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ISBN : 2355842256
Éditeur : Sonatine (13/03/2014)

Note moyenne : 3.38/5 (sur 220 notes)
Résumé :
23 août 1572. De retour d’Afrique du Nord, Mattias Tannhauser, chevalier de Malte, arrive à Paris. Il doit y retrouver sa femme, la comtesse Carla de La Pénautier, qui, enceinte, est venue assister au mariage de la sœur du roi avec Henri de Navarre. À son arrivée, Mattias trouve un Paris en proie au fanatisme, à la violence et à la paranoïa. La tentative d’assassinat contre l’amiral de Coligny, chef des réformistes, a exacerbé les tensions entre catholiques et prote... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (65) Voir plus Ajouter une critique
SMadJ
  09 septembre 2015
Paris, 1572, ça pue la saleté, la merde et les entrailles. Ça pue aussi le huguenot, ce mécréant qui se croie supérieur et que les catholiques haïssent plus que tout. Pas grave, la Saint Barthélemy c'est pour aujourd'hui...
Matthias Tannhauser est de retour et vous allez vite voir qu'il n'est pas content. C'est pas grave, nous, on est bien content de revoir sa trogne.
Il n'est pas content donc, car sa femme enceinte en visite à Paris a été enlevée. Et ça Matthias, il ne va pas le pardonner. Et ils vont prendre cher ceux qui se mettront en travers de sa route. Parce que quand tu mords Tannhauser, il fait un malheur !
Après un dantesque et époustouflant "La Religion", Tim Willocks nous conte la suite des aventures de Matthias Tannheuser dans un nouvel opus apocalyptique au cœur de Paris. Un Paris de cauchemar avec des habitants crades, des rues souillées et emplis de souillons. Un Paris dégoulinant de sang et croupissant sous les cadavres en putréfaction.
Mais comment se renouveler après un premier volume qui frappait (c'est le cas de le dire) aussi fort ?
Ce second opus malgré des qualités évidentes n'est pas du même acabit.
L'histoire de la Saint-Barthélemy telle qu'elle nous est contée ici est moins opulente et riche que le siège de Malte du livre précédent.
L'envie d'en proposer un pavé de 1000 pages devient dès lors une opération risquée. Surtout que le choix de Willocks a été de délaisser l'aspect politique au détriment du massacre. Inévitablement, l'auteur enchaîne les longueurs et les répétitions. De plus, 1000 pages de massacre, ça peut vite faire beaucoup.
Cette dernière affirmation est évidemment exagérée à escient par votre chroniqueur, Tim Willocks ayant une large palette d'émotions à faire passer. Et plus d'un tour dans son sac à malices.
1) Ce livre, c'est avant tout une magnifique histoire d'amour qui va faire vibrer chaque parcelle de votre corps. Vous serez vite subjugués par ce lien indéfectible qui unit Matthias à Carla, sa femme. Deux êtres aux caractères et tempéraments diamétralement opposés mais aux âmes inexorablement mêlées.
2) Mais ce n'est pas tout, au delà de la violence extrême, c'est bien le rapport à l'enfant, le questionnement sur la maternité et la paternité qui sont au centre du livre.
La difficulté de donner naissance à un enfant (physiquement ou métaphoriquement), de l'élever, de lui donner une direction, une voie, un chemin. Que ce soit pour un jour ou pour la vie.
La paternité n'est-elle que biologique ou se développe-t-elle intuitivement ? Comment se positionner en modèle ? Avec quelle légitimité ? Oui, ce livre est loin d'être aussi bourrin qu'il en a l'air et son titre n'est pas anodin. L'est-il jamais quand il est judicieusement choisi ?
3) Les personnages principaux (et il y en a beaucoup !) sont admirablement croqués. A commencer par Tannheuser évidemment, cette espèce de guerrier aux talents multiples, icône fascinante d'un monde en perdition, un vengeur quasi-indestructible et à la rage meurtrière. L'autre personnage effarant créé par Willocks est Grymonde dît l'Infante, sorte de Quasimodo au QI et à l'intelligence développés dont la puissance fait rugir les pages où il figure. Et évidemment, tous autres enfants du titre couvés par Matthias et dont chacun est un joyau de la couronne apposé sur le crâne de Willocks.
