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Benjamin Legrand (Traducteur)
ISBN : 2355840148
Éditeur : Sonatine (26/03/2009)

Note moyenne : 4.02/5 (sur 522 notes)
Résumé :
« La Religion », c'est le nom que se donne l'ordre des Hospitaliers, mais c'est aussi la bannière sous laquelle se rallie parfois la folie des hommes. En 1565, claustrés sur leur petit archipel au sud de la Sicile, les chevaliers de Malte s'apprêtent à recevoir les furieux assauts de l'armée ottomane. A un contre cinq, les chrétiens tiennent le siège au prix de combats effroyables. un déchaînement de violence dans lequel se trouve entraîné Mattias Tannhauser, un anc... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (114) Voir plus Ajouter une critique
Erveine
  06 août 2016
La Religion est un roman historique qui vous emporte loin des réminiscences du monde actuel sauf aux espaces temps des pauses que vous vous octroierez. Telle est la densité du récit et l'attention requise insufflée.
Nous sommes en guerre à un moment précis qui, comme dans toute caractéristique belligérante oppose deux forces qui s'affrontent, mais avec au moins un arsenal de combat équivalent. Alors si l'Iliade maltaise dont l'action se situe en 1565 est en beauté ce que fut celle de la Grèce antique, irons-nous pourtant jusqu'à en plébisciter l'exercice ? Non pas, mais l'humanité certainement. Il en est ainsi quand Tim Willocks nous entraîne dans la magnificence du récit, que ce soit par la maîtrise tonitruante de réalisme, la description des lieux, des massacres, le sang, les fèces ou par la puissance poétique des exhortations, des chants, des attachements et du nôtre par un effet miroir, de révolte ou de contrition envers les personnages. Passant les lignes de combat auprès de Soliman le Magnifique, sultan des Ottomans, dans l'ordre militaire des Janissaires et monté sur un akhal-teke à robe d'or, ou encore, parmi les Chevaliers de l'ordre de Malte, autant dire du côté de l'islam ou bien de celui de la chrétienté. Un voyage émouvant conté avec beaucoup de charme et d'érudition qui pèse son poids de langues et d'écriture.
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caro64
  17 mai 2013
La religion est mon premier roman de Tim Willocks. Et quel roman ! Epoustouflant, impitoyable, bouleversant… impossible de le lâcher une fois commencé. 950 pages et pas une de trop. Je les ai dévorées en quelques jours et me suis régalée à suivre les aventures de Mattias Tannhauser.
Mattias Tannhauser est un mercenaire, un trafiquant d'armes, d'épices et d'opium , ancien janissaire du Sultan Soliman le Magnifique, amateur de toutes les bonnes chères. Dans l'Europe du XVIe siècle, il mène sa vie de commerçant aux côtés de ses deux compagnons : le colosse anglais fidèle, Bors de Carlyle, ainsi que Sabato Svi, l'Italien juif raffiné, tous deux reflets des nombreuses facettes de Mattias. Tout va plutôt bien pour lui jusqu'à l'arrivée de deux femmes, Amparo et Carla, aussi belles que mystérieuses. Pour les beaux yeux de cette dernière et animé d'un certain goût pour l'aventure, il accepte une mission délicate qui va l'amener sur l'île de Malte, territoire alors secoué par les guerres de religions. Il ne se doute pas qu'il va ainsi mettre les pieds en enfer.
Tim Willock nous projette au coeur du siège de Malte mené par les ottomans contre les Hospitaliers (surnommés La Religion) en 1565. Chaque camp, pris dans le tourbillon du fanatisme le plus aliénant, va rivaliser dans la cruauté et l'atrocité pendant près de quatre mois. Sang, agonie, excréments... Rien ne nous est épargné. Les scènes de bataille sont décrites avec un tel réalisme qu'elles soulèvent quelquefois le coeur. Mais le talent de scénariste de Tim Willocks nous happe. Et au-delà de cette projection des folies religieuses, La Religion est un superbe roman épique pourvu de personnages inoubliables et complexes, de complots, d'intrigues amoureuses, politiques et religieuses palpitantes et d'ennemis sans pitié qui nous font retenir notre souffle plus d'une fois. Tim Willocks s'y révèle un fabuleux conteur et nous envoûte avec une écriture puissante tantôt dramatique, tantôt poétique et sensuelle. James Ellroy avait donc raison de dire qu'il s'agissait là d'un "roman superbement maîtrisé". Une belle découverte et un formidable moment de lecture. Premier volet d'une trilogie, j'attends avec impatience la traduction et parution de la suite des aventures de Tannhauser.
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tynn
  24 juin 2014
Le croissant ottoman contre la croix du Christ.
Un pavé de près de mille pages pour transporter celui qui s'y risque dans l'hallucinant siège de Malte de 1565 opposant chrétiens et musulmans, dans un déchaînement de combats épiques et de cruautés en tout genre. Dans cet enfer des armes et de l'horreur, Tim Willocks réussit à captiver son lecteur en l'entrainant tambour battant, à la suite d'un aventurier mercenaire amoureux, des belles et gentes dames musiciennes, et d'une galerie de personnages secondaires tordus, torturés, tonitruants.
