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ISBN : 2818035767
Éditeur : P.O.L. (11/02/2016)

Note moyenne : 4.03/5 (sur 92 notes)
Résumé :
Un jour du printemps 1963, une Dauphine jaune se gare devant le monument aux morts, sur la grand-place de Tilliers, petite ville de la Beauce. Elle transporte Abraham Farkas, médecin rapatrié d'Algérie, proche de la cinquantaine et son fils Franz, âgé de neuf ans et demi. Abraham n’a qu’une seule préoccupation : son fils. Franz, lui, en a deux : son père et les livres. Leur vie a été brisée un an plus tôt par un « accident » qui a laissé Franz amnésique et dont Abr... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (37) Voir plus Ajouter une critique
Bookycooky
27 juillet 2016
C'est l'histoire d'une époque et d'une maison où vécurent Abraham et son fils Franz.
Après un court préambule où le narrateur nous invite à embarquer dans cette histoire "comme on part en voyage", on débarque directement en mars 1963, sur la Grand-Place de Tilliers , dans le Loiret. On y restera deux ans.
Abraham ,médecin, juif veuf ,venu d'Algérie s'installe dans une province assez fade ,pour refaire sa vie après la guerre d'Algérie. Narré alternativement par une voix anonyme ( surprise !), et celle du petit Franz, candide et attachant, on apprend que le petit garçon a eu un accident, et ayant été dans le coma ne se souvient plus ni de sa vie passée, ni de sa maman. le profond respect et amour du pére et du fils l'un pour l'autre, laisse ce passé dans l'ombre....d'aucun ne s'en approche, et nous aussi,nous apprendrons la vérité comme Franz, que sur le tard...
Mais parallèlement la maison aussi recèle ses propres mystères, révélés piano, piano.
Une petite histoire dans la grande qui nous attache à Abraham,homme secret et aimant et Franz, un petit garçon fou de lecture ,qui malgré son amnésie rétrograde bénéficie d'une incroyable mémoire ( " C'est bizarre la mémoire" pense-t-il ).
"Ca va mon petit chat?", c'est ainsi qu'Abraham appelle son fils.Cette tendresse est le fond de ce récit émouvant qu'on quittera à regret.
Derrière Franz se cache l'auteur qui a vécu dans les années 60 à Pithiviers , paraît-il l'exacte copie de Tilliers , ville imaginaire.Son pére était aussi médecin et ils venaient d'Algérie. Mais Winckler dit qu'il y a mis aussi un peu de lui dans le personnage d'Abraham.
" Il y a une place pour la nostalgie dans ce livre ?" À cette question Winckler répond,"c'est vrai....c'est bon de se souvenir d'où l'on vient de manière paisible ".
J'ai tout aimé dans ce livre, les personnages,la maison, l'époque, un roman classique comme j'aimais tant lire dans ma jeunesse...donc nostalgie pour moi aussi...nostalgie aussi des lectures d'enfance pareille à celles de Franz.......
Dois-je ajouter ?.....lisez-le vous ne le regretterez pas..... et il y aura une suite...

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latina
07 décembre 2016
Petit cours d'Histoire accéléré : les années 60, qu'est-ce que ça vous rappelle ?
Moi : la télévision en noir et blanc, l'école du village et « monsieur le maitre », les problèmes de robinet et de train, la marelle, le jeu de la balle magique, celui de l'élastique, le jeu des « gendarmes et des voleurs le « quatre-heures » composé d'un bol d'Ovomaltine et d'une tartine de choco...et puis les livres, les livres, les livres....La comtesse de Ségur, le club des cinq, le clan des sept, Fantômette...C'est mon enfance, une époque sans problème, sans prise de tête, insouciante.
Franz Farkas : la télévision en noir et blanc, Zorro, l'école de Tilliers, la nouvelle petite ville où il est venu habiter avec son papa médecin après son « accident », les jeux de bille, d'osselets, le goûter composé d'une tartine de confiture ou tout autre gâteau cuisiné par Claire, la jeune veuve au service de Mr Farkas.... et les livres, les livres, les livres...Mais aussi la découverte d'un curieux journal intime qui va provoquer beaucoup d'interrogations.
Beaucoup de questions, oui, car Franz est un petit garçon intéressé par tout, à commencer par sa propre famille, dont son papa, bizarrement, ne veut pas trop lui parler. Même sa maman reste un mystère pour lui, elle est décédée le jour de « l'accident », et lui-même a été blessé, à tel point qu'il a perdu tout souvenir d'avant. Commence alors un apprentissage de la nouvelle vie, celle avec son papa infiniment tendre, avec ses copains d'école (2 très bons amis et 1 mauvais), avec Claire et Luciane, sa fille de 14 ans, et puis Mr Homer et son gendre, ainsi que d'autres connaissances qui ont toutes un rapport avec la guerre qui s'est terminée voilà une vingtaine d'années et qui ressurgit soudain dans les esprits et les coeurs.
Guerre 40-45 et les Juifs qu'il faut cacher, guerre d'Algérie aussi...
Franz lui-même ayant une descendance juive et kabyle, il veut savoir.
