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ISBN : 2757875094
Éditeur : Points (17/01/2019)

Note moyenne : 3.93/5 (sur 45 notes)
Résumé :
"Lorsque j'avais douze ans, Dieu a parlé à mon père pour la première fois. Il ne lui a pas dit grand-chose. Il lui a enjoint de se faire peintre et, sur ce, il a repris son siège parmi les anges, pour observer, entre les nuages au-dessus de la ville grise, ce qui allait se passer. "
" Un pur exemple de réalisme magique. Un roman de l'Amour. " (Paulo Coelho.)
" Tristan et Iseult dans l'Irlande d'aujourd'hui. Un roman envoûtant qui redonne ses lettres ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
TheWind
  04 février 2018
Je ne connaissais pas ce roman.
Mais, une histoire d'amour qui a pour théâtre l'Irlande et qui fait penser à la légendaire histoire de Tristan et Iseut ne pouvait qu'attirer mon attention.
Voilà pourquoi je l'ai choisi lors de la dernière de Masse critique et je peux vous avouer tout de suite, que les embruns de l'Irlande si chère à mon coeur ne m'ont encore une fois pas déçue. Merci, donc, à Babelio et aux éditions Héloïse d'Ormesson pour l'envoi de ces épreuves non corrigées.
Je suis entrée tout doucement dans ce roman, trouvant la présentation des deux personnages principaux, Nicholas et Isabel, un peu longue et puis, passée la première moitié, j'ai littéralement dévoré la suite ! Comme si les affres de la passion s'étaient emparé de moi et ne m'avaient plus quitté.
Car il s'agit bien de passion au sens classique du terme ; les personnages envahis par leur passion sont souffrance et subissent plus qu'ils n'agissent. le destin (ou devrais-je dire plutôt Dieu, très présent dans ce roman) ne semble guère laisser de place au libre arbitre ...
Le père de Nicholas, du jour où Dieu lui demande de devenir peintre, ne sera bientôt plus qu'un homme dévoré par cette passion de la peinture, bouleversant la vie de sa femme et de son fils. Une passion qui mène à l'Océan, si vaste, si calme mais si tumultueux aussi !
Isabel, toute jeune, se croit amoureuse. Telle qu'on peut l'être adolescente. Cette fausse passion mènera sa vie sur un chemin bien caillouteux sinuant entre deux murets de pierre tels qu'on en voit en Irlande.
Et puis voilà Nicholas, tel Tristan, frappé par un soudain enchantement, devenu en quelques semaines l'ombre de lui-même..
Mais, j'en dis sans doute déjà trop ! Moi qui reprochais à la quatrième de couverture d'être bien trop bavarde, voilà que j'en fais autant !
Pour conclure, je dirai que c'est un beau roman. Beau et triste. Envoûtant et parfois déroutant. Comme peut l'être un tableau devant lequel on pourrait rester des heures et des heures sans trop savoir pourquoi...tout simplement parce qu'il vous submerge d'émotions. Tout comme le paysage irlandais, d'ailleurs !!
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LadyDoubleH
  08 mai 2018
Entre deux lectures un peu rudes, je me suis fait le plaisir de relire Quatre lettres d'amour, de l'irlandais Niall Williams. Gros coup de coeur à chaque fois. le titre peut tromper, car ce n'est pas une romance comme on l'entend à l‘heure actuelle, mais plutôt l'épopée épique d'un amour destiné ; on pense à quelque Tristan et Iseult moderne. Entre la banlieue de Dublin et les îles d'Aran, deux destins, une narration puissante et l'âme irlandaise joliment saupoudrée de réalisme magique. Étincelant.
Le roman commence ainsi : « J'avais douze ans lorsque Dieu a parlé à mon père pour la première fois. Il ne lui a pas dit grand chose. Il lui a enjoint de devenir peintre […] ». Pendant que William Coughlan, grand, maigre, le cheveu blanc claquant au vent, part pendant de longues semaines à l'autre bout du pays et tente d'apprivoiser sur ses toiles la lumière atlantique, Nicholas et sa mère restent seuls dans leur pavillon dublinois, à la dérive. Pendant ce temps, sur une île au large de Galway, le jeune frère d'Isabel, Sean, musicien chevronné, succombe à une attaque qui le laisse privé de la marche et de la parole ; Muiris, son père instituteur, noie discrètement ses poèmes enfuis dans le whiskey. Nos vies se tissent parfois de fils dont on ne sait pas tous les autres noeuds. Devine-t-on ce qui nous attend au bout de la grève, à l'orée d'un nouveau matin, au prochain croisement ?
