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Brice Matthieussent (Traducteur)
ISBN : 226402593X
Éditeur : 10-18 (26/02/1998)

Note moyenne : 3.88/5 (sur 138 notes)
Résumé :
"Arrogant, paresseux, génial et cancre, Ripley Bogle joue tous les personnages d'une même pièce avec une verve incroyable. Au terme de cette autobiographie comique, truffée de digressions verbales à la Laurence Sterne qui rendent hommage à Joyce, Ripley Bogle nous fait un aveu : il a menti. Ce qui est, de la part de McLiam Wilson, un dernier clin d'œil à "son Irlande", personnage invisible de cet étonnant roman : "Il n'y a rien de plus irlandais que le mensonge. Mai... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
rotko
  31 janvier 2015
les pensées d'un SDF irlandais au cours de la journée, 9 etoiles
L'intrigue de Ripley Boggle se déroule sur 4 jours, avec un narrateur peu fiable. Au lecteur de voir qu'il est affabulateur et manque de maturité.
Les aventures sont pleines de cocasseries et d'outrances mais elles posent aussi la question de la violence. Finalement ne serait-ce pas une tentation, à laquelle les Irlandais succomberaient facilement ? demande -et se demande, l'auteur...
résumé de Ripley Bogle, un premier roman qui paraît avoir bien des qualités.
Ripley Bogle, jeune Irlandais en rupture de ban, vit à Londres, ou plus exactement, il y survit. Il est devenu SDF. Durant quatre jours, cet intarissable conteur nous raconte sa descente aux enfers. Arrogant, schizophrène et génial, Bogle est un aristo de la dèche, un Candide clochardisé qui pousse sa galère entre l'Irlande de la guerre civile et l'Angleterre des homeless
Ripley Bogle, chez Belfond, ressemble bien à son auteur, tel qu'il apparaît en public : il bouscule tout, manie l'ironie et la verve, crache sur ce qui lui déplaît, mais en faisant sourire.
les références à Dickens se montrent dès le début : mais au lieu de décrire sa naissance en termes convenus, le narrateur en rapporte les différents cris initiaux :
Aaaaaaaaeeeeeeeiiiiiiccchh !
puis
Aaaaauuuuuuuuurrrrrrcccttttttttccchhhhh !
je passe sur quelques cris intermédiaires pour en arriver au stade final
Oooooooohhh !
Eructant un rôt paisible et apaisé, Mdame Boble achève sa tâche mûrie. Entre ses jambes écartées sur les étriers, gloupe un fils. Anonyme et hideux, il impressionne peu le monde réuni là. Un augure de son existence à vau-l'eau.
Viennent ensuite des hommages assassins à sa mère et à son père, et, mélangeant les genres, du théâtre à la comptine cynique, le narrateur nous fait part de toute la gamme de ses humeurs.
il s'étonne qu'
"un vagabond ranci et puant comme [lui] puisse se pavaner au milieu de cette débauche d'argent."
Mâtiné de gallois et d'irlandais (une putain de calamité) il se trouve à Regents Park, en SDF...
Ripley Bogle ou les pensées d'un SDF, telles qu'elles viennent au cours de la journée, avec parfois des souvenirs de la vie d'avant la débine. L'auteur multiplie les formes de présentation qui vont du narrateur (« je »), à l'interlocuteur (« Tu »), ou à l'acteur (« Ripley », ou « il »).
Les propos sont toujours surprenants, comme cette justification de l'existence des pauvres indispensable à l'existence du Riche, parce qu'elle flatte son ego.
La scolarité de Ripley fut mouvementée, marquée par des bagarres entre catholiques et protestants d'Irlande, nulle quant aux résultats obtenus, alors que Ripley est doté d' un cerveau précoce et brillant - dont il cache les performances.
Des drames, il y en eut aussi , comme cette « nuit de l'internement » où les soldats anglais firent irruption dans les maisons irlandaises, occasionnant quelques « bavures ». La force du texte tient à la relation, apparemment désinvolte, qui ne suscite pas la réaction émotive, mais s'en tient aux seuls faits, tels que vus par Ripley.
Le lecteur saura donc ce qu'est la faim omniprésente dans la vie du clochard, ce qu'il fait de ses interminables nuits, comme les relations qu'il entretient avec ses aînés , battant comme lui le pavé ou demeurant dans des abris de fortune.
La langue alerte, pleine d'expressions savoureuses, sert à merveille les sautes d'humeur de Ripley, et son regard sur le monde, à la fois caustique et joyeux, d'une verve qui conquiert la sympathie.
Un auteur tonifiant dont la lecture est à recommander..
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pyrouette
  24 octobre 2016
Ripley Bogle, 22 ans, vagabond à Londres nous raconte sa vie et comment il est tombé si bas, alors qu'il est intelligent et brillant, du moins selon son récit.

