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ISBN : 2330097646
Éditeur : Actes Sud (07/02/2018)

Note moyenne : 2.64/5 (sur 7 notes)
Résumé :
A la chute de l'Empire ottoman, au lendemain de la Première Guerre mondiale, l'Albanie connaît, comme le reste du monde, de profonds changements. Les nouveaux dirigeants souhaitent moderniser le pays et imposer leurs lois sur l'ensemble du territoire, mais ils se heurtent à la résistance farouche des montagnards du Nord, qui continuent de vivre selon le Kanun, le code ancestral de ces régions reculées que l'on dit hantées depuis la nuit des temps. Au printemps 1924,... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Annette55
  19 juillet 2018
Voici un roman historique s'inspirant d'un fait réel, l'assassinat de deux américains sur la route du Nord au printemps 1924, en Albanie.
Ce crime est contraire au "KANUN, "le code ancestral de ces régions plaçant l'hospitalité au plus haut rang des vertus.
Ce fait qui a touché le fils d'un sénateur américain plonge le petit état qui connait de grands changements au lendemain de la première guerre mondiale ( malgré la résistance farouche des montagnards de Nord, adeptes du KANUN ) dans une profonde crise diplomatique qui risque de dégénérer en guerre civile ..
Mais que faisaient donc ces deux américains sur la route du Nord? Ces régions reculées que l'on disait hantées depuis la nuit des temps ?
Cela devient une affaire d'état : journalistes, diplomates, habitués des cafés se passionnent....
Leur présence était - elle liée aux nombreuses rumeurs qui prétendaient que la région recèlerait d'abondantes ressources pétrolières ?
Qui a bien pu vouloir leur mort?
Pourquoi l'effervescence s'empare t- elle de la capitale ?N'en disons pas plus.
L'auteur se sert intelligemment de l'histoire en mélangeant ,tel un polar , les légendes albanaises , au coeur de cette Albanie , secrète et méconnue au bouillonnement politique du lendemain de la grande guerre. .....
Elle signe une espèce de parabole habile et documentée sur la modernisation à marche forcée d'un pays , le poids immense des traditions, les conflits d'intérêt , les codes ancestraux,la diplomatie et les ambassadeurs, les résistances de toute sorte, les rancoeurs , la haine , l'esprit de vengeance, la situation de Tirana,les rouages d'un système , l'autorité du KANUN , l'enquête des journalistes et le travail des services secrets qui s'en mêlent ....
Une rude expédition sur des routes poussiéreuses et défoncées ...
C'est bien écrit , un premier roman traduit de l'allemand par Carole Fily chez Actes Sud actes noirs .
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miriam
  01 mai 2018
Incipit :
"Depuis toujours, on racontait d'étranges histoires sur la région des montagnes du Nord ; histoires à l'image du caractère singulier et frondeur de ses habitants, selon l'opinion répandue dans le reste de l'Albanie. Ainsi cette querelle qui avait éclaté au début de la Grande Guerre entre les Autrichiens et les montagnards, lorsque l'armée autrichienne occupait le nord du pays. les premiers voulaient transformer en voie rapide l'ancienne route des caravanes qui traversait les montagnes, les seconds s'y opposaient. Dans le Kanun, le code ancestral des montagnes, il était écrit : "la route a des mesures précises : une hampe et demie. Elle doit être suffisamment large pour qu'un cheval lourdement chargé ou une charrette à boeufs puisse y circuler...."
Le ton est donné,rappelant Kadaré. Je pensais que le Kanun régissait le code d'honneur et les vendettas, je ne savais pas qu'il s'appliquait aussi aux détails des travaux publics.
le roman se poursuit comme un polar. Une voiture tombe dans une embuscade. Des bergers trouvent ses occupants morts. On imagine que l'enquête cherchera les coupables, les motifs, peut être les commanditaires....
L'histoire se poursuit à Tirana "modeste bourgade où l'on vendait autrefois du miel et du fromage de chèvre" devenue capitale d'un état Albanais encore balbutiant après la Grande Guerre. Les victimes sont deux Américains, le meurtre a des retentissements diplomatiques.
"...ce qui était arrivé était aux antipodes de l'esprit du Kanun. En Albanie, refuser l'hospitalité à un étranger était considéré comme la plus grande ignominie qui soit. Et pour les habitants des montagnes, l'hôte n'était pas seulement intouchable ; l'hôte, pour eux était sacré"
Journalistes, diplomates, habitués des cafés se passionnent pour ce qui est devenu une affaire d'Etat. le roman policier cède le pas à un roman historique se déroulant pendant  "une période difficile de la jeune démocratie albanaise" , la crise dans cet état balkanique après que le premier ministre ait essuyé un attentat en avril 1924. Différentes factions se disputent le pouvoir :  le Premier ministre, Fuad Herri, s'appuie sur les montagnards et la tradition, l'évêque Dorothéus revient d'émigration en Amérique et veut moderniser les moeurs politiques, les beys, enfin, ne veulent pas céder le pouvoir qu'ils détiennent depuis l'Empire Ottoman. Les puissances étrangères ne restent pas inactives : Américains et Britanniques convoitent le pétrole albanais. Serbes, Monténégrins et Grecs, verraient d'un bon oeil des rectifications de frontière à leur profit. Mussolini étendrait volontiers sa sphère d'influence à l'Albanie. Certains Albanais voit dans le fascisme un recours providentiel. Après des siècles de domination de la Sublime Porte les règles de la démocratie occidentales fonctionnent très imparfaitement, d'autant plus que la corruption est de rigueur. Les dessous-de table sont courants aussi bien dans la construction que dans l'obtention des concessions pétrolières.
