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EAN : 9782264062314
480 pages
Éditeur : 10-18 (04/09/2014)

Note moyenne : 4.02/5 (sur 242 notes)
Résumé :
En 1968, dans un village côtier du Labrador, un enfant mystérieux voit le jour. Ni tout à fait homme ni tout à fait femme, les deux à la fois. Il n’y a que trois personnes qui sachent le secret. Les parents de l’enfant, Jacinta et Treadway, et une voisine, Thomasina, capable de tenir sa langue.

Les parents décident pour l’enfant quel sera son sexe aux yeux de la société. Mais, à mesure qu’il grandira, son autre « nature » refusera de se taire et l’acc... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (77) Voir plus Ajouter une critique
latina
  09 mars 2018
« Lorsque l'enfant parait, le cercle de famille applaudit à grands cris », nous a clamé Victor Hugo.
Mais ici, lorsque le bébé de Jacinta et de Treadway nait, il y a comme une gêne. Oh, bien sûr, personne n'en saura rien, à part Thomasina, la sage voisine qui a accouché la jeune mère. C'est elle qui « se plaçant comme un arc bienveillant » au –dessus de Jacinta, lui révélera l'anomalie.
Mettons tout de suite un mot sur cette anomalie : il s'agit de l'hermaphrodisme.
Si Jacinta accepte cela, son mari par contre est bloqué. Non, il ne faut pas que le reste de la communauté « sache », non, l'enfant ne doit pas côtoyer les autres muni de ses 2 sexes. Quelle honte, quelle infamie ! Et pourtant, Treadway est foncièrement gentil, mais il a peur. Lui qui sillonne plusieurs mois par an ses lignes de trappe, - nous sommes au Labrador, et les grands espaces sont le domaine des hommes pendant que les femmes restent seules à la maison - , il est incapable de communiquer ce qu'il ressent. Mais une chose est sûre pour lui : ce bébé doit avoir l'apparence d'un garçon. Et c'est parti pour l'opération, les pilules...
Nous suivons pas à pas l'évolution du bambin qui se révélera très sensible, très ouvert au monde et à l'art. Attentive et aimante, Jacinta fait preuve d'une grande psychologie envers son enfant.
Thomasina veille...
C'est à l'adolescence que la paix relative se brisera et provoquera une onde de choc.
Ce roman très pur, plein de lumière et de silence, de musique et de beauté, raconte le heurt entre la vie rêvée et la réalité. Chacun, à sa manière, doit faire front. Et c'est difficile, très difficile. La deuxième moitié du roman est d'ailleurs beaucoup plus dure et sombre souvent dans la noirceur.
Ce roman nuancé et subtil raconte l'intime face à une société conservatrice et millénaire.
Il raconte la difficulté d'être, pour tous.
Il raconte les joies, les peurs et les rêves d'un jeune tiraillé entre ses deux facettes.
Finalement, il atteint l'universel.
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Annette55
  11 avril 2018
'C'est l'histoire d'un enfant qui , en 1968, au sein d'un bourg côtier du Labrador, au Canada , naît , ni garçon ni fille : Hermaphrodite.......seuls ses parents , et Thomasina, une voisine très proche sont au courant .
On décide de faire opérer l'enfant : ce sera Wayne-----le choix du père-----
C'est un livre fin , rare,qui prend un relief particulier dans ces contrées ancrées dans la nature sauvage, froide et inhospitalière du Labrador avec ses coutumes et ses rituels, ce qui confère encore plus de mystère .........
L'auteur nous fait partager , sans pathos , avec une tendresse et une grâce sans pareils, tout au long, avec dignité , émotion et doigté , l'évolution de Wayne, le rapport qu'il entretient avec son corps, ses souffrances , ses doutes, ses espérances, ses choix à l'adolescence, il n'a personne à qui se confier ........entre un père incapable de communiquer, taciturne, qui chérit la nature sauvage , qui se fond presque en elle et une mère aimante , à l'écoute , qui perdra parfois ses repères et l'énergie qui était la sienne .......
On sent le vertige , le trouble intérieur d'un corps qui ignore sa différence et la découvre peu à peu ......., la détresse et la tristesse de Wayne ........
