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ISBN : 2070133486
Éditeur : Gallimard (07/03/2013)

Note moyenne : 4.17/5 (sur 27 notes)
Résumé :
«Je porte en moi la mélancolie des races barbares, avec ses instincts de migrations et ses dégoûts innés de la vie, qui leur faisait quitter leur pays, pour se quitter eux-mêmes.» Dans cette déclaration de Gustave Flaubert (1821-1880), qu'y a-t-il de vrai ? Le migrant, à part le grand voyage en Orient et quelques escapades en Bretagne, en Angleterre ou en Corse, a surtout vécu dans le «trou» qu'il s'est «creusé» à Croisset, sa demeure normande, où il écrit son œuvre... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
Kittiwake
  22 novembre 2015
Avec une écriture très vivante (et c’est la moindre des qualités pour une biographie), Michel Winock nous rend très familier ce géant de la littérature française qu’est Flaubert, et nous fait découvrir …un sacré Gugus!
Allez, commençons par la rubrique people. Gustave, qui hait la vie plate et morne des bourgeois (ceux qui ont « un esprit bas »), ne se rallie pas à la cause commune : point de justes noces pour cet ermite normand (enfin pas tout le temps, on le verra). Il a eu certes des liaisons sérieuses, en particulier avec Louise Colet, et pendant huit ans, on le sait grâce aux correspondances, mais au cours de ces années, ils se sont rencontrés …quatre fois! et on ne peut accuser l’état des routes : le chemin de fer avait considérablement rapproché Paris de Rouen. Rebelote quelques années plus tard avec une jeune anglaise, Juliet. Et devinez les excuses fournies à ses belles : maman veut pas que je vienne!!!
Vie de reclus, disais-je, mais pas que : il partait quand même souvent à Paris pour faire la bamboche avec ses potes (Sainte-Beuve, les frères Goncourt, Théophile Gauthier…) et maman l’a laissé entreprendre un grand voyage avec son ami Maxime Ducamp, à une époque où l’orientalisme est particulièrement tendance. Il en reviendra profondément marqué, dans son âme (Salammbô en est une émanation) mais aussi dans son corps : il a grossi (les pâtisseries orientales semblent l’avoir conquis), a perdu ses cheveux et contracté une bonne vérole.
Le physique, parlons-en. C’était un beau mec, du moins avant l’escapade orientale. Grand (1,83 m, à une époque où les conscrits attteignaient en moyenne 1,66m), le regard langoureux, il avait du succès auprès des femmes. Par contre, la santé lui faisait défaut : ce que Sartre avait interprété avec une théorie freudienne à la c…comme les manifestations d’une névrose hystérique, et des histoires de maman et de papa, avait tous les caractères d’une épilepsie, dont les crises l’ont bien usé. Ajoutons à cela, la syphilis (le traitement par le mercure avait plus de chance de tuer le malade que le tréponème), une hygiène de vie que le PNNS réprouverait, Gustave avait peu de chance de faire de vieux os.
Quant à l’oeuvre, la lecture ne peut qu’en être modifiée, éclairée par cette biographie. Depuis l’enfance, l’écriture est pour Flaubert une nécessité. La question d’en faire son métier ne s’est même pas posée puisqu’il était rentier, et tant que des bévues familiales ne l’ont pas mené à la ruine, la question de la rémunération de ces écrits était plus une question de reconnaissance de sa valeur qu’une nécessité économique.
C’est un bosseur, un perfectionniste, qui clame les passages qu’il a écrit et ré-écrit pour en apprécier la teneur, qui travaille la syntaxe, le lexique jusqu’à plus soif, et l’on comprend les discussions âpres avec ses éditeurs (il en a eu deux), qui lui demandent des corrections.
Ses romans ont à chaque fois déchainé les critiques. Si Zola et Sainte-Beuve ont été des fans fidèles, il en est d’autres qui l’ont bien éreinté : Barbey d’Aurevilly, en particulier, l’auteur des diaboliques, que je suis contente d’avoir, à ma modeste mesure, aussi éreinté sur ce site. Quant aux frères Goncourt, on en retiendra le côté faux-cul (et que je te félicite en public pour mieux te casser dans mon journal).
