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ISBN : 2264062312
Éditeur : 10-18 (04/09/2014)

Note moyenne : 4.03/5 (sur 184 notes)
Résumé :
En 1968, dans un village côtier du Labrador, un enfant mystérieux voit le jour. Ni tout à fait homme ni tout à fait femme, les deux à la fois. Il n’y a que trois personnes qui sachent le secret. Les parents de l’enfant, Jacinta et Treadway, et une voisine, Thomasina, capable de tenir sa langue.

Les parents décident pour l’enfant quel sera son sexe aux yeux de la société. Mais, à mesure qu’il grandira, son autre « nature » refusera de se taire et l’acc... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (69) Voir plus Ajouter une critique
tamara29
  09 novembre 2014
Ce roman parle d'identité, de différences, de tolérance, de notre capacité à regarder et accepter les autres, tels qu'ils sont et non pas tels qu'on souhaiterait qu'ils soient. Ce roman parle d'hommes et de femmes de tous les jours qui nous ressemblent un peu. Avec ces peurs, ces faiblesses, ces failles mais aussi cet amour qui parfois peut rendre plus fort.
Katleen Winter nous raconte l'histoire, fin des années soixante, dans un petit village canadien, d'un enfant né différent : un hermaphrodite. le père prendra la décision de l'opérer et que ce soit un garçon ; un choix que sa mère aurait préféré autre.
Ses parents, pour le protéger du regard des autres, de leur jugement, garderont pendant des années cette différence secrète et, même entre eux, ils n'en reparleront plus pendant longtemps, jusqu'à ce que la nature les rattrape.
On voit ce petit garçon grandir, évoluer, découvrir le monde. En même temps que ses phases d'apprentissage, émergent son caractère, son intelligence, sa sensibilité, ses questionnements, sa propre personnalité et identité.
On aime rapidement cet enfant et, comme ses parents, nous aussi, on veut le protéger des autres. Et on se demande, forcément, ce que nous aurions ressenti, ce que nous aurions fait, comment on se serait comportés ?
Ce roman parle de rencontres, celles qui nous portent, celles qui blessent. de moments de la vie quotidienne, ceux qui marquent, ceux si significatifs de ce qu'on est ou de ce qu'on sera. Ce roman parle de la nature, telle qu'elle est, à la fois rude, sauvage, glaciale mais aussi tellement belle et lumineuse.
C'est fait de solitude aussi, de silence, de mots simples, comme la vie, avec toutes ces joies et ces peines.
C'est un roman plein de justesse, de finesse, de poésie et de beauté. Un roman sur la vie, sur nos vies, avec ces moments douloureux, et ces autres magiques où le coeur palpite. de ces jugements qu'on s'est fait au début du roman sur certains de ces personnages et qu'on découvre peu à peu, au fil des pages, plus complexes et tout autre. Des personnages d'une réelle profondeur, certains qu'on a plaisir à retrouver, d'autres qui nous bouleversent. Une amie, une voisine, un père...
Sans aucun larmoiement, sans aucun voyeurisme, c'est un roman touchant, empli d'émotions et qui ne laisse pas indifférent, tout au contraire.
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Ellane92
  09 octobre 2015
Jacinta et Treadway Blake vivent dans un village perdu du Canada. Lui est trappeur et passe la moitié de l'année à trapper pour ramener viandes et fourrures qui leur permettront de passer l'hiver. En 1949, Jacintha accouche d'un premier enfant qui nait hermaphrodite. le chirurgien de la ville explique à Jacintha qu'une opération règlera le problème. L'enfant sera baptisé sous le nom de Wayne et élevé comme un garçon. Il n'y a que Thomasina, une voisine et amie de la famille qui vient de perdre mari et fille dans un accident de pêche, présente à l'accouchement, qui le surnommera Annabel, du nom de sa petite fille disparue.
Mais Wayne grandit, et sa part féminine resurgit.

