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EAN : 9782709635578
500 pages
J.-C. Lattès (03/11/2011)
3.83/5   111 notes
Résumé :
Nous sommes à l’automne 1951 et la guerre de Corée bat son plein.
Nicholai Hel vient de passer les trois dernières années de sa courte vie en isolement aux mains des Américains. Hel est maître du hoda korosu, le « tuer à mains nues », parle couramment sept langues et a peaufiné son « sens de proximité » – une capacité surnaturelle à déceler le danger. Il a les talents requis pour être le plus redoutable des assassins, et désormais la CIA a besoin de lui… Les ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
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Et Dieu créa BB.
Non pas la blonde incendiaire qui fit les beaux jours du cinéma français mais Bruce Bond ! Mi- Bruce Lee, mi-James Bond. Dans un éclair de lucidité ou par peur du foutage de gueule à la récré, le tout puissant opta finalement pour Nicholai Hel.

Nan, c'est même pas vrai d'abord. Hel naquit de l'esprit fertile de feu Trevanian qui le mit en scène dans Shibumi. Ah, ah, la feuille recouvre la pierre, c'est encore bibi qui gagne.
Pour la petite histoire, c'est l'agent de Winslow qui initia le projet avec, par la suite, l'assentiment plein et entier d'Alexandra Whitaker, fille de Rodney Whitaker alias Trevanian. Hel pouvait alors ressusciter...

Nous le retrouvons au sortir de trois ans d'emprisonnement dans les geôles américaines.
Un passeport et la promesse d 'une nouvelle vie, voilà le deal pour cette nouvelle mission. Eliminer une éminence grise soviétique en poste à Pékin pour le compte de la CIA. Comme d'hab', si vous ou toi étiez capturé ou tué, le Département d'État nierait avoir eu connaissance...on connait la suite.

Et c'est parti pour un marché de dupe à l'échelle mondiale.
Hel, lui, il s'en fout. Il est ceinture noire pistache au jeu de go, c'est vous dire si la stratégie, il maîtrise. Champion de go fast le gars.

Le Satori consiste en la maîtrise d'un éveil spirituel absolu.
Entre traquenards, trahisons et redoutable limier à ses trousses, Hel n'aura pas vraiment l'occasion de comater plus de 3"8.
Maîtrisant parfaitement les arts de moult martial ainsi que la pratique courante de pas moins de sept langues étrangères, notre agent infiltré assurera le spectacle avec un flegme et une efficacité que n'aurait pas renié Petit Scarabée Carradine.

Satori est un bel exercice de style et un superbe hommage de genre.
S'il est délicat de s'improviser successeur d'un écrivain respecté, Winslow assure cependant la relève avec brio tout en s'inscrivant logiquement dans une ambiance ultra balisée.

Comme une envie subite de dévorer un roman d'espionnage digne de ce nom fleurant bon l'Orient ? Si oui, pas l'ombre d'une hésitation à avoir. Si non, c'est Hel qui va faire la gueule et là, j'aimerai pas être à votre place...

3.5/5
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Offert comme cadeau de Noel, je me devais de découvrir au plus vite Satori de Don Winslow, auteur peu connu mais très talentueux de « La griffe du chien » ou de « Savages » notamment, adapté au cinéma en fin 2012.

Satori est ainsi un roman exotique, dont l'action se déroule en Asie : Japon, Chine et Vietnam. Nicholaï Hel, héros du Shibumi de Trevanian, est donc de retour, sous la plume de Don Winslow. Pour les connaisseurs, ce volume précède Shibumi car Hel est âgé seulement de 26 ans. Winslow a eu l'idée de faire ressusciter Hel dans les années 51 en pleine guerre du Vietnam.

Au Japon, Nicolaï Hel a été emprisonné et torturé par les services secrets américains pour avoir assassiné KishiKawa, son mentor et maitre d'armes. Devenu lui-même expert en arts martiaux, fils d'une russe, Hel parle couramment de nombreuses langues dont l'Anglais, le Français et même le chinois... Il se passionne pour le jeu de go et en tire parti pour établir ses stratégie d'actions.
Haverford, un membre des services secrets des Etats-Unis, souhaite recruter ce jeune homme, fort et intelligent, pour devenir un espion au service des américains. Pour recouvrer sa liberté en échange d'une mission très périlleuse, sa cible à liquider est un haut fonctionnaire russe habitant en Chine. Pour ce faire, Hel va devoir se perfectionner en Français… avec l'aide justement d'une française, nommée Solange, et changer également de visage par de la chirurgie esthétique...