Ce que j'ai surtout apprécié c'est la façon dont l'auteur décrit sans juger, sans nous imposer quelque message que ce soit ni sa propre vision ........
Le style poétique est imagé .L'écriture délicate , intimiste, précieuse nous fait découvrir la force du corps sur le psychisme .
La pudeur dont l'auteur use pour décrire son personnage est remarquable .
C'est une oeuvre totalement originale , un texte hors du commun, élégant et sensible qui nous invite à la réflexion et à la tolérance, à sortir de notre méfiance et de nos préjugés , à propos de la perception de la "Différence ".
Une oeuvre pétrie de lumière qui conte les désillusions, les peurs et les doutes d'un jeune homme très courageux tiraillé par sa double identité !
Je remercie l'amie de Babelio ( elle se reconnaîtra ) qui m'a incitée à acheter ce livre rare , à part .
Un ouvrage à relire , qui restera longtemps dans nos mémoires !
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BillDOE
  26 juillet 2019
Sa naissance a lieu dans la région du Labrador au Canada, en mars 1968. Jacinta, sa mère, met au monde l'enfant dans sa baignoire, assistée de sa meilleure amie, Thomasina. Lorsque cette dernière la libère, elle constate que le nouveau-né est hermaphrodite.
Son père, Treadway, décide qu'il sera un garçon et qu'il s'appellera Wayne. Sa mère nommera l'enfant, ma fille, dans l'intimité, et Thomasina, Annabel, du nom sa fille décédée auparavant.
Kathleen Winter raconte l'histoire de cette personne avec une intelligence rare, une vérité naturelle, une simplicité qui enlève tout envie de contester ou d'être scandalisé, qui annihile toute répulsion. Il n'est pas question de sensationnalisme, ni d'en faire un drame. Non, le drame c'est plutôt les autres.
C'est l'histoire d'un enfermement, celui d'une fille prisonnière du corps de garçon que lui ont façonné la science des traitements hormonaux et d'un père, ancré dans sa lutte pour la survivance au milieu d'un monde hostile, à la logique darwinienne. Dans ce monde-là, la troisième possibilité est obligée de se frayer un chemin sous couvert d'anonymat, silencieusement. La dualité des identités est consentie, acceptée. Il y a connivence entre Annabel et Wayne. La fille et le garçon coexistent et apprennent à se découvrir au fil des années.
Thomasina décrit parfaitement cette troisième possibilité :
« Je n'appellerais pas ça une maladie. J'appellerais ça une différence. Une différence signifie une tout autre manière d'être. Ça pourrait être fantastique. Ça pourrait être d'une incroyable beauté si les gens n'avaient pas si peur. »
« Annabel » de Kathleen Winter fait partie des rencontres heureuses que l'on peut faire en tant que lecteur. Il enrichit un débat qui n'a jamais autant été présent dans notre société, celui des identités et du caractère schizophrénique de chaque individu.
Un roman que je recommande vivement.
Traduction de Claudine Vivier.
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tamara29
  09 novembre 2014
Ce roman parle d'identité, de différences, de tolérance, de notre capacité à regarder et accepter les autres, tels qu'ils sont et non pas tels qu'on souhaiterait qu'ils soient. Ce roman parle d'hommes et de femmes de tous les jours qui nous ressemblent un peu. Avec ces peurs, ces faiblesses, ces failles mais aussi cet amour qui parfois peut rendre plus fort.
Katleen Winter nous raconte l'histoire, fin des années soixante, dans un petit village canadien, d'un enfant né différent : un hermaphrodite. le père prendra la décision de l'opérer et que ce soit un garçon ; un choix que sa mère aurait préféré autre.
Ses parents, pour le protéger du regard des autres, de leur jugement, garderont pendant des années cette différence secrète et, même entre eux, ils n'en reparleront plus pendant longtemps, jusqu'à ce que la nature les rattrape.
On voit ce petit garçon grandir, évoluer, découvrir le monde. En même temps que ses phases d'apprentissage, émergent son caractère, son intelligence, sa sensibilité, ses questionnements, sa propre personnalité et identité.
On aime rapidement cet enfant et, comme ses parents, nous aussi, on veut le protéger des autres. Et on se demande, forcément, ce que nous aurions ressenti, ce que nous aurions fait, comment on se serait comportés ?