Pour le reste du casting, on se perdra plus dans la multitude de personnages secondaires mais vu les durées de vie de beaucoup d'entre eux, ce n'est pas bien grave.
On pourra donc reprocher à Tim Willocks son manque d'ambition au niveau de la trame et une répétition des scènes gores à outrance. Oui mais voilà, le bonhomme est talentueux et même ses répétitions valent leur pesant d'or. C'est répétitif mais c'est viscéral, charnel, organique.
Il puise son écriture dans le sang, tel un encrier mortel, pour alimenter sa verve et faire bourgeonner les sensations qu'il plante en nous tout le long de son récit.
Et pourtant, dans ce bruit, ce tumulte, cette fureur émerge de la sagesse, du bon sens, de la pensée philosophique et pacifique. La patte Willocks. Cet homme a un talent fou.
"C'est un mauvais jour, dit Tannhauser, mais il passera, comme le font tous les jours, bons ou mauvais. Et même dans un mauvais jour, on peut trouver de bons moments, en cherchant bien."
"- Pourtant les saisons tournent.
- Ah, elles tournent ! Comme le font les étoiles, comme une roue sans s'arrêter. Elles ne connaissent ni mois, ni années, ni commencement, ni fin, parce qu'il n'y a pas de fin. Il n'y a que ce qui vient après. Combien de temps dure un rêve ? Ou un souvenir ? Ou une étreinte ? Et si on ne peut pas répondre à ça, comment pourrons-nous dire combien de temps dure une vie ? Sans parler de la Vie Elle-même ?"
3.5/5

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Arakasi
  23 janvier 2015
Après un premier roman historique épique et haletant, « La Religion », Tim Willlocks remporte à nouveau les suffrages élégiaques de la presse avec son nouveau livre « Les douze enfants de Paris ». Honnêtement, on se demande un peu pourquoi... le roman commence pourtant bien avec une description frappante et haute en couleur du Paris du XVIe siècle. Dans les premières pages, on emboite le pas à Mattias Tannhauser, chevalier de Malte et ancien mercenaire, alors qu'il franchit les portes de la capitale pour venir y retrouver son épouse Carla et leur enfant à naître. Malgré sa grossesse, la jeune femme a été convoquée par la reine-mère Catherine de Medicis pour venir jouer de la musique au mariage de Marguerite de Valois et de son cousin béarnais Henri de Navarre. Mais, comme chaque amateur d'Histoire le sait, ce que Paris fête aujourd'hui, elle le déchirera demain... La nuit même de l'arrivée de Tannhauser, le massacre de la Saint-Barthélemy débute et quand le chevalier se précipite chez la veuve protestante qui hébergeait son épouse, il découvre la maisonnée dévastée, ses membres massacrés et la jeune femme disparue. Dévasté par l'angoisse et ivre de rage, Tannhauser se lance à la recherche de Carla, laissant dans tout Paris une trainée de cadavres et de blessés mutilés.
Avant de rentrer dans le vif du sujet, je voudrais d'abord pousser un petit coup de gueule contre les critiques de la presse française. Après avoir parcouru une demi-douzaine de chroniques, j'ai l'impression que deux journalistes sur trois rapprochent « Les Douze enfants de Paris » des romans des Guerres de Religion d'Alexandre Dumas. C'est idiot. le seul point commun entre Willocks et Dumas, c'est qu'ils ont tous les deux écrit sur la Saint-Barthélemy, point-barre (et encore, Dumas n'y consacre-t-il qu'une poignée de chapitres) ; narrativement et stylistiquement, ils n'ont rien à voir l'un avec l'autre. Loin des intrigues de Cour que nous promettait la quatrième de couverture du roman de Willocks et qui formaient le coeur de l'oeuvre de Dumas, « Les Douze enfants de Paris » se déroule presque intégralement au ras des pavés de la capitale. le personnage principal évolue dans un enfer de boue, de crasse et de sang où les membres de la noblesse ne font que de fugitives et spectrales apparitions. Non que ce parti-pris soit une mauvaise idée, au contraire ! C'est même un des gros points forts du récit et les premières 200 pages séduisent par leur réalisme, leur crudité et leur noirceur décomplexée.
