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Brice Matthieussent (Traducteur)
ISBN : 2264027754
Éditeur : 10-18 (04/03/1999)

Note moyenne : 4.23/5 (sur 560 notes)
Résumé :
Dans un Belfast livré aux menaces terroristes, les habitants d'Eureka Street tentent de vivre vaille que vaille. Chuckie le gros protestant multiplie les combines pour faire fortune, tandis que Jake le catho, ancien dur au cœur d'artichaut, cumule les ruptures. Autour d'eux, la vie de quartier perdure, chacun se battant pour avancer sans jamais oublier la fraternité.

"Eureka Street est un grand livre et son auteur un formidable écrivain. Belfast peut ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (86) Voir plus Ajouter une critique
Crossroads
  09 juin 2013
Traduction littérale d'Eureka Street : à lire de toute urgence !
Une bande de potes désoeuvrés et paumés dans un Belfast laminé par le chômage et balafré par les conflits religieux , voilà le propos cyniquement lucide d'un auteur natif de cette ville arborant presque ironiquement comme emblème un trèfle à quatre feuilles pourtant bien loin d'apporter joie , bonheur , prospérité et U2 puissamment beuglé , le corps et l'âme noyés sous des flots ininterrompus de Guinness , à chaque union protestant / catholique , assez rare il est vrai...
A part Sunday Bloody Sunday , je vois pas...
Trois héros récurrents dans ce petit bijou d'humour désabusé .
Jake le catholique et Chuckie le protestant . A priori , rien en commun mais les à priori , hein , ça vaut ce que ça vaut...Deux adultes célibataires presque trentenaires , aussi paumés et blasés qu'ils sont intimement liés par une amitié certes chaotique mais toujours bien ancrée .
Petits boulots qu'ils s'ingénient à perdre dans les plus brefs délais , beuveries , filles d'un soir quand soir il y a , beuveries , lamentables et pathétiques larcins , beuveries...
Les jours , mois , années se suivent sans véritable changement notoire ni quelque espoir futur que ce soit . Jusqu'au jour où...
Autre élément central incontournable , ce Belfast en crise que McLiam Wilson chérit pourtant tant . Renaud , tu te calmes !
Une description au cordeau de cette principale ville d'Irlande du Nord souffrant de mille maux , le terrorisme n'étant pas le moindre .
Deux stratosphériques glandeurs en puissance dans une ville susceptible de filer le bourdon à un mormon dépressif , rien de ragoûtant au menu serait-on tenter de croire .
Et là je m'inscris en faux votre honneur ! Des mecs attachants au possible , oublier les seconds couteaux serait leur faire injure , à la verve corrosive et acerbe , moi je dis benco ! Auquel je rajouterai Nesquik et Poulain , injonction du CSA oblige...
La plume de McLiam Wilson , tour à tour ironique , douloureuse et désenchantée , est malgré tout un véritable hymne au bonheur ! Chaque réplique fait mouche . L'auteur n'en fait jamais des caisses . Toujours sur le fil , il ne verse jamais dans la démonstration et contrebalance talentueusement un morne quotidien par un incroyable sens de la répartie ! Sorte de Tontons Flingueurs irlandais à la verve jouissive qui laisseraient à penser qu'aussi désespérée qu'une situation puisse être , il reste encore et toujours l'espoir...
Eureka Street : lu et fortement conseillé par Archimède ! A lire dans sa baignoire , comme de bien entendu , beaucoup plus pratique que sous la douche...
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le_Bison
  22 juillet 2019
« Toutes les histoires sont des histoires d'amour. »
C'est ainsi que commence ce roman, dans le genre ballade irlandaise. Les histoires d'amour c'est mon kif, alors je fonce dans le premier pub, irlandais. Ça braille, ça crie, ça gerbe, mon univers. Des gamins qui se pintent, des vieux qui se pintent, des rousses qui se pintent aussi. le ciel est gris, les nuages menaçants, la pluie arrive en trombe, les buveurs aussi. Mon élément, cette grisaille et ses bières. Et ça cause amour, des love story qui mijotent autant que l'irish stew dans une cuisine que l'on croit abandonnée. Une radio diffuse les grands titres du lion de Belfast, de quoi chavirer quelques coeurs autour d'une bonne bière, c'est que les histoires de coeurs sont au centre de toute une vie, le mien par exemple je l'ai donné à van Morrison. Un flash-info, je coupe le son. Une nouvelle déflagration qui coupe cet élan de bonheur et d'ivresse. On s'y habitue presque dans les rues de Belfast. Des graffitis au mur, des bombes qui sautent, des sirènes, des cris affolés, des pleurs chagrinés, ainsi va la vie dans ses rues. Peut-être pour cette raison que chaque week-end est rythmé au son des verres qui s'entrechoquent.
Le grand roman de l'Irlande des années quatre-vingt. Pas moins que ça ! Les jeunes sont au pub, ils se bourrent la gueule, pensent aux filles en mini-jupes, je les accompagne, je me sers une pinte, deux mêmes, jusqu'à la biture et la passion de ces rousses à la poitrine généreuse, en bonne catholiques. Mais les protestantes sont plus lubriques. Parait-il ! Car la vie à Belfast se rythme aussi au son des sermons, opposition de religions. Les murs d'usines désaffectées se tapissent toujours plus de peinture et de sigles barbares. WTF et OTG. Et puis j'arrive tout simplement au chapitre 10. Je n'ai pas fini ma Guinness alors que je sens une atmosphère différente, pesante, palpable. Ce chapitre n'est pourtant qu'une mise-en-bouche, une entrée en matière sur le chapitre 11, chapitre anthologique sur l'Irlande. Tu veux sentir le pouls de Belfast, lis juste ce chapitre 11, phénoménal et glaçant. Peut-être mon plus grand moment littéraire sur les terres irlandaises.
