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Jean Michelet (Traducteur)
ISBN : 2253047902
Éditeur : Le Livre de Poche (01/03/1989)

Note moyenne : 3.71/5 (sur 19 notes)
Résumé :
Roman du déchirement et de la nostalgie, de la solitude et du nombre, de la sensualité et de l'imagination.
L'Ange exilé fut l'une des sensations de la vie littéraire américaine en 1929. C'est maintenant devenu un classique. Il raconte la vie secrète du jeune Eugene Gant, en conflit permanent avec une famille tumultueuse, une bourgade étriquée, un univers changeant et problématique. Cette chronique d'apprentissage et d'initiation si apparemment autobiographiq... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Woland
  26 décembre 2007
Look homeward, Angel
Traduction : Jean Michelet
Après le traditionnel voyage en Europe qu'il arrache à la bourse de sa mère en 1924, Thomas C. Wolfe rentre au bercail avec tous les textes qu'il a écrits. Il n'a pas pour rien obtenu sa maîtrise en études théâtrales à Harvard et c'est tout naturellement que, en août 1925, il tombe amoureux d'Aline Bernstein, une créatrice de costumes pour le théatre qui a le vent en poupe à New-York et qui est - comme toutes les amours de Wolfe de toutes façons - bien plus âgée que lui (20 ans de plus, très précisément.) Jusqu'à sa mort, il l'appellera "ma Juive" mais leur liaison sera aussi tourmentée que l'exigeait un personnage aussi talentueux mais aussi, il faut le dire parce que c'est vrai, aussi paranoïaque et aussi arrogant que l'était Wolfe.
C'est grâce à l'appui financier et moral de Mrs Bernstein qu'il parvient à rédiger "L'Ange exilé," roman autobiographique qui, après nombre de refus auprès des éditeurs, sera enfin publié par Scribners, à New-York, en octobre 1929. ("L'Ange exilé" est d'ailleurs dédié à Aline.) le succès est fulgurant. le scandale dans le Sud paisible, aussi.
Il faut dire que Wolfe y mélange allègrement tendresse et férocité, indulgence et sévérité, évoquant tour à tour, avec la même rage, son
amour pour son clan et pour son pays natal mais aussi la haine qu'ils
lui inspirent parce que, toujours, il s'est senti "différent" d'eux tous et, par là même, rejeté par eux :
"[...] ... Finalement, il s'avisa que ces gens-là ne lui avaient jamais fait aucun cadeau. (...), qu'il ne leur devait rien, et il résolut de le leur dire, et de retourner l'injure contre l'insolence. Ce qu'il fit. ... [...]"
Plus tard, dans "L'Ange banni", Monk, autre double de l'auteur, tournera en ridicule les réactions furieuses suscitées à Asheville par le texte de "L'Ange exilé" :
"[...] ... Mon Dieu, comment peux-tu avoir ce crime sur la conscience ? Je viens de quitter ta pauvre et chère vieille tante Maggie, elle est alitée, elle est blanche comme un linge et elle ne se relèvera plus du lit où l'a envoyée ta plume criminelle ... Tu as assassiné et
déshonoré tes amis ne reviens jamais ici c'est comme si tu étais mort pour nous tous nous ne voulons plus te voir ... [...]"
Dans un souci d'impartialité, il faut bien reconnaître que, sous le talent incontestable de l'écrivain, ce roman qui pleure le Temps à jamais perdu de l'innocence, celui où le petit Eugène pouvait encore croire en un monde qui l'accepterait et le comprendrait, constitue aussi un réglement de comptes musclé et incisif avec l'idée non peut-être de la Famille mais du Clan. le tour de force de Wolfe est de nous faire admettre l'ambivalence des sentiments qui le brûlent, malgré le recul apporté par l'écriture. Toutes celles et tous ceux qui ont eu maille à partir avec des parents et/ou des frères et soeurs à la fois aimés et haïs entreront de plein pied dans l'histoire mais quant aux autres, tout cela risque de paraître outrancier.
Et pourtant, après avoir lu "L'Ange exilé" - qui se lit en outre lentement en raison du style à la fois poétique, méditatif et parfois exaspérant parce que trop théâtral de son auteur - on comprend mieux pourquoi et comment Thomas C. Wolfe a eu tant d'emprise sur Jack Kérouac et sa génération. Faulkner lui-même déclara, dit-on, un jour, que Thomas Wolfe était l'un des auteurs américains les plus importants du XXème siècle et il ne fait aucun doute qu'il l'admirait. ;o)
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Aela
  08 février 2011
Le premier roman de Thomas Wolfe, achevé en 1928. Un roman largement autobiographique qui se déroule dans le Sud profond en Caroline du Nord (Appalaches) au début du XX ème siècle.
WO Gant, le père, est tailleur de pierre tout comme l'était le père de Wolfe. C'est un Yankee perdu dans ce Sud et qui détonne dans cette bourgade d'Altamont. Il rêve de sculpter un ange mais il n'y arrivera jamais (d'où le titre). La mère est avare et très matérialiste, elle néglige ses enfants. Dans cette famille, tout n'est que désordre et confusion. le fils aîné est alcoolique comme son père. Personne dans la fratrie ne comprend le goût d'Eugene, le héros, pour les études.