Le problème, c'est que le roman ne fait pas 200 pages, mais 900 pages et que ces 900 pages sont remplies à 80% de baston. Attention, je n'ai rien contre un peu d'action, mais un roman de cette longueur constitué presque exclusivement de têtes coupées, de membres tranchés et de ventres ouverts, c'est trop, beaucoup trop ! Je ne jouerai pas non plus les vierges effarouchées : je savais à quoi m'attendre en matière de violence brute en ouvrant le roman – la Saint-Barthélemy, ce n'est pas une guerre, c'est un massacre et on ne décrit pas un massacre en mâchant ses mots – mais la violence n'est pas seulement crue chez Willocks, elle est surtout redondante et, au final, assez lassante. Faut dire que, même avec la meilleure volonté du monde, il n'y a pas mille façons de décrire une mort violente, et, qu'au bout de la vingtième décapitation, Willocks commence forcément à se répéter… A force de regarder Tannhauser courir à travers la ville et enchaîner combat sur combat, j'ai fini par être tout à fait blasée, à bailler quand j'aurais dû frémir et à confondre ses innombrables et médiocres adversaires les uns avec les autres. Oh, je comprends le message qu'a voulu faire passer l'auteur : l'absurdité des massacres religieux, la folie du meurtre, etc… N'empêche, je me suis un peu emmerdée.
Dommage dans un sens, car « Les douze enfants de Paris » n'est pas non plus un mauvais roman et quelques belles idées et beaux personnages m'ont permis de m'accrocher jusqu'au bout, notamment le personnage de Grymonde, monstre difforme et touchant régnant sur la pègre parisienne, sa mère un peu sorcière Alice, et surtout ces douze enfants de Paris évoqués dans le titre du roman. Quand les hommes deviennent loups, le loup se transforme parfois en ange gardien et, au rythme de ses sanglantes déambulations, Tannhauser recueillera autour de lui une petite tribu d'enfants perdus. Orphelins de fraîche date ou miséreux de toujours, ceux-ci s'accrocheront désespérément à cette figure meurtrière mais curieusement bienveillante à leur égard. Entre deux effusions de sang, naissent alors quelques moments d'émotion et le lecteur maussade s'éveille assez pour s'attendrir sur ses petites vies balayées par la folie des adultes. C'est beau, c'est bien, mais ce n'est pas assez pour compenser les lourdeurs de l'ensemble du roman.
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strummer
  26 juillet 2014
Bienvenue dans le 1er livre sang pour cent hack and slash. Beaucoup de sang, beaucoup de vomi, de matières fécales, de violence ridicule à force de redondances et un scénario épais comme un cil de mouche. Ici c'est simple, un gars, sorte de clone d'Arnold Schwarzenegger et de tous nos chers acteurs du film de genre, se retrouve à Paris, non pas pour aller chez Michou, mais le jour de la saint barthélemy, c'est ballot quand même, il doit retrouver sa femme et comme à l'époque y avait ni le métro, ni les portables ben du coup il chope une antenne bien spéciale la spontone et comme le bonheur c'est simple comme un coup de fil, notre héros complément taré et psychopathe ne se lasse pas d'exploser son forfait et par là même ses adversaires qui ô surprises sont tous plus mauvais les uns que les autres au combat.
En 937 pages, notre bonhomme tue et c'est un euphémisme au moins autant de mecs que Stallone dans les Rambo et il ne subit en tout est pour tout qu'une blessure par caillou lancé par une fronde.
