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ISBN : 2366299311
Éditeur : Actusf (04/10/2018)

Note moyenne : 3.85/5 (sur 20 notes)
Résumé :
Amérique. De nos jours. Ou presque.

Ils sont quatre. Quatre États du Sud des États-Unis à ne pas avoir aboli l'esclavage et à vivre sur l'exploitation abjecte de la détresse humaine. Mais au Nord, l'Underground Airlines permet aux esclaves évadés de rejoindre le Canada. Du moins s'ils parviennent à échapper aux chasseurs d'âmes, comme Victor. Ancien esclave contraint de travailler pour les U.S. Marshals, il va de ville en ville, pour traquer ses frère... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
boudicca
  11 janvier 2019
1861. Abraham Lincoln est assassiné alors que débute tout juste la Guerre de Sécession opposant les états du nord à ceux du sud des États-Unis. Profondément choqués par cette disparition, les deux camps décident de mettre rapidement fin au conflit et adoptent pour se faire un nouvel amendement à la Constitution. Ce treizième amandement stipule que le Congrès n'a désormais en aucun cas le pouvoir de légiférer sur l'esclavage et que son abolition ou son maintien est une décision qui doit être prise à l'échelle de chaque état. Libre donc à l'Alabama, au Missouri, à la Caroline ou encore à la Louisiane de continuer à asservir les populations noires sous son contrôle, et cela sans qu'aucun des états voisins ne lève le petit doigt. Plus d'un siècle plus tard, les États-Unis comportent ainsi toujours quatre états esclavagistes dans lesquels les Noirs triment dans les usines et les champs sous la supervision des Blancs. On ne parle plus d'esclaves, toutefois, mais plutôt de TA (comprenez « travailleurs affiliés »), une terminologie moins connotée qui laisse à penser à un statut revalorisé. Il n'en est toutefois rien, et Victor est bien placé pour le savoir. Après être parvenu à fuir l'exploitation dans laquelle il avait grandi et à gagner le Nord du pays, cet ancien TA n'aura pas pu profiter bien longtemps de sa liberté retrouvée. Repéré par une agence gouvernementale, le voilà forcé depuis des années à travailler en tant que « chasseur d'âme », autrement dit à traquer les esclaves en fuite afin de les livrer aux autorités. Si la plupart de ses missions se déroulent d'ordinaire sans accros et s'achèvent inévitablement par l'arrestation du fugitif, la dernière affaire qu'on lui a confié lui donne du fil à retordre. A priori banale, son enquête va très vite mettre en lumière un certain nombre d'anomalies mettant en cause le gouvernement lui-même.
Véritable page-turner, le roman de Ben H. Winters happe le lecteur dès les premières pages sans plus le relâcher. On retrouve ici tous les éléments caractéristiques du thriller : un rythme haletant du début à la fin, de nombreux rebondissements, beaucoup de scènes de tension, et bien évidemment un bon nombre de mystères qu'il tarde au lecteur de voir élucider. On pourrait reprocher au roman quelques scènes un peu tirées par les cheveux et quelques facilités scénaristiques, mais l'ensemble reste tout de même bien orchestré, même si certains aspects sont abordés de manière trop expéditive. le récit nous est rapporté à la première personne par le protagoniste, le chasseur-d'âme Victor, qui nous expose sans chercher à se justifier ou se dédouaner en quoi consiste son rôle dans l'arrestation des esclaves en fuite. En dépit de sa profession, qui incite immédiatement le lecteur à le ranger dans la catégorie des ordures, le personnage parvient peu à peu à attendrir tant grâce à sa sincérité qu'à une dureté de façade dont on devine bien vite qu'elle témoignage davantage d'une douleur profondément enfouie que d'un véritable manque d'empathie. Ce héros nuancé est sans aucun doute l'une des plus grandes réussites du roman qui comprend également d'autres beaux portraits (quoique moins étoffés que celui du protagoniste), à commencer par le personnage de Martha, mère célibataire rongée par la disparition de son compagnon, ou encore celui plus effacé encore mais néanmoins très émouvant de Jackdaw. Ben Winters échappe d'ailleurs avec succès à un écueil pourtant fréquent dans ce type de récit en n'opposant par les gentils abolitionnistes aux méchants esclavagistes : il y a des salauds dans les deux camps, et ce n'est pas parce que la cause défendue est juste que tous les moyens pour y parvenir doivent être tolérés ou que tous ceux qui la défendent sont des saints.