Après cet intermède presque musical, presque poétique, qu'est le chapitre 11 qui marquera à jamais ta vie de lec-teur-trice, la vie reprend son cours, envie d'aller aux States, mais pour un irlandais, même sous les bombes et les décombres, la vie est à Belfast, Eureka Street. Je rallume la radio, musique. La pluie triste et morose s'abat, ambiance élégiaque dans un cimetière, sauf que je bois seul ma pinte dans ce pub, mon âme enfouie sous ma propre tombe.
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blandine5674
  07 août 2015
Eurêka ! J'ai trouvé un chef d'oeuvre avec ce talentueux auteur qui nous présente sa ville. Une bande de copains, de religion différente, faite de débrouille pour vivre dans ce Belfast sous la menace du terrorisme. Chaque personnage (jeune, vieux, femme, homme, pauvre, friqué) est attachant et haut en couleur. Ces 545 pages nous apportent émotion, humour, amour, voyage, poésie, politique, religion, chômage, travail, beuveries, bagarre, insultes, violence. le chapitre 11 sur l'attentat est d'une force émotionnelle bouleversante. L'écriture est nette, précise. Bluffée par l'analyse des êtres humains. Oh comme il est difficile de faire une critique d'un livre aimé ! Exceptionnellement je n'enchaîne pas sur un autre roman. Je vais continuer à savourer Eurêka Street comme un chocolat qu'on laisse fondre en bouche en se délectant.
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joedi
  23 février 2014
À la lecture d'Eureka Street, je découvre un grand écrivain, il m'a emmenée dans sa ville, il raconte sans pudeur aucune, avec humour et émotion, la vie quotidienne de ces habitants d'une capitale secouée par les attentats.
Je découvre Belfast, les habitants d'Eureka Street qui tentent de vivre vaille que vaille, Chuckie le gros protestant qui multiplie les combines pour faire fortune, Jake, le catho, ancien dur au coeur d'artichaut qui cumule les ruptures sentimentales. Je les accompagne, avec leurs amis, dans leurs beuveries, dans leurs recherches de petits boulots vite abandonnés, dans le train de la Paix avec Jake..., j'assiste impuissante à l'éclatement d'une bombe dans une sandwicherie ..., j'admire la fraternité qui les unit.
J'aurais beaucoup à dire mais je résume tous mes non-dits par : à lire !
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tynn
  12 mai 2014
Belfast années 90.
Ville lasse, plate, grise et taguée de sigles vindicatifs d'appartenance catholique ou protestante. Une paix molle s'est installée mais le conflit reste dans les gènes, telle une gangrène impossible à enrayer: les frondes républicaine et unioniste restent larvées et la ségrégation religieuse est une position politique. L'extrémisme est présent dans les deux camps, le quotidien des habitants est une lutte insidieuse, et L'IRA fait encore sauter des bombes...
"Les irlandais tuent des irlandais pour libérer des irlandais ": ubuesque!
Le catholique Jake, mélancolique et pacifiste, rongé de solitude et de peines de coeur côtoie le bon gros Chuckie, protestant débonnaire, pas très futé mais surdoué pour les combines financières. Autour d'eux, le chaudron nord irlandais où bouillonnent des extrémistes, des pacifistes, des idéalistes, des flics belliqueux, des femmes éreintées par la détresse et la pauvreté, des gamins des rues vindicatifs et sans enfance...
Dans les quartiers populaires, les hommes tuent leur vie médiocre en buvant des litres de bière dans des pubs nauséabonds, enfumés et crasseux. Les soirées sont des gigantesques beuveries à insultes et coups de poings car l'irlandais est par nature dissipé, bagarreur, querelleur, qu'il soit catholique ou protestant.
Toute attitude pacifique est rejetée, déconsidérée, toute tentative de conciliation au coin d'un pub s'apparente à de la traitrise.
Une vision de l'intérieur, impressionnante de réaliste, de fatalisme et de violence (il faut parfois s'accrocher). Tout cela en mode narratif ironique, humoristique, sarcastique et désabusé. Un grand écart permanent entre bouffonnerie et terrorisme. Et un très beau message de foi en un avenir possible.
Et Belfast, la ville, est le fil conducteur: on croit voir les rues grises et pavées de misère, les quartiers de briques rouges, le plafond bas du ciel, les hurlements de poivrots, les injures en gaélique.
Je conseille, je conseille...meilleur livre sur l'imbroglio politico-terroriste de l'Irlande du Nord que j'ai pu lire...
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Citations et extraits (165) Voir plus Ajouter une citation
Philippe-rodolphePhilippe-rodolphe   03 septembre 2012
L’histoire de Robert cessa d’intéresser quiconque. Il perdit son emploi. Il perdit ses amis. Il se mit à boire pour se rappeler, pas pour oublier. Et il se mit à pleuvoir dans son cœur pour le restant de ses jours.

