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EAN : 9782070363353
242 pages
Éditeur : Gallimard (15/02/1973)

Note moyenne : 3.7/5 (sur 151 notes)
Résumé :
La bizarre comédie que fut le jour de mon mariage ! Trois semaines de fiançailles, la présence fréquente de ce Renaud que j'aime à l'affolement, ses yeux gênants encore, ses lèvres toujours en quête d'un bout de moi me firent pour ce jeudi-là une mine aiguë de chatte brûlante.
Je ne compris rien à sa réserve, à son abstention, dans ce temps-là ! J'aurais été toute à lui, dès qu'il l'eût voulu : il le sentait bien.
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
Rodin_Marcel
  14 juin 2018
Colette [Willy et Colette] – "Claudine en ménage" in : "Colette : romans récits souvenirs (1900-1919)" – Robert Laffont / Bouquins, 1989 (ISBN 978-2-221-05400-8) – première publication de ce roman sous le seul nom de "Willy" en 1902

NB : Ce roman est inclu dans le tome 1 des oeuvres intégrales de Colette publiées dans la collection "Bouquins" chez Robert Laffont ; le volume comprend une préface générale de 32 pages, suivie d'une "Chronologie" détaillée de la vie de Colette (30 pages), puis d'un arbre généalogique accompagné de notes (5 pages), le tout rédigé par Françoise Burgaud ; chaque texte fait ensuite l'objet d'une "notice" préliminaire ; à la fin du volume se trouve un "lexique du patois des Claudine" (pp. 1387-1388)

Avec ce troisième épisode de la série des "Claudine", Henri Gauthier-Villars dit "Willy" continue d'exploiter le succès commercial généré par les deux précédents. Ayant constaté le penchant de Colette pour la gent féminine, il en profite pour lui faire écrire l'histoire (sensée être croustillante aux yeux du public visé) d'un vieux mari (semblable à lui-même) poussant sa jeune épouse dans les bras d'une autre femme, dans le but évidemment de faire ménage à trois (aujourd'hui, cela s'appelle du "libertinage", rien de bien nouveau sous le soleil). Mais sa jeune épouse ne l'entend pas de cette oreille...

Comme on le sait, cette intrigue est partiellement autobiographique, Colette ayant dans ces années-là entretenue une liaison avec Georgie Raoul-Duval (surnommée Rézi dans le roman), laquelle ne tarda pas à succomber aussi aux charmes mondains de Willy. La rupture entre Willy et Colette suivra peu de temps après.

D'un point de vue littéraire, ce roman ne constitue vraiment pas un chef d'oeuvre impérissable, et, d'un certain sens, c'est heureux.
En effet, l'un de ses défauts majeurs, c'est d'osciller constamment entre le ton de la pantalonnade égrillarde mondaine pour vieil imbécile libidineux (Willy souhaite sans doute poursuivre l'exploitation de ce filon) et celui – plus sérieux mais sèchement documentaire (émanant sans doute de Colette elle-même) – d'une tentative de présentation d'une liaison féminine homosexuelle, incompatible avec la vie d'un "ménage" aussi "mondain-germanopratin" soit-il (les bobos d'aujourd'hui).
Surtout lorsque le ménage en question repose sur une différence d'âge telle que le mari pourrait être le père de la jeune épouse : notons à ce sujet la belle scène (escamotée) où Claudine, rentrée de voyage de noces, met son chapeau pour rentrer chez elle... et prend conscience qu'elle doit dorénavant vivre chez son mari... (p. 332)
"Je me retrouve devant la glace de la cheminée, épinglant à la hâte mon chapeau... pour rentrer. C'est tout. Et c'est un écroulement. Ça ne vous dit rien, à vous ? Vous avez de la veine. Pour rentrer ! Mais où ? Mais je ne suis donc pas chez moi, ici ? Non, non, et tout le malheur est là."

Les plus belles pages sont celles de la fin : Claudine est revenue à Montigny, et voilà des pans entiers du futur style de Colette qui (ré)apparaissent...