N'ayant pas lu Shibumi ni aucun Trevanian, je me suis plongé dans cet ouvrage en tant que candide absolu. Dès la couverture, j'ai eu l'impression de rentrer dans un James Bond, avec sa James Bond Girl française et des capacités de combat rapproché hors du commun. Et je n'ai pas été déçu du voyage asiatique...

Don Winslow prend son temps pour décrire les coutumes locales, les scènes romantiques ou bien encore les préparations aux joutes de combat, plutôt fatales dans ce roman. Par la suite, on ne s'ennuie pas une seule seconde et l'intrigue est parfaitement ficelée. On s'attache tellement au héros du roman, Nicolaï Hell, que je vais être dans l'obligation de lire Shibumi de Trevanian.
J'incite tout le monde à lire la note de l'auteur à la fin du livre expliquant pourquoi et comment il a réalisé ce roman.

Pour finir, un bon roman dépaysant et plein de romantisme à la sauce Russo-franco-chinoise. A découvrir sans modération, qui plus est pour les passionnés d'Asie et/ou d'arts martiaux. Seul petit bémol, déçu pour la toute fin du roman, un peu bâclée selon moi.

PS : Petite touche scientifique pour les connaisseurs du jeu de go ou de stratégie : ayant travaillé sur la « modélisation des effets et des actions » et la « planification stratégique », j'ai retrouvé des concepts similaires aux stratégies adoptées par Nicolaï inspirées du jeu de Go.
Pour faire vite, il s'agit de trouver des leviers d'effets et d'action dans un système complexe afin de changer l'état ou le comportement des personnes ou objets et des liens qui composent ce système. Par exemple, pour agir sur quelqu'un, vous pouvez attaquer, vous défendre ou bien jouer sur les interactions avec cette personne dans le lieu et dans l'espace-temps.
J'ai été stupéfait par la puissance de ces méthodes de stratégie qui démultiplient les capacités d'analyse du cerveau humain. Si vous n'êtes un adepte de ces concepts, ce n'est pas indispensable du tout pour apprécier ce roman d'espionnage.
Sinon, vous vous prenez au jeu de la stratégie qu'applique Hel pour chaque situation; j'ai beaucoup aimé sa tactique et ses répliques dans la salle de torture avec le chinois ou encore envers le banquier au Vietnam.
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Un thriller d'espionnage, avec un super agent avec un corps de Slave et un esprit de Japonais.

De sa mère russe, il a hérité d'une haute stature et des yeux verts, et de son père asiatique, il a reçu la culture de l'honneur, les arts martiaux et le jeu de go. Il a été emprisonné, mais les épreuves n'ont pu entamer ni sa prestance ni sa volonté de vengeance.

Avec lui, on s'embarque dans un périple de meurtre et de trafic d'armes en Extrême-Orient. La situation est complexe, car il est recruté par les États-Unis, mais au début des années 50, plusieurs pays se disputent le territoire. La Chine et l'Union soviétique veulent entraîner les autres pays dans l'orbite communiste, la France tente de rester en Indochine, alors que la Corée et le Vietnam travaillent à leur indépendance, sans compter le Japon, la Grande-Bretagne et les États-Unis qui veillent aussi à préserver leurs intérêts.

C'est un roman d'action, avec un héros aux talents incroyables, qui a pratiqué ses katas tout seul dans sa cellule, mais qui est capable de tuer efficacement, d'un seul coup de griffe. Il peut aussi utiliser une arme à feu et n'a même pas besoin eu de pratique pour faire mouche!

Notre héros maîtrise aussi plusieurs langues et réfléchit à ses stratégies en imaginant les mouvements de ses adversaires comme un plateau de go. Et ce jeune homme du début de la vingtaine est charmant, honnête, fier et imperturbable, même s'il peut se laisser attendrir et trouver l'amour d'une Solange dotée aussi de capacités étonnantes.