Ainsi, en bref, un mélange complexe d’histoire, de politique, de circonstances et de trajets aboutit à la détonation d’une bombe de cinquante kilos dans l’espace restreint et donnant sur la rue d’une petite boutique de sandwiches mesurant sept mètres sur quatre. Cet espace confiné et la puissance du dispositif créèrent une explosion d’une telle ampleur qu’une grande partie du premier étage du bâtiment s’effondra en se déversant dans la rue. Il y avait quatorze personnes dans la boutique de sandwiches. Il y avait cinq personnes dans le salon de beauté situé à l’étage lorsqu’il s’écroula, et douze dans la rue au voisinage immédiat des éclats de verre et de métal et du salon de beauté explosé. Trente et une personnes en tout, dont dix-sept cessèrent d’exister sur-le-champ ou plus tard, et don onze furent blessées au point de perdre un membre ou un organe vital. (…) Beaucoup de gens souffrirent de coupures et d’entailles. Beaucoup de gens furent terrorisés. Quelques infirmiers et infirmières improvisés, qui avaient pénétré dans la boutique une fois que la fumée et la poussière se furent dissipées, découvrirent des visions atroces et émétiques qui devaient rester comme une pellicule posée sur tout ce qu’ils verraient ensuite au cours de leur vie.

Dans le silence déchirant, assourdissant, qui suivit l’explosion, s’immisça une chose grotesque ressemblant à la paix. Les morts étaient morts, beaucoup de mourants étaient inconscients ou incapables de parler, la plupart des blessés ou des victimes terrifiées étaient en état de choc ou simplement très très surpris. (…)

[La liste des noms des victimes…] Cette liste est absurde. Cette liste s’oublie facilement.

Identifiés, anonymes. Présents à la mémoire, oubliés. Ils ont tous fait le grand saut, spécialité des morts. Qu’ils aient décédé aussitôt, presque aussitôt ou plus tard, tous on fait le grand saut. Quitter le monde des vivants pour se transformer en cadavre : la transition la plus rapide du monde.

