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EAN : 9791028121655
920 pages
Éditeur : Bragelonne (14/10/2020)

Note moyenne : 3.98/5 (sur 253 notes)
Résumé :
2060, le point de départ des voyages dans le temps. Des divergences avec les archives historiques semblent indiquer que quelqu'un a modifié le passé et changé l'issue de la Seconde Guerre mondiale. La théorie selon laquelle on peut observer le passé sans jamais l'altérer paraît tout à coup sur le point de s'écrouler. À Oxford, le directeur de thèses des historiens, M. Dunworthy, le jeune Colin Templer et son amie Polly livrent un combat acharné contre le temps
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Critiques, Analyses et Avis (49) Voir plus Ajouter une critique
boudicca
  19 décembre 2014
Second et dernier volume du diptyque de Connie Willis consacré à la vie des Londoniens pendant le Blitz, « All clear » relate la suite et fin des aventures de Mike, Eileen et Polly, trois historiens du futur coincés en 1940. Ceux qui trouvaient le rythme déjà trop lent dans le volume précédent ne seront pas ravis d'apprendre que l'auteur prend à nouveau tout son temps et que les réponses aux nombreuses questions que l'on se pose ne seront pas apportées avant les cent toutes dernières pages. Outre le rythme on peut également reprocher au roman les sempiternels détours pris par l'histoire sans que cela soit toujours justifié, ou encore les atermoiements sans fin des personnages qui échafaudent théorie après théorie sans qu'au final cela ne fasse avancer l'intrigue d'un pouce. Et pourtant, en dépit de tout cela, j'ai passé des heures de lecture absolument passionnantes et c'est avec énormément de regret que j'ai refermé la toute dernière page qui nous apporte toutefois la satisfaction de répondre à toutes les interrogations qui commençaient à s'accumuler au fil des pages. On ne réalise qu'alors toute la maîtrise de l'auteur et la qualité de son récit. Tout ce tient et chaque détail, même infime, a son importance, un peu comme dans ces romans d'Agatha Christie dont les personnages admirent justement à plusieurs reprises la capacité à berner ses lecteurs jusqu'à la fin.
Comme dans tous les ouvrages de Connie Willis que j'ai pu lire jusqu'à présent, le plus grand atout du roman réside dans l'incroyable travail de documentation effectué par l'auteur et grâce auquel on se sent pleinement immergé dans cette époque traumatisante de l'histoire de l'Angleterre. Vie quotidienne, rationnement, réquisition des civils afin de participer à l'effort de guerre, architecture, dates et lieux des raids... : il n'est rien sur lequel l'auteur ne s'est pas minutieusement documenté afin de fournir à ses lecteurs la reproduction la plus fidèle possible de ce que pouvait être la vie de tous les Londoniens lors du Blitz. On en apprend entre autre beaucoup sur les campagnes de désinformation lancées par les autorités anglaises afin de ne pas saper le moral des Londoniens et surtout d'induire les Allemands en erreur concernant les véritables lieu et date du débarquement en France. L'auteur se plaît aussi à multiplier les points de vue, nous donnant l'occasion de revivre aussi bien les heures difficiles traversées par la capitale britannique au moment des raids, que le quotidien des ambulancières, ou encore les événements qui se déroulèrent à Bletchley Park, le principal centre de décryptage du pays.