L'aspect le plus intéressant du roman de Ben Winters reste toutefois la manière dont il aborde cette Amérique uchronique, ainsi que les parallèles effectués avec celle que nous connaissons aujourd'hui. C'est particulièrement visible dans la première partie du roman qui se déroule au nord du pays, c'est-à-dire dans des états où les Noirs n'ont, à priori, pas à s'inquiéter de leur couleur de peau. La situation telle que dépeinte par notre narrateur fait toutefois état d'une toute autre réalité. Racisme, ségrégation, inégalité devant la loi, réponses disproportionnées des forces de polices… : l'Amérique que nous décrit le personnage n'a en fait guère de différences avec celle que l'on connaît, ce qui renforce évidemment le propos du roman. Difficile de ne pas être révolté face à la description de certains comportements, moins ceux des Blancs, d'ailleurs, que ceux des Noirs, forcés pour se protéger à singer attitude de servitude (ne jamais regarder un Blanc dans les yeux, ne pas répondre à un policier, se laisser fouiller sans aucune raison…). La violence telle que présentée dans le roman est ainsi moins physique que sociétale, et nous incite évidemment à nous interroger sur notre propre société, son hypocrisie et ses compromis impardonnables. L'auteur aborde par exemple la question des vêtements ou des aliments fabriqués par des esclaves dans les états du sud et la volonté de certains citoyens de boycotter ces produits. Une initiative louable mais qui, dans les faits n'a que peu d'impact, les grandes entreprises de distribution rendant presque impossible la traçabilité des marchandises qui peuvent tout à fait se retrouvées estampillés « propres » (sous entendu « non produites par des esclaves ») alors que ce n'est absolument pas le cas. La situation telle que vécue par les esclaves au sud du pays est elle aussi évoquée mais de manière plus brève. On retrouve évidemment de nombreuses références au contexte du XIXe : les punitions, l'éparpillement des familles, l'Underground Railroad (un réseau clandestin utilisé par les esclaves pour rallier les pays du nord et auquel le titre du roman est évidemment un clin d'oeil)...
Ben Winters signe avec « Underground Airlines » un bon page-turner et une uchronie captivante qui permet de mettre en lumière la situation des Noirs aux États-Unis, non seulement à l'époque de l'esclavage mais aussi et surtout aujourd'hui. A noter qu'une adaptation télévisée serait apparemment en préparation…
Lien : https://lebibliocosme.fr/201..
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Horizon_du_plomb
  31 octobre 2018
« Pour lui, c'est aux blancs de se charger des sauvetages. Les noirs, eux, tout ce qu'ils ont à faire, c'est serrer les fesses et attendre qu'on vienne les chercher. Il a ce que j'appelle la mentalité de l'oiseau moqueur. »
Un livre qui me rappelle que j'ai toujours Underground railroad et American war à lire un jour mais, bon, vous, lecteurs habituels, connaissez comme moi cette liste de livres qu'on veut lire mais dont on ne trouvera jamais le temps d'une vie pour lire. En tout cas, merci aux éditions ActuSF et Babelio pour ce beau cadeau.
« Quelque chose dans ce boulot javellisait le monde. »
« C'est ça, c'qu'ils font. C'qui ne leur convient pas ou ce dont ils n'ont rien à foutre, ils l'utilisent, ils le tuent ou l'enterrent et après ça, ils n'y pensent plus. Vous comprenez ? »
On pourrait penser avoir affaire à un livre un peu fantaisiste inspiré de l'underground railroad, un peu comme le film récent tiré de faits réels: « BlacKkKlansman ». Il n'en est rien. De même, à ceux qui rêveraient d'évasion uchronique ou de traque hollywoodienne le sourire aux enjoliveurs, sachez qu'on a affaire ici à un livre dur. Pas nécessairement violent mais vraiment dur. Il n'y a d'ailleurs pas vraiment d'humour dans les pages si ce n'est avec certains clichés ou aussi légèrement dans la seconde partie. C'est aussi un bouquin qui prend son temps, pas simplement pour dévoiler le contexte mais aussi pour inscrire une condition, pour laisser une marque tatouée sur la peau du lecteur.