Egrener leur liste est absurde et impossible. Tous avaient leur histoire. Mais ce n’étaient pas des histoires courtes, des nouvelles. Ce n’aurait pas dû être des nouvelles. C’aurait dû être des romans, de profonds, de délicieux romans longs de huit cent pages ou plus. Et pas seulement la vie des victimes, mais toutes ces existences qu’elles côtoyaient, les réseaux d’amitié, d’intimité et de relation qui les liaient à ceux qu’ils aimaient et qui les aimaient, à ceux qu’ils connaissaient et qui les connaissaient. Quelle complexité… Quelle richesse.

Qu’était-il arrivé ? Un événement très simple. Le cours de l’histoire et celui de la politique s’étaient télescopé. Un ou plusieurs individus avaient décidé qu’il fallait réagir. Quelques histoires individuelles avaient été raccourcies. Quelques histoires individuelles avaient pris fin. On avait décidé de trancher dans le vif.

C’avait été facile.

Les pages qui suivent s’allègent de leur perte. Le texte est moins dense, la ville plus petite
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le_Bisonle_Bison   23 juin 2019
A quoi ressemble donc une bombe ? Eh bien voila... elle explose, bien sûr. Ça fait du bruit. Et ça fait peur. Leur détonation et leur terreur vous frappent en plein ventre, comme dans votre enfance quand vous tombiez sur la tête et que vous ne compreniez pas pourquoi il en résultait tant de souffrance et tant de panique viscérale. Et puis c'était un phénomène irréversible. Les bombes ressemblaient aux assiettes qu'on lâche, aux chats qu'on frappe, aux mot qu'on prononce sans y penser. Elles étaient l'erreur. Le désordre et le foutoir. Elles étaient aussi - très important, ça - le savoir. Quand vous entendiez cette décharge sèche, la détonation animale de la bombe, lointaine et proche, vous compreniez quelque chose. Vous compreniez que quelqu'un quelque part passait un très sale moment.
Ce n'étaient pas les bombes qui faisaient peur. C'étaient les victimes des bombes. La mort en public était une forme de décès très spéciale. Les bombes mutilaient et s'emparaient de leurs morts. L'explosion arrachait les chaussures des gens comme un parent plein d'attention, elle ouvrait lascivement la chemise des hommes ; le souffle luxurieux de la bombe remontait la jupe des femmes pour dénuder leurs cuisses ensanglantées. Les victimes de la bombe étaient éparpillées dans la rue comme des fruits avariés. Enfin, les gens tués par la bombe étaient indéniablement morts, putain. Ils étaient très très morts.
(L'explosion contrôlée, soit dit en passant, a eu lieu sur une poubelle remplie de déchets du Kentucky Fried Chicken. Des petits morceaux de viande grillée ont ainsi arrosé toute la rue. C'est mon chat qui a été content).
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le_Bisonle_Bison   29 juin 2019
Il y avait quatre groupes principaux.
Il y avait d'abord les cercles prévisibles d'Alcooliques-en-Résidence, qui donnaient leurs séminaires dans les recoins. Tous les bars de Belfast y avaient droit, ce n'était pas une surprise. Mais Lavery's abritait une énorme différence. Lavery's semblait organiser une formation, un apprentissage. Il y avait une tablée de types qui entamaient leur glissade. Ils avaient commencé chez Lavery ; après avoir passé leur examen de poivrot, ils pourraient se disperser vers d'autres bars ou chez les vrais indigents, mais ils avaient commencé ici et ils ne pouvaient plus s'arrêter. Ils seraient toujours diplômés de chez Lavery.
Il y avait ensuite une bande de types frisant la quarantaine, quadra ou même quinquagénaires, vaguement liés au monde musical ou attirés par lui. Ridés, obèses, on les reconnaissait à leur queue de cheval et à l'étonnant succès qu'ils rencontraient auprès de très séduisantes jeunes femmes de moins de trente ans. Ces succès rendaient ces hommes confiants. Jamais ils ne s'étaient dit que cette apparente anomalie - d'autant plus flagrante que mes amis relativement beaux et moi-même faisions chou blanc à tous les coups - s'expliquait par l'abrogation de toutes les lois physiques dans la bulle spatio-temporelle de chez Lavery. C'était à cause de la physique aberrante qui régnait ici que ces types cartonnaient. Dans la rue, c'était simplement d'affligeantes vieilles badernes.
Le troisième groupe était le plus nombreux. Les étudiants de Queens. Des gamins trop niais pour fréquenter une vraie université et qui se retrouvaient dans ce bar. Presque tous originaires de la campagne, ils se décarcassaient pour se donner l'air de vrais citadins branchés. Quelques semaines plus tôt seulement, ils conduisaient des tracteurs et tondaient les moutons.
Enfin, bien sûr, il y avait une splendide sélection de brunes époustouflantes qui se passaient les doigts dans les cheveux et arpentaient inlassablement le bar sans que jamais leur regard ne croise celui d'un homme.
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le_Bisonle_Bison   30 juin 2019
Comme 84 637 autres personnes en Irlande du Nord, Luke Findlater apprit qu'une grosse explosion venait de se produire grâce au tout premier flash info de la radio. Chaque jour, à l'heure du déjeuner, il écoutait une émission très originale de Radio Ulster intitulée 'le Point sur l'agriculture en Ulster'. Il écoutait avec délices certains détails sur l'ensilage, l'élevage des porcs ou les bains parasiticides des moutons. L'Anglais savait que son attitude relevait sans doute d'une honteuse fascination de patricien pour un kitsch pervers, mais il en était néanmoins ravi.
Douze minutes seulement après l'explosion de Fountain Street, le présentateur de l'émission s'interrompit, tripota quelques papiers et annonça d'une voix tremblante qu'il venait de recevoir une information non confirmée sur une grave explosion dans le centre de Belfast, qui aurait fait plusieurs victimes.
La voix de cet homme, si étroitement associée aux problèmes risibles et terre-à-terre de l'engrais et de l'abattage des poulets, prononça curieusement ces mots. L'effet en fut troublant. Luke eut soudain froid. Il s'adossa à sa chaise, en proie à une sensation étrange. Il regarda autour du bureau. Il ne vivait pas en Irlande du Nord depuis assez longtemps pour trouver ces informations banales, normales. Le mobilier de la pièce et jusqu'au papier à lettres lui parurent tout à coup d'une absurdité grotesque.
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le_Bisonle_Bison   22 juin 2019
Il rédigea sa liste. Voici ce qu'elle contenait :