Mais la plus grande réussite de l'auteur reste celle d'être parvenu à parfaitement retranscrire l'état d'esprit des Londoniens de l'époque. de l'humble mère de famille au pompier volontaire en passant par l'acteur de théâtre ou encore la vendeuse d'un grand magasin, chaque personnage suscite l'admiration par sa capacité à rester d'aplomb malgré les circonstances tragiques et les épreuves endurées. Nul doute que l'intensité ressentie à la lecture du roman tient en grande partie au lien très fort qui se noue entre le lecteur et les personnages. Ce ne sont d'ailleurs pas nécessairement les protagonistes qui marquent le plus durablement le lecteur (même si j'ai personnellement une petite préférence pour l'historienne Eileen), mais plutôt les figurants : Binnie et Alf, l'infernal duo de gamins qu'on voudrait souvent étrangler mais qui apportent une irrésistible touche comique à l'histoire ; sir Godfrey, acteur shakespearien renommé participant à sa façon à l'effort de guerre : sans oublier tous les réfugiés de l'abri de Saint Georges, tous les veilleurs du feuDe Saint-Paul, les gardes de l'ARP, les ambulancières... On vit ces années terribles presque au jour le jour avec chacun de ces gens auxquels on ne peut s'empêcher de s'identifier ou d'y voir une figure familière. Des héros, oui, mais de ceux que l'on est susceptibles de croiser chaque jour dans la rue et non pas au cinéma.
Au moment de la célébration de la victoire et de la fin de la guerre en 45, l'un des protagonistes explique qu'elle « avait voulu venir là, pour assister à ça, depuis sa première année d'étude. Mais si elle l'avait étudié à ce moment là, elle ne l'aurait jamais apprécié à sa juste valeur. Elle aurait découvert les foules joyeuses, et les Union Jack, et les feux de joie, mais elle n'aurait pas imaginé ce que représentaient ces lumières allumées après tant d'années à se frayer un chemin dans l'obscurité, ce que signifiait de lever la tête vers un avion en approche sans être terrorisé, ni le plaisir d'entendre les cloches des églises après des années de sirènes. Elle n'aurait pas imaginé les années de rationnement, de vêtements pauvres, de peur tapie derrière les sourires et les acclamations, ni ce qu'avait coûté l'avènement de ce jour ». Or c'est exactement la même expérience que vit le lecteur : oui il y a des longueurs, oui il y a peut-être des détails dont on aurait pu se passer, mais ce sont justement tous ces détails, ces heures passées auprès de tous ces gens qui font que le lecteur prend véritablement conscience de l'épreuve qu'ils ont du traverser et de l'immense soulagement ressentie par cette population sinistrée mais invaincue.
Je comprend sans mal les défauts qui sont reprochés à ce roman et que je n'ai moi-même pas manqué de remarquer, pourtant cette lecture représente en ce qui me concerne un véritable coup de coeur. On ressent à la fois beaucoup d'émotion à l'égard de tous ces hommes, femmes et enfants qui ont enduré avec détermination et courage ces terribles années, et aussi de l'admiration devant la qualité de la reconstruction de cette époque dans laquelle je me suis sentie pleinement immergée. « Le grand livre » en était déjà la preuve, et ce diptyque ne fait que le confirmer : Connie Willis est une très, très grande auteure. Polly, Eileen, Mike, Alf et Binnie, Sir Godfrey et tous les autres vont me manquer...
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verobleue
  06 août 2020
Il m'a fallu un certain temps pour reprendre mon récit où je l'avais laissé. Presque qu'un an. le retour a été un peu difficile et déstabilisant : il fallait me remémorer les différents personnages, leur identité de substitution, les situations, les lieux et dates dans lesquels ils vivaient au cours de l'Histoire. Je conseille vraiment de lire les deux tomes à la suite.
Dans « All Clear », deuxième tome de « Blitz », les égarés du temps vont tenter de se retrouver et de s'organiser pour survivre en laissant des indices qui permettront aux historiens du futur de retrouver leurs traces et d'envoyer une expédition de secours pour les ramener à leur époque… Polly, Merope et Michael perdent pied devant le mystère des portes de transfert fermées. Ils comprennent qu'ils ont atteint les limites de la théorie. Ils devaient tranquillement observer "de l'extérieur" comme des touristes mais ils n'ont pas résisté à la tentation de sauver ce qu'ils pouvaient. L'une n'est pas du tout intervenue dans les événements, la seconde, dans une certaine mesure, et le dernier, inconsciemment, est intervenu peut-être un peu trop.