Je n'ai pas été convaincue par Annabel. Les choix de l'auteur concernant le passage du temps m'ont paru maladroits (100 pages pour la naissance, puis l'enfant à 5 ans, et l'on ne sait rien de ce qu'il s'y est passé). Or, la construction de l'identité, sexuelle ou non, se fait, à mon avis, au jour le jour.
Le livre est écrit sur un registre factuel et descriptif, presque journalistique. Racontée au présent de l'indicatif, il manque de sentiment et d'émotion. Enfin et surtout, je n'ai pas compris l'objectif de l'auteur : il me semble que n'importe quel enfant, dans cet environnement géographique et familial, aurait connu des difficultés pour se construire : une situation isolée, une mère dépressive qui n'arrive pas à faire le deuil de sa fille, un père absent dont la rare présence se limite à faire correspondre son enfant aux canons de la virilité... On sait tous aujourd'hui la portée destructrice du secret de famille, surtout lorsque ce qui est caché a trait au mystère de la naissance de l'enfant.
Peut-être l'idée de K. Winter était d'arriver à montrer que "l'hermaphrodite" est un être humain comme les autres. Moi, je n'en doutais pas, alors 600 pages sur le sujet, c'est long, et j'en viens à me dire que d'autres personnages auraient peut-être plus mérité de porter le livre : Thomasina par exemple, une femme pas comme les autres, ou Wallie, la petit compagne aux cordes vocales lacérées qui rêvait de chanter.
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michfred
  06 juillet 2015
Annabel est très différent de Middlesex dont il reprend le thème, l'hermaphrodisme. Très loin de la flamboyance amusée et ironique de Middlesex, où la malformation génétique de Calliope alias Cal se raconte comme un mythe grec qui se serait quelque peu "drag queenisé" au contact du Nouveau Monde, et qui passe en revue les grandes dates de l'histoire américaine et de la diaspora grecque et arménienne...
Annabel est un livre du grand Nord, ancré dans la nature sauvage et peu hospitalière du Labrador. Un livre secret, apparemment simple comme le bouquet de fleurs du Labrador offert à Wally par Wayne à la fin du livre.
Un bouquet fait de" feuilles de thé au dessous orangé" et aux "ombelles blanches" qui , une fois cassées, dégagent un parfum violent et capiteux, mêlé à" la pourpre asymétrique du rhododendron sauvage", aux " droséras et sarracénies carnivores et dangereuses"..Un bouquet moins simple et moins anodin qu'il n'en a l'air.
Annabel est un livre qui parle à l'oreille des trappeurs.
Un livre profond et rustique à la fois, qui saisit la poésie des choses ordinaires: les patates qui germent, les pieds qui pèlent, le bois à corder, les fleurs à crocheter. Mais aussi les ponts à habiter, les partitions à chanter, les danses à danser, les nages à synchroniser.. comme l'amour paternel, conjugal, filial si souvent à contre-temps!
C'est un livre qui parle sans mélo, sans drame mais avec une attention pudique et sensible du trouble intime , du vertige intérieur d'un corps qui ignore sa propre "monstruosité" et la découvre peu à peu, et du trouble extérieur que le poids d'un secret et celui du silence font peser sur toute une famille.
Wayne est né fille et garçon. Son père décide qu'il sera un fils, sa mère regrette sa fille secrète, la voisine, Thomasina, lui donne en secret le nom d'Anabel, sa fille disparue.Tous, avec la meilleure foi du monde, aiment Wayne-Anabel comme ils le peuvent, et l'empêchent d'être ce qu'il est en le rêvant autre qu'il naît.
Wayne, lui, -ou elle- hésite, souffre, devine, découvre, espère, choisit, regrette, désespère...
Comme les choses, les objets, comme la nature si présente dans le récit, les personnages aussi ont une réelle épaisseur: on vibre donc à l'écoute de cette histoire d'une reconnaissance chorale - sans jamais jeter l'anathème sur aucun d'eux.
Ni sur le père, pas aussi homme des bois qu'il n'y paraît, ni sur la mère pas aussi lâche, ni sur la voisine pas aussi fugueuse, et encore moins sur Wayne, pas aussi paumé, pas aussi perturbé par ce que son corps lui apprend de lui, et qui sait toujours trouver un point d'appui ou d'écoute pour affiner sa quête d'une identité difficile.
Un beau livre, poétique, dense et bien écrit, parfois triste mais jamais pesant, toujours confiant dans la nature -qu'elle soit humaine ou non.


