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Brice Matthieussent (Traducteur)
ISBN : 2757803352
Éditeur : Points (24/05/2007)

Note moyenne : 3.68/5 (sur 61 notes)
Résumé :
Des visages marqués, des parcours singuliers disant la misère, la dégradation morale et physique, la déshérence : Robert McLiam Wilson raconte la pauvreté, au début des années 1990, dans l'Angleterre ultralibérale du gouvernement Thatcher. Son récit, illustré par les photographies de Donovan Wylie, abandonne toute distance journalistique au profit d'une empathie émue, pudique et profonde. Une autobiographie déguisée qui préfigure l'œuvre à venir.
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
wellibus2
  07 mai 2016
The Dispossessed, en français Les Dépossédés, fut publié en 1992 en Angleterre, la même année que Manfred's Pain (La Douleur de Manfred), deuxième roman de Robert McLiam Wilson, qui à l'époque avait vingt-huit ans. L'écrivain est né à Belfast-Ouest en 1964. Il avait auparavant publié un magnifique premier roman intitulé Ripley Bogle. C'était en 1988, il était âgé de vingt-quatre ans.
Une telle précocité a quelque chose de stupéfiant : comment un jeune homme de vingt-huit ans peut-il évoquer avec autant de lucidité et de justesse la maladie mortelle d'un vieillard solitaire et miséreux? C'est La Douleur de Manfred. Comment ce même jeune homme de vingt-huit ans peut-il décrire avec autant d'humanité, d'attention et d'empathie la détresse matérielle, l'absence d'espoir, le naufrage absolu des laissés-pour-compte de la politique thatchérienne à Londres, à Glasgow et à Belfast? C'est l'objet des Dépossédés, l'objet du présent travail d'adaptation.
Les Dépossédés, ce n'est pas Les Pauvres. Au lieu de constater un état, la pauvreté, et d'y voir peut-être une fatalité immuable de toutes les sociétés, l'auteur s'insurge contre une telle naturalisation de la précarité et, par le choix de ce titre, suggère un processus : pour être dépossédé, il faut d'abord avoir possédé, avant d'être contraint de renoncer à ses possessions – un emploi, un logement, quelques biens, une famille et parfois jusqu'à la liberté. C'est tout cet historique de la déchéance sociale, morale, financière, juridique, humaine, que l'auteur cherche à comprendre dans chaque cas : non pas la description d'un état figé, d'une condition humaine soi-disant éternelle, «naturelle», mais la recherche d'un récit à la fois individuel et collectif, local et global, intime et politique : comment celle qu'on a surnommée la Dame de Fer a délibérément – et malgré des statistiques officielles truquées – aggravé le sort de celles et ceux qu'on désigne honteusement par l'expression de «classes défavorisées»; comment cette catastrophe sociale et économique au sens large entraîne autant de désastres individuels; comment chaque femme, par exemple Gabrielle, chaque homme, ainsi Hally ou Alan, subit de plein fouet, dans son quotidien, les répercussions dramatiques de cette politique. Il y a là un tissage, un engrenage, proprement terrifiant.
Loin d'adopter la posture froide et distancée de l'universitaire ou la prétendue «objectivité» du journaliste, l'écrivain tient à décrire de première main, et subjectivement, un an de rencontres, de conversations, de visites dans des squats, des taudis, des appartements délabrés, des cités sinistrées, des banlieues peu sûres, des lotissements monstrueux, des quartiers en ruine, des centres d'accueil, pour aboutir à ce livre qui de toute évidence est le livre d'un écrivain. Non seulement parce qu'il contient quelques splendides pages de pure littérature, ainsi les descriptions du climat ou des lieux, mais surtout parce que son auteur s'y inclut constamment, livrant son incrédulité, ses doutes, voire son sentiment croissant d'échec, son admiration, son affection grandissante pour certains «dépossédés», mais aussi sa fatigue, son horreur, son écoeurement, son impossibilité de continuer.
«J'ai déjà dit, écrit Robert McLiam Wilson vers la fin de l'essai, que ce livre est un échec ou, au mieux, un livre sur l'échec. Plus j'écrivais, plus cette conviction grandissait.» Suit une liste de tous ses prétendus manquements : oublis, notes perdues, incompétences diverses, avantage de la photographie sur l'écriture... Certes, toutes ces «lacunes», ces «handicaps» ou ces «négligences» font que Les Dépossédés est tout sauf un rapport objectif sur un phénomène social, tout sauf une étude «sérieuse», crédible et criblée de statistiques (voir le passage où, plutôt que de se lancer dans une bataille de statistiques sur la pauvreté, Robert dénonce la fascination malsaine des statistiques et les «bidouillages» pratiqués sur ces dernières par l'administration Thatcher).