Coincés dans l'Histoire, certains ont des dates limites, sorte de validité, et réalisent qu'ils devront apprendre à vivre «la vraie vie de cette époque», tenter de sauver leur peau, prier pour ne pas se trouver au mauvais endroit car la liste de Polly comprenant les lieux et heures des attaques aériennes devient peu à peu obsolète. Ils nous transmettent leurs questionnements, leurs angoisses. Ont-ils modifié le passé ? Ont-ils interféré avec l'Histoire ? Qu'est-ce qui est arrivé à Oxford ? Ils nagent en plein brouillard…
On est bien d'accord : Blitz est un roman historique sur la seconde guerre mondiale avec quelques aspects SF disséminés. L'auteur oublie de soigner son intrigue principale de voyage temporel qui souffre d'incohérences. On n'a pas d'explications sur le jeu des paradoxes temporels et sur le concept des points de divergence. Les personnages portent parfois plusieurs patronymes, sont éparpillés à des périodes et des endroits différents de l'histoire. Ils sont humains, vivants, dynamiques parfois plaintifs et hésitants, quelquefois stupides, souvent imprudents mais on s'y attache forcément. La seule « vie » des protagonistes est celle du présent, ils n'ont pas de passé, pas de famille, pas amis, pas de contexte. L'auteur développe les moments émouvants d'héroïsme ordinaire des civils londoniens. Elle met en lumière la force des femmes et leur influence efficace dans cette guerre. Elle avance le fait que les héros sont ceux qui un jour ont dit non et simplement continué à avancer.
L'auteur continue à délayer ses informations pour faire durer le suspense, les dialogues contribuent à la lenteur du roman et finalement cela m'a agacé. Pour exemple, retrouver le nom d'un champ d'aviation leur prend un temps infini. En outre, certaines questions ne recoivent pas de réponses (le lien familial entre Merope/Eileen et Colin ?)
Bref, c'était long mais c'était bon ! Osez, n'hésitez pas malgré le nombre de pages, profitez des talents de conteuse et d'historienne de Connie Willis pour plonger dans cette époque, comme si vous y étiez...
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BlackWolf
  09 octobre 2013
En Résumé : Tout comme la première partie je ressors de ma lecture avec un avis plutôt mitigé. J'ai eu l'impression que l'auteur n'a pas pu maîtriser l'ampleur de ce qu'elle voulait mettre en place. On sent bien qu'elle s'est fortement renseignée et documentée sur la seconde guerre mondiale, offrant une toile de fond vraiment détaillée, complexe et passionnante, mais elle cherche à faire passer tellement d'informations sur le sujet qu'elle en oublie de soigner son intrigue principale de voyage dans le temps qui souffre d'incohérences et donne parfois plus l'impression d'avoir un livre d'histoire dans les mains. Les personnages principaux manquent de consistance et parfois d'intelligence, de plus quand on me présente un historien qui s'y connait moins que moi en histoire j'émets des réserves. Les personnages secondaires sont eux, pour le coup, vraiment intéressants, mais auraient mérités d'être moins nombreux et plus développés, surtout pour un roman de près de 1300 pages. Heureusement la seconde partie du roman se révèle beaucoup plus efficace. le style se révèle simple et efficace même si parfois il tombe un peu trop dans la simplicité et même le caricatural.
Retrouvez ma chronique complète sur mon blog.
Lien : http://www.blog-o-livre.com/..
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basileusa
  09 décembre 2018
Bon maintenant je comprends les récompenses qu'à pu avoir ce roman !
Si il y a encore quelques longueurs au début de cette deuxième partie, c'est assez vite oublié car enfin les choses bougent pour nos trois héros !
