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ISBN : 2267025930
Éditeur : Christian Bourgois Editeur (06/02/2014)

Note moyenne : 3.77/5 (sur 11 notes)
Résumé :
L'auteure de Trame d'enfance et de Cassandre écrivit cette brève histoire au début de l'été 2011, quelques mois avant sa mort. Elle la dédia à son mari, l'écrivain Gerhard Wolf. Elle s'attache au personnage d'August, orphelin de huit ans, rencontré peu après la fin de la Seconde Guerre dans un château transformé en sanatorium de fortune. Christa Wolf, alors âgée de dix-sept ans, réfugiée des territoires de l'est, y fut soignée. August éprouva pour la jeune fille, Li... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Lmargantin
  11 janvier 2018
Ils n'ont été ensemble que quelques mois dans un sanatorium de l'ex-Allemagne de l'est. En 1946, elle était une jeune fille et lui encore un enfant. Que s'est-il passé pour que, si longtemps après, l'amie d'August devenue un écrivain célèbre ait ressenti le besoin de raconter cette rencontre ?
Christa Wolf a écrit le court récit August quelques mois avant de mourir, comme si elle avait voulu clore son oeuvre sur l'évocation de cet enfant de dix ans qui, un demi-siècle plus tôt, l'avait choisie comme protectrice. August a réellement existé, ce que relate Gerhard Wolf dans la postface : orphelin probablement né en Prusse-Orientale, le garçon s'est attaché à la jeune femme qui a su se faire respecter dans le château transformé en sanatorium, et par la suite il n'oubliera pas Christa Wolf à laquelle il écrira des lettres signées « ton homme chéri ». Dans Trames d'enfance publié en 1976, August apparaît pour la première fois dans l'oeuvre de l'écrivain: c'est un enfant légèrement attardé, sachant à peine lire et écrire, moqué par les autres enfants.
Dans cet ultime récit, c'est un vieil homme qui se souvient. August est devenu chauffeur de bus et conduit un groupe de retraités de Dresden à Berlin où il habite. Pendant tout le trajet, il va repenser à sa vie, en saisir le déroulement à partir de ces mois au sanatorium à rechercher l'amour et la protection de celle qui s'appelle Lilo dans le récit. C'est dans un château menaçant que leur relation évolue : le garçon observe d'abord de loin la jeune fille qui aide les infirmières, il suit à ses côtés l'évolution de la maladie chez plusieurs très jeunes pensionnaires. Lilo les assiste et les soutient, elle leur récite des poèmes – notamment le fameux Roi des Aulnes de Goethe – et chante aussi avec eux. August est parfois jaloux quand il la voit passer trop de temps avec d'autres enfants, il voudrait ne l'avoir que pour lui.
A chacune de ces quarante pages, on admire la précision et la virtuosité de l'auteur qui passe des émotions d'August enfant à celles du vieil homme qu'il est devenu. C'est ce va-et-vient continuel qui est le moteur du récit, mais Christa Wolf sait aussi, malgré l'éloignement temporel, rendre les émotions qui étaient les siennes et le climat de ce sanatorium sinistre où plusieurs jeunes patients meurent les uns après les autres, et où un défi nocturne consiste à aller toucher le cercueil de l'un des enfants morts dans la chapelle à côté du château.
Plus que les autres enfants, August semble émerveillé par la présence de Lilo, par ce qui s'apparente chez elle à des pouvoirs magiques grâce auxquels, malgré la douleur et le deuil, malgré la maladie, survivre a tout de même un sens. Ainsi d'Ede, « enfant sauvage et caractériel » selon l'infirmière en chef, enfant trouvé sans date de naissance ni nom de famille qui, un jour, parce qu'il a eu un zéro en dictée, court sur la terrasse et menace de se jeter dans le vide. C'est Lilo qui, en s'approchant de lui et en lui parlant de « toutes les belles choses qu'ils pourraient encore faire ensemble », l'empêche de sauter. Une vie sauvée parmi d'autres grâce à celle qui « depuis sa plus tendre enfance, était encline à s'occuper des gens dès qu'elle les connaissait un peu plus », écrit Gerhard Wolf dans sa postface. A la fin de cette journée au cours de laquelle il se remémore ces mois au sanatorium aux côtés de Lilo, August pense à la chance qui a été la sienne. « Chance » en allemand se dit Glück, qui signifie aussi bonheur. Pour le vieil homme, Lilo aura été une rencontre déterminante : malgré la perte de ses parents, malgré ses handicaps, il bâtit sa vie, et il se rend compte tant d'années après que c'est à Lilo qu'il le doit. A travers ce récit, Christa Wolf nous invite non seulement à réfléchir sur le rôle qu'elle a pu jouer dans la vie réelle ou imaginaire d'August, mais aussi sur la part de bonheur que représente ce personnage fictif dans sa propre oeuvre.
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Shan_Ze
  27 octobre 2015
August est un garçon rescapé de la guerre qui échoue dans un sanatorium. Il va s'enticher de Lilo, jeune fille qui fait aussi un passage dans l'établissement. Un petit livre d'une cinquante de pages qui décrit bien l'admiration que le jeune orphelin de huit ans éprouve pour elle. Christa Wolf oscille entre souvenirs et la vie actuelle du vieil August, on s'y perd un peu, mais l'intention est touchante, on sent toutes la naïveté et la jalousie possessive du garçon.
