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ISBN : 2264036664
Éditeur : 10-18 (20/02/2003)

Note moyenne : 4.06/5 (sur 133 notes)
Résumé :
Naufragés des tempêtes matrimoniales, Brick et Margaret semblent avoir touché le fond. Véritable " scandale vivant ", Brick éteint ses angoisses à coups de whisky... Comme une chatte sur un toit brûlant, Margaret tente de ranimer leur couple... Mais le fantôme de Skipper, ami défunt de Brick et amant malheureux de Margaret, persiste à semer la discorde parce qu'il " est des sentiments que rien ne peut toucher sous peine de corruption "...
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
Gwen21
  19 mars 2018
De Tennessee Williams, je ne connaissais rien, à ma grande honte, hormis le fait qu'il était mort étouffé par un capuchon de tube de dentifrice. Reconnaissons que ce fait n'est ni glorieux ni significatif de la carrière d'un dramaturge. Toutefois, ce titre, "La chatte sur un toit brûlant", était dans ma tête depuis presque toujours car comment l'oublier une fois qu'on l'a entendu ?
Intrigant et troublant, ce titre est à l'image de la pièce. Trois actes et beaucoup de personnages mêlés dans une trame complexe. Un décor qui ne change pas mais qui offre plusieurs dimensions en perspective, voilà ce qui pour moi est déjà nouveau et original.
Avec le titre, j'avais en tête le joli minois d'Elizabeth Taylor, puisque la pièce a été adaptée en 1958 pour le cinéma par Richard Brooks, soit trois ans seulement après sa première représentation sur les planches de Broadway.
On peut dire que "Maggie la chatte" n'a pas vraiment réussi à trouver sa place dans la famille de son époux, Brick. Ce dernier, que l'on découvre alcoolique et dépressif, est un des fils d'un riche planteur de coton qui, malade, devrait bientôt passer l'arme à gauche. Avec une rapidité et une efficacité surprenantes, Tennessee Williams parvient à dépeindre à la fois la personnalité propre à chacun des personnages mais encore leur détresse commune et la complexité de leurs rapports ; c'est vraiment remarquable.
J'admire avec quel talent il parvient aussi, en l'espace d'une pièce, à aborder autant de thèmes brûlants : la famille, l'amitié, l'amour, la pression sociale, la convoitise et l'ambition, l'homosexualité, l'alcoolisme, la maternité, le mariage... Ça donnerait presque le tournis. L'écriture de Williams est directe et crue, elle ne s'encombre pas de détours, c'est sans doute en cela qu'elle semble autant impacter le public.
Je suis désormais curieuse de découvrir la pièce et le film, tout comme de lire "Un tramway nommé désir" qui attend lui aussi dans ma PAL depuis bien longtemps.

