seulement marmonner, soupirer et enfin pleurer silencieusement dans son verre. Pourquoi notre blé, il ne valait soudainement plus rien ? Personne n'en voulait plus de notre blé ! Et nos semences, pourquoi on n'avait plus le droit de les réutiliser ? Pourquoi fallait-il les racheter à des gangsters industriels ? Raymond, il se croyait défendu par le grand syndicat. Quand il a découvert que ce que voulait le grand syndicat, c'était une mégaferme par village et pas plus, quand il a enfin compris que les motivations profondes des grands chefs syndicalistes, c'était de faire plaisir aux industriels, d'engraisser les gros beaucerons et d'exterminer la petite paysannerie, ça lui a donné comme un coup de bâton derrière le crâne et il s'en est jamais remis. (p.71/72)
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SharonSharon09 mars 2014
Il est fatiguant ce monde où il faut se battre, non pour obtenir une place au soleil, mais juste pour se préserver un petit carré de rien où poser ses fesses.
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isabelleisapureisabelleisapure07 août 2014
Quand on galope avec les jambes, on galope moins dans sa tête.
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SharonSharon09 mars 2014
Si tu prends la route, surtout ne t'arrête pas, sinon t'es mort. Si tu veux survivre, tu dois rouler. Rouler jusqu'au bout.
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isabelleisapureisabelleisapure07 août 2014
Il y a un sacré vent qui nous pousse dans le dos, un vent brûlant comme l’haleine du diable qui nous aide à nous enfuir. Je crois qu’on a définitivement écoeuré le Bon Dieu et que c’est le diable qui a pris le relais. Peut-être qu’avec lui on aura plus de chance de s’en sortit, finalement ?

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Video de Pierre Willi (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Pierre Willi
Idées noires # 5 - la chronique polar de Gaylord Kemp. Dans le cadre de l'émission La Vie des Livres - Radio Plus - Douvrin. Le 3 février 2016. Au sommaire : - "L'Archange du chaos", de Dominique Sylvain - éd. Viviane Hamy - "L'Intimité du tueur", de Pierre Willi - éd. Fleur Sauvage - "La Compassion du diable", de Fabio M. Mitchelli - Fleur Sauvage / coll. Miledy des éd. Bragelonne - en mars - annonce d'un atelier d'écriture créative sur le thème du polar à Noeux-les-Mines http://www.eulalie.fr/agenda/evenements-classes-par-type/atelier/article/Cycle-Polar-Ateliers-d-ecriture Le blog de Gaylord Kemp : http://dubruitdanslesoreilles-delapoussieredanslesyeux.overblog.com/
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