« C'était facile pour un homme comme le père Barton de prendre position contre l'esclavage. Facile et utile. Gratifiant même. D'autant plus que jamais il n'aurait à le subir dans sa chair. »
Comme d'autres romans subjectifs sur l'esclavage, on suit le narrateur Victor, un enquêteur ni noir ni blanc comme il le dit lui même. En tant qu'agent infiltré, on l'imagine sans peine version Denzel Washington ou Jamie Foxx (pas vraiment Samuel L Jackson) tant ses talents de mimétisme sont grands. Le bouquin nous fait d'ailleurs découvrir sa vie parallèlement à son enquête. Victor est un sorte d'automate ravageur, rouage efficace du système. On a l'impression qu'il se perd dans son travail pour mieux oublier sa condition, que son jeu d'identités le corrompt de l'extérieur. Les fils de la toile complexe de l'affaire qu'il va suivre vont lui arracher chacun de ses masques inexorablement.
« Trouver son étoile et la suivre jusqu'au bout, exactement comme le faisaient déjà les fugitifs au bon vieux temps de l'esclavage. »
« Sur le mur d'à coté, on pouvait voir une femme d'une quelconque ethnie d'Asie du Sud-Est, en train d'attraper une pile de serviettes dans son placard, pile qu'un esclave noir au sourire placidement servile lui tendait de l'autre coté du mur, comme s'il livrait lui même les serviettes de coton. »
Ce qui fonctionne bien, c'est que le monde est vraiment jumeau du nôtre. Winters aurait pu faire une métaphore sur le racisme avec des extra-terrestres ou même parler du racisme dans un temps futur comme cela a été déjà fait mais, non, il écrit le maintenant sur un autre réel (uchronie). Du coup, cela renvoie à plus de problématiques de sociétés, cela nous renvoie plus à nous-même. On sent comme les évènements récents aux E-U l'ont influencé. Comme « Exit West », on s'attache plus aux développements du contexte, plus à ce climat créé qui influence les vies humaines qu'à l'intrigue en elle même qui est pourtant relativement bien ficelée. Le livre nous parle du contrôle social, d'hypocrisie, en particulier ces dérives qui se traduisent en termes techniques anonymes comme « coût du travail bas ».
« Quand ils pensent à l'esclavage, les gens continuent à voir les fouets, les chiens, les colliers à pointes et toutes ces horreurs. Mais on n'en est plus là. C'est le XXIe siècle ! Tu vois là-bas. (…) ici, on est dans un complexe conçu sur un modèle incitatif, tu comprends ? (…) »
La seconde partie est moins bonne que la première, semble bâclée, en tout cas elle m'a parue bâclée, même parfois trop facile. Elle illustre les dérives que l'on sait et, paradoxalement, c'est là qu'on voit un peu poindre aussi de l'humour et aussi un non sens du sérieux. N'empêche, cela laisse un sentiment de non abouti sur le livre.
« J'ai un secret pour toi, écoute-moi bien, c'est important (…) On vient du futur. »
« La seule chose pire que l'esclavage : ce petit moment d'espoir qui s'évanouit d'un coup. »
«  Qu'êtes vous censés faire de cette information ? La garder bien au chaud au creux de votre main, comme un caillou ? Ou bien la lâcher de ce perchoir et la regarder tomber ? Ou alors vous l'avalez parce qu'elle vous reste au travers de la gorge jusqu'à votre dernier souffle ? »
Comme d'autres dystopies, ce monde-temps qui parait différent du nôtre pourrait nous rejoindre dans un futur suite à des pressions globalisantes. L'existence n'est là qui si on prend le temps de la rupture, le temps de la ressentir et la vivre liberté. Donc, continuons à surveiller la liberté et à lancer l’alerte si nécessaire.
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Audrele
  03 décembre 2018
J'ai reçu ce roman à l'occasion d'une Masse critique.
J'avais déjà aimé Dernier meurtre avant la fin du monde du même Ben H. Winters. Underground airlines est une uchronie, l'esclavage n'a pas été aboli partout aux États-unis, il perdure encore dans 4 états. C'est l'enfer pour 3 millions de personnes.
Victor/Jim est noir, il a vécu en tant qu'esclave pendant plusieurs années et s'est évadé. Maintenant vivant dans les états libres du Nord, il recherche un esclave évadé qui attend un vol vers le Canada. Underground airlines fait référence au circuit clandestin de libération des esclaves qui existait à l'époque. Mais l'histoire ne prend pas du tout le chemin attendu.