Challenge MULTI-DÉFIS 2018
Challenge 1914-1989 - Edition 2018
Challenge USA
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Meps
  24 août 2016
Quand comme moi, on est un grand adepte de Faulkner, on ne peut rester insensible au charme de Tennesse Williams. Car c'est aussi ici le Sud américain qui parle à travers ses mots, celui qui n'en finit pas de régler ses comptes avec l'esclavage, celui dans lequel les grandes familles et les petites villes se déchirent.
L'ouvrage que j'ai lu comporte deux pièces, l'une à la renommée certaine "La chatte sur un toit brûlant", l'autre plus méconnue "La descente d'Orphée". Elles se répondent parfaitement dans la description de cette Amérique, puisque l'une évoque les tourments familiaux, l'autre dépeignant une ville et sa galerie de portraits d'habitants. Et un point commun dans les deux, deux femmes qui prennent en main leurs destin, Maragaret et Lady. Il faut souligner cette mise en valeur de la femme par l'auteur car c'est particulièrement précurseur, les deux pièces datant respectivement de 1955 et 1957.
Ces deux textes donnent vraiment envie d'aller les voir sur scène car on sent qu'ils ne prendront tout leur sens que mis en chair, les personnages demandant à être pleinement incarnés physiquement, pour que les mots assez simples qui leur sont dévolus prennent corps et sens. Je regarderais déjà avec plaisir les adaptations cinématographiques auxquelles elles ont donné lieu et qui ont contribué, pour la première en tout cas, à sa renommée. Avant je l'espère de pouvoir moi aussi me couler dans la peau d'un des protagonistes...
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jovidalens
  01 décembre 2013
Parce que j'allais voir une représentation théâtrale de "La Chatte..." j'ai, heureusement, relu le texte et découvert par la même occasion "La descente d'Orphée".
Quel texte et quelle pensée, quelle sauvagerie dans la rage et l'appétit, l'angoisse, le désespoir de vivre.
La représentation théâtrale, a été de mon point de vue, une adaptation hors sujet : la première partie, traitée façon théâtre de boulevard (en voilà une conception originale !) et la seconde, dans un ton grinçant.
Supprimés tout ce qui nous ramène à l'absence d'intimité : pas de lieu où échapper au regard, aux oreilles des autres, sauf en devenant un professionnel de la dissimulation. Cette chambre conjugale, joue un rôle principal : c'est un vrai hall de gare. Chacun y déboule quand bon lui semble, sans crier gare, et quand la porte est close, des oreilles épient à la porte, aux murs, les conversations téléphoniques, les cris des enfants., des domestiques envahissent la pièce. La rage d'épier, sous le prextexte de prendre soin de l'autre, de le comprendre, ou de défendre les siens est toujours le moteur de toute action. Et ce plaisir, de coincer l'autre dans une case ! Il faut avoir la rage de vivre et de s'en sortir pour faire table rase des préjugés et conquérir une liberté. de quoi étouffer dans cette maison de verre et de papier où tout se voit, où tout s'entend. Et quand Brick parle de la cage de verre de son métier de chroniqueur sportif ne parle-t-il pas du cadre de sa vie ? Lui aussi est devenu un "regardeur" d'autres qui vivent en pleine possession de leurs moyens physiques et intellectuels. Un regardeur regardé et étiqueté comme ces insectes mis sous verre.
Est-il homosexuel ? "Grande" question ! Qu'est-ce qui l'a cassé ? La mort de son ami d'enfance et, surtout, la prise de conscience qu'il n'aura plus jamais ni la force, ni l'insouciance de sa jeunesse ? Cette femme qu'il a aimé et qui exige de lui qu'il se comporte en adulte ? Ce père qui doit affronter la venue de sa propre mort, cesser de dissimuler sa haine pour sa femme, l'ainé de ses fils, assumer sa préférence pour ce fils alcoolique au charme nonchalant, qui essaie de le fuir, lui, le père, qui a gagné sa toute puissance. Ou bien réalise-t-il qu'il n'a rien fait de sa vie et qu'il préfère se réfugier dans une sérenité d'oubli. Pauvre Brick. Il se retrouve rejeté, abandonné par la mort de son ami, coincé entre cette épouse trop séduisante et ce père carnassier. Faut dire qu'ils se ressemblent le Grand Père et Margareth en grands prédateurs dans la hyénitude de cette famille. Violent et âpre, sans pitiè.
Tout aussi violent et cruel "La descente d'Orphée". Là encore, c'est une société qui s'épie, qui dépéce celles et ceux qui ne leur ressemblent pas. C'est une société qui vit comme dans un fortin interdisant son accès, aux "pièces-rapportées", celle épousée-achetée à laquelle son moribond de mari ne laissera aucune chance de lui survivre pour faire autre chose de SON bien, celle qui se réfugie dans la peinture, artiste dont le talent est reconnu, mais qui préfére s'aveugler de ses visions pour mieux transcender la réalité de la cruauté de son shérif de mari, celui qui seulement armé d'une guitare s'est arrété au mauvais endroit, et puis l'"erreur de la nature", celle qui vraiment n'a rien de commun avec cette famille, cette communauté. C'est surement elle, l'oiseau sans pattes, "il ne peut pas se poser et il passe toute sa vie à planer dans le ciel", et si elle réussit à ouvrir tout grand ses ailes, à devenir "couleur de ciel", alors elle échapera à ses congénères, ces oiseaux de proie qui ne l'attraperont jamais parcequ'ils ne la verront "même pas, au sommet du ciel, près du soleil."
Au fond, cette mauvaise mise en scéne m'a permis de redécouvrir un fabuleux écrivain.
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cmpf
  25 mars 2018

Un riche planteur de coton dont on fête les soixante cinq ans est atteint d'un cancer au stade terminal. Il l'ignore. Il a deux fils, l'aîné Gopper est marié à Mae qui attend un sixième enfant. le second Brick est marié à Maggie, la chatte sur un toit brûlant. Il n'ont pas d'enfants et ne risquent pas d'en avoir car Brick refuse de coucher avec sa femme. Il lui en veut du suicide de son ami Skipper dont il la rend responsable. Bien qu'il ne veuille pas le reconnaître, cette amitié était une attirance sexuelle. Depuis il boit. Mais Maggie aime son mari et tente de sauver leur couple.
Ni les deux frères ni leurs femmes ne s'aiment.
Qui aime qui d'ailleurs dans cette pièce ? le père avoue qu'il n'a jamais aimé la Mère, il n'aime pas non plus son aîné ni sa femme, encore moins leurs enfants. Pourtant ceux-ci espèrent hériter.
Avidité, jalousies, refus de regarder les choses en face, tout concourt à rendre les relations difficiles au sein de cette famille.
J'avais lu il y a une trentaine d'années toutes les nouvelles de Tennessee Williams, que j'avais beaucoup appréciées, je ne regrette pas de s'intéresser désormais son théâtre.