Évidemment il tire à l'arc et touche au but à chaque fois.
Bref ça démarre fort, on nous promet Ellroy rencontrant Dumas au final c'est plus Terminator contre les Charlots.
Y a quelques chouettes descriptions, le pire dans ce livre c'est que notre héros est tellement taré qu'il n'a peur de personne, n'a aucun remords et au final il n'y aura aucun affrontement, aucun adversaire à sa taille.
A mon avis au moins 600 pages de trop, une violence qui pourrait faire venir de nouveaux lecteurs de cette littérature et les aiguiller vers de meilleurs auteurs.
Quelques chouettes personnages, une séance de tarot qui n'arrive pas a la cheville de celle de Tournier dans vendredi, Alexandre Dumas reste au-dessus, même si l'écriture de Willocks est plus contemporaine.
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ladesiderienne
  11 novembre 2014
CHALLENGE PAVES 2014/2015 (7/10)
Cruelle déception que ce pavé de plus de 900 pages qui aurait pu être réduit de moitié, sans que l'histoire ait réellement à en souffrir. Pour cela, il aurait simplement fallu supprimer toutes les scènes si finement décrites de meurtres, pendaisons, décapitations, émasculations, éventrations, énucléations en tout genre. Effectivement , le récit se déroule pendant la nuit de la St Barthélemy où le sang des protestants a coulé à flots mais au milieu de toute cette frénésie, je n'ai plus compris qui tuait qui et surtout pourquoi. J'ai donc sauté allégrement (si je puis dire !) pas mal de lignes qui n'apportait rien à l'intrigue (et même elle, j'ai eu du mal à la saisir...). L'émotion qu'il aurait été normal de ressentir devant ce massacre historique a totalement été annihilée par cette effusion de sang, véritable boucherie, que l'auteur a pris plaisir à nous offrir.
le côté historique du roman qui était sensé me plaire au départ, n'a duré que le temps des premiers chapitres où l'on fait la connaissance de Mattias Tannhauser, chevalier de Malte arrivant à Paris à la recherche de sa femme Carla, enceinte, invitée en tant que musicienne au mariage de Marguerite de Valois, soeur du roi et catholique avec son cousin protestant, Henri de Navarre. Vu les évènements, celui-ci ayant été annulée, Carla a dû se réfugier chez une autre musicienne... huguenote. Quand Mattias retrouve sa trace, la maison a été pillée et ses habitants massacrés.

La seule image qui ait trouvé grâce à mes yeux, c'est la description de Paris en 1572 : son coeur des Halles et sa cour des Miracles avec à sa tête un nouveau Quasimodo qui m'évoquait celui de Hugo dans "Notre-Dame de Paris". Grégoire, Carla et Amparo, Estelle, Alice, les Souris, quelques beaux personnages ont malgré tout émergé de la fange.

Je reste sur une impression très négative et accorde un 2/20 pour le talent d'avoir pu remplir plus de 900 pages avec une plume uniquement trempée dans le sang.

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Fortuna
  10 octobre 2014
Nous sommes cette fois en plein massacre de la Saint Barthélemy. Les guerres de religion qui divisent la France entre catholiques et protestants durent déjà depuis dix ans.
Le 22 août 1572, alors qu'une chaleur caniculaire règne sur Paris, l'amiral de Coligny, chef des Huguenots, est assassiné. C'est alors le signal, et dès le 24 août la population parisienne va se livrer à une sanglante tuerie contre les protestants.
Quelques jours auparavant, le 18 août, la fille de Catherine de Médicis, Marguerite de Valois épousait le futur Henri IV. Carla était invitée à y jouer de la musique avec une amie huguenote. Concert symbolique qui sera finalement annulé. Une menace de mort pèse sur elle.
