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Benjamin Legrand (Traducteur)
EAN : 9782355840142
864 pages
Éditeur : Sonatine (26/03/2009)

Note moyenne : 4.05/5 (sur 818 notes)
Résumé :
" La Religion ", c'est le nom que se donne l'ordre des Hospitaliers, mais c'est aussi la bannière sous laquelle se rallie parfois la folie des hommes. En 1565, claustrés sur leur petit archipel au sud de la Sicile, les chevaliers de Malte s'apprêtent à recevoir les furieux assauts de l'armée ottomane. À un contre cinq, les chrétiens tiennent le siège au prix de combats effroyables. Un déchaînement de violence dans lequel se trouve entraîné Mattias Tannhauser, un anc... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (152) Voir plus Ajouter une critique
CasusBelli
  20 avril 2019
Cela fait plus d'un an que "La religion" attendait patiemment dans ma PAL que je me décide enfin.
Alors que dire ? Qu'en dire ? Simplement que c'est énorme, puissant et flamboyant !
Ma passion pour l'histoire a été largement comblée car la trame de ce roman se déroule pendant le siège de Malte par les armées de Soliman (le magnifique), et la réalité historique quant aux faits est pour ce que j'en sais parfaitement respectée. Donc, si vous connaissez cet épisode historique il n'y aura pas de suspense car l'issue en est connue, il ne s'agit pas d'une uchronie.
Cela dit rassurez-vous, car ce récit épique va vous donner plus que son content d'émotions, de tragédies et de suspense...
"La religion", c'est sous ce terme que se désignent les chevaliers de l'ordre des Hospitaliers et ultimes défenseurs de cet avant-poste sur le chemin de l'expansion musulmane, là encore réalité et fiction vont être combinées avec talent par Tim Willocks qui à l'instar d'un Druon avec "Les rois maudits" va nous inviter dans l'intimité de toutes les composantes de ce roman, Papauté, Inquisition sans oublier le camp "d'en face" avec des incursions instructives côté musulman.
Il est utile de savoir que les personnages majeurs de ce roman ont réellement existé, en passant, je sais maintenant pourquoi la capitale de Malte est ainsi nommée.
Il y a surtout l'histoire dans l'histoire, et là je pense qu'il n'y manque rien (j'y reviendrai), amour, trahison, loyauté, cruauté, amitié, espoirs. Une spirale infernale dans laquelle on se retrouve aspiré totalement, Mattias Tannhauser, le personnage principal va symboliser à la perfection les tourments qui peuvent être imposés à un homme aux moments clés de sa vie à travers les choix qu'ils devra faire, j'ai aimé ce personnage car il est vrai dans ses émotions, ni ange ni démon, juste terriblement humain, un homme qui va essayer de survivre en composant au mieux avec ses intérêts et ses sentiments.
Car des sentiments il y en a, et toute la gamme des émotions qui les accompagnent aussi.
Je pensais, après tant de lectures, connaître toutes les ficelles et être immunisé, j'ai revu mon jugement, il faut dire que l'auteur est assez imprévisible, le pire n'étant jamais certain.
Côté combat c'est brutal et sanglant, l'auteur n'est pas avare de détails ( y compris olfactifs), cela dit, il réussit à traduire ce qu'ont pu être les guerres de cette époque, on est loin de l'aspect très visuel des films qui donnent des rêves de gloire aux plus jeunes, et contexte oblige, les scènes de combats seront nombreuses et très réalistes.
J'ai également apprécié la quasi totalité des dialogues, des réparties souvent ciselées et souvent instructives quand il s'agissait de rhétorique, car il y est aussi question de religion ou de politique, les deux se confondant souvent.
J'ai parfois été stupéfait (Bors et son tonneau de brandy...).
Je ne dévoilerai rien ici de l'histoire car il y a trop d'événements et d'interactions pour ne pas spoiler, je terminerai juste en parlant de la force des personnages, dont Carla et Amparo, deux beaux portraits de femmes, de Bors bien sûr, et les méchants ne sont pas mal non plus (vous verrez).