C'est toujours difficile d'en parler sans rien dévoiler mais tout va s'éclairer enfin et avancer surtout ! Car j'avais une impression de stagnation . Et on va enfin comprendre l'importance des deux personnages qui se trouvent en 1944 et le lien avec Polly, Eileen et Matthew! ça donne presque envie de tout relire ^^ En tout cas je suis ravie de la suite de l'histoire et cette immersion totale pendant le Blitz , qui m'a beaucoup éclairée sur comment on pouvait continuer à vivre sous les bombes. Instructif, passionnant, où les petits détails ont leur importance , c'est vraiment une super idée et j'ai hâte de lire ses autres romans sur les voyages dans le temps .
Challenge Mauvais genre
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Roupille
  22 septembre 2020
Vous vous souvenez tous : L Histoire, c'est de la blague.
Mais au final, c'est quoi, L Histoire ? L'Histoire, c'est l'étude et l'écriture des faits et événements passés, c'est aussi une science humaine et sociale, c'est enfin un récit par lequel des femmes et des hommes s'efforcent de faire connaître le passé (merci Wiki). Et la blague, dans tout ça ? C'est que cette étude, ce récit, bien que normalement construits avec méthode, sont conditionnés par de nombreux autres facteurs, tels que la vision du monde de l'historien, sa culture… Tout serait donc sujet à interprétation, et L Histoire ne serait donc qu'une histoire, pas forcément drôle, contée par des romanciers qui auraient poussé un peu plus loin que d'habitude leurs recherches.
Enfin ça, c'était avant 2050 et la création du voyage temporel contée par Connie Willis au travers de ses romans le Grand Livre, Sans parler du chien, et, pour ce qui nous concerne aujourd'hui, son diptyque Blitz, composé des deux romans Black-out et All Clear.
Le principe est assez simple : les voyages dans le temps ont permis aux historiens de l'Université d'Oxford d'étudier directement les grands événements qui ont changé le monde en y participant.
Après le Moyen-Age (Le Grand Livre), puis le XIXe siècle (Sans parler du chien), Blitz nous emmène - surprise ! - en plein Blitz, c'est-à-dire la campagne de bombardements menée par l'armée allemande sur l'Angleterre en 1940-41. Comme dans l'ensemble des romans de la "série", nous allons suivre une histoire se déroulant entre 2 époques : la Seconde Guerre Mondiale, principalement le Blitz de Londres, et l'année 2060, d'où viennent les historiens.
Nous suivons donc, sous la tutelle de James Dunworthy, les aventures des historiens Polly Churchill, qui se retrouve à Londres pour étudier la vie sous les bombes, Merope Ward, qui, en tant qu'Eileen O'Reilly, s'installe dans la campagne anglaise pour s'occuper des enfants londoniens évacués dont les terribles Alf et Binnie Hodbin, et Michael Davies, qui se prépare pour Pearl Harbor. Et évidemment, rien ne va se passer comme prévu !
Bilan très partagé à la lecture de ce diptyque, entre une histoire trop longue, à la limite de l'interminable, et une reconstitution historique absolument passionnante.
Commençons par le sujet qui fâche : c'est long. Très long. Trop long. Environ 1400 pages découpés en cours chapîtres qui alternent les personnages et les époques, et qui peuvent se résumer ainsi : une galère tombe sur un des personnages (ou plusieurs), le personnage panique, il est perdu, puis coup de bol monumental qui lui fait reprendre espoir, il va finir par y arriver et… non, c'était une fausse piste mais un vrai gros cliffhanger. Suite 3 chapitres plus loin, place à un autre personnage.
Ce schéma "page turner" est assez efficace sur un roman court, mais trouve rapidement ses limites sur un double pavé de cette ampleur. La formule est pétée et répétée jusqu'à plus soif, si bien qu'au bout d'un moment, soit on n'y croit plus, soit on en vient à espérer qu'il leur arrive vraiment un truc grave, à ces personnages. Cumulé à cette structure narrative qui finit par lasser, le manque de "véritables" enjeux dramatiques peine à maintenir de bout en bout l'intérêt du lecteur.