Inscrivons cette vie dans son contexte historique, très bien mis en pages, avec la guerre contre les prussiens, la Commune et l’époque de l’industrialisation, vues à l’aune des opinions de Flaubert, et on a là une mine d’informations passionnantes

Pour faire court, c’est un ouvrage indispensable pour les fans d’Emma Bovary et du 19è siècle, et le talent de l’auteur en fait de plus un très agréable moment de lecture.
Challenge Pavés 2015-2016

Lien : http://kittylamouette.blogsp..
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VanilleBL
  18 septembre 2013
En apercevant le nouvel ouvrage de Michel Winock sur les tables des librairies, on se demande ce qui a poussé l'historien à publier une énième biographie de Flaubert. Pourquoi écrire encore la vie de l'auteur de Madame Bovary dont il semble qu'on a déjà tout dit et tout lu ? En effet, les oeuvres complètes de Flaubert sont disponibles depuis bien longtemps et l'édition non censurée de sa vaste correspondance est désormais publiée dans sa totalité... de ce fait, on pourrait penser que l'écrivain et l'homme nous sont intégralement révélés et que le sujet Flaubert est clos. Il ne fait aucun doute qu'il reste quelques zones de mystères dans sa vie, tant publique qu'intime, mais celles qui subsistent ne seront probablement jamais éclaircies - et sans doute est-ce mieux ainsi... le travail de Michel Winock n'a pas la prétention d'apporter de révélations exceptionnelles. Avec spontanéité et enthousiasme, le biographe explique qu'il a simplement voulu partager son admiration et sa passion personnelle pour "l'ermite de Croisset" sur lequel son ouvrage aussi imposant que détaillé pose un regard nouveau et fort intéressant.
Michel Winock, quoiqu'ayant commis trois autres biographies (Hugo, Clémenceau et Mme de Staël) est davantage connu pour ses fresques consacrées à l'histoire des idées - le Siècle des Intellectuels ou Les Voix de la liberté, tous deux primés. Mais quand il décide de se consacrer à une personne, à une existence dans sa singularité, l'historien se mue avec tout autant de talent en un portraitiste perspicace à qui rien n'échappe et qui s'attache à retracer un destin d'une plume vive et minutieuse. Il avait déjà révélé sa maîtrise dans ce domaine avec son Madame de Staël ; il la confirme avec son Flaubert, en alternant scènes de vie et textes.
La construction de son ouvrage est assez classique, Winock suit pas à pas son "sujet" de façon chronologique, ne s'autorisant que de temps en temps une anticipation ou un retour en arrière. Avant d'écrire, de décrire son époque, Flaubert sut l'observer mieux que quiconque et dans tous ses aspects : les cadavres fascinants et horribles à la fois, disséqués par son père chirurgien ; les émeutes de 1848 ; les paysages d'Egypte peuplés de pyramides et de passions... Flaubert se nourrit de mots, de lectures, d'images, d'idées brillantes ou absurdes, des corps féminins, et son écriture transforme ce matériau vivant et fascinant en une oeuvre littéraire incomparable.
Michel Winock nous dévoile aussi tous les paradoxes de l'écrivain. Solitaire, il aimait néanmoins "peupler le désert où il pensait devoir se tenir pour créer". Quoique boulimique de tout, il était par moments frappé d'apathie ou d'absence totale de désir. Il disait tester chacune de ses phrases ardues au "gueuloir", les tire au forceps, et pourtant, il éprouvait une délectation absolue à s'écouter dès qu'il avait composé sa "petite musique" littéraire.
Se dessine également un esprit hors du commun et plein d'audace. le public attendait la suite de "Mme Bovary" (qui avait fait scandale à l'époque), Flaubert lui offre une fresque épique et orientale, "Salammbô". "L'Education Sentimentale" et sa conclusion sulfureuse avait décontenancé la critique, elle ne sera que plus ravie par les "Trois contes". "La Tentation de Saint-Antoine", projet mené sur plusieurs dizaines d'années - et finalement terminé - déconcerte, tandis que "Bouvard et Pécuchet", inachevé, ne cesse d'interroger... Michel Winock relate les si nombreux débats inspirés par cette oeuvre, dont on ne connaissait au final qu'une infime partie tant furent également démesurées l'admiration et l'aversion qu'elle inspira - et inspire encore - à certains.