«Je noterai ici scrupuleusement les effets d'une pauvreté constante sur l'individu.» Tel pourrait être le programme de Robert Mc Liam Wilson pour son livre. Ce projet de dissection in vivo, cette anatomie de la souffrance et de ses symptômes physiologiques plus ou moins dégradants, exclut tout respect d'un quelconque bon goût : pour respecter ces gens et leur rendre justice, pour simplement dire ce qu'on voit, il faut envoyer au diable le respect des convenances et de la bienséance littéraire.
Présentation d'après Brice Matthieussent, sur le site de France Culture
Lien : https://blogs.mediapart.fr
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le_Bison
  17 mars 2012
Robert McLiam Wilson, écrivain irlandais raconte la pauvreté, au début des années 1990, dans l'Angleterre ultralibérale à outrance du gouvernement Thatcher. Dès les premiers mots, j'ai senti que ce roman, « Les Dépossédés », était un complément, comme un écho, d'un vieux George Orwell, « Dans la dèche à Paris et à Londres ». Mais avant de débuter les premières pages, je me suis posé la question sur l'utilité d'une telle lecture. Les années 90 sont maintenant loin dernière moi, deux décennies se sont écoulées, le gouvernement Thatcher n'existe plus, Londres n'est pas Paris et le France n'est pas l'Angleterre… Pourtant, en guise de préambule, il faut lire la préface de l'auteur même, destiné aux lecteurs français (Préface de 2007 réactualisée pour la sortie du livre en poche). Car l'auteur sent, pressent, que ces quelques 300 pages décrivant la pauvreté de l'Angleterre n'est pas encore aussi présente en France, mais que d'ici peu, cela pourrait le devenir. Car les mesures politiques et économiques prises sous l'ère Thatcher semblent petit à petit apparaître sous différentes formes dans la politique actuelle de notre pays. Les mesures phares concernant notamment la protection sociale et l'aide aux plus démunies furent à l'origine de cette nouvelle pauvreté en Angleterre, et la France semble aller dans ce même sens. Sans oublier, les fameuses statistiques, fascinantes en soi, mais qui triturées dans un sens ou dans l'autre, ne donnent pas du tout les mêmes perceptions de notre monde, les modes de calcul du nombre de chômeurs ou de l'indice de pauvreté, totalement magouillés pour aller dans le sens de l'optimisme gouvernemental même s'ils ne traduisent plus la réalité… Français, attention…
La première étape de son « étude » est la grande capitale, Londres, le royaume de Big Ben et de la bourse. Son immersion parmi les dépossédés est effarante. Au fait, selon la définition de Robert McLiam Wilson, un dépossédé n'est pas forcément un sdf. C'est une personne qui n'arrive plus à subvenir à ses besoins, ou difficilement, qui même si elle ne vit pas dans la rue, dans les « foyers d'accueil » ou les squats, ne possède plus grand-chose dans la vie, ni richesse, ni espoir en encore moins de dignités. Ces personnes ont été dépossédées de tout avenir et envie. Elles continuent de se battre, de (sur)vivre pour le bien du noyau familiale. Elles continuent d'espérer et de s'accrocher à une utopie mais savent pertinemment qu'au fond de leur âme, leur avenir est sombre, nul même…
Et puis il y a une chose encore pire que d'être pauvre : être une femme pauvre. Ce fut la grande découverte de Robert McLiam Wilson. Il n'imaginait certainement pas ce que peuvent endurer ces femmes, souvent avec des enfants à charge, qu'elles soient esseulées ou en couple. En plus de leur travail, elles doivent gérer, jongler avec toutes les difficultés qu'un maigre budget le leur permet, pour subvenir aux besoins de toute la famille. Femme et dépossédée, l'avenir est plus que sombre ; il est inexistant…
La seconde étape de Robert McLiam Wilson, pour son livre sur Les Dépossédés, devait être Glasgow. Je parle au passé, car l'auteur n'y passa guère plus le temps d'un week-end. Son incursion parmi les dépossédés de Londres fut trop éprouvante. Mais ce chapitre ne tourna pas court puisque le livre est composé de deux auteurs, Robert McLiam Wilson, et son ami photographe Donovan Wylie. Donovan se charge de mettre en image sa vision de la pauvreté à Londres et à Glasgow. Mais pour cette seconde étape, et en l'absence de Robert, il prit la plume et nous décrivit sa vision de Glasgow. L'oeil est différent. Photographe, il s'attache davantage à l'environnement de cette pauvreté, aux murs et aux terrains vagues qui jouxtent les quartiers des dépossédés.
