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EAN : 9782491347024
Éditeur : Babouche Oreill (30/08/2020)

Note moyenne : 4.07/5 (sur 7 notes)
Résumé :
Le camion accélère. On roule, vite, vite, vite. Toujours plus vite.
Mes idées sont confuses. J'essaie de me raccrocher aux images du passé. Elles défilent dans ma tête : une minuscule poupée de chiffon derrière laquelle Manolita tente de se cacher tout entière. Les yeux couleur d’été de mon père, brûlant de révolte. Les perles du chapelet de ma mère autour d'un fil prêt à se rompre. Je m'époumone, mais personne ne m’entend. Une marée humaine déferle sur la vi... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
djdri25
  12 septembre 2020
Les jours de poudre jaune est un beau récit dans lequel des voix s'entrecroisent pour raconter l'exil d'une famille espagnole durant la guerre civile d'Espagne. Ce roman est basé sur des faits réels ; Isabelle Wlodarczyk a longuement interviewé la famille avant d'écrire ce texte, elle en fait une biographie romancée.
Les voix du passé sont celles de la famille Machado dont Paquita l'héroïne, sa petite soeur Alexandrine et leurs parents. Ces voix témoignent de l'exil, l'errance, les souffrances, les doutes sur un avenir plus qu'incertain.
C'est sous les éclats de bombe et dans la précipitation que Paquita et sa famille quittent Amposta en Catalogne où ils mènent une vie tranquille et heureuse. Longtemps Paquita se souviendra de son enfance heureuse bercée par l'amour de ses parents, les jeux avec ses soeurs, les chants de sa grand-mère, les promenades au bord de la rivière, la paëlla et le riz rouge.
Comme dans tous les exodes, les membres de la famille vont être séparés c'est alors que l'angoisse, la peur, la douleur de la perte des êtres chers s'installent. Ils vivent tous dans l'incertitude de se retrouver un jour dans cet exode qui n'en finit pas et où les êtres sont ballotés d'une ville à l'autre, d'une terre à l'autre. C'est en France que les exilés espagnols vont trouver refuge au gré des arrestations du père révolutionnaire et des haltes dans le froid, la faim, la crasse, le rejet, la crainte de l'étranger et particulièrement des anarchistes espagnols qui font peur aux autorités.
Pendant longtemps Paquita taira la douleur de l'exil, mais la voix va s'élever dans un cri de révolte et témoignera des conditions dans lesquelles ces exilés, réfugiés en France, leur terre d'exil ont vécu.
Ce roman constitue un témoignage intéressant sur les conditions de vie réelles des réfugiés espagnols ayant fui leur pays durant la dictature de Franco en Espagne, le musellement des voix révolutionnaires, de la résistance et de toutes celles qui s'opposent au fascisme et à la dictature. L'émotion est là aussi pour dire la douleur de l'exil pour chacune des voix qui prend le récit en charge.
Dans ce texte les bombardements de Guernica sont peu évoqués, ce n'est pas le sujet principal. L' écriture est simple et abordable pour les jeunes et tous ceux qui souhaitent lire le vécu émouvant de cette famille.
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Dervla3012
  19 octobre 2020
Livre reçu dans le cadre de la Masse Critique Babelio (Septembre 2020 – Littérature)
De quoi ça parle ?
Amposta, Espagne, durant la Guerre Civile. La petite Paquita, du haut de ses onze ans, contemple son village et voit son pays se diviser à cause des querelles politiques. Au fil de ce récit inspiré d'histoires véridiques, le lecteur perçoit tantôt par les yeux de cette enfant et tantôt par ceux des membres de sa famille, la vie et le quotidien ravagés par une lutte fratricide.
Les franquistes et les républicains s'opposent ouvertement désormais. Même jusqu'au sein des foyers. Au bout de longues années de conflit, l'inévitable se produit : Franco s'apprête à remporter le combat et les « Rouges » sont forcés de fuir. La guerre paraît toucher à sa fin, les idéaux révolutionnaires sont piétinés et les combattants doivent rendre les armes. Comme le dit si bien Antonio, le père de la protagoniste :
« […] je viens de redevenir un individu alors que depuis trois ans j'étais un homme.
