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EAN : 9782354089245
550 pages
Mnémos (20/08/2021)
3.73/5   75 notes
Résumé :
Voici l'un des chefs-d'oeuvre incontestés de la science-fiction, par l'un des plus grands écrivains américains de fantasy et de science-fiction, Gene Wolfe.

Loin de la Terre, deux planètes sœurs, Sainte-Anne et Sainte-Croix, ont été colonisées par des Français qui ont détruit la population indigène de la seconde. Des décennies plus tard, un ethnologue, le Dr Marsh, s'efforce de retrouver des traces de cette culture effacée, oubliée, passée au rang de ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
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Tatooa
  01 juillet 2016
Bon. J'y arrive pas. Et pourtant dieu sait que je me suis accrochée (page 195 sur 300, j'ai fait des efforts). Mais j'y arrive pas.
ça ne m'intéresse pas, rien à faire. J'ai bien aimé la première partie, mais quand on est arrivé à la seconde, le "récit par John V. Marsh", olala, j'ai gravement galéré. Et là, la troisième partie n'arrive pas à réveiller mon intérêt.
Il me manque une histoire continue, un fil conducteur, quelque chose qui me maintienne en éveil, là franchement il n'y a rien de tout ça, de mon point de vue, qui ne reste que cela. Je trouve que tout va trop vite, dans la seconde partie je n'ai quasiment rien compris, je sais pas, c'est trop "ésotérique" pour moi (et en lisant les autres avis, sans doute trop intello aussi), cette histoire, gonflaga...
Je me suis pas mal tâtée, mais en fait, comme hier soir j'ai préféré lire mon manga que ça, bah je laisse tomber, tant pis. Et ça ne me donne pas du tout envie de lire les autres que j'ai de cet auteur, franchement, j'en suis à me demander si je vais pas les virer de ma PAL, ça ferait toujours ça de moins... *gros soupir*
Lecture pour le défi ABC.
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Osmanthe
  27 décembre 2014
Nous sommes sur la planète Sainte Croix, soeur ennemie de la planète Sainte Anne, où le Dr Marsch, anthropologue terrien et américain, narrateur de cette histoire, nous parle depuis sa prison. Accusé d'assassinat d'un espion de Sainte Croix et d'être à la solde de Sainte Anne, il était venu enquêter sur Sainte Anne pour retrouver la trace et les légendes des aborigènes exterminés par les colons terriens.
A travers son récit, il va nous faire part de ses doutes et convictions quant à ce passé, dans un contexte difficile de dictature militaire et d'esclavage, de témoins qui brouillent les pistes.
L'espion assassiné s'avère être le propriétaire de la "Maison du Chien", ni plus ni moins qu'une maison close très rentable. Cet homme mystérieux vit avec ses deux enfants "n°5" et David, leur précepteur Mr Million et sa propre soeur le Dr Veil.
On comprend vite que cette maison est en fait surtout celle des manipulations génétiques et des androïdes, les expériences dans cette curieuse et inquiétante "famille" font la vie quotidienne, et depuis longtemps :
- le père vend des esclaves génétiquement manipulés et fabrique des clônes.
- N°5 est une réplique de son père, qui le drogue et fait des expériences sur lui, et de sa tante.
- M. Million est un "simulateur non relié", alias un androïde, à qui on a implanté la mémoire d'ancêtre des deux enfants.
Et N°5 est bien éduqué dans la lignée, faisant également des expériences sur des animaux et à qui on bourre le crâne de théories sur les aborigènes.
Le Dr Marsch va interroger le Dr Veil, qui lui révèle que les habitants actuels de Sainte Anne seraient les descendants des aborigènes, ceux-ci ayant eux-mêmes exterminé les colons terriens et pris leur apparence jusqu'à en oublier leurs origines.
Mais pendant la visite de l'anthropologue, N°5, qui hait son père va le tuer, et le Dr Marsch fait un suspect idéal. Mais finalement, l'enfermement du Dr Marsch n'est-il pas lié à son obstination à écrire que les aborigènes existent toujours ?
Dans cette succession de trois textes étranges, Gene Wolfe démontre des qualités d'écriture exceptionnelles. Ce fin lettré nous entraîne dans une enquête à l'atmosphère inquiétante où les faux-semblants individuels s'insèrent dans une ambiance de secret d'Etat.