Après bien des vicissitudes et la mort de plusieurs membres de la famille, le héros se prépare à aller vers le Nord pour étudier à Harvard et se dédier à la littérature.
Un tableau féroce et vivant de la société sudiste de l'époque. On a beaucoup reproché à Wolfe son ingratitude pour sa terre natale!
Un héros très touchant et sympathique, qui peste contre l'étroitesse d'esprit de sa famille et de sa ville, et qui trouve l'évasion dans les voyages et la littérature.
Une magnifique reconstitution de la vie en province dans le sud des Etats Unis. l'école primaire, le drugstore, la grand-rue, les pensions de famille, les vérandas, les millionnaires nordistes, les noirs pauvres, la démocratisation de l'automobile, la Prohibition..
Une oeuvre très riche.
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Maphil
  19 janvier 2016
Le héros de "L'Ange exilé" est Eugène Grant (le double de l'auteur). Il habite la petite ville d'Altamont. Son père, qui boit et court les filles, ne désire que goûter à toutes les expériences; sa mère, au contraire, travaille sans répit, affamée de posséder toujours plus. le petit Eugène découvre le bonheur dans cette ville du Sud avec sa lumière particulière, son éternité et son flot d'existences banales dont les racines se perdent dans le temps mais il ne connaîtra la qualité de ce bonheur que plus tard, quand il sera parti pour l'université. La ville et la vie qu'il y a menée lui apparaîtront alors comme un paradis perdu, un paradis gardé par l'Ange. Cette prise de conscience donne son sens au livre qui devient le chant de l'exil et de la solitude, car nous sommes "muets devant nos souvenirs, nous cherchons le grand langage oublié, le bout du chemin perdu qui mène au ciel, une pierre, une feuille, une porte introuvable? Où? Quand?" L'ange plane éternellement devant la porte close et il ne reste plus que l'immense contrée de l'exil.
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VACHARDTUAPIED
  07 avril 2013
la richesse inventive de la grande littérature dans cette belle autobiographie.......
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
MaloneMalone   22 septembre 2014
Chacun de nous est la somme de ce qu'il n'a pas calculé : qu'on nous rende à la nudité et à la nuit et l'on verra naître en Crète il y a quatre milles ans l'amour qui mourut hier au Texas.
Le germe de notre destruction s'épanouit dans le désert, la simple salutaire pousse au pied d'un rocher de montagne et nos vies sont hantées pas une souillon de Géorgie parce qu'à Londres, un malandrin échappa au gibet. Tout moment est le fruit de quarante milles années. Les jours avec leur moisson de minutes, retournent vers la mort comme des mouches bourdonnantes et chaque moment comme une fenêtre ouverte sur la mort.
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MaloneMalone   29 septembre 2014
Les gens insipides l'épouvantaient : il ne craignait pas autant l'ennui présent dans sa propre vie que celui qu'il trouvait dans la vie des autres [...]. Elles le terrifiaient et elles l'exaspéraient en se montrant capable de survivre, de prospérer, dans une atmosphère si horriblement déprimante qu'elle lui donnait mal au coeur.
Ainsi tout son paysage, tous les décors dans lesquels sa vie se déroulait, portaient maintenant la marque puissante et arbitraire de goûts et de dégoûts acquis Dieu sait comment, à travers on ne sait quelles affinités secrètes de pensée, de sentiment, ou d'imagination. Une rue pouvait donc lui sembler "bonne" - s'illuminer d'une vie joyeuse, abondante et fière; une autre était inexplicablement "mauvaise", lui inspirait une sorte de crainte, d'apathie, d'accablement.
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AelaAela   08 février 2011
Look Homeward Angel, a story of the Buried Life.
- By God, (cried Eugene) I shall spend the rest of my life getting my heart back, healing and forgetting every scar you put upon me when I was a child... I shall get me some order out of this jungle of my life: I shall find my way out of it yet, though it takes me twenty years more - alone."
" - Alone? " said Eliza, with the old suspicion. "Where are you going?"
" - Ah he said, "you were not looking, were you? I've gone."
- Par Dieu, s'écria Eugene, je passerai le reste de ma vie à reprendre confiance en moi, à cicatriser et oublier toutes les blessures que vous m'avez infligées quand j'étais enfant.. Je mettrai de l'ordre dans cette jungle de ma vie: je trouverai ma voie un jour, même s'il me faut encore vingt ans, et je la trouverai seul.
- " Seul? demanda Eliza, ses soupçons reprenant le dessus. Où vas-tu?"
" - Ah, répondit-il, tu ne regardais pas, n'est-ce pas? Je suis déjà parti."
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Video de Thomas Wolfe (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Thomas Wolfe
Bande annonce du film Genius (2016). Le scénario de John Logan est basé sur la biographie Max Perkins: Editor of Genius de A. Scott Berg et présente la relation entre l'auteur Thomas Wolfe et son éditeur Max Perkins.
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