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EAN : 9782266286756
192 pages
Pocket (18/10/2018)
3.68/5   19 notes
Résumé :
" Au commencement était le verbe. " Mais l'était-il vraiment ? Tom Wolfe, le maestro des raconteurs d'histoires, enquête ici sur les origines de son principal outil de travail (et objet de passion) : la langue. Pour lui, pas de doute, c'est bien au langage ? et non à l'évolution ? qu'on doit le développement des sociétés et les réalisations complexes de l'humanité. D'Alfred Wallace, l'autodidacte qui fut le premier, avant Charles Darwin, à défendre la théorie de la ... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique

J'ai adoré cet essai ! Érudit, drôle, canaille et très libre à 87 ans ce Tom Wolfe ne m'a jamais déçu.

Il met en parallèle Darwin et Chomsky, et leurs découvertes, dogmes qui ont régné sans qu'aucuns savants ne puissent émettre l'idee qu'ils avaient peut-être torts.

A cela s'ajoute les coups bas, les traîtrises, qui a découvert quoi et en premier etc...

C'est aussi une pochade où le trait est tiré, appuyé. Au final c'est une belle déclaration d'amour à la parole.

Pas etonné que ce livre ne rencontre que peu d'intérêt, en creux il dénonce la bien-pensance et la pensée unique.

Tom Wolfe je vous aimerais toujours.

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Certes, il y a dans cet essai de vulgarisation des imprécisions, certaines exagérations, et enfin des travaux non-cités qui auraient certainement dû l'être. Mais voilà, il faut aussi avoir en tête que ce texte est publié quelques mois seulement avant la disparition de son auteur. Aussi est-il permis de penser que sentant la fin approcher, Wolfe a ressenti le besoin d'apporter sa pierre à l'édifice sur ce sujet qui lui tenait à coeur. Et reconnaissons qu'il le fait, une fois n'est pas coutume, avec cet immense talent de journaliste et écrivain réaliste, et avec toujours cette touche d'ironie bien à lui, capable de faire redescendre de son piédestal n'importe quel homo sapiens, y compris des icônes de la recherche universitaire. L'ultime numéro d'un grand artiste, imparfait mais pour autant légitime.

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Une plongée dans le monde des scientifiques depuis le XIX siècle à maintenant, et plus particulièrement dans celui des naturalistes, linguistes, biologistes, paléontologues, anthropologues, autour d'un thème central : qu'est-ce que le langage ? récit autour de la théorie de l'évolution de Charles Darwin, d'Alfred Wallace le chasseur de mouches, d'Huxley et Lyell ses pairs, de Daniel Everett le chercheur en Amazonie, de Noam Chomsky le linguiste contemporain et bien d'autres... fascinant mais la question reste ouverte !

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Même si j'ai apprécié partir à la découverte des histoires de Wallace, Darwin, Chomsky ou d'Everett et que ces récits étaient passionnants et instructifs, j'avoue avoir failli décrocher à un moment donné...

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Une première partie sur Darwin laborieuse, une seconde sur Chomsky plus dynamique. Mais plus globalement : mauvaise vulgarisation, avec des jugements à l'emporte-pièce et beaucoup de sarcasme sur la science et le politiquement correct. Réac et prétentieux.

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critiques presse (1)
Lexpress
13 novembre 2017
Le bref essai de Tom Wolfe relie, un peu artificiellement, deux sujets: la théorie de l'évolution et le langage humain.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation

Le langage analysé par Everett ne comporte que trois voyelles (a, o, i) et huit consonnes (p, t, b, g, s, h, k et x, le phonème coup de glotte). C’est la langue la plus compacte et ténue qui soit. Les Pirahãs sont illettrés, non seulement sur le plan lexical mais aussi visuel : la plupart sont incapables de décrire ce qu’ils voient sur des photographies en noir et blanc, même quand elles reproduisent des endroits et des visages connus. Le chercheur se rend compte qu’il a devant lui la phase primitive de l’expression orale et de la perception visuelle et qu’il est miraculeusement en mesure de l’étudier ici et maintenant, en direct. Pour les mathématiques, cependant, c’est moins évident car les Pirahãs ne savent pas compter, n’ont pas de chiffres, même pas « un » et « deux » mais uniquement deux vagues notions de « un peu » et « beaucoup ». De ce fait, l’argent reste pour eux un mystère insondable.