"rafle tout ce que tu peux aujourd'hui, demain est dans les mains d'Allah". 
Le récit de la crise politique est loin d'être ennuyeux. Au contraire, le ton est tantôt burlesque tantôt ironique. J'ai beaucoup souri en lisant, et parfois ri à haute voix. 
"la sagesse populaire sait que les beys intelligents et les chevaux verts, cela n'existe pas"
L'énigme finit pas se résoudre (mais je ne vous raconterai pas comment). On peut aussi voir une parabole pour les "ingérences humanitaires", alors, la Société des Nations, aujourd'hui certaines ONG. 
Ce roman, basé sur un fait historique, est cependant une fiction, les noms ont été changés et l'auteur a pris des libertés littéraire. 
Lecture jubilatoire! 
Lien : http://miriampanigel.blog.le..
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Shabanou
  25 mai 2019
" Les assassins de la route du Nord" d'Anila Wilms (204p)
Ed; Actes Sud ( actes noirs)
Bonjour les lecteurs ...
Voici une histoire que est inspirée de faits historiques qui se sont déroulés en Albanie en 1924.
Au lendemain de la première guerre mondiale, l'Albanie a bien du mal à se redresser.
Le pays libéré du joug ottoman, tente de se moderniser. Cela ne se fait pas sans créer de nombreux heurts notamment chez les montagnards du nord, fidèles aux traditions ancestrales.
En ce printemps 1924, deux américains sont assassinés sur la route du Nord. L'un d'eux est le fils d'un sénateur. Ce double crime va plonger le pays en pleine crise diplomatique.
Mais que faisaient ces deux jeunes américains sur cette route perdue ?
Du tourisme ? Ou leur présence est-elle liée au fait que la région renferme de nombreux gisements de pétrole?
Les esprits s'emballent ? le monde diplomatique est en effervescence.
S'ensuivent des luttes politiques, des coups fourrés entre les personnages en lutte pour la domination de ce petit pays.
Certains voulant maintenir la tradition, d'autres ouverts à la modernité.
Le début, la narration est légère, avec un brin d'humour, mais très vite, le ton devient plus sérieux et cette forme de conte un peu loufoque est en fait une analyse subtile de l'état du pays à cette époque.
Il est toujours intéressant de se plonger dans le passé trop méconnu de ces petits pays souvent oubliés des livres d'histoire.
Je ne présenterai pas ce livre comme un coup de coeur mais les férus d'Histoire et des évènements passés inaperçus du grand public y trouveront leur bonheur.
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
Annette55Annette55   19 juillet 2018
"L'Albanie était méconnaissable.
Les plaies de la Grande Guerre étaient encore à vif, le chaos s'était installé, une épouvantable pauvreté partout, des réfugiés de guerre, la grippe espagnole , le typhus et le choléra .
Adnan Bey avait une peur bleue des épidémies ...Les armées européennes avaient introduit dans le pays leurs mœurs corrompues ...."
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rkhettaouirkhettaoui   25 février 2018
Les montagnards s’étaient toujours défendus par les armes contre ces intrus qui traversaient le pays d’est en ouest, ou l’inverse, combattaient pour la Croix ou le Croissant ou même vénéraient les dieux des steppes mongoles.
Quand, toutefois, ils s’implantaient, ces étrangers n’allaient jamais au-delà des vallées. À aucun moment ils n’avaient touché au cœur des montagnes. Il y avait des endroits où jamais encore un soldat ou un fonctionnaire étranger n’avait mis les pieds. Et puis, de toute façon, ils avaient tous fini par battre en retraite un jour ou l’autre. Les montagnards n’avaient eu de cesse de les repousser : les Ottomans, les Serbes, les Autrichiens. Il ne restait d’eux que leurs sépultures, les carcasses de leurs chevaux, ou bien, comme après la dernière guerre, leurs épaves rouillées, désormais envahies de ronces, au bord des routes.
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rkhettaouirkhettaoui   25 février 2018
La route a des mesures précises. Nul véhicule qui fût plus grand et plus rapide qu’une charrette à bœufs ne devait y circuler : si l’on ouvrait ce passage, le monde entier déferlerait dans les montagnes, telle une avalanche de pierres dégringolant dans la vallée au printemps, et comme dans le monde il y avait plus de mal que de bien, ce serait la mort de leur région.
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rkhettaouirkhettaoui   25 février 2018
Si l’on en croyait la légende, d’effroyables nymphes et autres créatures des eaux et des forêts attaquaient les marcheurs. La nuit, depuis qu’une compagnie française avait sauté à cet endroit, les esprits des morts y rôdaient, poussant des cris qui résonnaient d’un écho sinistre.
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rkhettaouirkhettaoui   25 février 2018
Une proie facile pour les malfaiteurs et bandits de grands chemins. À chaque fois qu’ils devaient s’aventurer sur le pont, les cavaliers et les automobilistes, les pèlerins et les muletiers faisaient le signe de croix et adressaient au ciel des oraisons jaculatoires.
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