Premier grand livre de cet auteur, qu'il faut absolument connaître pour son originalité dans le paysage littéraire de la SF, car même dans ses fameux cycles plus fantasy, il ne cède rien sur l'élégance de style, que bien des écrivains "généralistes" doivent lui envier !
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lyoko
  27 février 2015
Ce livre est réellement très particulier.
Il est monté comme un puzzle. Chaque pièces s'imbriquent les unes dans les autres mais encore faut t'il leur trouver la bonne place.
Un livre de SF qui traite de bioéthique avec le clonage mais aussi de la colonisation (entre autre mais tout dévoiler dans ma critique ne rendrait pas service aux futurs lecteurs).
L'auteur met bien en évidence le manque de tolérance des colonisateurs face aux abos. Les maltraitances faites par la domination des "envahisseurs".
En fait ce livre m'a beaucoup fait penser à la domination US vis à vis des peaux rouges.
Mais restont dans la SF, si jamais d'autres êtres vivants dans l'univers existaient et venaient coloniser la terre, serait il légitime qu'ils traitent les humains comme des animaux.
Un livre , qui, pour moi, fait réfléchir.....
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GrandGousierGuerin
  13 décembre 2015
La cinquième tête de Cerbère est un roman du genre science-fiction qui regroupe trois récits distincts avec un fil conducteur qui se révèle bien souvent au détour d'une phrase. Toutefois ces trois récits pourraient presque être lus indépendamment mais il y manquerait sûrement le lien ténu et essentiel que Wolfe a su y laisser dans la trame.
La planète Sainte-Croix a été colonisée initialement par les français et conquise depuis par une nation anglo-saxonne. Sur cette planète vit une société en apparence assez proche de la nôtre mais avec des préoccupations propres à une colonie implantée depuis peu sur un territoire pas complètement exploré. La planète Sainte-Croix a dans son orbite la planète Sainte-Anne. Cette dernière planète aurait connu avant sa colonisation une population autochtone, appelée « abos », qui aurait disparue selon certains. Toutefois d'autres récits parlent des étranges pouvoirs protéiformes de ces abos qui auraient remplacé les colonisateurs en prenant leur apparence et en oubliant leur origine.
La première partie du récit se situe sur la planète Sainte-Croix et relate les souvenirs de prime enfance à la vie d'adulte d'un homme. Cette première partie permet d'installer un univers à part où le lien familial, l'identité prennent une part essentielle. La seconde partie relate les pérégrinations d'un abo en proie à des expériences terribles et mystiques sur la planète Sainte-Anne. Enfin la dernière partie traite de la lecture parcellaire du journal intime d'un ethnologue emprisonné sur Sainte-Croix en vue d'une éventuelle libération.
Récit tenant plus de l'uchronie, ce roman ouvre la porte à différents champs de réflexion aussi bien scientifiques, ethnologiques, sociaux que moraux. Même si sa lecture peut s'avérer déconcertante, j'ai pris grand plaisir à la lecture de ce roman parcellaire où le souvenir et la mémoire tissent une toile frêle mais aux ramifications multiples.
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5Arabella
  30 juillet 2016
Nous sommes à une époque indéterminée sur une planète dans une galaxie éloignée de la Terre. Elle a été colonisée par des Français, mais maintenant d'autres maîtres sont venus. Une population locale a existé avant la venue des Terriens, mais elle semble disparue, sans que l'on sache vraiment comment, ses traces sont rares et peu explicites. Gene Wolfe nous parle de ce monde par le biais de trois personnages, un enfant revenu adulte dans la maison de son enfance qu'il nous raconte en parti, un aborigène à un moment où la colonisation n'avait pas encore commencée, et un ethnologue venu de la Terre, le Dc Marsh qui essaie de retrouver des traces de ces fameux aborigènes et dont le chemin à un moment a croisé celui du premier narrateur.
Trois nouvelles qui prennent à chaque fois la parole pour le personnage principal du récit, sous une forme ou une autre. Et nous font entrapercevoir les contours flous d'un monde, à travers les préoccupations, les soucis, les priorités et les questionnements propres à chacun des trois personnages.