A mon trentième anniversaire j'ai
vécu 360 mois
1 560 semaines
10 950 jours
262 800 heures
1 576 800 minutes
94 608 000 secondes
J'ai
uriné environ 74 460 fois
éjaculé environ 10 500 fois
dormi pendant environ 98 550 heures (11 ans et 3 mois)
fumé environ 11 750 cigarettes
mangé environ 32 000 repas
bu environ 17 520 litres de liquides (dont 8000 environ contenaient de l'alcool)
marché environ 30 440 kilomètres
bandé pendant environ 186 150 minutes,
3 102,5 heures, 129,27 jours
eu environ 5,4 mètres de cheveux
baisé environ 175 fois
gagné environ pas un seul sou, putain.

Il fixa cette feuille au mur à l'endroit où avait trôné sa photographie du pape.
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Videos de Robert McLiam Wilson (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Robert McLiam  Wilson
Le mercredi 20 juin 2018, la librairie Charybde (129 rue de Charenton 75012 Paris - www.charybde.fr ) avait la joie d'accueillir Thierry Corvoisier (éd. Rivages) et Sébastien Wespiser (éd. Agullo) en tant que libraires d'un soir.
Ils nous parlaient de :
1. Jim Harrison, "Dalva" (04:20) 2. François Médéline, "La politique du tumulte" (16:40) 3. Gregory McDonald, "Rafael, derniers jours" (24:01) 4. Grégory Nicolas, "Là où leurs mains se tiennent" (30:14) 5. Robert McLiam Wilson, "Eureka Street" (40:10) 6. François Guérif, "Du polar" (48:45) 7. David Peace, "Le quatuor du Yorkshire" (58:00) 8. David Peace, "Rouge ou mort" (1:01:51)
+ Lire la suite
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