Ce livre a été dédiée à son mari, elle avait l'habitude de lui écrire quelques textes pour de grandes occasions. Une belle preuve d'amour.
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MarianneL
  13 mars 2014
À l'été 2011, quelques mois seulement avant sa disparition, Christa Wolf écrivit ce texte court d'une simplicité lumineuse. Unique texte de l'auteur centré autour d'un homme, August, il est dédié à son mari Gerhard qui partageât la vie de Christa Wolf pendant six décennies.
À plus de soixante cinq ans, August, conducteur d'un grand car de tourisme qui ramène un groupe de Prague jusqu'à Berlin, revisite sa vie en empruntant l'escalier de sa mémoire. Il évoque sa rencontre avec Lilo lorsque, orphelin de huit ans suite à un bombardement, il fut hébergé dans un château transformé en sanatorium à la fin de la guerre. Indifférent aux bavardages des passagers de son car, des souvenirs très vifs lui reviennent en mémoire, souvenirs de ceux qu'il côtoyât alors, et surtout le visage et les comtes de Lilo, son amour pour elle et sa jalousie, plus nets et vivaces que tout ce qu'il vécut ensuite, dans le fleuve tranquille d'une vie apaisée, aux côtés de sa femme Trude, parcourant le pays au volant de son car.
Inspiré à Christa Wolf par sa rencontre avec un petit garçon qui s'appelait August à la fin de la guerre, déjà évoqué dans «Trames d'enfance», ce récit pudique et dépouillé de seulement quarante pages ne dit que l'essentiel, sur la force des émotions de l'enfance et leur mémoire intacte malgré l'écume des années.
«August se souvient : comme à tous ces enfants qui, à la fin de la guerre, arrivaient sans parents dans cette gare du Mecklenbourg, on lui avait demandé où et quand il avait perdu sa mère. Mais bien sûr il ne le savait pas. Si le raid aérien sur le convoi de fugitifs avait eu lieu avant ou après la traversée de l'Oder. Cela non plus il ne le savait pas. Il avait dormi. Quand cet horrible fracas a commencé et que les gens ont crié, une femme inconnue, pas sa mère, l'a empoigné par le bras pour le faire descendre du train. Derrière le remblai, il s'est jeté dans la neige, où il est reste allongé jusqu'à ce que le vacarme cesse et que le chef de train crie que tous ceux qui étaient encore en vie devaient immédiatement remonter dans les wagons. August n'a plus jamais revu sa mère, ni cette femme inconnue.»
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crapahutevida
  13 juin 2017
Après toutes ces années, les souvenirs de Christa Wolf restent intacts ce qui en fait toute sa beauté...
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
SachenkaSachenka   10 septembre 2019
La mort est un juge cruel.
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Shan_ZeShan_Ze   29 septembre 2015
(...) Et il lui a demandé, tout bas bas, pour que les autres n'entendent pas : tu es triste ? Et Lilo lui a répondu tout bas : Oui. Et August a senti, comme aujourd'hui encore, que jamais il ne serait plus proche de Lilo que dans cette minute, découvrant que tristesse et bonheur peuvent être confondus.
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crapahutevidacrapahutevida   13 juin 2017
August se souvient que le soir où la petite Hannelore est morte Lilo n’avait pas chanté pour souhaiter bonne nuit aux enfants. Elle était assise comme d’habitude sur son lit et se taisait, et il lui a demandé, tout bas, pour que les autres n’entendent pas : Tu es triste ? Et Lilo lui a répondu tout bas : Oui. Et August a senti, comme aujourd’hui encore, que jamais il ne serait plus proche de Lilo que dans cette minute, découvrant que tristesse et bonheur peuvent être confondus. Il se demande, tout en se dirigeant vers l’Alexanderplatz, si la vie ultérieure lui a fait découvrir cette vérité. Aucun exemple ne lui vient. Ce qui compte le plus, et pour la vie entière, peut-être l’a-t-il appris ainsi, et pour toujours, grâce à une personne pour laquelle il éprouvait quelque chose qu’il ne savait nommer. De même qu’aujourd’hui, tant d’années plus tard il ne prononcerait pas ce mot, ne fut-ce qu’en pensée. Il n’irait même pas dire qu’il est « timide », il ne lui est jamais venu à l’esprit de réfléchir sur lui-même
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crapahutevidacrapahutevida   13 juin 2017
C’est l’un de ses derniers voyages, il a atteint l’âge de la retraite et a l’impression d’être de plus en plus accompagné d’images de son village qu’il n’a jamais revu
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crapahutevidacrapahutevida   13 juin 2017
Il feuillette dans ses vieilles histoires comme dans un livre d’images, rien n’est oublié, aucune image n’a pâli. Il peut quand il le veut tout revoir
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Videos de Christa Wolf (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Christa Wolf
Christa Wolf speaks on Alexanderplatz Berlin, November 4, 1989 : On 4 November, 500,000 people gather at a rally on Alexanderplatz in East Berlin. It is the biggest non-state-organised demonstration in the history of the GDR.
Writer Christa Wolf also speaks the rally. This film shows her speech.
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Christa Wolf auf dem Alexanderplatz, 4. November 1989
Auszuüge aus der Rede Christa Wolfs, gehalten auf der größten Demonstration, die es jemals in der DDR gegeben hat.
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