Ce roman parle de rencontres, celles qui nous portent, celles qui blessent. de moments de la vie quotidienne, ceux qui marquent, ceux si significatifs de ce qu'on est ou de ce qu'on sera. Ce roman parle de la nature, telle qu'elle est, à la fois rude, sauvage, glaciale mais aussi tellement belle et lumineuse.
C'est fait de solitude aussi, de silence, de mots simples, comme la vie, avec toutes ces joies et ces peines.
C'est un roman plein de justesse, de finesse, de poésie et de beauté. Un roman sur la vie, sur nos vies, avec ces moments douloureux, et ces autres magiques où le coeur palpite. de ces jugements qu'on s'est fait au début du roman sur certains de ces personnages et qu'on découvre peu à peu, au fil des pages, plus complexes et tout autre. Des personnages d'une réelle profondeur, certains qu'on a plaisir à retrouver, d'autres qui nous bouleversent. Une amie, une voisine, un père...
Sans aucun larmoiement, sans aucun voyeurisme, c'est un roman touchant, empli d'émotions et qui ne laisse pas indifférent, tout au contraire.
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michfred
  06 juillet 2015
Annabel est très différent de Middlesex dont il reprend le thème, l'hermaphrodisme. Très loin de la flamboyance amusée et ironique de Middlesex, où la malformation génétique de Calliope alias Cal se raconte comme un mythe grec qui se serait quelque peu "drag queenisé" au contact du Nouveau Monde, et qui passe en revue les grandes dates de l'histoire américaine et de la diaspora grecque et arménienne...
Annabel est un livre du grand Nord, ancré dans la nature sauvage et peu hospitalière du Labrador. Un livre secret, apparemment simple comme le bouquet de fleurs du Labrador offert à Wally par Wayne à la fin du livre.
Un bouquet fait de" feuilles de thé au dessous orangé" et aux "ombelles blanches" qui , une fois cassées, dégagent un parfum violent et capiteux, mêlé à" la pourpre asymétrique du rhododendron sauvage", aux " droséras et sarracénies carnivores et dangereuses"..Un bouquet moins simple et moins anodin qu'il n'en a l'air.
Annabel est un livre qui parle à l'oreille des trappeurs.
Un livre profond et rustique à la fois, qui saisit la poésie des choses ordinaires: les patates qui germent, les pieds qui pèlent, le bois à corder, les fleurs à crocheter. Mais aussi les ponts à habiter, les partitions à chanter, les danses à danser, les nages à synchroniser.. comme l'amour paternel, conjugal, filial si souvent à contre-temps!
C'est un livre qui parle sans mélo, sans drame mais avec une attention pudique et sensible du trouble intime , du vertige intérieur d'un corps qui ignore sa propre "monstruosité" et la découvre peu à peu, et du trouble extérieur que le poids d'un secret et celui du silence font peser sur toute une famille.
Wayne est né fille et garçon. Son père décide qu'il sera un fils, sa mère regrette sa fille secrète, la voisine, Thomasina, lui donne en secret le nom d'Anabel, sa fille disparue.Tous, avec la meilleure foi du monde, aiment Wayne-Anabel comme ils le peuvent, et l'empêchent d'être ce qu'il est en le rêvant autre qu'il naît.
Wayne, lui, -ou elle- hésite, souffre, devine, découvre, espère, choisit, regrette, désespère...
Comme les choses, les objets, comme la nature si présente dans le récit, les personnages aussi ont une réelle épaisseur: on vibre donc à l'écoute de cette histoire d'une reconnaissance chorale - sans jamais jeter l'anathème sur aucun d'eux.
Ni sur le père, pas aussi homme des bois qu'il n'y paraît, ni sur la mère pas aussi lâche, ni sur la voisine pas aussi fugueuse, et encore moins sur Wayne, pas aussi paumé, pas aussi perturbé par ce que son corps lui apprend de lui, et qui sait toujours trouver un point d'appui ou d'écoute pour affiner sa quête d'une identité difficile.
Un beau livre, poétique, dense et bien écrit, parfois triste mais jamais pesant, toujours confiant dans la nature -qu'elle soit humaine ou non.