Mattias Tannhauser débarque quelques jours plus tard à Paris pour retrouver Clara qui est sur le point d'accoucher. Il ne connait ni la ville ni l'endroit où se trouve sa femme. Dès le début, après un aperçu sur Paris depuis les hauteurs de Notre-Dame, il se présente au Louvre, au coeur des intrigues du pouvoir. Il rencontre entre autres le duc de Retz auquel il conseille de couper les têtes de tous les dirigeants protestants. Et lui-même va prendre une part très active au massacre...
Comme dans "La Religion", l'absurdité de ces guerres religieuses est illustrée, dénoncée dès le début par la constatation que personne ne sait exactement pourquoi il se bat. Il faudrait pour cela des connaissances en théologie que peu possèdent. Ce sont donc des scènes d'une cruauté et d'une sauvagerie parfois assez insoutenables qui se succèdent. On peut parfois penser que Willocks en rajoute mais malheureusement le fond historique est réel. On peut se souvenir des scènes épouvantables décrites dans les "Tragiques" d'Agrippa d'Aubigné à propos de cette période.
A travers toutes les péripéties et les rencontres de nos personnages, toute une série d'enfants déjà plus ou moins grandis et capables de tuer, vont les accompagner. Ces enfants, dont le nombre douze est certainement symbolique (il est difficile d'en faire le décompte exact) sont à la fois victimes et acteurs du drame, issus de tous les milieux, souvent confrontés dès le plus jeune âge à des destins d'adultes. Seul celui de Matthias et Clara personnifiera l'innocence.
Le tableau que nous peint Tim Willocks est terrifiant mais la précision de la reconstitution de Paris de l'époque, les descriptions très détaillées de la vie quotidienne, des scènes de meurtres, nous le rend très proche et très vivant. La forme rappelle le roman feuilleton avec beaucoup d'action et de rebondissements, ce qui peut donner l'impression parfois de longueurs. Il est malgré moins réussi que le premier volume : multiplicité des intrigues et des personnages parfois difficiles à suivre, redondance des scènes violentes. Tannhauser apparait sous un jour très sombre, répandant des litres de sang sur son passage. Ames sensibles s'abstenir. Et un bon conseil : constituer un glossaire des personnages peut s'avérer précieux.
Malgré ces quelques réserves, l'oeuvre est puissante et ne nous laisse pas indemnes.
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Les critiques presse (4)
LActualite   21 juillet 2014
Presque 1 000 pages de meurtres, de pendaisons, de corps éventrés et de cadavres sanguinolents, assortis de procédés littéraires simples à la portée de tous. Pour bien s’informer sur ces événements tragiques, on choisira un traité d’histoire qui encadrera cette lecture.
Lire la critique sur le site : LActualite
Lexpress   02 mai 2014
Tim Willocks a récrit L'Enfer de Dante en le transposant dans le Paris des guerres de religion et des cours des miracles. Epique et métaphysique, ce grand roman d'aventures mené sur le mode ultraviolent est un enchantement.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LeFigaro   04 avril 2014
Le romancier britannique raconte la Saint-Barthélemy dans un récit fleuve. Éprouvant mais efficace.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Telerama   02 avril 2014
A la veille de la Saint-Barthélemy, un homme arrive à Paris à la recherche de sa femme enceinte. Une enquête épique, aux questionnements philosophiques.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations & extraits (69) Voir plus Ajouter une citation
ladesiderienneladesiderienne   31 octobre 2014
"Mon fils a brisé ce vieux cœur d’innombrables fois. C'est ce que font les fils, et nous les mères, nous ne pouvons que compter les différentes manières. Ce sont des hommes.. Ce sont des monstres, même ceux qui sont estimés - et surtout ceux qui s'estiment eux-mêmes - comme la gloire de leur race. Mais nous ne pouvons pas retenir ça contre eux, pas plus qu'on ne peut blâmer la pluie d'être mouillée. Ils craignent la vie, même quand ils ne craignent pas la mort, parce qu'ils savent dans la moelle de leurs os qu'ils ne pourront jamais faire plier la Vie Elle-même, quelle que soit la force employée. Alors ils inventent leurs merveilleuses histoires - on peut au moins leur reconnaitre ce talent - et ils disent : "Voilà le monde tel qu'il devrait être", et ils partent dominer les mondes tels qu'ils devraient être, au lieu de vivre dans le monde sans défaut qui existe déjà. Et ainsi, ils sont toujours en guerre, les uns contre les autres, et avec eux-mêmes, et avec la Vie Elle-même. Leur caprice maudit, ils l'appellent "civilisation".