Du je au il, peut-être quand la dose d'alcool est trop forte, il nous narre son enfance, fils aîné d'une ancienne prostituée et d'une brute sans cervelle, poivrot, irlandais et catholique de surcroît. Pourtant dans son enfance, à Belfast, le ciel était clair et lumineux. de bagarre en bagarre, de renvoi en renvoi il suit une scolarité chaotique. Pourtant c'est un enfant surdoué. Il aura la chance d'être intégré à l'université de Cambridge, lui venant des bas-fonds de Belfast. Ripley qui gâche toujours toutes ses chances va tomber amoureux d'une jeune fille protestante et sera renié par sa famille. Il va devoir travailler, il est courageux mais son mauvais petit démon lui souffle toujours de mauvaises idées qui le font sombrer de plus en plus dans la misère. Il sera renvoyé de Cambridge également, deviendra alcoolique suite à un chagrin d'amour, et la descente aux enfers va de plus en plus vite.

Il reste le récit d'un jeune vagabond, la faim au ventre, ses coins favoris, ses amitiés ses inimitiés, la violence, la maladie, la fatigue.

Est-ce le je qui nous raconte la vérité ou le il, certainement les deux ! Chacun a sa propre vérité.
Lien : http://pyrouette.canalblog.c..
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PtitVincent
  19 novembre 2019
Quatre jours sur les pas de Ripley Bogle. Mais qui est vraiment Ripley Bogle ? Un simple sans-abri parmi d'autres, comme Londres en compte à foison ? Londres comme toutes les villes occidentales d'ailleurs, déjà lors de l'écriture du livre (1989) et aujourd'hui encore. le jeune homme nous raconte ses souffrances, ses errances, ses doutes, ses peurs, ses fantasmes. Car l'homme est un peu mythomane. Si l'on ne peut douter de son intelligence et de sa culture (son vocabulaire est plus riche que chez le quidam moyen), on s'aperçoit bien vite qu'il brode avec la réalité. de plus on remarque que les quatre jours en question sont particuliers, une sorte de frontière entre la possibilité de s'en sortir un jour et le non-retour.
On retrouve ici un style proche d'un Hubert Selby Jr, au plus proche d'un langage parlé tout en étant très écrit. Une dichotomie entre les descriptions et les dialogues. Une volonté de ne rien voiler d'une réalité particulièrement glauque, quitte à choquer le lecteur. Alors bien sûr, sur 400 pages, et à certains moments de notre vie, voici un texte qui ne passe pas. Et pourtant, on ne peut douter de la sincérité de l'auteur. Je l'avais découvert sur le documentaire « Les dépossédés » qu'il a écrit quelques années plus tard, un essai sur les milieux ouvriers et déclassés anglais, suite à la politique de Margaret Thatcher.
Alors que reste-t-il des élucubrations de Ripley Bogle, après avoir trié dans ses dires ? Peu importe, l'homme reste attachant et énervant à la fois ; touchant, il reste dans les mémoires même après avoir refermé le livre. Certains appellent ça le talent.
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Readingintherain
  30 octobre 2013
Claude ! Je suis désolée ! Claude ! Dis-moi que tu m'aimes encore, même si je n'ai pas vraiment accroché à Ripley Bogle ! Claude ! Tu sais que rien ne me rendrait plus malheureuse que l'idée que tu te détournes de moi pour un roman un peu trop … euuuuh… pas assez gai en une période où j'ai besoin de gaîté ! du coup Ripley, je t'avoue, il m'a fait grisonner le moral et j'ai pas continué. Bon, tu me diras, vu ce par quoi j'ai continué, c'est évident que tu ne m'adresseras plus jamais la parole, mais des fois il faut lire des choses plus légères et sortir de ses plates-bandes et tu sais, mes plates-bandes sont infiniment trop sérieuses en ce moment, je perds un lectorat précieux qui pourrait me permettre de gagner des points au classement Buzztrucmuche et de gagner des centaines de milliers de brouzoufs avec d'énormes pubs partout (quoi, c'est pas crédible ? )
J'ai besoin de légèreté, et même si je sens au fond de moi que Ripley Bogle est fort et bien écrit, ben, c'est trop. Ces déambulations d'un jeune SDF de 24 ans, ça m'a retournée, ça m'a déprimée, ça ne m'a pas donné envie de continuer. Alors bon, je sais, j'aurais pu me forcer un peu, mais là, non, je n'ai plus envie de me forcer pour terminer des romans qui ne m'accrochent pas. S'il reste sur la table de nuit toute la journée, si j'oublie de le prendre dans mon sac le matin, c'est mauvais signe. Si, alors qu eje l'ai dans mon sac dans le bus, je glandouille sur Twitter, c'est mauvais signe. Si je n'ai pas envie de connaître la suite, si je n'ai pas envie de savoir ce qui va se passer, comment ça va se passer, c'est mauvais signe.
