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Critique de le_Bison


le_Bison
  25 mars 2020
Un nuage de poussière, les portes battantes d'un saloon, un homme seul au comptoir, une bière un bourbon, l'évocation d'un majestueux troupeau de bisons quelque part dans l'ouest sauvage... le tout dans les trente premières pages. Il y a même une putain qui regarde mon regard vide, au fond de la salle. C'est dire que je suis d'entrée plongé dans mon élément, la grande littérature de la conquête de l'ouest, parmi les trappeurs de castors, les chasseurs de bisons et les ivrognes qui ont perdu leur fortune autour de quelques bouteilles de whisky frelaté.

A Butcher's Crossing, patelin du Kansas couvert de poussière et de désespoir, je ne suis que de passage pour croiser la route d'un de ces vieux loups solitaires qui se souvient d'un troupeau de bisons de plusieurs milliers de têtes aperçu il y a une dizaine d'années. A quatre, quelques chevaux et deux boeufs pour tirer le chariot chargé de haricots secs, de poudre à fusils et de tonneaux remplis de whisky, ils partent au-delà des collines, au delà des rivières et des montagnes, vers les terres inconnues et les profondeurs de l'Ouest, un endroit encore à l'état sauvage, terre vierge des hommes, terre du bison solitaire. Ils affronteront la chaleur, la sécheresse, l'épuisement, puis le froid et la solitude de ces contrées hostiles. Ils ne se nourriront que de haricots blancs, de café bouilli et de quelques tasses de whisky. Ils tueront un bison, puis deux, puis cent, puis mille, puis plus encore, plus qu'il n'en faut, des peaux qui s'entassent, des kilos de chair qui pourrissent, quelques charognards qui rodent, la fin triste du bison.

La grande aventure, into the wild, l'ouest sauvage comme quand gamin, j'en rêvais déjà. Maintenant, des soleils se sont élevés, des lunes se sont enfuies, des saisons ont tourné les pages, ma jeunesse a trépassé. Devenu aussi vieux qu'un bison mort, j'en rêve encore du grand ouest, des santiags et d'un whisky poussiéreux qui râpe la gorge autant qu'une barbe de trois jours qui se frottent entre les cuisses d'une putain pétillante. C'est une grande expédition dont on ne ressort pas si indemne que ça (encore moins si on est un bison), bravant le froid, le sang et la chair en putréfaction.

Merci encore pour cette littérature de bisons morts. le massacre de bisons a encore de beaux jours dans la littérature américaine et d'un vieux bison aimant la littérature américaine.
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