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Gilles Goullet (Traducteur)
ISBN : 2070343499
Éditeur : Gallimard (10/04/2008)

Note moyenne : 3.08/5 (sur 30 notes)
Résumé :
Raymond Keller est un Ange : tout ce qu'il voit est enregistré dans une puce reliée directement à son cortex cérébral. Tenu à l'objectivité, il se veut une machine dénuée de sentiments. Sa nouvelle mission l'envoie au Brésil, au cœur de la forêt amazonienne, en compagnie de Teresa Rafael, une artiste désœuvrée, et de Byron Ostler, un Ange qui a définitivement renoncé à son câblage. Ils doivent y récupérer un onirolithe, une mystérieuse pierre extraterrestre aux pro... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Le_chien_critique
  08 décembre 2017
Une civilisation alien dont l'essence même est le souvenir offre le Graal mémoriel à l'humanité.
Pas la panacée lorsqu'on traine quelques casseroles.
Futur proche. La découverte de pierres, les onirolithes, dans un ancien cratère dû à un astéroïde au Brésil provoque un bon en avant technologique. Et son lot de guerres pour contrôler le filon. Une nouvelle pierre ayant plus de capacités vient d'être mis à jour, suffisant pour mettre en branle le marché noir. Une expédition, journalistique, identitaire et mystérieuse est lancé à l'assaut de la mine de Pau Seca. A la poursuite du Graal ?
Des pierres aux propriétés étranges, de conception extraterrestre.
"Les techniciens de laboratoire les voyaient comme des pierres de Rosette venues d'étoiles âgées et gorgées de données décodables extrêmement lucratives, les chimistes et leurs consommateurs urbains comme une nouvelle drogue, la source de visions divertissantes…"
Second roman publié par Robert Charles Wilson, c'est le premier qui s'intéresse aux pierres qui irrigueront certaines de ses oeuvres : le vaisseau des voyageurs, Les chronolithes, Pourquoi cette référence régulière à ces pierres ? La réponse peut être dans ses lignes :
"Pour lui, on ne peut rien toucher ou sentir sur terre qui ne nous soit vraiment étranger, à part les pierres. L'Autre ultime."
"Keller réagit d'un ton prudemment neutre : « Vous croyez à ce qu'il raconte ?
— Sur les pierres ? » Elle haussa les épaules. « Je n'en sais rien.
— Vous avez fait l'expérience.
— Pour moi, précisa-t-elle doucement, cela a toujours été plus personnel. » le soleil étant désormais couché, le ciel au-dessus de la ville rayonnait d'un bleu sombre. « Est-ce possible, Ray ? demanda-t-elle. Qu'en examinant une chose aussi étrangère qu'une pierre de rêve, en la regardant aussi longtemps et aussi attentivement qu'on le veut… on découvre qu'on se regarde soi-même ? »"
Et qui sont ces Exotiques ayant conçu ces pierres mémorielles ? Wilson ne s'appesantit pas dessus
"Les questions les plus fondamentales – d'où provenaient les pierres, qui les avait abandonnées là, et pour quelle raison ? – restaient sans réponse. On en vint à ne plus poser la question, laissant les spéculations aux sectes, aux auteurs de science-fiction et aux journaux à sensation. Il y avait dans le monde réel des sujets d'inquiétude plus importants."

L'auteur s'intéresse plus aux conséquences de ces découvertes sur les humains. Et sur ce point, c'est une réussite comme lorsqu'est évoqué les récits du passé des protagonistes, troublant de justesse.
Car ce qui préoccupe Wilson dans ces pages, c'est la mémoire et les souvenirs. Les pierres ont aussi la faculté de mémoriser totalement la société de ceux qu'ils les ont conçus et de ceux qui croiseront leurs routes.
Mais les souvenirs, un sacré fardeau. Certains préfèrent s'en débarrasser, d'autres les retrouver. On refoule, on creuse, on cherche, on embellit, on édulcore, on noircit, on culpabilise. On expérimente les drogues, on s'oublie dans la guerre, on teste des technologies qui rendent froid et distant...
Puis il y a les souvenirs de l'humanité, franchement noirs : guerre pogrom violence...
L'occasion d'évoquer quelques sujets douloureux : les horreurs de la guerre, les conditions de travail esclavagiste des mines au Brésil, la pollution approuvé par l'État, les conditions de vie des sans papiers
Un cadeau empoisonné pour l'homme que celui de se souvenir.
Il y a bien quelques maladresses : par exemple le fait que les deux ex-militaires du transfert de pierre pensaient naïvement que leur mission serait une partie de plaisir ! Mais le style est fluide, si bien que malgré une partie thriller assez conventionnelle, les pages se tournent facilement. Cependant, une fois le livre refermé, il manque l'ingrédient liant le tout pour conserver en mémoire ce roman. Je conseille donc à ceux qui voudraient découvrir l'auteur de débuter par d'autres de ses romans plus réussis, à moins que la thématique ne vous est chère.
Reste une tentative de cyberpunk humaniste.
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kedrik
  07 septembre 2011
C'est demain. Keller est un Ange, un type à qui ont a installé des implants pour que tout ce qu'il voit et entende soit stocké sur une puce. Une caméra vivante. Mais une caméra qui doit abandonner ses réflexes humains pour apprendre à n'être qu'un outil. Grâce à cette technologie, Keller peut produire des reportages saisissants de réalisme puisqu'il est une caméra cachée permanente. Et justement, on lui demande de ramener des images et du son d'une mine brésilienne où l'on extrait du sol boueux d'étranges pierres oniriques tombés du ciel. Des pierres qui ont d'étranges propriétés sur la mémoire de ceux qui les manipulent. Et évidemment, un Ange qui doit oublier qu'il est humain ne touche pas impunément une des ces petites bombes mémorielles.