Je crois que je n'ai jamais été aussi prolixe, c'est dire si j'ai aimé :)
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Erveine
  06 août 2016
La Religion est un roman historique qui vous emporte loin des réminiscences du monde actuel sauf aux espaces temps des pauses que vous vous octroierez. Telle est la densité du récit et l'attention requise insufflée.
Nous sommes en guerre à un moment précis qui, comme dans toute caractéristique belligérante oppose deux forces qui s'affrontent, mais avec au moins un arsenal de combat équivalent. Alors si l'Iliade maltaise dont l'action se situe en 1565 est en beauté ce que fut celle de la Grèce antique, irons-nous pourtant jusqu'à en plébisciter l'exercice ? Non pas, mais l'humanité certainement. Il en est ainsi quand Tim Willocks nous entraîne dans la magnificence du récit, que ce soit par la maîtrise tonitruante de réalisme, la description des lieux, des massacres, le sang, les fèces ou par la puissance poétique des exhortations, des chants, des attachements et du nôtre par un effet miroir, de révolte ou de contrition envers les personnages. Passant les lignes de combat auprès de Soliman le Magnifique, sultan des Ottomans, dans l'ordre militaire des Janissaires et monté sur un akhal-teke à robe d'or, ou encore, parmi les Chevaliers de l'ordre de Malte, autant dire du côté de l'islam ou bien de celui de la chrétienté. Un voyage émouvant conté avec beaucoup de charme et d'érudition qui pèse son poids de langues et d'écriture.
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mcd30
  25 mars 2018
Je voulais en savoir plus sur Malte et les Chevaliers de l'île de Malte et là, j'ai été servie.
Sur fond de guerre de religion, les bas instincts font surfaces, chez certains tous les coups sont permis pour obtenir ce qu'ils veulent.
Même le Pape envoie une bulle qui absout les soldats et la population pour leurs crimes de guerre, du coup tout le monde repart de plus belle au combat. C'est hallucinant toute cette violence. Seuls quelques personnages gardent la tête froide et somme toute restent intègres. Et pendant tout ce temps, Matthias Tannhauser, notre héros, se promène d'un camp à l'autre sans aucun soucis car il connaît très bien les deux camps, leurs coutumes et leur religion. Il est là pour nous montrer l'absurdité d'une guerre où tout le monde se bat pour Dieu.
Finalement malgré énormément de violence, j'ai bien aimé ce roman pour sa trame historique très intéressante et pour la réflexion qu'il nous apporte sur le bien fondé des guerres de religion.
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tynn
  24 juin 2014
Le croissant ottoman contre la croix du Christ.
Un pavé de près de mille pages pour transporter celui qui s'y risque dans l'hallucinant siège de Malte de 1565 opposant chrétiens et musulmans, dans un déchaînement de combats épiques et de cruautés en tout genre. Dans cet enfer des armes et de l'horreur, Tim Willocks réussit à captiver son lecteur en l'entrainant tambour battant, à la suite d'un aventurier mercenaire amoureux, des belles et gentes dames musiciennes, et d'une galerie de personnages secondaires tordus, torturés, tonitruants.
Batailles, violences, morts en pagaille, têtes coupées et tripes à l'air, le ton est donné et ferait passer Alexandre Dumas pour un enfant de choeur.
Je suis restée captive mais éreintée tout au long de cette lecture, particulièrement fascinée par la documentation historique, la reconstitution de la géographie des combats, de la ville de LaValette et de ses bastions sous la mitraille. Quatre mois de siège, trente mille morts turcs, trois mille morts chrétiens sans compter la population civile d'une ile dévastée.
Bagatelle...puisque l'Ordre des Chevaliers de Saint Jean en tire un magistral prestige.
Que n'a-t-on pas fait subir à l'Homme au nom de la vraie foi!
On restera donc toujours le mécréant de quelqu'un?
Ps: Nos personnages vont partir se refaire une santé dans les guerres de Religion à la française. Une petite Saint Barthelemy pour rester en forme?