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critiques presse (1)
Telerama   06 mars 2013
On a tous un roman un peu rare, un peu bizarre, totalement à part, qu'on offre à ceux qui semblent le mériter. Un livre cher qu'on partage avec les personnes dignes de confiance [...] Annabel fait partie de ceux-là. Sitôt ouvert, il vous emplit d'une émotion indéfectible
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (31) Voir plus Ajouter une citation
Annette55Annette55   10 avril 2018
"Le processus d'éloignement survient dans toutes les familles restreintes composées d'un mére, d'un pére et d'un enfant unique. Tôt ou tard s'ouvre pour chaque enfant un monde nouveau, peu importe la qualité de l'amour qui régne au sein du foyer ......
Amour profond , amour raté, amour compliqué, amour qui s'efforce de garder un enfant au chaud sous des couches de peur ou de prudence. Un beau jour, les couches commencent à tomber......"
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Alice_Alice_   21 octobre 2014
- Vous vouliez vraiment devenir une danseuse de ballet?
(...)
- Je dansais toute seule dans la cuisine quand il n'y avait personne. Si tu pouvais espionner ce qui se passe dans toutes les maisons de Saint-Jean , et de l'île de Terre-Neuve par la même occasion, et dans celles du monde entier pendant qu'on y est, tu y verrais des femmes danser toutes seules. Les hommes n'en ont aucune idée. Tu fais probablement partie des trois ou quatre douzaines d'hommes qui le savent sur cette terre. Parce que je te l'ai dit. Mais tu es encore un jeunot. Tu as le temps d'oublier.
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VanessaVVanessaV   01 mars 2015
A Croydon Harbour, il n'y a nulle part où fuir la luminosité d'une journée d'hiver ou l'éclat aveuglant d'une journée d'été.Nulle part où se tapir en secret dans l'ombre, en compagnie de ses rêves. Et si vous êtes en panne de rêves ou si vous les avez perdus, aucun écran argenté ne vous aidera à les retrouver ou vous chuchotera comment en fabriquer de nouveaux. Il faut se débrouiller tout seul, à Croydon Harbour. Au chapitre de l'imagination, on est livré à soi-même et c'est ce que désirent la plupart des habitants de l'endroit. C'est pour cette raison qu'ils sont venus ici, ceux qui arrivaient de pays comme l’Écosse, l'Angleterre et même les États-Unis; ils sont venus ici pour oublier les rêves collectifs d'un vieux monde et s'enorgueillir de leurs empreintes de pas sur un sol que n'avaient foulé avant eux que les peuples autochtones et le caribou sauvage. A cette époque, si vous apparteniez aux peuples Innu ou Inuit, vous n'aviez nul besoin de cinéma. Le cinéma était une de ces illusions créées par l'homme blanc pour compenser sa propre cécité. Cet homme blanc qui, par exemple, ignorait que la vie palpite à l'intérieur des pierres. Imaginez!
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michfredmichfred   06 juillet 2015
Lorsque Treadway ressent le besoin de parler, il s'adresse à une nyctale boréale qu'il a rencontrée quand il avait dix sept ans. Lui et la chouette boréale partagent certaines caractéristiques physiques. Tous deux sont de petite taille comparativement aux autres membres de leur espèce.Tous deux possèdent un corps compact, rond, fiable mais à première vue sans grâce. La nyctale boréale est l'un des oiseaux les plus discrets et les plus modestes qui soient.
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claraetlesmotsclaraetlesmots   18 juin 2013
Thomasina sent monter une colère qu'elle n'a pas ressentie depuis longtemps. Les angoisses d'un enfant ne sont pas celles d'un adulte. Elle le rongent et cette souffrance n'est pas vraiment nécessaire. Pourquoi les adultes croient-ils les enfants capables incapables d'entendre la vérité ? Pourquoi s’obstinent-ils à refiler à leurs enfants les mensonges que leurs propres parents leur ont refilés, alors qu'il se souviennent sûrement de la détresse qu'ils avaient ressentie quand ils pleuraient tout seul dans leur lit, en proie à des peurs que personne n'avait pris la peine des les aider à surmonter ?
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