Le jour naît et je sens que les fils de la nuit viennent de mourir. »
Paquita et toute sa famille sont obligées de quitter le pays. Au cours de ce périple, la jeune fille va être forcée de voyager seule et de se débrouiller par elle-même. La guerre va finir mais l'inconnu demeurera toujours : comment vit-on lorsqu'on est enfant, après une telle expérience ?
« L'avenir ressemble à un lit de hasards ».
Mon avis :
J'ai lu ce roman de 230 pages avec facilité, en une semaine seulement, malgré un rythme soutenu de travail et de cours. En somme, c'était ce qu'il me fallait en cette période chargée : ni trop long, ni trop court et d'une lecture aisée.
Rentrons néanmoins dans le vif du sujet. Comme en témoignent les 4 étoiles que je mets au livre, sa lecture a été une belle expérience pour moi. Je mentirais même si j'affirmais ne pas avoir failli verser une larme, mais j'évoquerai cela en temps voulu.
Les personnages :
Il n'est pas facile de rencontrer des protagonistes possédant ne serait-ce qu'un soupçon de profondeur. Beaucoup de personnages ne servent qu'à combler un vide : ils font progresser l'action, un point c'est tout.
Dans Les jours de poudre jaune cependant, la surprise a été agréable. Les personnages sont intéressants : ni trop parfaits, ni trop méchants. Certains sont égoïstes, d'autres naïfs, ainsi ils construisent un tableau réaliste. Quoique parfois un peu trop romancé.
Je pourrai reprocher l'extrême maturité de l'héroïne, Paquita, qui a seulement 11 ans. L'auteure place dans sa bouche des paroles désabusées et désillusionnées qui n'y semblent pas tout à fait à leur place. Toutefois, la guerre force à grandir rapidement et cette gravité peut donc trouver une explication rationnelle. À titre d'exemple, voici un échantillon des paroles de l'enfant :
« Il n'y a plus de solidarité entre les hommes, même dans la mort. Et moi, je pars jouer à faire l'enfant pour y semer les graines d'un nouveau genre humain. »
Les péripéties :
Les actions s'enchaînent rapidement, sur un rythme soutenu. le lecteur ne s'ennuie pas et ne se pose pas trop de questions, se laissant guider par la narration. C'est intéressant et émouvant. Certains passages portent même aux larmes, ce qui ne m'arrive pas souvent !
Toutefois, on perçoit la conscience de l'auteure en arrière-plan. On a l'impression d'entendre des questions tourner en boucle dans la tête de la narratrice : « Ces longues attentes ne vont-elles pas ennuyer le lecteur ? le silence et l'absence d'émotions ne sont-ils pas trop déroutants ? » Parfois, les faits sont un peu montés en épingle, modelés, afin que leur importance n'échappe pas au lecteur, qui n'avait sans doute pas besoin de ces précautions pour s'en rendre compte.
le contexte historico-politique :
La description du quotidien de la guerre, des échecs, de l'exil et de toutes leurs conséquences est vraiment très réussie. Je connais peu de choses sur la guerre civile espagnole, si ce n'est les informations de base. Ce roman a donc été pour moi des plus enrichissants.
Les deux camps sont clairement dépeints : les « Rouges » et les franquistes, l'un bon, l'autre mauvais. L'un juste, l'autre inhumain :
« le rouge du foulard attaché autour de nos cous, un bout de tissu qui voudrait conquérir le monde et dire le bonheur d'être libre. Une étoffe pour laquelle les plus courageux mourront étranglés, un bâillon sur nos bouches. ‘Rojos', comme un deuxième nom, un baptême de la République. »
« Je me retourne et je remarque un chien qui nous suit. Il n'appartient à personne. Il erre librement. C'était un des nôtres sans doute, un Rojo. Je crains qu'une vie commune ne nous lie désormais.
Nous, les chiens rouges de l'Espagne. »
Bien évidemment, il est impossible, dans cette histoire, de prendre le parti de la dictature de Franco. Ce régime a été horrible et Les jours de poudre jaune le montre très clairement.