Un monde mystérieux, dont nous sommes loin de pouvoir saisir toutes les subtilités et réalités, l'auteur nous laisse avec des hypothèses et des réponses possibles, pas vraiment avec des certitudes ni encore moins une vision complète et cohérente. Et au-délà du monde dont il est question, comme dans d'autres de ses livres Gene Wolfe est obsédé par le souvenir, la mémoire, l'identité, ou les identités d'une personne, ce qui la distingue des autres.
Tout cela dans des descriptions à priori précises et détaillées, mais dont le côté réaliste ne semble jamais en capacité de rendre compte autrement que de façon lacunaire de l'ensemble des possibles. Plus la réalité semble tangible, et plus elle nous échappe. C'est fascinant et labyrinthique, même si j'ai moins apprécié la deuxième nouvelle, un peu trop longue à mon goût, et moins convaincante que les autres, même si son sens, en particulier celui de son dénouement nous est fourni en partie dans le troisième et dernier récit, et que sans doute il est difficile de s'en passer dans l'économie de l'ensemble.
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
TatooaTatooa   29 juin 2016
Les enfants, ne sachant distinguer l'extraordinaire du plus banal, se tiennent habituellement au milieu des deux ; ils trouvent de l'intérêt à des incidents que les adultes ne se soucient même pas de remarquer et acceptent avec sérénité les événements les plus improbables. Mon frère et moi nous étions fascinés par les antiquités frelatées et les bonnes affaires de la rue de l'Asticot, mais le marché aux esclaves où Mr Million insistait souvent pour s'arrêter une heure nous laissait totalement indifférents.
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TatooaTatooa   28 juin 2016
Les enfants, garçons ou filles, avaient un cours extraordinairement bas à Port_mimizon ; et Pon m'avait dit que mon père, qui jadis en faisait commerce, ne s'intéressait plus à cette branche d'activité en raison de la précarité du marché. Que ce fût vrai ou pas, tout le monde - ou presque tout le monde - connaissait un professionnel prêt à fournir ce qu'on lui demandait, dans des limites raisonnables, pour un prix très peu élevé.
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OsmantheOsmanthe   11 mai 2014
"On dit que je ressemble beaucoup à mon père."
"Ah", fit-il. Il me dévisagea ; puis : "Vous êtes un clonotype ?"
"Un clonotype ?"
J'avais déjà lu ce terme, mais dans un contexte de botanique, et comme cela m'arrive fréquemment quand je me trouve devant quelqu'un que je désire impressionner par mon intelligence, je fus incapable de prononcer un mot. Je me faisais l'impression d'être un enfant niais.
"Reproduit parthénogénétiquement de telle sorte que le nouvel individu - ou les nouveaux individus, on peut en avoir un millier si on veut - ait une structure génétique exactement identique à celle de son parent. C'est un procédé antiévolutionnaire, et donc illégal sur la Terre, mais ici je ne pense pas que les choses soient surveillées d'aussi près."
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TatooaTatooa   30 juin 2016
- Nous avons tous notre cerveau dans le ventre, quand nous avons faim.
(Coureur des sables)
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Charybde2Charybde2   12 avril 2013
C'était une mallette de cuir marron en état de décomposition, aux coins renforcés de cuivre. Le métal avait été peint en brun verdâtre quand la mallette était neuve, mais la peinture était presque entièrement partie et le soleil mourant qui filtrait par la fenêtre faisait ressortir contre la surface pelée les traces claires d'entailles récentes. L'esclave posa la mallette avec précaution, sans presque faire de bruit, à côté de la lampe de l'officier junior.
"Ouvre-là", dit l'officier. La serrure avait été brisée depuis longtemps, la mallette était étroitement entourée par des cordes faites avec des chiffons recyclés.
L'esclave - un homme aux épaules pointues, au menton saillant et au visage surmonté d'une touffe de cheveux noirs - regarda l'officier et celui-ci fit un signe d'acquiescement de sa tête aux cheveux coupés court. Son menton avait dû bouger d'un millimètre. L'esclave sortit le poignard de l'officier de la ceinture qui pendait au dos de son siège, coupa les cordes, embrassa respectueusement la lame et la remit en place. Quand il fut sorti, l'officier frotta les paumes de ses mains sur les cuisses de son short d'uniforme qui lui arrivait aux genoux, puis souleva le couvercle et fit tomber le contenu de la mallette sur la table.
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