Challenge Théâtre 2017-2018
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Kenehan
  19 décembre 2015
Challenge Petits Plaisirs 2014/2015
Challenge Variétés 2015
Catégorie : Un livre qui a gagné le prix Pulitzer (1955)
"Une chatte sur un toit brûlant" est une pièce de Tennessee Williams de 1954 en trois actes qui a remporté le Prix Pulitzer en 1955. Au coeur du delta du Mississippi, dans une riche plantation de coton, la famille Pollitt se rassemble autour du patriarche mourant pour son dernier anniversaire. Une longue et chaude soirée où les tensions vont éclater sous le poids des non-dits.
Un chef de famille qui use de sa toute puissance pour diriger le clan d'une main de fer, qui est lucide quant aux personnalités qui l'entourent et qui adore son dernier fils. Celui-ci, ancien sportif de haut niveau, brisé depuis la mort de son meilleur ami, n'assume pas son homosexualité . Sa sublime femme, surnommée la Chatte, souffre de l'inattention et du manque d'affection de son mari. L'ainé de la famille, Gooper, s'échine avec sa femme Mae à donner l'image d'une famille exemplaire voire modèle et n'hésite devant aucun stratagème pour s'assurer la meilleure place sur le testament. Bref, une famille aux problèmes multiples proche du point de rupture alors que le patriarche est sur le point de disparaître, rongé qu'il est par un cancer dont il n'a aucune idée.
Une pièce forte qui nous emporte dans ce tourment familial à travers de nombreuses oppositions comme l'amour/la haine, la vie/la mort, le désir/le rejet, etc. Très vite on s'attache au couple Brick/Margaret contrairement à celui de Gooper/Mae particulièrement antipathique, de même on apprécie la figure du "Père" tout-puissant et on s'étonne de sa tolérance surprenante pour les années 1950. Personne n'est épargné, les souffrances sont multiples et ne trouvent pas réellement d'apaisement. La soirée est bien trop courte pour que la catharsis opère mais déjà les premiers abcès se percent. Pour autant, les blessures sont bien trop vives et profondes, touchent de trop près la sensibilité de l'âme pour qu'un retour en arrière soit possible, il ne reste plus alors que la fuite de la réalité par l'absence, l'alcool et les illusions.
Un très bon moment avec cette toute première version de la pièce, celle entièrement revendiquée par Tennessee Williams. Une pièce qui jusque dans sa création, sa rédaction et son adaptation a été source de conflits, de souffrances, de sentiment de trahison et d'amertume mais qui reste un chef d'oeuvre incontournable du théâtre américain.
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Citations et extraits (27) Voir plus Ajouter une citation
patacaissepatacaisse   10 mars 2010
Ah, vous autres, hommes faibles et merveilleux qui mettez tant de grâce à vous retirez du jeu ! Il faut qu'une main, posée sur votre épaule, vous pousse vers la vie .... Cette main tendre et légère...
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Gwen21Gwen21   19 mars 2018
MARGARET, regarde Brick.
Dire qu'ils en ont cinq et un sixième en route. Et ils vous les exhibent comme des animaux de cirque : "Chéri, montre tes fossettes à Grand-père, mon trésor... Junior, montre à Grand-père comme tu fais ci, montre à Grand-père comme tu fais ça. Récite ta fable à Grand-père, fais voir à Grand-père comme tu sais te tenir à table." Un vrai feu d'artifice !... Sans oublier, bien sûr, quelques fines allusions au couple sans enfant, stérile donc inutile, que nous faisons, toi et moi.

Acte I
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Gwen21Gwen21   23 mars 2018
GRAND-MÈRE, portant le gâteau à Grand-père
Grand-père, je t'ai demandé de parler moins grossièrement. Un jour comme aujourd'hui...

GRAND-PERE
Un jour comme aujourd'hui et tous les autres jours, je parlerai comme je veux et ceux que ça dérange peuvent aller au diable !

GRAND-MERE
Tu ne dis pas ça sérieusement ?

GRAND-PERE
Qu'est-ce qui te le fait croire ?

GRAND-MERE
Je le sais.

GRAND-PERE
Tu ne sais rien. Tu n'as jamais rien su et ce n'est pas aujourd'hui que tu vas commencer !


Acte II
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sabine59sabine59   06 décembre 2017
Ah, vous autres, hommes faibles et merveilleux
Qui mettez tant de grâce à vous retirer du jeu
Il faut qu'une main posée sur votre épaule
Vous pousse vers la vie, cette main tendre et légère...

On a tous en nous quelque chose de Tennessee, de Johnny aussi...
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Gwen21Gwen21   22 mars 2018
BRICK
Tu disais quelque chose ?

MARGARET
J'"allais" dire quelque chose : que je me sens bien seule, Brick, affreusement seule !

BRICK
Comme tout le monde.

MARGARET
On est plus solitaire avec un homme qu'on aime et qui ne vous aime pas que si l'on vit toute seule.


Acte I
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Videos de Tennessee Williams (12) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Tennessee Williams
Micha Lescot lit 'Matin sur Bourbon Street' de Tennessee WILLIAMS.
>Littérature (Belles-lettres)>Littérature américaine en anglais>Littérature dramatique américaine (40)
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