C'est un bon roman plein de rebondissements. Ben H. Winters en profite pour parler du racisme, pour réfléchir sur les États-Unis et sur la nature humaine. Victor/Jim est un personnage complexe qui n'a pas eu le choix de sa vie jusqu'à maintenant. Il n'est pas vraiment libre.
Ben H. Winters décrit un système d'esclavagisme terrible qui rapporte des milliards en toute légalité. Et on fait le rapprochement avec les travailleurs indiens, chinois, vietnamiens ou autres qui fabriquent nos vêtements dont les conditions de travail sont souvent difficiles.
Le mode de vie occidental a des conséquences sur la vie d'autres personnes à plusieurs milliers de km, un peu d'éthique sur nos étiquettes ne ferait pas de mal.
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Xapur
  23 décembre 2018
Bienvenue (ou pas…) dans des Etats-unis dans lesquels l'esclavage n'a pas été aboli. On n'est en effet dans une uchronie, une trame temporelle où Lincoln a été abattu avant la ratification du XIII ème amendement, où la Guerre de Sécession (que les américains appellent Civil War) n'a pas eu lieu et où quatre états ont décidé de maintenir l'esclavage des Noirs. Aussi, lorsque l'un d'eux arrive à s'échapper, les marshals lancent-ils à ses trousses un chasseur.
Nous suivons l'eux d'un, Victor, un ancien esclave qui s'est mis au service de la Loi. Contre une liberté toute relative, mais aussi parce qu'il a un implant permettant de le localiser et susceptible de le tuer sur ordre de son superviseur. Une autre forme d'esclavagisme, en quelque sorte. Victor, comme il'a fait des dizaines de fois, approche le réseau qui a aidé un homme à fuir d'une plantation de coton. Mais cette fois, tout ne va pas se passer si facilement, et il va vite comprendre que le dossier qu'on lui a transmis est incomplet et que ce n'est pas un « simple » esclave qu'il doit traquer…
Le personnage de Victor porte le roman. Très bon chasseur, surdoué pour la traque, froid et désabusé, il veille à ne pas s'attacher à ceux qu'il croise et à se concentrer sur sa mission. Tout en chassant de sa tête les démons de son passé d'esclave dans un abattoir (on connaîtra progressivement les conditions – terribles – de sa fuite). Et c'est donc avec horreur qu'il va devoir retourner dans un des états du Sud, et nous montrer ainsi la vie telle qu'elle est vécue là-bas par les Noirs.
Une plongée terrifiante, le pire étant les conditions de vie des « travailleurs », avec une main d'oeuvre « optimisée » et exploitée, notamment pour la production de vêtements (pourquoi aller en Chine quand il y a aux USA des « travailleurs » bien moins chers ?!). En filigrane, l'auteur brosse aussi le tableau d'une Amérique partiellement raciste, et les compromis entre les états abolitionnistes et leurs voisins, certes dérangeants mais aussi fournisseurs potentiels. Dans le contexte actuel du pays, on n'est hélas pas toujours très éloigné de cette autre réalité.
Le titre du roman est une allusion au Underground Railroad (que personnellement je ne connaissais pas), « un réseau de routes clandestines utilisées par les esclaves noirs américains pour se réfugier au-delà de la ligne Mason-Dixon et jusqu'au Canada avec l'aide des abolitionnistes qui adhéraient à leur cause » comme le dit si bien Wikipédia. Ici, il n'y a pas de lignes aériennes, mais un réseau de passeurs qui s'efforcent de rester le plus discrets possibles.
On reprochera peut-être au roman quelques longueurs ou une résolution finale un brin trop facile mais c'est chipoter un peu car avec un contexte passionnant (même si glaçant), un personnage principal très bien caractérisé et quelques questions de fond, que l'uchronie permet d'aborder, Underground Airlines se révèlent être un très bon roman, de ceux qu'on ne lâche pas une fois commencés et qui font réfléchir une fois reposés.
A noter aussi la postface de Bertrand Campeis, co-auteur érudit du Guide de l'Uchronie.
Lien : https://bibliosff.wordpress...
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Dup
  27 mars 2019
De cet auteur, j'ai déjà à mon actif sa trilogie Dernier meurtre avant la fin du monde. Je me souviens que Lune l'avait qualifié de polar apocalyptique et c'était tout à fait ça (moi et les étiquettes...). J'avais vraiment apprécié cette lecture. Avec Underground Airlines, Ben H. Winters change la donne et se lance dans une uchronie d'envergure : la Guerre de Sécession n'a jamais eu lieu, Lincoln a été abattu avant la ratification du XIIIe amendement. L'esclavage perdure donc dans quatre États du sud des États-Unis : les Hard Fours.