« Les hivers étaient précoces. Ils verglaçaient les routes sous mon vélo, et j'entrais en ville si lentement, les matins de janvier aux aurores givrées, que chaque tour de roue semblait dégager un copeau de ma vie et m'amener au bureau des semaines plus âgé que lorsque je m'étais mis en route. »
Cette histoire est habitée. La plume de Niall Williams se montre souvent lyrique mais sans lourdeur, et la traduction est belle. Les passages sur l'île d'Aran m'ont rappelé Skerrett de Liam O'Flaherty, et le ton de la vie des Coughlan a l'esprit de certains textes de Brady Udall. de plus, notons-le, les beautés des temps capricieux sont magistralement rendues ! (c'est la bretonne qui parle) : « Les ciels sous lesquels nous dormions étaient trop instables pour se livrer à la moindre prévision. Ils changeaient au gré des caprices de l'atlantique, qui nous rabattait une demi-douzaine de temps différents dans l'après-midi, et nous jouait les quatre mouvements d'une symphonie des vents, allegro, andante, scherzo et adagio, sur l'échine brisée des vagues blanches. »
Quatre Lettres d'amour vient d'être joliment réédité (mais il vaut mieux éviter de lire le quatrième de couverture) aux éditions Héloise d'Ormesson, du coup je l'ai racheté (mon premier exemplaire, déjà lu deux fois par moi – en 1999 et en 2007 – et quelques autres par des amis, le pauvre bat sérieusement de l'aile…). Un roman qui parle directement au coeur de chacun, je crois. À découvrir !
« Il y a des choses qui ne se prêtent pas à être racontées. {…] Les mots parfois aplatissent les émotions les plus profondes, les épinglent, papillons dont le vol splendide s'engourdit et qui ne seront plus désormais que le lointain souvenir de ce qui naguère colorait l'air et le faisait palpiter comme de la soie. »
Lien : https://lettresdirlandeetdai..
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mosaique92
  05 juin 2017
Mêlant quotidien et surnaturel, l'auteur parle d'amour à travers l'histoire de deux familles : les Gore vivant sur une petite île au large de Galway et les Coughlan vivant dans la banlieue de Dublin ; l'amour sous toutes ses formes : l'amour de Dieu, l'amour-passion, l'amour conjugal, l'amour paternel et maternel, l'amour filial, l'amour fraternel… l'amour qui naît, l'illusion d'amour, l'amour qui devient passion, l'amour qui tiédit et qui disparaît, l'amour qui renaît.
Deux familles que le destin finit par réunir au travers d'une histoire d'amour non conventionnelle à nos yeux de continentaux rationnels mais qui est parfaitement à sa place dans cette île empreinte de magie, de mélancolie, de romantisme, de surnaturel et de poésie qu'est l'Irlande.

C'est de la poésie en prose ; avec un rythme lyrique assez lent, Niall Williams décrit les personnages et les sentiments, mais aussi les paysages de l'île d'émeraude : l'isolement de la petite île où vivent les Gore, les vents, les tempêtes, l'océan de la côte ouest, l'oppression de la vie urbaine à Dublin et la pluie omniprésente. Il a la magie du verbe propre aux Irlandais !
Un premier roman en forme de conte.
A lire pour découvrir cet auteur si vous ne le connaissez pas
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AnitaMillot
  13 janvier 2019
Roman divisé en sept parties, les jeunes “héros” de ce conte irlandais s'y croisent, chapitre après chapitre.
Nicholas Coughlan, le narrateur, nous confie comment son père, William, quitta tout pour devenir peintre parce que Dieu le lui avait demandé, détruisant la vie de sa mère et un peu la sienne par la même occasion.
Isabel, fille de Margaret et Muiris Gore (l'instituteur) dont l'enfance tranquille fut bouleversée par l'accident de son petit frère Sean, accident qui la culpabilisa longtemps.
Et puis il y a Peader O'Luing …
L'écriture de Niall Williams est une pure merveille, ciselée et poétique. Elle nous balade avec délicatesse de Dublin à Galway, il suffit juste de fermer les yeux pour se retrouver sur ses sublimes côtes irlandaises … Dommage néanmoins que les personnages - eux - n'aient pas réussi à me toucher autant que j'aurais pu le souhaiter … Je suis restée sur le rivage, sans parvenir vraiment à me laisser embarquer par ces fameuses quatre lettres d'amour … Avis mitigé donc !
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Loubhi
  12 mars 2018
Eblouissement, c'est le premier mot qui me vient à l'esprit tant ce livre par ces récits croisés, mêlant merveilleux et un certain mysticisme, cette peinture des paysages irlandais comme de ses moeurs m'a transporté.