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La parole, c’est quoi ? Une forme de communication vocale, n’est-ce pas ? Eh bien, les animaux en ont une, eux aussi, et dans certains cas des plus élaborées. Le singe vervet dispose de toute une gamme de cris afin d’avertir sa horde de la présence de prédateurs – l’un pour les léopards, un deuxième pour les aigles, un troisième pour les babouins, un autre encore pour les pythons, avec des variations destinées à signaler la présence d’un serpent mamba ou d’un cobra. Plus encore, certaines intonations particulières signalent que les informations transmises par un autre vervet ne sont pas du tout fiables. Et voilà, de la sémantique simiesque ! Si ce n’est pas l’équivalent animal du langage, qu’est-ce qui le serait ? D’accord, il n’existe pas de preuve tangible que cela le soit, mais c’est assez évident, non ? Et donc, d’une façon ou d’une autre, le langage animal tel que celui des vervets a évolué en parole humaine, et si cela n’est pas clairement démontrable, c’est simplement parce que personne ne s’est sérieusement penché sur la question, mais la preuve DOIT exister quelque part…

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Dire que les animaux ont évolué jusqu’à devenir des êtres humains revient à soutenir que le marbre de Carrare a évolué jusqu’à être le David de Michel-Ange.

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L’intention première de Kipling est de divertir les enfants ; celle de Darwin est de suivre avec le plus grand sérieux et une absolue sincérité le chemin de la science et de sa cosmogonie. Aucun des deux n’a la moindre preuve pour étayer sa narration, mais alors que Kipling n’a évidemment jamais prétendu le contraire, Darwin en cherche désespérément une. Le premier à comparer les racontars darwiniens aux Histoires comme ça sera, en 1978, un paléontologue et évolutionniste de Harvard, Stephen Jay Gould. Si les néodarwinistes orthodoxes ne lui pardonneront jamais ce blasphème, Gould n’est ni un hérétique, ni même un apostat, mais seulement un « pécheur profane » qui a juste attiré l’attention sur le fait que les Histoires comme ça de Darwin témoignaient d’un degré de fiction avec lequel Kipling lui-même n’aurait pu rivaliser. Dans La Descendance de l’homme, le pouvoir narratif de Darwin atteint des sommets précisément parce qu’il en a besoin pour s’attaquer à ce casse-tête : la question du langage.

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En Allemagne, au contraire, "L'Origine des Espèces" fait immédiatement sensation. En 1874, Nietzsche salue Darwin et sa théorie de la plus retentissante façon, avec la plus célèbre assertion de toute la philosophie moderne: "Dieu est mort". Sans jamais nommer le savant britannique, il écrit que "la doctrine selon laquelle il n'y a pas de distinction essentielle entre l'homme et l'animal" va conduire à la démoralisation de l'humanité dans l'ensemble de l'occident, à la montée en puissance de "fraternités barbaro-nationalistes" - il ne reste qu'à ajouter leurs noms: nazisme, fascismes, communisme - et, d'ici une génération, à des "guerres telles qu'il n'en a jamais été mené jusqu'ici". Si l'on entend qu'une génération représente trente ans, cela nous mène à 1904, et la Première Guerre mondiale éclatera en 1914... Et Nietzsche d'ajouter que cette barbarie inédite aboutira au XXème siècle à quelque chose de pire encore que les grandes guerres: l'éclipse totale de toutes les valeurs de l'humanité.

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Videos de Tom Wolfe (16) Voir plusAjouter une vidéo
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