Nous suivons Victor, qui est Noir et vit dans le Nord. Son boulot consiste à traquer les esclaves qui réussissent à s'évader afin de les renvoyer à leur propriétaire. Pas besoin de mettre des guillemets, c'est réellement ça. Sauf que l'on comprend très vite qu'il n'a pas le choix Victor. Il en faisait partie, il a été chopé, marqué, pucé et travaille pour le gouvernement… en laisse comme il dit. Soit il fait ce job, soit il retourne à la chaîne dans les abattoirs Bell d'où il vient.
L'auteur adopte la première personne du singulier et nous place ainsi dans la tête de Victor. On partage toutes ses réflexions les plus intimes, tous ses états d'âme et l'empathie est totale pour ce personnage torturé. C'est véritablement poignant.
Mais on n'a pas vraiment le temps de pleurer sur son sort. Lui non plus d'ailleurs, sauf lors de ses longues insomnies. Parce que ce roman est construit comme un véritable thriller et les pages s'enchaînent à une vitesse frénétique. Ce roman de 426 pages, je l'ai avalé en deux soirées, la plupart du temps avec la gorge serrée. C'est dur, c'est brut de décoffrage, c'est parfaitement adapté au sujet.
Victor est sur un nouveau dossier, le cas Jackdaw, le 212e… Il fait comme si, mais il se souvient de tous. C'est un très bon enquêteur, doublé d'un excellent acteur, capable de changer de personnalité comme de look en un tour de main. Et dans ce dossier Jackdaw, rien ne va. Il va devoir infiltrer l'Underground Airlines, cette filière qui se charge d'exfiltrer des esclaves fugitifs vers le Canada. Et pire, il va devoir retourner dans ce Sud honnis. Les retournements de situation sont légion et on tremble plus d'une fois pour lui. Il sera aidé par Martha, une jeune mère célibataire qu'il a rencontré dans le dernier hôtel où il était basé. Elle a un gamin, un métis… le père était un fugitif, il a été repris. Pas par Victor non, mais c'est tout comme pour la conscience de ce dernier.
Alors bien sûr c'est une uchronie, mais on ne peut pas s'empêcher de faire le rapprochement avec ce qui se passe aujourd'hui aux États-Unis, ou la majorité de la population noire reste en marge de la société. Où leurs droits sont plus souvent bafoués qu'à leurs tours. Où le président Trump ferme les yeux sur les agissements du Klu Klux Klan comme dernièrement...
Underground Airlines est un roman puissant, chargé en émotions et doublé d'un thriller d'une rare efficacité. Entièrement porté par un antihéros charismatique qui cherche à se montrer à nous sous son plus mauvais jour pour supporter sa honte, pour encaisser la peur qui le ronge h24. Ce roman m'a toute retournée et j'ai eu bien du mal à passer à autre chose une fois refermé. Je ne peux que vous conseiller, moi j'en fais un gros coup de coeur. Prévoir juste une phase de digestion post-prandiale délicate !
Lien : http://bookenstock.blogspot...
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critiques presse (1)
SciFiUniverse   04 décembre 2018
Ben H. Winters nous propose ici un thriller uchronique tendu et prenant dans lequel quatre Etats américains n'ont jamais aboli l'esclavage. Vous voici à suivre Victor, un chasseur d'âmes, un homme noir qui en retrouve d'autres pour le compte des US Marshalls.
Lire la critique sur le site : SciFiUniverse
Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
Charybde2Charybde2   21 octobre 2018
Je fis de mon mieux pour faire bonne figure pendant notre rapide dîner, ne levant pas les yeux de mon assiette, de mon sandwich, de mon coleslaw et de mon thé glacé. Dieu seul sait ce que j’avais espéré. Une chose est sûre, je ne m’étais pas imaginé que cet homme – ce gamin – irait prendre sur ses épaules le fardeau de ma souffrance. Que le cas de Gentle l’émouvrait au point de se ruer vers le Sud, flingues à la main, ou qu’il irait mettre sur pied une équipe de gros bras pour investir de force une mine de bauxite de Caroline. Je ne m’étais pas attendu non plus à le voir dégainer son portable et battre le rappel dans les rangs de l’armée des abolitionnistes.