Batailles, violences, morts en pagaille, têtes coupées et tripes à l'air, le ton est donné et ferait passer Alexandre Dumas pour un enfant de choeur.
Je suis restée captive mais éreintée tout au long de cette lecture, particulièrement fascinée par la documentation historique, la reconstitution de la géographie des combats, de la ville de LaValette et de ses bastions sous la mitraille. Quatre mois de siège, trente mille morts turcs, trois mille morts chrétiens sans compter la population civile d'une ile dévastée.
Bagatelle...puisque l'Ordre des Chevaliers de Saint Jean en tire un magistral prestige.
Que n'a-t-on pas fait subir à l'Homme au nom de la vraie foi!
On restera donc toujours le mécréant de quelqu'un?
Ps: Nos personnages vont partir se refaire une santé dans les guerres de Religion à la française. Une petite Saint Barthelemy pour rester en forme?
Opus 2: Les enfants de Paris.
(J'ai besoin d'un peu de douceur, il va rester dormir quelque temps dans ma Pal...)
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Marple
  30 mars 2013
Je ne vais pas faire de critique dithyrambique de la Religion, parce que je n'ai pas eu de révélation comparable à celle d'Antoine de Caunes (mise en avant sur le bandeau autour du livre)... mais je vais (essayer de) faire une critique élogieuse parce que c'est assurément un excellent roman historique, qui plaira aux amateurs du genre, et probablement aussi aux novices !
L'intrigue ? Un aventurier mi-chrétien mi-ottoman, une Comtesse d'une volonté farouche et d'une grande beauté, une simple d'esprit langoureuse et un peu sorcière et un amateur de bagarre au grand coeur partent à la recherche du fils secret de la Comtesse au milieu du siège de Malte par les Ottomans en 1565. Évidemment, les péripéties s'enchaînent, au fil des batailles, des rebondissements amoureux et des allers-retours de Mathias (l'aventuirer) entre ses deux cultures. C'est violent, c'est fort, c'est intéressant.
Ce que j'ai aimé ? L'histoire qui m'a complètement happée, les batailles sanglantes parfaitement rendues, la description assez 'humaniste' des deux camps (montrant toute l'absurdité de la guerre qui envoie à la mort des milliers de combattants désirant simplement rentrer chez eux et mener leur vie), les jeux de pouvoir entre ''La Religion'' (les chevaliers de Malte), la Papauté et l'Inquisition, Carla, Mathias, le cheval Buraq, le général Abbas, si profondément bienveillant, Lazaro, Anacleto (pas du tout caricatural dans le rôle du méchant pervers) et par-dessus tout le débrouillard et hâbleur Orlandu...
Ce que j'ai moins aimé ? L'omniprésence de la merde dans le roman, au sens propre... Je ne parle pas du gore global des batailles avec sang/vomi/corps en décomposition etc, mais plutôt de ces innombrables mentions 'il souilla ses braies', 'ils vidèrent leurs entrailles', 'il lâcha un étron' etc. Sinon, Amparo n'est pas trop ma copine, m'a bien agacée celle-là, sûrement parce qu'elle empêche une idylle que la midinette en moi attendait impatiemment (et je n'en dirais pas plus pour éviter le spoiler). Mais c'est peut-être aussi un des ressorts du livre.
Bref, si on oublie le côté très 'chiant' cité plus haut, reste pas grand chose à dénigrer, parce que c'est vraiment pas mal !
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Latulu
  03 novembre 2015
Tim Willock écrit comme un guerrier. Il tranche avec les mots, transperce avec sa plume et tient le siège du lecteur sur près de 1 000 pages.
La Religion est un roman épique où s'enchaînent les combats. Aucun détail n'est épargné. Vous ressortirez de cette lecture avec le goût du sang sur les lèvres et la sensation tenace de chair meurtrie sur vos habits. Pas vraiment ma tasse de thé habituelle !
Pourtant, j'ai traversé ces batailles et compté les morts sans m'ennuyer ni coup férir. L'auteur possède une âme de conteur et un talent certain pour la mise en scène. Les personnages sont bien décrits, leur psychologie assez fouillée. le 16ème siècle et son fanatisme religieux est relaté sans complaisance ni exagération.
La Religion nous emmène sur l'Ile de Malte en 1565, en plein conflit entre les Ottomans et les Hospitaliers. L'auteur nous place au coeur des combats et des stratégies des différents camps en présence. Il vient greffer, pour l'aspect romanesque, une intrigue amoureuse entre le héros Tannhauser et une belle jeune femme pour laquelle le soldat va accepter de plonger en enfer.
La suite des aventures de Tannhauser (les Douze enfants de Paris) s'annonce tout aussi… dantesque.