Je dirais toutefois que cette affirmation aurait pu être montrée avec plus de subtilité : la réalité n'est jamais aussi tranchée. Ici, nous n'avons que le point de vue des républicains, mais peut-être aurait-il été intéressant de décrire aussi l'opinion du camp ennemi ?
le style d'écriture :
Le style d'Isabelle Wlodarczyk est toujours très soigné et poétique, recourant à de belles métaphores. Parfois, cependant, la syntaxe m'est apparue trop enjolivée, voire un peu lourde, même si c'est une impression générale d'élégance qui domine.
Bien que les idées présentées ne soient pas nouvelles ou révolutionnaires, certains thèmes majeurs sont évoqués à travers de belles images élégamment développées. En voici quelques extraits :
« Il se baisse, attrape une poignée de terre d'Espagne, en respire l'odeur comme s'il tenait entre ses mains le plus grand trésor de l'humanité et la fourre dans sa poche. »
Ce motif récurrent de la terre, des origines et des ancêtres, reviendra maintes fois par la suite :
« J'ai conservé sa terre dans un pot d'argile. Je la soulève parfois, du bout des doigts. Elle est sèche et plus vieille que moi. […]
Le moment venu, c'est elle qui nous ensevelira. »
Un grand merci à l'équipe Babelio ainsi qu'aux Éditions Babouche à Oreille pour cet envoi !
https://lirelandoulerevedunemontmartroise.wordpress.com/2020/10/19/les-jours-de-poudre-jaune-disabelle-wlodarczyk/
Lien : https://lirelandoulerevedune..
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Valmyvoyou_lit
  06 octobre 2020
Paquita est une petite fille de onze ans. Elle vit en Espagne, à Amposta. Dès sa conception, elle a appris à se cacher. D'abord, dans le ventre maternel, puis pendant les deux premières années de sa vie : son existence a été dissimulée aux parents de sa mère. Elle est le fruit de Francisca qui a reçu une éducation catholique et d'Antonio, un anarchiste. Elle grandit sous le franquisme, avec la peur que son père soit arrêté. Un jour, ce dernier annonce à ses trois filles et à sa femme qu'il faut partir. Chacune a peu de temps pour prendre ce qui est important pour elle. Commence alors la route de l'exil. « Dans cette tragique file indienne, les silences disent plus que les mots. » (p. 37) Les bombardements, l'épuisement, la faim, le froid et la peur accompagnent la famille, puis vient la séparation. Paquita est confiée à une colonie, dans l'espoir qu'elle mange à sa faim. Paquita ne dit rien, elle obéit. Quand reverra-t-elle ses petites soeurs, Alexandrine et Manolita ? Ses parents et ses grands-parents ?

La fuite, encore. Il faut évacuer la colonie, avec l'espoir d'atteindre la frontière française. Cette frontière qui reste fermée, les Français ne veulent pas de ces réfugiés. « C'est curieux d'être enfermés dehors, chez soi, d'être prisonniers dans son pays et de souhaiter si ardemment franchir cet espace, aller de l'autre côté, où pourtant, on n'espère rien. » (p. 66) Paquita garde l'espérance de retrouver les siens, mais ne sait pas comment les chercher.

Pendant trois ans, l'auteure a mené des recherches et a rencontré Paquita et ses proches. Les voix s'entremêlent : au milieu du récit de Paquita, son père, sa mère et sa soeur Alexandrine racontent leurs souvenirs au sujet de ces épreuves. Ils confient leurs peurs, leurs chagrins, mais surtout leur envie d'être ensemble. Les chapitres sont courts, le texte est épuré, juste l'essentiel est dit, ce qui permet à ce livre d'être lu par de jeunes lecteurs. Ce sont les perceptions et les émotions qui ressortent. Aujourd'hui, Paquita a quatre-vingt-douze ans et grâce au travail d'Isabelle Wlodarczyk, elle redonne vie à cette petite fille, qui, à onze ans, avait « l'impression d'avoir vécu sa vie d'adulte et toute la gravité qui lui est associée. » (p. 220), qui avait envie de s'amuser, d'être enfin une enfant. J'ai été très émue par Les jours de poudre jaune.