Le Flaubert que nous présente Michel Winock semble totalement "dépoussiéré", apparaissant sous un jour nouveau, assumant librement ses paradoxes et ses outrances. Son nihilisme est revendiqué ("Si jamais je prends une part active au monde ce sera comme penseur et comme démoralisateur") et sa verve débridée. Il tient les propos les plus crus à table avec ses amis les Goncourt, se montre impitoyable dans sa réplique à un importun diplômé qui mettait en doute son savoir archéologique sur Carthage. Michel Winock n'hésite pas à pointer aussi ses failles, en particulier son absence totale de délicatesse lorsqu'il rompt avec Louise Collet en quatre lignes... mais s'attache aussi à montrer sa noblesse d'âme et son sens profond de l'amitié.
Nous apparaissent enfin dans leur plénitude tous les efforts accomplis par cet incomparable "travailleur de l'amer" pour se documenter et garantir ainsi l'exactitude de ses récits, pour ciseler sa syntaxe et inventer le style, pour nous faire éprouver avec lui, entre éclat et tragique, sa douleur d'être prisonnier de ce siècle qu'il juge stupide...
L'oeuvre et la correspondance complètes de Flaubert sont à notre disposition au point que l'on pourrait croire qu'il n'y a désormais plus rien de nouveau. Michel Winock nous prouve le contraire en nous invitant à aller à la rencontre de Flaubert lui-même, de l'homme et de l'écrivain, en privé et en écriture, dans son siècle.
Lien : http://www.paroles-et-musiqu..
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EricP
  22 septembre 2013
Cette nouvelle biographie de Gustave Flaubert a été écrite par un historien aguerri à la plume jamais inintéressante. Michel Winock qui avait donné il y a déjà quelques années une "Agonie de la IVe République" (que j'avais particulièrement apprécié et qui se suit comme un roman), revient à la biographie littéraire comme il l'avait fait pour Mme de Staël.
Les dernières découvertes concernant la correspondance de Gustave Flaubert apportent de nouveaux éclairages, notamment en ce qui concerne ses rapports avec sa nièce Caroline et surtout le mari de celle-ci. Les déboires financiers qui ont miné la vie de l'écrivain, sa hantise de la faillite qui porterait atteinte à jamais à la famille, sa peur de perdre Croisset dont en fait il n'est pas propriétaire, et enfin sa longue liaison avec une dame anglaise sont quelques unes des informations et éclairages nouveaux qu'apporte le travail de Michel Winock.
On peut regretter un léger manque de souffle à certains endroits, l'absence d'épisodes traités dans d'autres biographies (je pense à celle si vivante et chaleureuse d'Henri Troyat) dont j'aurais aimé comparer le traitement.
Par exemple aucun mot du fait que l'Impératrice Eugénie ait veillé fort tard lisant Salammbô, certes, c'est accessoire. Mais les derniers moments de la vie de l'écrivain ainsi que ses obsèques sont évoqués en trop peu de pages. Heenri Troyat, pour revenir à lui, donne des détails quant aux préparatifs, et lors de la mise en terre, le sinistre incident de la bière trop grande pour le trou et les fossoyeurs s'évertuant avec leurs cordes à malmener le cercueil du grand homme (1m83), et Zola criant "Assez!". Finalement une scène digne de Bouvard et Pécuchet.
Michel Winock offre enfin des explications ainsi que desmises en perspective historique utiles pour les lecteurs qui ne seraient pas au fait de la vie politique du XIXe siècle. le portrait "politique" qui fait de Flaubert est aussi assez bien senti.
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DocteurDee
  26 avril 2014
On apprend, on est immergé en plein XIXème, on songe à nos lectures de Flaubert, on est fasciné par ce bonhomme, je ne pensais pas pouvoir dire cela d'une biographie mais ce fut jubilatoire. Au final, quel empreinte avec si peu d'oeuvres romancés !