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Lison50
  24 mars 2015
Paru en 1902, ce roman est le troisième de la série des "Claudine".
Désormais mariée à Renaud qu'elle aime tendrement, Claudine s'ennuie cependant et ne se sent pas chez elle dans l'appartement de son époux. Le couple se met alors à recevoir. Au cours d'une de ces soirées, Claudine fait la connaissance de la belle Rézi avec qui elle va nouer une tendre amitié puis une liaison, largement encouragée par Renaud.
Bien sûr, en lisant ce genre de roman, on se demande quelle en est la part autobiographique. Colette, comme Claudine, était mariée à un homme beaucoup plus âgé qu'elle, Willy. Cependant, Renaud paraît plus séduisant que Willy et semble plus élégant : n'oublions pas que Willy s'est attribué sans vergogne la paternité des ouvrages écrits par sa jeune épouse. Il semblerait aussi que les lecteurs de l'époque aient pu reconnaître dans les invités du couple des figures de la vie parisienne : Anatole France, Marcel Proust...
Colette s'est cependant défendue d'une quelconque réalité biographique... et pourtant, une certaine Georgie Raoul-Duval, se reconnaissant dans la séduisante Rézi, aurait tenté d'empêcher la sortie du livre !
Voilà donc une œuvre intéressante avec plusieurs pistes de réflexion :
- Le rôle ambigu de Renaud, mari plus que complaisant, qui pousse sa femme dans les bras de Rézi. D'ailleurs, ni lui, ni Claudine ne jugent cette liaison importante ou dangereuse pour leur couple.
- Le surprenant regard peu bienveillant qu'une Claudine bisexuelle porte sur l'homosexualité du fils de Renaud, qu'elle n'hésite pas à traiter de "détraqué".
- La façon embarrassante (pour le lecteur) dont Claudine et Renaud, de passage à l'école de Montigny, tournent autour des fillettes restées là pendant les vacances...
Roman sensuel, mais pas érotique, les scènes d'amour y sont évoquées avec pudeur et talent (pardi, c'est Colette !). L'atmosphère y est un peu morose et l'action quelque peu languissante.
Il reste bien sûr l'écriture colorée et les dialogues savoureux aux tournures délicieusement désuètes. Une belle œuvre que je suis ravie d'avoir redécouverte.
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madameduberry
  14 avril 2014
L'improbable couple Colette et Willy, la première toujours entravée par le second. Que restait-il à écrire des découvertes d'une adolescente? le mariage? Vous n'y êtes pas. L'adultère? Cest d'un commun! le double adultère, mais croisé. Claudine, mariée à Renaud, son cousin l'oncle qui est de la gébnération précédente, va croquer la pomme avec Rézi, la sulfureuse épouse insatisfaite d'un retraité de l'armée des Indes. Exotique en diable, cette beauté charnelle s'offre le luxe (ou la luxure) de…mais chut. La gentillesse de Claudine s'essouffle un peu, on soupçonne que sa première retraite campagnarde après son arrivée à Paris débouche sur autre chose, mais quoi? le dernier titre des Claudine, "Claudine s'en va", prémonitoire, ouvrira un autre chapitre de la vie agitée de Madame Colette.
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boreale
  27 mars 2020
Lu en une soirée ...décidément j'enchaîne...
Je monte les échelons doucement, hop, après les deux opus précédents ( mes avis ici : https://www.babelio.com/livres/Colette-Claudine-a-Paris/3722) j'ajoute une moitié d'étoile supplémentaire à celui-ci.
Quelque chose m'agace encore, comme un côté "théâtral" /un peu faux dans le récit, ou encore le côté voyeuriste-pedophile des scènes au pensionnat (l'interminable et malsain manège des bonbons entre Renaud et les très jeunes filles sous le regard complice de Claudine... J'y vois pour ma part de grosses ficelles ayant pour but d'émoustiller les lecteurs contemporains de Colette, vieux sales qui se tripotent en imaginant des fillettes ... Je ne sais pas à l'époque mais aujourd'hui je trouve ça d'un glauque ... ça me déçoit que l'écrivaine ait choisi de flirter sur cette lame si facile et malsaine... ).