Tout d’abord, parce qu’une telle armée n’existe pas. Tout le monde sait ça. Enfin, tous ceux qui ont un peu de jugeote. Pas d’Underground Airlines, du moins pas comme on pourrait l’imaginer. Pas de bases de commandement secrètes perdues dans les sables des déserts du Nouveau-Mexique, comme dans ce navet qu’ils avaient sorti il y a quelques années. Pas de groupes paramilitaires équipés d’hélicoptères de combat et de bombes incendiaires, qui attendraient que quelque mystérieux général abolitionniste leur ordonne de passer à l’action.
Pourtant, il y avait bien des missions de récupération. Des sauveteurs. Mais c’était au coup par coup. Des raids éclair menés par des commandos de nordistes, assez fous ou gonflés pour attaquer les Hard Four et ramener des gens vers la liberté. Des actions ciblées, des petites équipes, organisées en cellules, chacune traçant sa propre route le long de l’Underground Airlines. Tout ce qu’il fallait, c’était connaître la bonne personne. Et cet homme, ce père Barton, était justement censé être la bonne personne. Celui qu’il fallait suivre. Tous ceux que j’avais rencontrés jusqu’à présent m’avaient dit que là-bas, dans l’Indiana, à Indianapolis, c’était le père Barton de Sainte-Catherine l’homme à contacter.
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Charybde2Charybde2   21 octobre 2018
Le centre communautaire ne devait pas être beaucoup plus grand qu’une maison de Monopoly, et il était aussi vieux que le péché. Peut-être même aussi vieux qu’Adam et Ève.
Sauf le cadenas. En laiton et qui, lui, avait l’air flambant neuf.
Je souriais tout seul dans mon coin en notant le numéro de téléphone, assez content de moi d’avoir remarqué ce détail. Content – avec un simple reçu de distributeur automatique – d’être remonté jusqu’à la banque, puis au centre, à Ruben et à cette porte. Content, en somme, d’être arrivé jusque)là avant même que Bridge n’ait pu me communiquer le dossier complet. C’était le plaisir de la découverte, la satisfaction du travail bien fait.
Et c’est bien ça le problème quand on fait le boulot du Diable. C’est qu’il peut aussi être gratifiant. Sacrément gratifiant.
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Charybde2Charybde2   21 octobre 2018
Nous avions aussi droit à notre petite polémique locale autour d’une initiative caritative appelée « Le Placard de Suzie » : des gens se rassemblant dans des arrière-salles d’églises pour envoyer des colis dans les plantations avec dedans des couvertures, des barres chocolatées, des trucs du genre. Ils étaient tout d’abord aller interviewer un travailleur social qui militait pour la cause des SDF et qui se demandait pourquoi notre attention devait se tourner vers le Sud, alors « qu’il y avait tellement de souffrance à notre porte ». Puis ça avait été le tour d’un porte-parole des Black Panthers qui avait dénoncé une campagne « d’améliorationnisme béat », reprochant à Suzie sa naïveté. Ce que j’avais trouvé un peu dur, étant donné que la gamine n’avait que neuf ans, après tout.
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SpilettSpilett   21 juin 2019
C'était ça ma vie, mon destin, être l'outil de quelqu'un. Peu importe qui.
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Charybde2Charybde2   21 octobre 2018
Aucun amendement futur apporté à la Constitution ne saurait affecter les cinq articles précédents. De plus, aucun amendement apporté à la Constitution ne saurait autoriser ou investir le Congrès du pouvoir d’abolir l’esclavage ou de légiférer en la matière dans l’un des quelconques États où ces dispositions législatives sont, ou pourraient être, autorisées ou permises. (Extrait du XVIIIe amendement de la Constitution des États-Unis. Il s’agit du dernier des six amendements qui, en complément des quatre résolutions du Congrès, constituent ce que l’on appelle le Compromis Crittenden, soumis par le sénateur du Kentucky, John J. Crittenden, le 18 décembre 1860 et ratifié par le Congrès le 9 mai 1861.)
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Videos de Ben H. Winters (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Ben H. Winters
Le mardi 6 novembre 2018, la librairie Charybde (129 rue de Charenton 75012 Paris - www.charybde.fr ) avait le plaisir d'accueillir Ben H. Winters, à l'occasion de la publication de son roman "Underground Airlines" aux éditions ActuSF, dans une traduction d'Éric Holstein.
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