Un roman qui se lit comme on regarde un James Bond. On sait bien que c'est exagéré, mais on peut profiter du décor et des rebondissements. On peut aussi avoir une pensée pour les magouilles de l'espionnage et du contre-espionnage et leur influence sur les conflits mondiaux.
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Quel plaisir de retrouver Nicholaï Hel, le héros si particulier de Trevanian.
Je connaissais les romans de Don Winslow et Trevanian lus au gré de mes envies sans me douter que le premier était comme moi un fan du second.
J'ai adoré Shibumi , le livre de Trevanian, mettant en scène Nicholaï, aussi, c'est avec une curiosité non dissimulée qu'en apprenant que Don Winslow avait écrit un roman sur un épisode de la vie de Nicholaï, je me suis laissée tenter.
Le livre évoque un passage de la vie de Nicholaï esquissé dans Shibumi mais non développé : qu'a-t-il donc fait à sa sortie de prison alors qu'il avait à peine 23/24 ans et pourquoi est-il sorti, quel marché a-t-il bien pu passer.
Je salue l'hommage rendu à Trevanian et à son héros, Don Winslow ne s'en sort vraiment pas trop mal. On retrouve la culture asiatique si chère au héros, les joutes verbales, les tractations politiques et stratégiques, les premières rencontres avec certains personnages secondaires importants de Shibumi tout cela sur fond de jeu de go.
J'ai bien aimé aussi le soin apporté par l'auteur en adaptant les réactions et la sensibilité du héros par rapport à la jeunesse du personnage, tout en gardant sa détermination d'aller au bout de ses engagements car il met un point d'honneur à honorer sa parole.
Ça m'a donné envie de me replonger dans un livre de Trevanian, il m'en reste encore quelques uns à decouvrir.
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Nicholaï Hel, héros du Shibumi de Trevanian, est donc de retour, quelques années après la mort de son créateur, sous la plume de Don Winslow.

Pour ceux qui auraient raté l'épisode précédent, Nicholaï Hel est l'enfant d'une aristocrate russe exilée à Shangaï après l'arrivée au pouvoir des bolcheviks. Assez tôt orphelin, Hel a été en grande partie élevé par un officier japonais qui l'a par ailleurs initié au jeu de go (auquel la lecture de Shibumi comme de Satori ne vous initieront en rien). Emprisonné par les Américains à la fin de la guerre, Hel va devenir un redoutable tueur agissant pour divers services secrets. Shibumi mettait en scène la traque de Hel par un agent américain dans les années 1970 alors qu'il vivait reclus dans un château au Pays basque. Trevanian en profitait pour conter l'enfance et l'initiation de Hel. Il laissait toutefois planer une zone d'ombre sur la vie de Hel au sortir de la Seconde guerre mondiale et au début des années 1950 même s'il évoquait en passant une mystérieuse mission suicide exécutée en Chine.

C'est cette mission qui sert de trame au roman de Don Winslow qui reprend donc le personnage de Hel avec la bénédiction des héritiers de Trevanian. Libéré par les services secrets américains à la condition de mettre ses talents d'assassin à leur service le temps d'exécuter à Pékin un agent russe qui a par ailleurs contribué dans les années 1920 à la ruine de sa mère, le jeune Nicholaï Hel va devoir éviter les multiples chausse-trappes que divers groupes aux intérêts divergents vont poser sur son chemin. Sous la fausse identité que lui a fabriquée la CIA, celle d'un marchand d'arme français, Hel, entraîné à la dégustation du pastis, du coq au vin et des plaisirs de l'amour à la française par une ravissante montpelliéraine, va aussi profiter de sa mission pour assouvir plusieurs vengeances.

La reprise d'un personnage par un nouvel auteur apparaît souvent comme un exercice un peu vain et passe avant tout comme une opération commerciale. Satori n'échappe sans doute pas à la règle et il y a fort à parier que si les héritiers de Trevanian ont voulu ou accepté (cela dépend des versions) que Winslow s'approprie le personnage de Hel, ce n'est pas uniquement par amour de l'art.

Don Winslow a réussi de manière convaincante à fondre son style dans celui de Trevanian sans le caricaturer, du moins jusqu'à une postface bourrée d'humour qui pastiche avec talent celles de Trevanian. Les puristes adeptes de Trevanian (mais je doute qu'ils soient très nombreux) y trouveront sans doute à redire, ce sera peut-être une porte d'entrée vers l'auteur pour ceux qui ne le connaissaient pas encore. de fait, si l'on retrouve sous la plume de Winslow le cynisme vis-à-vis de la politique menée par les États-Unis et le mode de vie américain, on reste bien loin de la misanthropie extrême de Trevanian. Ce qui n'est sans doute pas plus mal tant ce trait qui dominait dans Shibumi ou La sanction pouvait parfois s'avérer lassant. Par ailleurs, Winslow sait maintenir le rythme de son histoire et préserver en même temps quelques moments d'introspection à Nicholaï Hel, ce que Trevanian ne réussissait pas forcément, Shibumi souffrant alors de quelques longueurs qui faisaient parfois retomber un peu le soufflé.