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ladesiderienneladesiderienne   27 octobre 2014
La grand-rue Saint-Jacques s'offrait à lui, descendant la colline jusqu'à la Seine. Sur la plupart de sa longueur, elle ne faisait pas plus de cinq pas de large. Chaque pied carré fourmillait d'êtres humains et d'animaux. La clameur des voix, les beuglements, les bêlements, les aboiements et le bourdonnement des mouches auraient fait paraître calme n'importe quel champ de bataille ; et ceux, parmi les damnés, dont la tâche éternelle était de récurer le pot de chambre de Satan avec leur langue ne connaissaient pas pire puanteur.
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ArakasiArakasi   18 janvier 2015
Estelle avait levé des yeux éperdus vers le géant dont les mains avaient accompli cet exploit. Au premier coup d'oeil, elle l'avait trouvé magnifique. Elle ne pensait pas que son visage était hideux, même si elle comprit vite qu'il l'était pour les autres. Elle vit seulement que son visage était plus. Plus qu'aucun visage qu'elle ait jamais vu. Plus de mâchoires, plus de front et de sourcils, plus de pommettes, plus de lèvres. Il l'avait regardée d'en haut, et il avait souri, plus largement que n'importe qui. Il avait de grands espaces entre les dents, ce qui était assez commun, sauf qu'une seule de ses dents était manquante. Elle le savait parce que cet espace, près d'un des côtés de sa bouche, était plus large que les autres. Son nez ressemblait à celui des lions sculptés sur la fontaine. Ses yeux avaient la couleur de l'or. Il lui avait fait un clin d'oeil, et elle avait souri en retour.
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SMadJSMadJ   28 août 2015
- Pourtant les saisons tournent.
- Ah, elles tournent ! Comme le font les étoiles, comme une roue sans s'arrêter. Elles ne connaissent ni mois, ni années, ni commencement, ni fin, parce qu'il n'y a pas de fin. Il n'y a que ce qui vient après. Combien de temps dure un rêve ? Ou un souvenir ? Ou une étreinte ? Et si on ne peut pas répondre à ça, comment pourrons-nous dire combien de temps dure une vie ? Sans parler de la Vie Elle-même ?
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ladesiderienneladesiderienne   09 novembre 2014
Marcel aimait la vengeance empaquetée dans de la neige. Tannhäuser la préférait bouillonnante mais, peut-être pour cette raison, il le comprenait et il était impressionné. La patience. La prévoyance. La discipline. Une tique vivait des années sur la plus petite goutte de sang, s'accrochant sur une herbe haute, jusqu'à ce qu'un ours ou un chien passe à côté, sur lequel elle se collait d'un bond, gavant son être d'assez de sang pour tenir une vie entière gavant son être de sang pour tenir une vie entière ; ainsi Le Tellier avait-il eu l'intention de se nourrir de la douleur de Tannhäuser.
Un homme, donc, qui plaçait sa foi dans la conception, dans l'intelligence ; pas dans la bravoure ni la passion. Un politicien, pas un guerrier. Pas un barbare ; un chef de la police.
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Videos de Tim Willocks (18) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Tim Willocks
https://www.librairiedialogues.fr/livre/9946891-la-religion-tannhauser-tim-willocks-casterman Dédicace d Tim Willocks, Luc Jacamon et Benjamin Legrand à la librairie Dialogues à Brest, à l'occasion de la parution de l'adaptation du roman "La religion" en bande dessinée aux éditions Casterman, tome 1 - Tannhauser. Réalisation : Ronan Loup.
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