Le destin de cet instituteur (Muiris) poète à ses heure, avant qu'il ne prenne épouse et s'installe sur un île au large de Galway n'y perde son inspiration, connaisse douleurs ;  son fils Sean devenu mutique, lourdement handicapé, sa fille Isabel (proche de son frère) dont il espère tant qu'elle reprenne le flambeau qu'il a, lui, perdu et qui va s'engager dans une relation terne et malheureuse est une véritable tragédie. Tragique comme cet autre récit de vie ; celui du principal narrateur, Nicholas, témoin le plus souvent impuissant du délitement de sa cellule familliale depuis que son père décide d'arrêter toute activité professionnelle pour répondre à l'appel de Dieu lui intimant de peindre. La quète de l'inspiration de la peinture parfaite va ainsi l'emmener loin de sa famille pour le bord de mer, sa femme décédée, le narrateur va ainsi suivre son père pour comprendre ses motivations et ses toiles. C'est lors de cette fuite à deux plus ou moins volontaire que le jeu de toiles réalisé se voit détruire partiellement à l'exception d'une. Celle qui va bien involontairement faire le lien entre le narrateur et Isabel...et de bien curieux évènements, donc un lectorat ouvert et sensible à une certaine dose d'inexplicable.
Mais pour arriver à cela, c'est toute l'Irlande, ses paysages, ses contes, ses fètes mais aussi ses travers et une bonne part de poésie et surtout une description fine et sensible des principaux personnages, de leur questionnement comme de leurs attentes mais aussi des décisions courageuses et pour certaines tragiques....
Dépaysement garanti, évasion et beauté des personnages comme de la trame de ce livre à part et bienvenu.
Lien : http://passiondelecteur.over..
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Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
TheWindTheWind   03 février 2018
C'est ainsi que les jours d'après la mort de mon père se changèrent en semaines et en mois, avec cette cruauté impitoyable et familière du temps, qui nous emporte toujours vers l'avant alors même que nous demeurons immobiles. Le temps ne passe pas ; c'est la douleur qui croît.
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arabellearabelle   25 octobre 2012
Pas de lettre de toi. Je ne peux plus attendre, il faut que je t'écrive ce soir. C'est de la folie, je le sais, cet amour qui ne cesse de me hanter le sang. Il coule dans mes artères, je le sens dans tout mon étre, ce besoin de contact avec toi, d'écrire des mots que tu liras. Même lorsque ma main s'arrête sur la page un instant, c'est pour sentir ta respiration faire une pause en cet endroit de la feuille, pour t'y reposer avec moi. Là où nous pouvons partager une paix. Ta mère doit penser que j'ai perdu la raison. J'ai vu comment elle me regarde: on dirait qu'elle s'attend qu'à n'importe quel moment je grimpe sur la table et je me mette à hurler. Elle pense encore à Sean, je crois, et à ce qui est arrivé. Elle cherchd une preuve , un secret bien caché, qui révélerait quelquechose.
Rien dans ma vie ne m'a préparé à ce qui m'arrive. A t'aimer. D'ailleurs c'est à peine ce que j'appelle de l'amour. Il faut que te voie. C'est une nécessité urgente, comme du feu dans ma peau.
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TheWindTheWind   04 février 2018
"Comment sait-on que faire ? Sait-on jamais ?
- On ne sait pas. Moi je ne sais pas. On demande des indices à la vie, je suppose, on n'en reçoit pas et on prend tel ou tel parti. Tout peut arriver. Tout est hasard.
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arabellearabelle   25 octobre 2012
-Mais mon Dieu, William, ça ne s'est jamais vu que les gens rentrent chez eux un beau jour en disant qu'ils ne retourneront plus trvailler. Ça n'a pas de sens, tu ne peux pas parler sérieusement.
Mon père ne répondit rien. Il retint ses mots dans sa poitrine grêle, tout en posant le vaste dôme de sa tête dans la paume de sa main. Ma mère haussa le ton.
-Enfin, tu ne crois pas que j'ai peut être mon mot à dire? Et Nicholas, alors? Tu peux pas comme ça...
-Il le faut.
Sa tête s'était relevée. auréolée d'un silence malsain, la formule vint s'abattre sur notre vie comme un enfant mort.
Puis, unevoix que j'entendis à peine - que je me persuadai plus tard avoir imaginé, dans la pénombre à l'instant du coucher, où je disais mes prières et où les réverbères ourlaient les rideaux d'une lumière dorée -, une voix prononça :
Il le faut. C'est ce que Dieu me demande de faire.
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LaRousseBouquineLaRousseBouquine   04 février 2018
Si Margaret Gore avait parlé à sa fille, elle aurait pu le lui dire. Elle lui aurait dit qu'en amour tout change et ne cesse de changer. Il n'y a pas de point fixe ; la pendule du cœur ne s'arrête pas sur l'instant du bonheur pour toujours ; c'est l'engrenage du désir et du manque qui fait vibrer les aiguilles, tantôt c'est l'ascension et tantôt la chute, la chute et puis l'ascension, et les doutes se changent en certitudes qui au fil du temps retournent au doute.
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