Le constat est d'autant plus frustrant que le reste est une franche réussite, entre une ambiance incroyable, nourrie par un travail de documentation absolument titanesque de la part de l'autrice, et une galerie de personnages vraiment réussie, à une exception près, dont nous reparlerons.
Pour l'ambiance, on ne peut pas minimiser le travail de recherches phénoménal qu'a abattu Connie Willis : documentation, interviews de londoniens de l'époque… La reconstitution est remarquable, et retranscrite avec un talent indéniable. le lecteur est littéralement plongé dans ce Londres bombardé, et vit la peur avec les personnages tout en observant le légendaire flegme britannique à l'oeuvre.
Le tout est émaillé d'anecdotes et de détails historiques absolument passionnants qui encouragent le lecteur à aller un peu plus loin dans la recherche de ces "détails de l'histoire".
L'autre énorme point fort du roman, c'est ce défilé de personnages, notamment les secondaires, bien écrits, savoureux, et qui ajoutent à l'oeuvre une belle humanité.
On regrettera simplement le traitement manqué du personnage de Merope/Eileen, jeune femme battante et volontaire quand elle s'occupe du refuge des enfants qui devient second couteau immature et inutile quand les enjeux se feront plus pressants, avec un manque de logique et de cohérence dans sa construction. Cet écart mis à part, c'est avec un réel plaisir que l'on suit les bêtises des orphelins Hodbin, l'improbable troupe de théâtre ou encore l'invraisemblable capitaine de frégate. Ce sont eux, décrits avec humour et sensibilité, qui font avant tout le sel de l'oeuvre.
En résumé, un univers passionnant, richement documenté et raconté avec humour et un amour visible pour tous les personnages, mais également frustrant dans son incapacité à s'affranchir d'un schéma narratif répétitif et à faire décoller les enjeux. Avoir une ambiance c'est bien, avoir une histoire c'est mieux.
En bref…
Blitz est pour toi si… les petits détails qui font L Histoire, les personnages attachants et les histoires de voyages dans le temps.
J'ai aimé :
- le concept
- L'ambiance
- La profusion d'anecdotes et de détails
J'ai moins aimé :
- Avoir une ambiance, c'est bien. Avoir une histoire, c'est mieux.
- le personnage de Merope / Eileen, un peu maltraité
- Beaucoup trop long…
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critiques presse (2)
MangaNews   28 octobre 2020
Blitz s'offre un second tome dans la lignée du premier : Dynamique et convaincant, il affirme les jolies petites qualités du titre.
Lire la critique sur le site : MangaNews
Telerama   13 mai 2015
Depuis Wells et Barjavel, le voyage dans le temps est l'un des thèmes phares de l'anticipation. L'Américaine Connie Willis renouvelle le genre.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
TeaSpoonTeaSpoon   24 août 2013
La foule les heurtait, les contournait, les dépassait, bouillonnant autour d'elles, mais Paige en était inconsciente. Les mains serrées sur sa poitrine, elle restait figée de stupeur et d'admiration.
- Ah! regarde: les lumières !
Les magasins, le fronton d'un cinéma et les vitraux de Saint-Martin-In-The-Fields ruisselaient de lumière électrique. Le socle du monument de Nelson était illuminé, tout comme les lions et la fontaine.
- As-tu jamais vu quelque chose de plus beau? soupira Paige.
C'était réellement magnifique, quoique pas tout à fait autant pour elle que pour les contemporains, qui venaient de vivre cinq années de black-out.
- Oui, acquiesça-t-elle en contemplant Trafalgar Square.
Des banderoles drapaient les piliers de Saint-Martin et, sous le porche de l'église, une petite fille agitait un cierge magique crépitant d'étincelles. Les faisceaux des projecteurs se croisaient dans le ciel, et un feu de joie géant brûlait sur le coin le plus éloigné de la place. Deux mois, et même deux semaines plus tôt, ce feu aurait annoncé terreur, mort et destruction pour ces Londoniens, mais il ne leur inspirait plus d'effroi. Ils dansaient autour, et quand ils entendaient le bourdon soudain d'un avion, ils poussaient des vivats et brandissaient leurs mains en formant le V de la victoire.