Ange mémoire ne surprendra pas les lecteurs de Robert Charles Wilson tant ce roman de 1987 est annonciateur des Spin et autres Chronolithes qui viendront par la suite. Toutes les marottes habituelles de l'auteur sont présentes : la technologie venue de loin, son impact sur nos vies, le jargon techno-SF... Déjà à l'époque, Wilson se sert de son intrigue pour raconter avant tout des vies humaines. Keller l'Ange va croiser d'autres personnes, et malgré ses principes de témoin passif en retrait de tout, il va les influencer. Et comme les Anges sont des créatures issues de l'armée, il y a bien des choses que Keller ne voudrait pas voir remonter à la surface. Mon seul reproche, c'est le méchant, un peu trop grossier à mon goût. Comme souvent, l'histoire a la délicatesse de se terminer de manière très ouverte, comme pour rappeler que tous ces personnages continuent de vivre une fois le livre refermé.
Lien : http://hu-mu.blogspot.com/20..
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Arutha
  03 octobre 2016
Ange mémoire n'est pas un livre de Science-Fiction ordinaire. Et ce parce que toute la partie S.-F. précisément est particulièrement ténue. L'action se déroule dans un futur proche, on y déterre et négocie des pierres d'origine extra-terrestre, mais ces éléments ne font pas, loin de là, l'essentiel du roman. Même si le personnage central est doté d'équipements lui permettant d'enregistrer tous ce que ses yeux voient, tout ce que ses oreilles entendent, on sent bien que le propos du livre n'est pas le bond en avant technologique.
Ce qui intéresse Wilson c'est la mémoire, les souvenirs, les regrets, les remords, la culpabilité. Il se focalise surtout sur ses personnages et sur ce qu'ils éprouvent et sur leurs rapports au passé. Il y a bien de l'action dans le livre, mais ce n'est pas à mon sens la partie la plus aboutie. le style y est nerveux, les phrases courtes et le rythme évoque davantage le staccato d'un pistolet mitrailleur que le legato d'un paisible ruisseau. Et puis il y a d'autres passages concernant les souvenirs des personnages, en particulier de Teresa, dans un style plus dense mais néanmoins toujours très agréable à lire.
J'ai lu, ici ou là, que l'oeuvre de Wilson prend peu à peu de l'ampleur pour aboutir au chef d'oeuvre, de l'avis de tous, qu'est Spin. Devant la qualité de cet Ange mémoire, nul doute que Spin soit exceptionnel.
Ayant décidé de lire les oeuvres de Wilson dans l'ordre chronologique, je vais probablement prendre un plaisir croissant à sa lecture.
(PS : J'ai lu Spin depuis, qui est effectivement très bon)
Lien : http://aruthablog.blogspot.fr/
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Clochettes
  02 mai 2016
Un des premiers romans de Robert Charles Wilson. Pas son meilleur mais une bonne histoire de science fiction qui se lit facilement.
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
Le_chien_critiqueLe_chien_critique   08 décembre 2017
« Nous nous sommes écartés du Rio Branco, raconta-t-il, pour nettoyer après votre passage. Nettoyer les guérillas, cela voulait dire. Sauf que vous aviez laissé un autre genre de saletés. » Le souvenir avait gardé toute sa vivacité et Ng, désormais plongé dedans, se fit plus solennel. « Il y avait des cadavres partout. Femmes et enfants. Ça nous a dégoûtés. Même nous. Ça nous a même dégoûtés, nous. Et bizarrement, on s’est sentis mieux. On était des machines, mais pas des monstres. Vous nous le prouviez. Vous étiez notre consolation. Quoi que nous soyons devenus, il existait pire. » Il regarda Oberg et, des profondeurs de sa chaise, lui sourit. « Vous nous avez fait nous sentir humains. »
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PazouPazou   12 décembre 2014
L'idée lui parut étrange. Elle aimait en effet assembler des collages et des sculptures, cela lui paraissait parfois même aussi agréable que les pilules. Presque comme si quelqu'un d'autre contrôlait ses mains, une partie d'elle-même perdue dans l'incendie, peut-être, et qui manifestait sa présence.
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PazouPazou   12 décembre 2014
En dépit de ses doutes, en dépit de ses défauts, Keller avait appris, au cours des années ayant suivi la guerre, à pratiquer avec rigueur l'art du wu-nien. Il avait appris aussi à reconnaître ce qui menaçait cette condition. Des menaces nommées compassion, haine, désir, amour.
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PazouPazou   12 décembre 2014
C'était subtil, une légèreté, la manière de bouger les yeux, mais également profond : il avait découvert n'avoir plus peur pour elle. Il ne s'agissait donc pas d'un moyen de sortir du monde, mais d'y entrer.
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Le_chien_critiqueLe_chien_critique   08 décembre 2017
Certaines choses étaient tout simplement trop horribles pour qu’on les supporte. Il fallait détourner le regard, voilà la vérité… et si on ne pouvait pas le détourner, il fallait apprendre à regarder uniquement pour regarder.
La vision sans désir. Le miroir parfait.
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