Cependant je ne veux pas tout jeter : Claudine est (un peu) moins horripilante (moins caricaturale... ) et le traitement des sentiments, dans cet espèce de triangle amoureux, apporte une profondeur plus intéressante que dans les tomes précédents (ex: les premières réactions de femme-mariée de Claudine et l'impression de n'être plus nulle part chez elle, le tiraillement amoureux, le curieux couple père-fille-amants, le triangle-amoureux que lui impose son mari , le tiraillement identitaire légèrement abordé ... )
De même l'attachement au terroir y est moins folklorique que dans les tomes précédents, c'est mieux tourné , plus subtil et d'autant plus touchant je trouve.
En route pour l'ultime tome , à suivre ...
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frandj
  19 juin 2019
Ce troisième tome de la série des "Claudine" a, comme les précédents livres, une nette composante autobiographique. Mariée encore jeune au critique et écrivain Henry Gauthier-Villars, en 1893, Colette n'a jamais fait mystère de ses inclinations homosexuelles.
Dans "Claudine en ménage", l'héroïne épouse Renaud, un bel homme nettement plus âgé qu'elle. Pour elle, il joue à la fois les rôles de l'amant et du papa. Avec lui elle découvre l'amour physique, mais aussi la société parisienne où sa fraîcheur provinciale surprend beaucoup. Elle fait ainsi la connaissance d'une belle blonde, Rezi, qui tombe amoureuse d'elle. Claudine résiste un peu à ses désirs, puis cède à ses avances, avec la complicité active de… son mari. Puis ce qui devait arriver, arrive: Renaud finit par coucher avec Rezi ! Arroseuse arrosée, la jeune épouse part se réfugier chez son "noble père" dans le village bourguignon auquel elle est presque charnellement attachée; mais les deux époux finiront par se retrouver.
Je me suis permis de raconter ici toute l'intrigue du roman car, pour moi, l'important est ailleurs. D'abord le caractère quasiment indomptable de Claudine; ensuite la description très fine des sentiments et désirs des personnes bisexuelles; enfin l'ambiance très libertine de la vie parisienne fort bien rendue par Colette, qu'on ne peut pas accuser d'être vieux jeu. J'ajoute que l'auteure écrit toujours bien, avec beaucoup de spontanéité et de naturel. Evidemment, les personnages principaux sont moins jeunes et moins innocents que dans "Claudine à l'école". Mais il y a de la profondeur et du réalisme dans ce livre.
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
Lison50Lison50   25 mars 2015
Je songe à la dernière visite de mon beau-fils, qui exagère vraiment. Une inconcevable fanfaronnade le pousse à me narrer cent choses que je ne lui demande pas, entre autres le récit, quasi détaillé, d'une rencontre qu'il fit, rue de la Pompe, à l'heure où le lycée Janson lâche dans la rue une volée de gosses en béret bleu...
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StefEleaneStefEleane   05 août 2012
La bizarre comédie que fut le jour de mon mariage! Trois semaines de fiançailles, la présence fréquente de ce Renaud que j'aime à l'affolement, ses yeux gênants, et ses gestes plus gênants encore, ses lèvres toujours en quête d'un bout de moi me firent pour ce jeudi-là une mine aigue de chatte brulante.
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Rodin_MarcelRodin_Marcel   14 juin 2018
"Je me retrouve devant la glace de la cheminée, épinglant à la hâte mon chapeau... pour rentrer. C'est tout. Et c'est un écroulement. Ça ne vous dit rien, à vous ? Vous avez de la veine. Pour rentrer ! Mais où ? Mais je ne suis donc pas chez moi, ici ? Non, non, et tout le malheur est là."
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frandjfrandj   19 juin 2019
« Je prends un amant sans amour, simplement parce que je sais que c’est mal: voilà le vice.
Je prends un amant que j’aime ou simplement que je désire, c’est la bonne foi naturelle et je me considère comme la plus honnête des créatures ».
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EleanorTilneyEleanorTilney   22 juillet 2019
Et, pour le bruit de la porte qu'il entrouvre, je souhaite mourir...
...pas longtemps. Il faut, il faut ! Je suis Claudine, que diable ! Je suis Claudine ! Je jette ma peur comme un manteau.
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