J'ai bien aimé suivre ces lignes écrites avec tendresse, à la manière de Martin Winckler tel que nous le connaissons.
Ce petit Franz dorloté par un papa plein d'humanité et rempli de culpabilité suite à la mort de sa femme, je l'ai accompagné et compris parce qu'il appartient au monde de mon enfance et parce qu'il partage ma passion, la lecture. Je me suis un peu ennuyée, pourtant, car ce gros livre se répète assez bien et ronronne à certains moments.
Mais bon, je le recommande à qui veut se plonger dans les années 60, dans une petite ville de province, à l'ombre d'un clocher spectateur de bien des joies et des drames...
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Josephine2
18 mars 2016
Frantz arrive en France avec son père Abraham, médecin de son état. Ils vivaient en Algérie. Suite à un drame où la mère de Frantz est décédée et où Frantz a perdu la mémoire après être tombé dans le coma, ils ont quitté l'Algérie.
On va suivre l'installation de Frantz et de son père Abraham, dans la ville de Tilliers-en-Beauce. Abraham Farkas va reprendre le cabinet médical du médecin de la ville.
Cette histoire est en deux parties : l'installation d'Abraham et de son fils à Tilliers et une énigme à découvrir. En effet, la maison où ils se sont installés a un secret. Abraham se verra confier la lourde de tâche de découvrir ce qui s'est réellement passé pendant la guerre dans cette maison qu'il occupe avec son fils.
L'histoire de ce père et de l'amour qu'il a pour son fils et l'amour que le fils porte à son père est remarquable. Abraham prendra du temps pour expliquer à son fils ce qui s'est passé avant son coma, et Frantz n'osera pas lui poser de questions, car il a peur de faire de la peine à celui-ci.
J'ai adoré cette histoire, l'écriture de Martin Winckler, l'atmosphère du livre, enfin tout quoi. Et j'ai vraiment, mais alors vraiment hâte de connaître la suite… Car à n'en pas douter, il y aura une suite.
Merci Monsieur WINCKLER. Je vous avais découvert avec « le choeur des femmes », que j'ai dévoré et je n'ai pas été déçue par cette nouvelle histoire, bien au contraire.
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tynn
07 janvier 2017
🎶🎶
Je vous parle d'un temps, Que les moins de 20 ans, ...
🎶🎶
Un pas de deux, père et fils en cellule familiale restreinte, suite aux événements politiques de l'Algérie: c'est un album en couleurs un peu fanées que Martin Winckler nous raconte dans une narration très autobiographique.
Livre calme, empreint de bienveillance et de quiétude provinciale, qui redonne vie à une petite ville rurale française des années 60. Entremêlant le récit personnel à hauteur d'un gamin de 8/9 ans, fou de lecture et de cinéma, et la narration à la troisième personne pour une vue d'ensemble du quotidien, les journées se racontent en petits faits, gestes et événements mineurs, dans les pas d'un enfant s'ouvrant à la connaissance et la compréhension des choses.
En étant contemporain de l'auteur, incontestablement un parfum d'enfance flotte dans l'air, jusque dans la vacuité des grandes vacances, la boulimie de lectures, la télé en noir et blanc regardée en famille, et la Dauphine paternelle (tout pareil pour moi!).
L'auteur n'échappe pas au piège de la démonstration, son regard est souvent à hauteur juvénile, but sans doute recherché à raison. Il finit par se dégager un certain ennui de cette reconstitution de la France du Général, aux non-dits des événements de la guerre.
C'est peut-être là que le livre trouvera ses limites, en laissant sur le bord du chemin les plus jeunes, eux qui imaginent notre enfance comme un espace-temps disparu, proche des dinosaures.
Sauront-ils trouver de l'intérêt à cette chronique de souvenirs?
Pour la part, ce fut une agréable récréation.

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Sallyrose
31 mai 2016

Douceur, délicatesse, bienveillance, intelligence.
Voilà ce qui me restera de cette lecture.
J'avais un excellent souvenir de la maladie de Sachs et du Choeur des femmes. J'ai retrouvé avec plaisir la plume de Martin Winckler.
Qu'il était plaisant et touchant de se promener avec les personnages dans cette petite ville de province des années soixante. On y ressent l'harmonie d'une vie simple animée de valeurs profondes telles que la loyauté, l'engagement, la solidarité.
Néanmoins, l'auteur est loin d'être complaisant. Les traîtres, les menteurs sont aussi au tableau de même que le désespoir, la douleur, la cruauté de la vie.
Le style de la narration m'a transportée dans les méandres de la petite et la grande Histoire avec une fluidité sans pareil. Un vrai talent de conteur, ce Martin Winckler, alors même qu'on ne s'éloigne jamais d'un certain réalisme.
Souvent, le narrateur est l'enfant, ce qui donne des passages extrêmement savoureux, un peu comme les anecdotes du petit Pagnol dans La gloire de mon père.
Une petite note à la fin du roman annonce une suite : j'ai hâte !