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Sando
  23 février 2015
En tout homme et en toute femme réside une part du genre opposé. Mais chez Wayne, cette féminité prend une autre dimension... Né hermaphrodite et opéré peu après sa naissance pour tenter d'effacer cette difformité, le désormais jeune garçon a grandi dans l'ignorance la plus complète de sa double sexualité. Par peur de la différence et du rejet Jacinta et Treadway, ses parents, ont décidé de taire cet étrange secret, ne laissant que Thomasina, la meilleure amie de sa mère, dans la confidence.

Mais au fur et à mesure qu'il grandit dans cette petite bourgade au nord du Canada, Wayne sent croître en lui cette double identité et peu à peu, sa part féminine tente de prendre le dessus. Jusqu'au jour où la terrible vérité éclate…

L'hermaphrodisme… Kathleen Winter s'empare d'un sujet délicat et peu commun pour en faire quelque chose de tendre, de beau et d'émouvant. Avec des mots simples et néanmoins minutieusement choisis, elle nous dépeint le quotidien de cette famille qui se délite, rongée par les non-dits. Un père aimant mais maladroit, qui peine à comprendre et à établir un lien avec son fils, une mère rongée par le doute et la culpabilité d'avoir pris la mauvaise décision. Seule Thomasina, l'amie bienveillante semble assumer sa vision des choses, incarnant la liberté et l'ouverture d'esprit. Mais il n'est pas facile de se détacher du regard des autres, lorsque l'on vit dans un petit village où tout le monde se connait et s'épie…

Les personnages imaginés par Kathleen Winter sont forts et attachants par leur profonde bonté, leur désir d'agir au mieux malgré leurs failles et leurs faiblesses. Ils se déploient au fur et à mesure, gagnant en profondeur et en intensité. La nature quant à elle est omniprésente. Elle prend vie sous la plume de l'auteur, se révélant avec une magnificence à la fois sauvage, impitoyable et d'une incroyable richesse. « Annabel » est un magnifique roman, plein de charme et de poésie sur l'identité et la différence. Un texte à la fois fort et sensible, rempli de finesse et d'élégance qui invite à l'ouverture d'esprit, à la tolérance et à sortir de nos préjugés. Un récit à lire absolument et dont on sort grandi !