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Les critiques presse (2)
Lexpress   25 novembre 2011
Entremêlant choc des civilisations et rapprochement des coeurs [...], Tim Willocks, l'auteur de Bad City Blues [...] réussit un tour de force : bâtir un univers sur un confetti méditerranéen.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Telerama   07 septembre 2011
Son écriture, ses changements de rythme, son sens du suspense font de La Religion un livre exaltant et inclassable.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations & extraits (71) Voir plus Ajouter une citation
caro64caro64   14 mai 2013
Ce qui est visible, ce qui est connu, est minuscule comparé à ce qui ne l'est pas, et la plupart des notions de Dieu se nourrissent de notre ignorance. Pourtant l'existence des étoiles et des constellations - et leur influence sur nous - (...) ne requiert pas l'existence d'une déité pour la régir. De même que le fait d'être n'exige pas une théorie de la Création, aussi paradoxal que cela puisse sembler, car si l'éternité n'a pas de fin, alors sans doute n'avait-elle pas de commencement. Qu'il existe un flux est évident, car nous sommes ici, jetés comme des épaves sur une mer turbulente. Que ce flux soit habité d'innombrables motifs subtils est également évident. Même le chaos aveugle a sa raison d'être. Et le destin est une toile dont nous ne reconnaissons les fils que lorsque nous sommes pris dedans. Mais, motifs ou raison d'être ou pas, toute religion met en avant de terribles légions de fous, au point qu'ils se traitent de démons les uns les autres et qu'ils nient la nature interne des choses. (...) J'ai prié à la mosquée et devant l'autel, parce qu'on me disait de le faire, et j'ai obéi. Mais je n'ai entendu la voix de Dieu dans aucun des deux, ni senti sa grâce. A la fin, je n'ai plus entendu que les braiments des brûleurs de livres et les gémissements d'une peur inextinguible.
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boudiccaboudicca   02 septembre 2012
En abandonnant les rangs des janissaires, tant d'années auparavant, il avait abandonné une partie de son âme ; mais s'il ne l'avait pas fait, il aurait perdu l'intégralité de son âme, car tel aurait été le prix des sombres exploits qu'on exigeait de lui. Même si leurs fifres et leurs tambours lui remuaient encore le sang et le cœur, il faisait maintenant face à ses anciens frères sur le champ de bataille. La poitrine et la gorge serrées, il attendait un son qu'il n'avait jamais entendu mais avait seulement proféré. Les terribles Lions de l'islam allaient rugir.
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mesrivesmesrives   02 avril 2015
Tannhauser sentit un frémissement de surprise, puis d'étonnement à s'être attendu à de la loyauté. Il était, après tout, l'homme qui avait été envoyé pour assassiner le petit-fils du sultan. Par le sultan. Sultan. Vatican. Religion. Islam ou Rome. Tous ces cultes ne cherchaient que le pouvoir et la soumission des peuples. Les peuples eux-mêmes, les petites gens, comme lui, comme Gullu Cakie, Amparo, n'étaient guère plus que des grains pour leurs meules. La Valette, Ludovico, le pape, Mustapha, Soliman, quelles ordures ils étaient, tous autant que les autres. Baignant dans la pompe et le luxe tout en orchestrant le carnage qui dorloterait leur incommensurable vanité. Au fond de son coeur, il les aurait tous tués sans frémir, et il aurait considéré cela comme un service rendu à l'humanité. Mais on ne manquerait jamais de nouveaux candidats pour enfiler leurs bottes, et déplorer ce fait était une divagation tout juste bonne pour les idiots
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caro64caro64   16 mai 2013
Elle avait découvert la paix qui vient avec l'immersion dans la souffrance. C'était une paix étrange, une paix horrible, une paix que l'on n'aurait souhaitée à personne, car les victimes de la guerre en payaient le prix. Vulnérables et sans recours, ils étaient absous de toute méchanceté - de tout sauf du courage et de la foi les plus primitifs - et ils reconquéraient l'innocence de l'enfant. Etre blessé révélait quelque chose de l'âme d'une personne, d'une manière interdite à toute autre, et ce que cela révélait était quelque chose de merveilleux, quelque chose de noble, quelque chose qui, malgré l'agonie, la saleté et l'humiliation, contenait plus de véritable dignité que tout ce qu'elle avait pu voir de sa vie.
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caro64caro64   16 mai 2013
Et Tannhauser sut, à cet instant (...), que c'était le hurlement primal du plus profond de son coeur. Le hurlement qui faisait écho aux millénaires. C'était la voix d'un dieu dont le pouvoir avait été ancien quand toutes les autres déités n'étaient pas encore nées, dont la domination subsumait toutes les fois et les croyances plus faibles, et dont le règne verrait toutes les autres idoles se changer en poussière. C'était l'ordre de s'agenouiller devant l'autel de la guerre. Une invitation à soulager cette soif qui affligerait toujours les hommes, et qui ne serait jamais complètement étanchée.
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Videos de Tim Willocks (18) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Tim Willocks
https://www.librairiedialogues.fr/livre/9946891-la-religion-tannhauser-tim-willocks-casterman Dédicace d Tim Willocks, Luc Jacamon et Benjamin Legrand à la librairie Dialogues à Brest, à l'occasion de la parution de l'adaptation du roman "La religion" en bande dessinée aux éditions Casterman, tome 1 - Tannhauser. Réalisation : Ronan Loup.
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