Alors, voilà, j'ai arrêté Ripley Bogle avant la fin. C'est Anne qui s'est montrée voyante sur ce coup-là.
Lien : http://www.readingintherain...
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Forrest
  14 février 2011
Que peut bien nous racontez un vagabond âgé de 22 ans ? Sa triste et misérable vie sur les trottoirs et bancs publics de Belfast à Londres. Ripley Bogle nous raconte, dans un monologue poignant, son parcours, ses histoires, ses errances.
Plutôt doué et intelligent de nature, sa lente descente aux enfers est parsemée de moments durs et difficiles à entendre. Mais loin de se plaindre (tel qu'on pourrait l'attendre), il évoque les mauvais choix réalisés, les mauvaises personnes rencontrées à la mauvaise période, le mauvais pays dans lequel il est né...
Et pourtant, il le sait : c'est lui le fautif! C'est lui le mésireux de l'amour, de l'amitié et de la vie. S'en sortira-t-il ? Dans un certain sens, on ne le souhaite pas !!
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Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
ForrestForrest   12 février 2011
Page 186 : Leicester Square. Ce lieu est d'une excentricité monstrueuse. Partout, les cinémas avancent leurs formes anguleuses et des affiches géantes agressent l'oeil. Le minuscule rectangle d'herbe et d'arbres est délimité par des piquets au centre de ce capharnaüm, tel un patient attendant son lavement sur le trottoir. Des centaines d'étourneaux se réunissent au milieu des airs dans un tumulte tapageur ; les arbres filiformes ainsi que les bancs sont partout enduits de leur omniprésence noire et virevoltante. Il y a de la merde d'oiseau dans tout le secteur. Cette place est toute mouchetée d'excréments d'oiseaux britanniques et de culture yankee. Je crois que je préfère la contribution des volatiles.
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ForrestForrest   12 février 2011
Page 269 : Nous autre Irlandais, nous sommes tous des putains d'imbéciles. Aucun autre peuple ne rivalise avec nous pour l'absurde sentimentalité dans laquelle nous nous vautrons. Nous et l'Ulster. Putains d'Irlandais chouchoutés par Dieu, ainsi qu'ils aimeraient le croire. Comme peuple, nous sommes une catastrophe ; comme nation, une honte ; comme culture, des casse-pieds... et pris individuellement, nous sommes souvent repoussants.
Mais nous aimons tout ça, nous autres Irlandais. C'est pour nous un vrai régal. Pires nous sommes, plus nous aimons ça. Nous adorons la vieille Irlande et elle nous adore.
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pyrouettepyrouette   14 octobre 2016
La pauvreté, la solitude et la crasse ne font pas un mélange savoureux dans le meilleur des cas, mais quand on y ajoute les condiments de l'épuisement et du désespoir, leur effet est presque vertigineux.
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pyrouettepyrouette   10 octobre 2016
La jeunesse est chose merveilleuse. L'espoir n'est pas mal non plus et le parfait compagnon de ces deux attributs est l'optimisme à l'imperturbable aveuglement.
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ForrestForrest   12 février 2011
Page 88 : Allons bon, quoi encore ? On s'approche de toi. Bordel de merde ! Une rencontre. Un dialogue, une conversation. Achtung ! Clapoteux et sanglotant, le clodo de l'enfer se pointe vers toi. Dans ses yeux brillants, tu discernes l'envie diabolique des morts. Sa bouche se tord en un discours informe. Une puanteur infecte l'entoure, des paroles d'une horreur sans nom dégoulinent de la plaie qui lui tient lieu de bouche. Tu as la chair de poule, tes ongles crissent, tes couilles se rétractent. Non, pas ça !
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Videos de Robert McLiam Wilson (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Robert McLiam  Wilson
Le mercredi 20 juin 2018, la librairie Charybde (129 rue de Charenton 75012 Paris - www.charybde.fr ) avait la joie d'accueillir Thierry Corvoisier (éd. Rivages) et Sébastien Wespiser (éd. Agullo) en tant que libraires d'un soir.
Ils nous parlaient de :
1. Jim Harrison, "Dalva" (04:20) 2. François Médéline, "La politique du tumulte" (16:40) 3. Gregory McDonald, "Rafael, derniers jours" (24:01) 4. Grégory Nicolas, "Là où leurs mains se tiennent" (30:14) 5. Robert McLiam Wilson, "Eureka Street" (40:10) 6. François Guérif, "Du polar" (48:45) 7. David Peace, "Le quatuor du Yorkshire" (58:00) 8. David Peace, "Rouge ou mort" (1:01:51)
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