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ISBN : 207036335X
Éditeur : Gallimard (15/02/1973)

Note moyenne : 3.74/5 (sur 131 notes)
Résumé :
La bizarre comédie que fut le jour de mon mariage ! Trois semaines de fiançailles, la présence fréquente de ce Renaud que j'aime à l'affolement, ses yeux gênants encore, ses lèvres toujours en quête d'un bout de moi me firent pour ce jeudi-là une mine aiguë de chatte brûlante.
Je ne compris rien à sa réserve, à son abstention, dans ce temps-là ! J'aurais été toute à lui, dès qu'il l'eût voulu : il le sentait bien.
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Rodin_Marcel
  14 juin 2018
Colette [Willy et Colette] – "Claudine en ménage" in : "Colette : romans récits souvenirs (1900-1919)" – Robert Laffont / Bouquins, 1989 (ISBN 978-2-221-05400-8) – première publication de ce roman sous le seul nom de "Willy" en 1902

NB : Ce roman est inclu dans le tome 1 des oeuvres intégrales de Colette publiées dans la collection "Bouquins" chez Robert Laffont ; le volume comprend une préface générale de 32 pages, suivie d'une "Chronologie" détaillée de la vie de Colette (30 pages), puis d'un arbre généalogique accompagné de notes (5 pages), le tout rédigé par Françoise Burgaud ; chaque texte fait ensuite l'objet d'une "notice" préliminaire ; à la fin du volume se trouve un "lexique du patois des Claudine" (pp. 1387-1388)

Avec ce troisième épisode de la série des "Claudine", Henri Gauthier-Villars dit "Willy" continue d'exploiter le succès commercial généré par les deux précédents. Ayant constaté le penchant de Colette pour la gent féminine, il en profite pour lui faire écrire l'histoire (sensée être croustillante aux yeux du public visé) d'un vieux mari (semblable à lui-même) poussant sa jeune épouse dans les bras d'une autre femme, dans le but évidemment de faire ménage à trois (aujourd'hui, cela s'appelle du "libertinage", rien de bien nouveau sous le soleil). Mais sa jeune épouse ne l'entend pas de cette oreille...

Comme on le sait, cette intrigue est partiellement autobiographique, Colette ayant dans ces années-là entretenue une liaison avec Georgie Raoul-Duval (surnommée Rézi dans le roman), laquelle ne tarda pas à succomber aussi aux charmes mondains de Willy. La rupture entre Willy et Colette suivra peu de temps après.

D'un point de vue littéraire, ce roman ne constitue vraiment pas un chef d'oeuvre impérissable, et, d'un certain sens, c'est heureux.
En effet, l'un de ses défauts majeurs, c'est d'osciller constamment entre le ton de la pantalonnade égrillarde mondaine pour vieil imbécile libidineux (Willy souhaite sans doute poursuivre l'exploitation de ce filon) et celui – plus sérieux mais sèchement documentaire (émanant sans doute de Colette elle-même) – d'une tentative de présentation d'une liaison féminine homosexuelle, incompatible avec la vie d'un "ménage" aussi "mondain-germanopratin" soit-il (les bobos d'aujourd'hui).
Surtout lorsque le ménage en question repose sur une différence d'âge telle que le mari pourrait être le père de la jeune épouse : notons à ce sujet la belle scène (escamotée) où Claudine, rentrée de voyage de noces, met son chapeau pour rentrer chez elle... et prend conscience qu'elle doit dorénavant vivre chez son mari... (p. 332)
"Je me retrouve devant la glace de la cheminée, épinglant à la hâte mon chapeau... pour rentrer. C'est tout. Et c'est un écroulement. Ça ne vous dit rien, à vous ? Vous avez de la veine. Pour rentrer ! Mais où ? Mais je ne suis donc pas chez moi, ici ? Non, non, et tout le malheur est là."

Les plus belles pages sont celles de la fin : Claudine est revenue à Montigny, et voilà des pans entiers du futur style de Colette qui (ré)apparaissent...