Cela commence comme pour un journal intime. le début griffonné dans le train, la précision des dates et heures de ses rencontres, de ses mouvements… Puis petit à petit, Donovan se prend au jeu de l'écrivain, à tel point que j'en oublie que c'est le photographe qui écrit, et non plus l'écrivain. Donovan s'attache moins aux statistiques que son compagnon d'étude. Il rentre peut-être moins en cohésion avec les gens mais il sait tout aussi bien nous faire partager ce monde de pauvreté dans Glasgow, ce sentiment de découvrir une ville industrielle abandonnée…
Troisième et dernière étape : retour aux sources, retour chez soi, Belfast Est et Ouest. le contexte politique y est pour beaucoup dans la situation désastreuse de la ville ; une ville abandonnée, longtemps sous les bombes, qui faisaient fuir les investisseurs économiques. Pourtant, le potentiel était là. Les gens, intelligents, débrouillards et travailleurs ne demandaient qu'un simple travail. Mais quand le faciès d'origine apparait sur un CV, les portes se referment. Quand je parle faciès d'origine, je ne pense pas à catholique ou protestant mais à la localité dans laquelle vous habitez. Si vous logez dans tel quartier, qu'il vous faut prendre 3 bus et 2 trains pour vous rendre sur votre lieu de travail, pas sûr que l'emploi vous sera réservé. Imaginez un jeune de nos banlieues à la recherche d'un boulot sur la capitale (car en banlieue l'emploi n'est guère développé)… Belfast ou Paris, l'écart n'est pas forcément si loin…
Lien : http://leranchsansnom.free.fr/
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Er-et-cel
  27 octobre 2015
Voilà un livre qui m'a posé problème. J'ai longtemps hésité à écrire une critique:
1- Parce-que des gens plus experts que moi en littérature et dont j'apprécie la plume l'ont aimé et que moi, je me suis ennuyé..
2- Parce qu'il parle de pauvres et de pauvreté, sujet délicat sur lequel on court toujours le risque d'être mal compris ou d'être mis en demeure de se justifier quand on n'a pas été soi-même pauvre ou que sais-je encore dans notre époque du politiquement correct.. Il était donc plus raisonnable de s'abstenir.
Cependant, ce livre n'ayant pas beaucoup de critiques et plusieurs babeliotes l'ayant inscrit sur leur liste "à lire", comment garder mon opinion, même fruste et simpliste, pour moi ? l'intérêt de Babelio n'est-il pas d'offrir une grande quantité d'avis dans laquelle chacun va chercher son bonheur. J'ai donc décidé de risquer une bafouille quitte à être raillé.
Bon, ne vous attendez pas à un truc romanesque, avec émotions, suspense, petits mouchoirs, larmes et zimboumboum.. Ce n'est qu'une enquête de journaliste et qui plus est, d'un jeune journaliste encore hésitant dans sa façon de fouiner dans la vie des gens et encore un peu scolaire question style, genre Rue89.
Le truc intéressant, comme dit le Bison dans son excellente critique, c'est la préface. Mais c'est peut-être un peu normal parce qu'elle a été écrite en 2007 longtemps après la première parution du livre, en 1992. L'auteur avait plus de bouteille, plus de style et une intuition plus aiguisée, sans doute.
Pour le reste, je vais faire court : Robert McLiam Wilson interroge deux sortes de pauvres. Ceux qui ne s'en sortiront jamais quoi qu'on fasse parce qu'ils ont d'abord besoin de soins psychiatriques et qu'ils n'en auront vraisemblablement pas. C'est souvent des SDF. Et puis, ceux qui s'en sortiraient s'ils trouvaient ou retrouvaient un travail décent ou bien si la politique sociale était un peu plus humaine. Ceux-là, souvent, n'ont pas l'air pauvres: correctement vêtus, propres, pas de litron dans la poche, s'exprimant clairement. C'est les pauvres "invisibles". Ceux qui se tuent à joindre les 2 bouts sans jamais y arriver, qui continuent à se lever le matin, à se laver, à résister tant bien que mal à l'alcoolisme.