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boudiccaboudicca   14 novembre 2014
[A propos du VE Day de mai 1945] Elle avait voulu venir là, pour assister à ça, depuis sa première année d'étude. Mais si elle l'avait étudié à ce moment là, elle ne l'aurait jamais apprécié à sa juste valeur. Elle aurait découvert les foules joyeuses, et les Union Jack, et les feux de joie, mais elle n'aurait pas imaginé ce que représentaient ces lumières allumées après tant d'années à se frayer un chemin dans l'obscurité, ce que signifiait de lever la tête vers un avion en approche sans être terrorisé, ni le plaisir d'entendre les cloches des églises après des années de sirènes. Elle n'aurait pas imaginé les années de rationnement, de vêtements pauvres, de peur tapie derrière les sourires et les acclamations, ni ce qu'avait coûté l'avènement de ce jour : la vie de tous ces soldats, marins, aviateurs et civils.
+ Lire la suite
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Charybde2Charybde2   30 novembre 2015
Il la regardait, rayonnant.
– C’est une magnifique soirée, n’est-ce pas ?
– Oui, convint-elle, en observant la cohue.
Elle avait voulu venir là, pour assister à ça, depuis sa première année d’études. Constater que M. Dunworthy avait attribué l’événement à quelqu’un d’autre l’avait mise en rage.
Mais si elle l’avait étudié à ce moment-là, elle ne l’aurait jamais apprécié à sa juste valeur. Elle aurait découvert les foules joyeuses, et les Union Jack, et les feux de joie, mais elle n’aurait pas imaginé ce que représentaient ces lumières allumées après tant d’années à se frayer un chemin dans l’obscurité, ce que signifiait de lever la tête vers un avion en approche sans être terrorisé, ni le plaisir d’entendre les cloches des églises après des années de sirènes. Elle n’aurait pas imaginé les années de rationnement, de vêtements pauvres, de peur tapie derrière les sourires et les acclamations, ni ce qu’avait coûté l’avènement de ce jour : la vie de tous ces soldats, marins, aviateurs et civils.
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VanceVance   16 mai 2015
Elle s'était toujours demandé comment les Londoniens avaient trouvé le courage de continuer à vivre après que les corps de leurs maris, mères, enfants, amis avaient été extraits des décombres, mais ce n'était pas du courage. Il y avait tant de choses à régler que lorsque vous en terminiez enfin, le temps du désespoir était passé.
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BigDreamBigDream   19 décembre 2014
Tu m'as toujours dit que tu t'appelais Constant. C'est sous le nom de Constant que je t'ai présenté à tout le monde. (...) Tu es la personne la plus constante que j'ai rencontree de ma vie. Me declarer maintenant que ton nom n'est pas Constant est parfaitement absurde.
Oscar Wilde
L'Importance d'être Constant
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Blitz : L'intégrale de Connie Willis aux éditions Bragelonne
Oxford, futur proche. L'université est définitivement dépoussiérée : historien est devenu un métier à haut risque. Car désormais, pour étudier le passé, il faut le vivre. Littéralement. Michael Davies se prépare pour Pearl Harbor, Merope Ward est aux prises avec une volée d'enfants évacués en 1940, Polly Churchill sera vendeuse en plein coeur du Blitz, et le jeune Colin Templer irait n'importe où, n'importe quand, pour Polly... Ils seront aux premières loges pour les épisodes les plus fascinants de la Seconde Guerre mondiale. Une aubaine pour des historiens, sauf que les bombes qui tombent sont bien réelles et une mort soudaine les guette à tout moment. Sans parler de ce sentiment grandissant que L Histoire elle-même est en train de dérailler. Et si, finalement, il était possible de changer le passé ?
Vous pouvez commander Blitz : l?intégrale sur le site de la librairie en ligne www.lagriffenoire.com
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