En fin de compte, l'exercice apparaît plutôt comme une réussite. S'il met peut-être un peu de temps à démarrer, le roman trouve ensuite son rythme et comporte son lot de moments de bravoure. Sans en faire un chef-d'oeuvre, Don Winslow nous livre une aventure exotique prenante, agréable à lire, une sorte de Trevanian allégé mais sans doute aussi plus accessible. Un bon moment de lecture.


Lien : http://encoredunoir.over-blo..
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
A chaque pause, pendant la journée, et le soir au camp, Yu réunissait les soldats et leur donnait des cours sur la théorie marxiste et la pensée maoïste.
Voilà le communisme, pensait Nicholaï. Il promet de rendre tout le monde également riche, et, pour finir, il rend tout le monde également pauvre. [...]

Un jour, lors d’une pause, Nicholaï prit dans sa poche un paquet de cigarettes, et en proposa une à Yu.
« Des françaises, observa Yu. Elles sont excellentes, je crois.
- Prends en une. Tu as le droit à un petit plaisir bourgeois de temps en temps. »
Un homme a besoin occasionnellement de l’odeur du péché, songea Nicholaï, sinon il perd son humanité.
« Tu as une femme chez toi ? demanda-t-il à Yu.
- En tant que révolutionnaire, je n’ai pas le temps pour des concepts bourgeois tel que l’amour romantique »

Yu officier chinois, Nicholai l'espion russo-americano-français-... et le communisme
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p.278.
Antonucci avait vu beaucoup de choses dans sa vie. Il avait commencé comme berger, mais avait rapidement décidé qu'une existence passée à travailler pieds nus comme une bête de somme n'était pas fait pour lui. Il avait sauté dans un navire de fret pour l'Indochine, avait débarqué à Saigon, et, en moins de deux ans, le troupeau de filles qu'il maquereautait s'était transformé en un bordel prospère. Il en avait utilisé les bénéfices pour acheter La Croix du Sud, qui se révélait rentable en soi, mais lui servait surtout à blanchir l'argent qu'il gagnait avec Mancini en faisant passer à Marseille de l'héroïne et de l'or.
Il se fournissaient en héroïne directement auprès de l'armée française. Bay Vien en prenait la plus grande partie, mais les Corses achetaient le surplus. Les profits étaient considérables, même après le prélèvement drastique concédé à Bao Dai. Ils utilisaient l'argent pour acheter d'autres clubs, d'autres restaurants, d'autres hôtels. Mancini possédait le Continental et, maintenant, le Majestic ; Luciani le Palace. Avant peu, les Corses auraient le monopole de l'hôtellerie à Saigon. Au lieu de faire de la contrebande de drogue et de devises, leurs enfants, ou tout au moins leurs petits-enfants, seraient restaurateurs ou hôteliers.
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Marcher avec parfois de l’eau jusqu’à mi-taille était épuisant.[…]

Solange, stoïque, ne se plaignait pas, mais elle était visiblement à bout de forces. Ses mollets et ses chevilles étaient coupées par l’herbe-scie, et ses yeux trahissaient son épuisement.

« Ça va ? lui demanda Nicholaï.
-Super. J’ai toujours adoré me promener dans la campagne.»
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J’envisageai donc la possibilité d’écrire un roman précédent Shibumi avec beaucoup d’appréhension. Pour commencer, qu’en penserait la famille Whitaker ? Et comment réagiraient ses légions de fans à l’apparition d’un prétendant au trône ?

Enfin, plus grave encore, parviendrai-je à trouver un moyen fidèle à la substance et au style de l’œuvre de cet homme sans tomber dans un mimétisme choquant et, pour ainsi dire, vain ?

Don Winslow, notes de l'auteur, à la fin de Satori pour justifier l'écriture de ce roman.
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Rodney Whitaker, alias trevanian, avait une voix si personnelle et si puissante que toute tentative de l’imiter ferait passer n’importe quel écrivain pour un second couteau dans un club de théâtre amateur de troisième zone.
[...]
Non seulement, j’admire le travail de Trevanian, mais j’ai la passion de l’Asie, de sa culture, de son histoire, et je ne pouvais résister à l’occasion de combiner ces enthousiasmes divers ?
Je m’assis et rédigeai une lettre d’introduction à la famille Whitaker.
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