Comment en sont ils arrivés là ? Pourquoi est-ce plus difficile depuis que Maggie est au pouvoir ? Quels sont leurs chances de sortir de cette mouise ou au moins, d'améliorer le quotidien ? Je ne vous donne pas la réponse et je ne suis pas certain que vous la trouverez d'ailleurs.
Bref, c'est un livre de bonnes intentions (sans ironie), probablement utile en son temps, mais le vieux screugneu que je suis bondit quand il lit : "les concepts à la mode d'aliments complets ou de régime riche en protéines étaient complètement hors de portée" (chez les pauvres), "Les nouvelles manières de cuisiner font l'objet de soupçons récurrents" (de la part des pauvres). Là je me dis, dans un instant, il va leur proposer d'organiser des stages de cuisine macrobiotique ? Parfois, McLiam semble vraiment découvrir la pauvreté pour la première fois de sa vie alors qu'il prétend avoir grandi dans un quartier pauvre de Belfast. C'est sans doute maladresses d'expression, mais ça énerve.
Et puis, aujourd'hui, le chômage et la précarité sont tellement répandus en France, le nombre de pauvres est tellement plus grand, l'avenir radieux est tellement encore plus improbable qu'il y a dix ans, Thatcher a fait tant d'émules que je n'ai pas eu le sentiment d'apprendre quelque chose de nouveau avec ce livre. Peut-être aurais-je dû le lire longtemps avant mais il y a tant de choses que j'aurais dû faire avant...Donc lisez le avant qu'il ne soit trop tard pour vous aussi..
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Frunny
  14 janvier 2017

"J'ai déjà dit que ce livre est un échec ou, au mieux, un livre sur l'échec."
Robert McLiam Wilson n'a que 28 ans quand il décrit avec une immense humanité la détresse asbsolue des laissés-pour-compte de la politique tactchérienne à Londres, Glasgow et Belfast.
L'auteur s'attaque aux statistiques manipulées laissant penser que la pauvreté recule.
Loin des chiffres, ce sont des vies malmenées, blessées, détruites qui sont mises en avant.
Un récit illustré par des photographies (Donovan Wylie) en noir et blanc, sobres, terriblement parlantes.
Des vies ou l'espoir a peu de place mais ou les protagonistes s'accrochent

Un livre qui marie documentaire et roman.
L'auteur fait de chacune des personnes rencontrées, des personnages de roman.
Le talent du romancier permet d'insuffler de l'émotion à un sujet terribement dur.
Un livre qui met à mal les préjugés sur la pauvreté et ces hommes en survie.
Un manifeste pour réfléchir et agir.
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Rabastan
  17 octobre 2011
Dur de commenter... Parce que c'est d'une violence sans nom, une violence ordinaire et terriblement banalisée, de celles qui font détourner le regard comme quand on croise un SDF devant les portes automatisées du supermarché. RMW fait ici partie de ceux qui s'arrêtent pour les saluer, et pour prendre la température de leur situation avec des tentatives d'analyses politiques, sociales, économiques ancrées dans le Royaume-Uni de la fin des années 80. Ce livre est un pavé jeté à la tête d'un gouvernement trop aveugle par un peuple tout entier, écrasé depuis trop longtemps par des aides sociales inadaptées et un taux de chômage toujours plus élevé. Une claque, quoi, mais une claque certainement passée trop vite à la trappe et qui mériterait d'être beaucoup plus reconnue. Merci Rob.
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
le_Bisonle_Bison   17 mars 2012
Ma première nuit à Londres, je l’ai passée à Nutfriars, le foyer de l’Armée du Salut. Plutôt horrible. Quatre-vingts personnes dans un dortoir. C’était répugnant. Une puanteur terrible. Au moins cinquante pour cent des gens présents étaient d’anciens pensionnaires d’hôpitaux psychiatriques jetés à la rue par les changements de la législation relative au traitement des maladies mentales. Peu importait leur état psychique, tous étaient traités de la même manière – c'est-à-dire mal. La nourriture était atroce. Je veux dire, vraiment atroce. L’endroit était crasseux. Des cafards partout. Tout bien pesé, il valait mieux dormir dehors. Au moins on conservait un peu de dignité et on risquait moins de se faire agresser par quelqu’un de très perturbé. Bref, le lendemain matin, j’ai pris mes cliques et mes claques. J’ai essayé de trouver un autre endroit pour dormir, mais en vain. Je suis allé à Lincoln’s Inn parce que c’était un endroit célèbre pour dormir à la belle étoile.