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Aggie
  24 mars 2015
Paru en 1902, ce roman est le troisième de la série des "Claudine".
Désormais mariée à Renaud qu'elle aime tendrement, Claudine s'ennuie cependant et ne se sent pas chez elle dans l'appartement de son époux. Le couple se met alors à recevoir. Au cours d'une de ces soirées, Claudine fait la connaissance de la belle Rézi avec qui elle va nouer une tendre amitié puis une liaison, largement encouragée par Renaud.
Bien sûr, en lisant ce genre de roman, on se demande quelle en est la part autobiographique. Colette, comme Claudine, était mariée à un homme beaucoup plus âgé qu'elle, Willy. Cependant, Renaud paraît plus séduisant que Willy et semble plus élégant : n'oublions pas que Willy s'est attribué sans vergogne la paternité des ouvrages écrits par sa jeune épouse. Il semblerait aussi que les lecteurs de l'époque aient pu reconnaître dans les invités du couple des figures de la vie parisienne : Anatole France, Marcel Proust...
Colette s'est cependant défendue d'une quelconque réalité biographique... et pourtant, une certaine Georgie Raoul-Duval, se reconnaissant dans la séduisante Rézi, aurait tenté d'empêcher la sortie du livre !
Voilà donc une œuvre intéressante avec plusieurs pistes de réflexion :
- Le rôle ambigu de Renaud, mari plus que complaisant, qui pousse sa femme dans les bras de Rézi. D'ailleurs, ni lui, ni Claudine ne jugent cette liaison importante ou dangereuse pour leur couple.
- Le surprenant regard peu bienveillant qu'une Claudine bisexuelle porte sur l'homosexualité du fils de Renaud, qu'elle n'hésite pas à traiter de "détraqué".
- La façon embarrassante (pour le lecteur) dont Claudine et Renaud, de passage à l'école de Montigny, tournent autour des fillettes restées là pendant les vacances...
Roman sensuel, mais pas érotique, les scènes d'amour y sont évoquées avec pudeur et talent (pardi, c'est Colette !). L'atmosphère y est un peu morose et l'action quelque peu languissante.
Il reste bien sûr l'écriture colorée et les dialogues savoureux aux tournures délicieusement désuètes. Une belle œuvre que je suis ravie d'avoir redécouverte.
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madameduberry
  14 avril 2014
L'improbable couple Colette et Willy, la première toujours entravée par le second. Que restait-il à écrire des découvertes d'une adolescente? le mariage? Vous n'y êtes pas. L'adultère? Cest d'un commun! le double adultère, mais croisé. Claudine, mariée à Renaud, son cousin l'oncle qui est de la gébnération précédente, va croquer la pomme avec Rézi, la sulfureuse épouse insatisfaite d'un retraité de l'armée des Indes. Exotique en diable, cette beauté charnelle s'offre le luxe (ou la luxure) de…mais chut. La gentillesse de Claudine s'essouffle un peu, on soupçonne que sa première retraite campagnarde après son arrivée à Paris débouche sur autre chose, mais quoi? le dernier titre des Claudine, "Claudine s'en va", prémonitoire, ouvrira un autre chapitre de la vie agitée de Madame Colette.
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Alvano
  01 octobre 2015
Je viens de terminer ce troisième tome où j'ai trouvé une Colette au style plus mature. La fin du livre est particulièrement belle, j'en sors tremblant, c'est ce que je demande à la littérature... bien sûr Claudine en tant que personnage peut se montrer déplaisante, capricieuse, mais peut-être en raison de mes origines provinciales, je suis touché dès que Colette parle de la nature, de son chat, de son enfance, elle montre alors sa profondeur, sa pureté. Je regrette le purgatoire que son œuvre parait subir... j'ai notamment lu des articles de psychanalystes, qui la prennent pour modèle de l'hystérie ; ces articles m'ont irrité, venus de cette secte d'escrocs aux théories fumeuses et invérifiables, ces faux altruistes qui extorquent les personnes en souffrance et pratiquent légalement l'abus de faiblesse...
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stcyr04
  02 juillet 2013
La lecture de Claudine en ménage a éveillé en moi des sentiments partagés.
La narration des relations saphiques de Claudine, sous le patronage libidineux d'un mari libertin, m'a d'abord, honnêtement, rebuté, de par sa complaisance affichée : le récit aurait, ce me semble, gagné à plus de pudeur. Néanmoins, je dois l'admettre, le style de Colette, dans ce troisième Claudine, s'est étoffé, a pris de l'ampleur; fruit d'une certaine maturité. La fin particulièrement champêtre et apaisée, teintée d'une mélancolie douce et alanguie, m'a charmé tout autant que le coeur du récit m'avait importuné.
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
AggieAggie   25 mars 2015
Je songe à la dernière visite de mon beau-fils, qui exagère vraiment. Une inconcevable fanfaronnade le pousse à me narrer cent choses que je ne lui demande pas, entre autres le récit, quasi détaillé, d'une rencontre qu'il fit, rue de la Pompe, à l'heure où le lycée Janson lâche dans la rue une volée de gosses en béret bleu...
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StefEleaneStefEleane   05 août 2012
La bizarre comédie que fut le jour de mon mariage! Trois semaines de fiançailles, la présence fréquente de ce Renaud que j'aime à l'affolement, ses yeux gênants, et ses gestes plus gênants encore, ses lèvres toujours en quête d'un bout de moi me firent pour ce jeudi-là une mine aigue de chatte brulante.
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Rodin_MarcelRodin_Marcel   14 juin 2018
"Je me retrouve devant la glace de la cheminée, épinglant à la hâte mon chapeau... pour rentrer. C'est tout. Et c'est un écroulement. Ça ne vous dit rien, à vous ? Vous avez de la veine. Pour rentrer ! Mais où ? Mais je ne suis donc pas chez moi, ici ? Non, non, et tout le malheur est là."
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