Opus 2: Les enfants de Paris.
(J'ai besoin d'un peu de douceur, il va rester dormir quelque temps dans ma Pal...)
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Marple
  30 mars 2013
Je ne vais pas faire de critique dithyrambique de la Religion, parce que je n'ai pas eu de révélation comparable à celle d'Antoine de Caunes (mise en avant sur le bandeau autour du livre)... mais je vais (essayer de) faire une critique élogieuse parce que c'est assurément un excellent roman historique, qui plaira aux amateurs du genre, et probablement aussi aux novices !
L'intrigue ? Un aventurier mi-chrétien mi-ottoman, une Comtesse d'une volonté farouche et d'une grande beauté, une simple d'esprit langoureuse et un peu sorcière et un amateur de bagarre au grand coeur partent à la recherche du fils secret de la Comtesse au milieu du siège de Malte par les Ottomans en 1565. Évidemment, les péripéties s'enchaînent, au fil des batailles, des rebondissements amoureux et des allers-retours de Mathias (l'aventuirer) entre ses deux cultures. C'est violent, c'est fort, c'est intéressant.
Ce que j'ai aimé ? L'histoire qui m'a complètement happée, les batailles sanglantes parfaitement rendues, la description assez 'humaniste' des deux camps (montrant toute l'absurdité de la guerre qui envoie à la mort des milliers de combattants désirant simplement rentrer chez eux et mener leur vie), les jeux de pouvoir entre ''La Religion'' (les chevaliers de Malte), la Papauté et l'Inquisition, Carla, Mathias, le cheval Buraq, le général Abbas, si profondément bienveillant, Lazaro, Anacleto (pas du tout caricatural dans le rôle du méchant pervers) et par-dessus tout le débrouillard et hâbleur Orlandu...
Ce que j'ai moins aimé ? L'omniprésence de la merde dans le roman, au sens propre... Je ne parle pas du gore global des batailles avec sang/vomi/corps en décomposition etc, mais plutôt de ces innombrables mentions 'il souilla ses braies', 'ils vidèrent leurs entrailles', 'il lâcha un étron' etc. Sinon, Amparo n'est pas trop ma copine, m'a bien agacée celle-là, sûrement parce qu'elle empêche une idylle que la midinette en moi attendait impatiemment (et je n'en dirais pas plus pour éviter le spoiler). Mais c'est peut-être aussi un des ressorts du livre.
Bref, si on oublie le côté très 'chiant' cité plus haut, reste pas grand chose à dénigrer, parce que c'est vraiment pas mal !
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critiques presse (2)
Lexpress   25 novembre 2011
Entremêlant choc des civilisations et rapprochement des coeurs [...], Tim Willocks, l'auteur de Bad City Blues [...] réussit un tour de force : bâtir un univers sur un confetti méditerranéen.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Telerama   07 septembre 2011
Son écriture, ses changements de rythme, son sens du suspense font de La Religion un livre exaltant et inclassable.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (95) Voir plus Ajouter une citation
caro64caro64   14 mai 2013
Ce qui est visible, ce qui est connu, est minuscule comparé à ce qui ne l'est pas, et la plupart des notions de Dieu se nourrissent de notre ignorance. Pourtant l'existence des étoiles et des constellations - et leur influence sur nous - (...) ne requiert pas l'existence d'une déité pour la régir. De même que le fait d'être n'exige pas une théorie de la Création, aussi paradoxal que cela puisse sembler, car si l'éternité n'a pas de fin, alors sans doute n'avait-elle pas de commencement. Qu'il existe un flux est évident, car nous sommes ici, jetés comme des épaves sur une mer turbulente. Que ce flux soit habité d'innombrables motifs subtils est également évident. Même le chaos aveugle a sa raison d'être. Et le destin est une toile dont nous ne reconnaissons les fils que lorsque nous sommes pris dedans. Mais, motifs ou raison d'être ou pas, toute religion met en avant de terribles légions de fous, au point qu'ils se traitent de démons les uns les autres et qu'ils nient la nature interne des choses. (...) J'ai prié à la mosquée et devant l'autel, parce qu'on me disait de le faire, et j'ai obéi. Mais je n'ai entendu la voix de Dieu dans aucun des deux, ni senti sa grâce. A la fin, je n'ai plus entendu que les braiments des brûleurs de livres et les gémissements d'une peur inextinguible.