Je remercie sincèrement Babelio, les Éditions Babouche à oreille et Isabelle Wlodarczyk pour l'envoi de ce livre dédicacé.

Lien : https://valmyvoyoulit.com/20..
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domeva
  06 octobre 2020
J'ai découvert cette histoire dans le cadre de Masse Critique de Babelio et je remercie le groupe de m'avoir choisie.
Ce roman a pour cadre la guerre civile en Espagne. Il parle de l'amour au sein d'une famille qui va être contrainte à l'exode pour échapper aux représailles du nouveau pouvoir.
La séparation des membres du noyau familial va exacerber les sentiments de chacun en créant des manques. L'exode vers la France ne sera pas une réussite ,le pays ne voyant pas d'un très bon oeil l'arrivée du père révolutionnaire ,par peur de la contagion, sans doute.
L'auteur nous fait vivre des moments souvent douloureux, partager cette volonté de surmonter les difficultés à travers le ressenti des membres de la famille qui font des rencontres positives ou néfastes au gré de leurs parcours.
On sent que le père est déchiré à l'idée de ce qu'il fait vivre aux siens, que la mère est prête à tout pour l'amour de son mari et de ses enfants.
Ce roman écrit grâce à une documentation réunie patiemment et efficacement par l'auteur ,ne m'a pas totalement convaincue .Je me suis parfois perdue dans l'agencement des chapitres et je n'ai qu'épisodiquement ressenti de l'empathie pour les personnages. Pour moi, il manque un peu de "chair" autour de" l'ossature" mais j'ai tout de même pris du plaisir à le lire.
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Manika
  29 janvier 2021
Paquita, 11 ans, et sa famille sont contraints de fuir leur village en Espagne sous le régime de Franco. C'est alors un long voyage semé d'embuches dans le froid, la peur, la faim, sous les bombardements et l'arrivée dans ce nouveau pays dont ils ne parlent pas la langue et qui ne les accueille pas les bras ouverts.
Nous suivons tour à tour, les différents membres de cette famille d'abord Paquita, puis son père, sa mère et ses soeurs, prennent la parole pour raconter leur exil. Peu à peu on comprend ce qu'ils ont fui, et surtout pourquoi le père a pris cette décision.
En racontant l'histoire de Paquita, je pense que les ados (public visé) sauront s'identifier et s'intéresser à cette page d'histoire méconnue, et en suivant les membres les uns après les autres on comprend mieux les pourquoi et les comment.
Cette construction donne une histoire non linéaire et ouvre un bel éventail de points de vue.
Un roman passionnant.
Lien : http://keskonfe.eklablog.com..
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
djdri25djdri25   10 septembre 2020
Depuis des années à présent, je suis le témoin muet des fusillades, des règlements de compte fratricides, des bombardements qui font trembler le ciel. C'est tout un pays qui se bat entre soi, entre voisins, entre frères, entre cousins. Comme si d'un coup une immense clôture avait divisé l’Espagne. La coupure n'est pas nette. elle serpente entre les maisons, au sein des foyers. Elle creuse les haines dans les familles.
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djdri25djdri25   10 septembre 2020
Mes deux sœurs me rejoignent. Toutes les trois on écoute nos parents chanter, sans rien dire, sans interrompre ce moment de grâce, cet amour fou qui les lie l'un à l'autre et que l'on n'ose jamais profaner.
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djdri25djdri25   10 septembre 2020
Le rouge du foulard attaché autour de nos cous, un bout de tissu qui voudrait conquérir le monde et dire le bonheur d'être libre. Une étoffe pour laquelle les plus courageux mourront étranglés, un bâillon sur nos bouches.
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Valmyvoyou_litValmyvoyou_lit   06 octobre 2020
C’est curieux d’être enfermés dehors, chez soi, d’être prisonniers dans son pays et de souhaiter si ardemment franchir cet espace, aller de l’autre côté, où pourtant, on n’espère rien.
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djdri25djdri25   10 septembre 2020
Franco et Hitler envient toujours plus d'armes et la force de nos idéaux ne peut plus rien contre les bombes. Nous en sommes réduits à tuer des curés de campagne, à tuer les membres de ta famille. Nous étions des idéalistes, nous voici des assassins.
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