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Les critiques presse (2)
LaPresse05 avril 2016
C'est avec une joie d'enfant qu'on parcourt le nouveau roman de Martin Winckler, qui reconstruit avec tendresse et sensibilité, la vie d'un père médecin et de son fils dans la France des années 60.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Bibliobs25 mars 2016
Plus que jamais, Martin Winckler excelle dans l'art de rendre captivants les jours qui passent et se ressemblent.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Citations & extraits (29) Voir plus Ajouter une citation
BookycookyBookycooky28 juillet 2016
Un jour, Luciane m’a demandé pourquoi souvent je ne disais rien.
Je n’ai pas su lui répondre à ce moment-là. À présent, je crois que je sais. Si je ne dis rien, c’est parce que je suis trop occupé à regarder, à écouter et à essayer de comprendre ce qu’on m’a dit. Tout le monde a des histoires à raconter. Et moi, je veux connaître toute l’histoire, alors j’écoute jusqu’au bout. Et une fois que c’est fini, je repasse l’histoire dans ma tête. Les mots ou les moments qui m’ont le plus impressionné, que j’ai le plus aimés.
Et puis, je regarde ceux qui racontent. Leurs yeux, leur bouche, leur visage, leurs mains. Je les regarde parce souvent leur corps dit autre chose que leurs mots. Ils disent oui en secouant la tête, ou parlent en regardant de l’autre côté. C’est comme s’ils racontaient deux histoires en même temps. Et souvent, je passe du temps à me demander si les deux histoires vont bien ensemble.
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BookycookyBookycooky24 juillet 2016
Je pourrais vous faire entendre sa voix, car, beaucoup plus tard, je l’ai recueillie et conservée. Mais je ne peux pas la décrire, seulement dire ce qu’elle me faisait : elle me captivait, elle me faisait rire, elle m’impressionnait, elle m’enveloppait, elle savait me rassurer.
J’ai longtemps trouvé normal, presque banal, d’avoir été rassuré par la voix de mon père. Je pensais qu’il en allait de même pour tout le monde. Dans mon esprit, un père, c’est un homme qui parle à ses enfants. Il m’a fallu longtemps pour comprendre que les pères ne sont pas tous rassurants, ni même aimants ; que beaucoup d’adultes ne se rappellent pas la voix de leur père ni s’être sentis en sécurité dans ses bras. Que beaucoup ne veulent pas se souvenir de lui !
Moi, je sens encore ses mains, je vois son visage, j’entends sa voix.
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BookycookyBookycooky23 juillet 2016
On embarque dans une histoire comme on part en voyage.
Certains aiment les croisières en paquebot. Ils somnolent dans un transat sur le pont brûlant de soleil et se laissent porter tout le jour, un cocktail à la main, avant d’aller rêver dans leur cabine de luxe. D’autres embarquent dans un sous-marin vitré pour se coller le nez sur le grand hublot et découvrir des mondes inexplorés, suivre des bancs de poissons, longer des galères englouties, regarder des plongeurs combattre un requin ou remonter un coffre des abysses. D’autres encore préfèrent s’élancer dans l’espace –l’ultime frontière –à la recherche de nouvelles formes de vie, de civilisations inconnues, pour se rendre là où nul n’est jamais allé. D’autres enfin s’asseyent à la terrasse d’un bistro pour regarder les lève-tôt entrer à la boulangerie, les épiciers sortir leurs cageots, les couche-tard regagner leur antre, les mères emmener leurs enfants à l’école. Bref, les histoires sont faites pour nous mener en bateau et c’est pour naviguer qu’on embarque, sans toujours savoir où on va.
L’avantage d’une histoire c’est que, contrairement à un voyage en train ou en avion, si jamais elle se traîne, on peut sauter en marche ; quand elle va trop vite, on peut ralentir ; et si elle fait naufrage, on se sent irrité ou déçu, mais on en sort indemne.
En principe.
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BookycookyBookycooky26 juillet 2016
–P’pa, pourquoi on meurt quand on meurt?
D’abord, il ne dit rien. Je sais qu’il a entendu la question, qu’il réfléchit, qu’il se demande d’où ça vient, encore une fois. C’est vrai, ce n’est pas la première fois que je l’interroge sur la mort. Il faut dire que ça me préoccupe beaucoup. S’il me demandait pourquoi, je ne saurais pas quoi lui répondre. Je ne sais pas d’où me viennent des questions comme celle-ci, qui surgissent aux moments les plus inattendus, parfois quand je suis en train de lire qu’un personnage est blessé et meurt, sans qu’on sache pourquoi. Enfin, dans les livres, je sais pourquoi. Parce que la personne qui a écrit le livre a choisi de faire ça comme ça. Moi, il y en a que je n’aurais pas laissé mourir.
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BookycookyBookycooky25 juillet 2016
Après l’école, Franz ne rentrait pas tout de suite. Quand il tardait vraiment beaucoup, Claire envoyait sa fille à sa recherche. Luciane savait toujours où le trouver : le vendredi et le samedi à la bibliothèque ; le lundi et le jeudi chez le marchand de journaux, occupé à éplucher les illustrés perchés sur les tourniquets métalliques ; du mardi au samedi à la librairie, pelotonné entre deux étagères, une pile de livres à portée de la main. Roland Blier, le libraire, tolérait très bien sa présence.....
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