Merci Mr Winock.
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oiseaulire
  19 mai 2018
J'ai lu la moitié de la belle biographie de Flaubert par Michel Winock.
Elle se lit comme un roman, ce qui n'enlève rien à son sérieux : l'auteur a su composer un ouvrage très documenté et approfondir l'influence des sentiments et du contexte social et historique sur la gestation de l'oeuvre de Flaubert.
Fidèle en amitié, amoureux fou de l'art comme fin en soi, peu soucieux (autant que c'est humainement possible) de la notoriété, Gustave a consacré le meilleur de sa vie à la littérature et cela le rend attachant.
Je reprendrai sans faute ce livre lorsque j'aurai un peu oublié la verdeur des bourgeois du 19 ème siècle dont Flaubert faisait partie quoiqu'il en ait dit... Ses orgies répétées et peu raffinées aux bordels d'orient et d'occident ont fini par me barbouiller par ce qu'elles laissaient paraître de misogynie et de mépris brutal de soudards en goguette.
J'ai bien conscience de l'anachronisme de mon écoeurement, sentiment du 21 ème siècle plaqué sur la société du 19 ème.
C'est pourquoi je n'interrompt que momentanément cette lecture.
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critiques presse (4)
Bibliobs   13 mai 2013
L'historien Michel Winock surprend en publiant une énorme biographie de l'auteur de «Madame Bovary», dont les sources sont peut-être à chercher dans sa propre vie.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Lexpress   25 avril 2013
Michel Winock signe une grande biographie, qui fait tomber Flaubert de son Olympe stylistique pour tracer le portrait d'un personnage dans l'Histoire, palpitant de sang et de vie.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LaLibreBelgique   09 avril 2013
Des flamboiements de “Salammbô” au vérisme de “Madame Bovary”. Michel Winock le campe en historien dans les mutations de son siècle.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Telerama   03 avril 2013
L'historien Michel Winock dresse le portrait intime et époustouflant d'un écrivain aussi contradictoire que son époque. Et qui aura tout sacrifié à son art.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
jack56jack56   25 novembre 2013
Il se résigne, ironique, à devenir comme les autres, un honnête homme, rangé et tout le reste si tu veux, je serai comme un autre comme il faut, comme tous, un avocat, un médecin, un sous-préfet, un notaire, un avoué, un juge tel quel, une stupidité comme toutes les stupidités, un homme du monde ou de cabinet ce qui est encore plus bête....
Eh bien j'ai choisi, je suis décidé, j'irai faire mon droit ce qui au lieu de conduire à tout ne conduit à rien. Je resterai trois ans à Paris à gagner des véroles et ensuite ?
+ Lire la suite
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jack56jack56   25 novembre 2013
J'aime beaucoup le son de sa voix (Victor Hugo). Jai plaisir à le contempler de près ; je l'ai regardé avec étonnement, comme une casette dans laquelle il y aurait des millions et des diamants royaux, réfléchissant à tout ce qui était parti de cet homme là assis alors à côté de moi sur une petite chaise, et fixant mes yeux sur sa main droite qui a écrit tant de belles choses
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filippofilippo   25 avril 2017
Etre, bête, égoïste et avoir une bonne santé : voilà les trois conditions voulues pour être heureux. Mais si la première vous manque, tout est perdu !
Gustave Flaubert (extrait d'une lettre à Louise Colet)
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NathalieBodinoNathalieBodino   12 mai 2013
Si donc tu prends l'amour comme un mets principal de l'existence : non.Comme assaisonnement : oui.
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ChristineZChristineZ   17 novembre 2018
Il n'approuve pas Hugo dans sa politique d'au-dessus de la mêlée, mais Victor Hugo reste Victor Hugo : "Comme vieux romantique, j'ai été ce matin exaspéré par votre journal. La sottise du père Hugo me fait bien assez de peine sans qu'on l'insulte dans son génie. Quand nos maîtres s'avilissent, il faut faire comme les enfants de Noé, voiler leur turpitude. – Gardons au moins le respect de ce qui fut grand ! N'ajoutons pas à nos ruines !"
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