[…] C’était la fin de l’automne, presque l’hiver. Il faisait très froid et je crois que la température constitue le plus grand choc culturel qui soit. Il y avait beaucoup de gens – près de deux cents personnes certaines nuits. Parfois d’authentiques alcooliques mais pas seulement.
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le_Bisonle_Bison   18 mars 2012
J’ai pris une photo près de Blackhill qui, selon moi, serait un bon exemple des sensations ou des pensées que cette ville m’inspirait. On y voit un gazomètre au premier plan, à côté d’un terrain vague. Au loin, sur la droite, il y a un ensemble de sept énormes tours. Ce paysage était désolé, mais aussi d’une beauté étrange. Il montrait deux générations d’architecte à Glasgow : les usines à gaz, magnifiques et abandonnées ; les tours, affreuses, qu’on aurait du détruire. J’ai pensé à l’Amérique. C’était un quartier dangereux, inquiétant, dont les habitants étaient dominés par l’architecture. On aménageait une voie nouvelle à travers le terrain vague, une sorte de voie d’accès à la ville ou à une autoroute. Elle semblait couper à travers ce quartier en direction du centre-ville. Cette voie, on ne l’aurait jamais tracée dans une banlieue bourgeoise. C’était une route qui ne tenait aucun compte de son environnement. Elle ignorait, elle marginalisait encore plus ce quartier.
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tamara29tamara29   18 novembre 2012
J'étais bouleversé d'entendre des projets aussi complexes dans la bouche de gens aussi blessés par la vie. Ils sont gênants, mais également d'une étrange dignité. Dieu sait que j'entretiens moi aussi des rêves mégalomaniaques concernant mon avenir. Lauréat du Prix Nobel, joueur de cricket vedette de l'équipe d'Irlande, orateur, génie, dieu du sexe. En fin de compte, les rêves concoctés par ces gens étaient aussi admirables que n'importe quels autres. Leur imagination refusait de se laisser écraser par l'acceptation de leur statut de victime.
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gaillard1gaillard1   20 mars 2014
Même sans les chiffres, même sans les preuves ou les faits, même si vous avez sauté les trois ou quatre pages précédentes, vous savez malgré tout que le gouvernement a menti. Bien-sûr vous le savez. Nous le savons tous. C'est un phénomène stupéfiant, mais je n'ai jamais rencontré personne qui croyait aux déclarations gouvernementales sur les chiffres du chômage ou les statistiques liées à la pauvreté.[...] Nous savons pertinemment que nous sommes gouvernés par une administration qui nous ment effrontément. Nous sommes apparemment comme ces parents libéraux qui acceptent volontiers les affabulations de leur enfant préféré. Nous voulons croire que la vie ne va pas sans une certaine vilenie....
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le_Bisonle_Bison   19 mars 2012
Pour une capitale de province dans un pays sous-peuplé, Belfast est vraiment très célèbre. Elle doit sa célébrité au violent conflit politique des vingt dernières années. Belfast a peu d’autres motifs de notoriété. Elle n’a engendré aucun peintre célèbre ; aucun roman célèbre n’a Belfast pour décor. Elle n’a pas de grand orchestre, son université n’est guère connue. Les « troubles ont fait de Belfast une célébrité ?
Peu de gens qui n’habitent pas l’Irlande du Nord connaissent bien Belfast, en dehors de sa liste de morts et de blessés pour raisons politiques. Peu de gens savent combien Belfast est parfois belle – une ville basse qui s’étend au fond d’une vaste baie ceinte et bordée de montagnes.
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Videos de Robert McLiam Wilson (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Robert McLiam  Wilson
Le mercredi 20 juin 2018, la librairie Charybde (129 rue de Charenton 75012 Paris - www.charybde.fr ) avait la joie d'accueillir Thierry Corvoisier (éd. Rivages) et Sébastien Wespiser (éd. Agullo) en tant que libraires d'un soir.
Ils nous parlaient de :
1. Jim Harrison, "Dalva" (04:20) 2. François Médéline, "La politique du tumulte" (16:40) 3. Gregory McDonald, "Rafael, derniers jours" (24:01) 4. Grégory Nicolas, "Là où leurs mains se tiennent" (30:14) 5. Robert McLiam Wilson, "Eureka Street" (40:10) 6. François Guérif, "Du polar" (48:45) 7. David Peace, "Le quatuor du Yorkshire" (58:00) 8. David Peace, "Rouge ou mort" (1:01:51)
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