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mesrivesmesrives   02 avril 2015
Tannhauser sentit un frémissement de surprise, puis d'étonnement à s'être attendu à de la loyauté. Il était, après tout, l'homme qui avait été envoyé pour assassiner le petit-fils du sultan. Par le sultan. Sultan. Vatican. Religion. Islam ou Rome. Tous ces cultes ne cherchaient que le pouvoir et la soumission des peuples. Les peuples eux-mêmes, les petites gens, comme lui, comme Gullu Cakie, Amparo, n'étaient guère plus que des grains pour leurs meules. La Valette, Ludovico, le pape, Mustapha, Soliman, quelles ordures ils étaient, tous autant que les autres. Baignant dans la pompe et le luxe tout en orchestrant le carnage qui dorloterait leur incommensurable vanité. Au fond de son coeur, il les aurait tous tués sans frémir, et il aurait considéré cela comme un service rendu à l'humanité. Mais on ne manquerait jamais de nouveaux candidats pour enfiler leurs bottes, et déplorer ce fait était une divagation tout juste bonne pour les idiots
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boudiccaboudicca   02 septembre 2012
En abandonnant les rangs des janissaires, tant d'années auparavant, il avait abandonné une partie de son âme ; mais s'il ne l'avait pas fait, il aurait perdu l'intégralité de son âme, car tel aurait été le prix des sombres exploits qu'on exigeait de lui. Même si leurs fifres et leurs tambours lui remuaient encore le sang et le cœur, il faisait maintenant face à ses anciens frères sur le champ de bataille. La poitrine et la gorge serrées, il attendait un son qu'il n'avait jamais entendu mais avait seulement proféré. Les terribles Lions de l'islam allaient rugir.
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caro64caro64   16 mai 2013
Elle avait découvert la paix qui vient avec l'immersion dans la souffrance. C'était une paix étrange, une paix horrible, une paix que l'on n'aurait souhaitée à personne, car les victimes de la guerre en payaient le prix. Vulnérables et sans recours, ils étaient absous de toute méchanceté - de tout sauf du courage et de la foi les plus primitifs - et ils reconquéraient l'innocence de l'enfant. Etre blessé révélait quelque chose de l'âme d'une personne, d'une manière interdite à toute autre, et ce que cela révélait était quelque chose de merveilleux, quelque chose de noble, quelque chose qui, malgré l'agonie, la saleté et l'humiliation, contenait plus de véritable dignité que tout ce qu'elle avait pu voir de sa vie.
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mcd30mcd30   05 novembre 2017
A une distance exagérément respectueuse des deux femmes, et observant le rivage de l'Europe qui disparaissait se tenait une vingtaine de chevaliers en pourpoints noirs. Leurs poitrines portaient des croix de soie blanche à huit pointes et, au clair de lune, de ces croix émanait une étrange et pâle lueur. Ils avaient tous autour de la quarantaine mais la plupart semblaient avoir moins de trente ans. Tous portaient de grandes barbes fournies, très belliqueuses. Tous murmuraient des Notre-Père. Les chevaliers étaient obligés de réciter cent cinquante Pater Noster chaque jour, mais comme il était très dur de ne pas se tromper dans le décompte, ils s'arrêtaient rarement, et en mer ils priaient pendant des heures, en une transe mystique. Chaque homme tombait graduellement en rythme avec un autre, jusqu'à ce qu'ils chantent tous leur prière à l'unisson, et Bors sentait un frisson lui parcourir la moelle épinière, car le son de tant de tueurs en parfaite harmonie était capable de faire trembler un bloc de pierre.
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