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yva63
  13 septembre 2013
Pas de résumé pour commencer ce petit billet: ça ne donne pas toujours envie de lire la suite quand on connait déjà l'histoire..
C'est le genre de livres qu'on offre aux amis avec qui on aime partager les belles choses. Vous avez compris: "Annabel" est un coup de coeur !
Bref résumé quand même: Un enfant naît hermaphrodite, nous sommes dans les années 60, au fin fond du Labrador. le décor est planté: le"problème" ( la différence), le conteste (l' époque, le lieu) et, au fil des pages, nous allons vivre avec William dont on a voulu faire un garçon, mais dont l' alter ego Annabel se manifeste par mille signes.
Sujet délicat qui fait craindre le trash, le voyeurisme ou le mélo.: ce n'était manifestement pas le propos de l'auteur. C'est un livre pudique mais qui n'élude rien, même le plus terrible. Les personnages , gens simples, dépassés par la situation, sont finalement de "belles personnes" dont l'attitude va évoluer au cours du récit. La nature omniprésente ( très belles descriptions) y joue sa partition en influençant émotions et sentiments.
J'ai vraiment ressenti une émotion indéfectible à la lecture de ce roman que je recommande à tous car il traite en fin de compte du thème universel du droit à la différence et ne vous laissez pas rebuter par la photo de couverture qui, à mon humble avis, est plutôt moche ! ! !
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Les critiques presse (1)
Telerama   06 mars 2013
On a tous un roman un peu rare, un peu bizarre, totalement à part, qu'on offre à ceux qui semblent le mériter. Un livre cher qu'on partage avec les personnes dignes de confiance [...] Annabel fait partie de ceux-là. Sitôt ouvert, il vous emplit d'une émotion indéfectible
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations & extraits (24) Voir plus Ajouter une citation
irwingeltimeirwingeltime   13 octobre 2017
Assis l'un contre l'autre dans le fauteuil de Treadway, Jacinta et Wayne se lisent à tour de rôle des passages des livres de A.A. Milne et de Lewis Carroll que Jacinta a apportés au Labrador dans un recoin de sa malle. Ca doit ressembler à ça d'avoir une fille, songe Jacinta, mais elle enfouit cette pensée au plus creux d'elle-même. Elle ignore ce qui pourrait faire le plus de tort : laisser cette nappe souterraine jaillir librement à la surface ou la priver d'eau graduellement jusqu'à ce qu'elle finisse par se tarir.
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irwingeltimeirwingeltime   13 octobre 2017
Les aurores boréales offrent un spectacle inhabituel de rose assorti de turquoise et d'argent. En temps normal, Treadway garerait le camion sur le bas-côté pour descendre les admirer. Ses parents et ses grands-parents vouaient au mystère des aurores un respect qui a aujourd'hui disparu. Les anciens observaient les aurores avec la même attention que les enfants anglais qui, couchés dans les prés, observaient les nuages pour y lire le sens de leurs rêves. De la musique descendait du ciel à l'époque. Seuls les vieux l'entendent encore aujourd'hui. Treadway, même s'il a vingt ans de moins que la plupart de ceux qui n'ont pas perdu l'ouïe, a déjà entendu la complainte. Mais il ne l'entend pas cette nuit.
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irwingeltimeirwingeltime   13 octobre 2017
-Non. Quand je chante, je le fais pour quelqu'un. Je ne sais pas encore qui, mais ce n'est pas M. Ollerhead.
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Alice_Alice_   21 octobre 2014
- Vous vouliez vraiment devenir une danseuse de ballet?
(...)
- Je dansais toute seule dans la cuisine quand il n'y avait personne. Si tu pouvais espionner ce qui se passe dans toutes les maisons de Saint-Jean , et de l'île de Terre-Neuve par la même occasion, et dans celles du monde entier pendant qu'on y est, tu y verrais des femmes danser toutes seules. Les hommes n'en ont aucune idée. Tu fais probablement partie des trois ou quatre douzaines d'hommes qui le savent sur cette terre. Parce que je te l'ai dit. Mais tu es encore un jeunot. Tu as le temps d'oublier.
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VanessaVVanessaV   01 mars 2015
A Croydon Harbour, il n'y a nulle part où fuir la luminosité d'une journée d'hiver ou l'éclat aveuglant d'une journée d'été.Nulle part où se tapir en secret dans l'ombre, en compagnie de ses rêves. Et si vous êtes en panne de rêves ou si vous les avez perdus, aucun écran argenté ne vous aidera à les retrouver ou vous chuchotera comment en fabriquer de nouveaux. Il faut se débrouiller tout seul, à Croydon Harbour. Au chapitre de l'imagination, on est livré à soi-même et c'est ce que désirent la plupart des habitants de l'endroit. C'est pour cette raison qu'ils sont venus ici, ceux qui arrivaient de pays comme l’Écosse, l'Angleterre et même les États-Unis; ils sont venus ici pour oublier les rêves collectifs d'un vieux monde et s'enorgueillir de leurs empreintes de pas sur un sol que n'avaient foulé avant eux que les peuples autochtones et le caribou sauvage. A cette époque, si vous apparteniez aux peuples Innu ou Inuit, vous n'aviez nul besoin de cinéma. Le cinéma était une de ces illusions créées par l'homme blanc pour compenser sa propre cécité. Cet homme blanc qui, par exemple, ignorait que la vie palpite à l'intérieur des pierres. Imaginez!
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Videos de Kathleen Winter (14) Voir plusAjouter une vidéo
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Petite vidéo pour vous présenter les 5 livres qui m'ont fait pleurer.
- le Seigneur des Anneaux, Tolkien : http://mademoisellecordelia.fr/comment-tolkien-a-bouleverse-ma-vie - Nos étoiles contraires, John Green : http://mademoisellecordelia.fr/lectures-de-juin - Boys don't cry, Malorie Blackman : http://mademoisellecordelia.fr/lectures-de-septembre - le faire ou mourir, Claire-Lise Margnier : https://www.youtube.com/watch?v=r8fba9E5Mv0 - Si loin de toi, Tess Sharpe - Annabel, Kathleen Winter : https://www.youtube.com/watch?v=9751aH6vPtE - le Trône de Fer, GRR Martin : https://www.youtube.com/watch?v=Yldv5crYZKg
Et retrouvez moi : https://www.facebook.com/mademoisellecordelia https://twitter.com/MlleCordelia http://mademoisellecordelia.fr/
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