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ISBN : 2221192109
Éditeur : Robert Laffont (17/08/2017)

Note moyenne : 3.59/5 (sur 11 notes)
Résumé :
1972, sur l’île de Heybeliada au large d’Istanbul, le refuge de Portmantle accueille des artistes en burn-out. Knell, talentueuse peintre écossaise, y vit depuis une dizaine d’années quand son quotidien est chamboulé par l’arrivée de Fullerton, un nouveau venu instable, qu’elle retrouve bientôt noyé dans sa baignoire. Cet événement l’oblige à considérer d’un oeil différent ce refuge régi par des lois singulières. Elle replongera aussi dans sa jeunesse en Écosse et d... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Olivia-A
  25 septembre 2017
Résidente à Portmantle depuis dix ans, Knell tente de retrouver l'inspiration pour peindre. Au fil des années, elle s'est familiarisée avec ce refuge pour artistes en difficulté, bien caché sur une île au large d'Istanbul, bercé par les vagues de la Marmara. Elle a tissé des liens forts avec trois autres résidents anglais, même si elle ne les connait que par leur nom d'emprunt, ce nom tiré des pages de l'histoire que le doyen leur a attribué pour préserver leur anonymat. Elle non plus en fait, ne s'appelle pas Knell, mais Elspeth Conroy et il fut un temps où elle était considérée comme l'étoile montante de la peinture abstraite britannique.
Le petit monde restreint de Knell est chamboulé par l'arrivée d'un jeune garçon torturé, tourmenté par des rêves traumatisants, mais nécessaires à son processus créatif. Est-il musicien, peintre, écrivain ? Nul ne le sait vraiment, mais il sème le trouble dans cette résidence où calme et tranquillité sont des règles d'or. Perturbée par cette arrivée, Knell s'attache au garçon, s'en inquiète et laisse sa mémoire s'égarer vers sa vie d'avant Portmantle…
Benjamin Wood revient dans ce second roman sur ses thèmes de prédilection : le génie, et la folie (nécessaire ?) qui l'accompagne. Ici, le processus créatif est au centre du roman : il gouverne les personnages, tous ces artistes désoeuvrés pour qui la vie doit être dédiée à l'art et qui pourtant, n'arrivent à rien dans leur travail. Elspeth Conroy est totalement à la merci de ses instincts artistiques : dans ses phases les plus productives, elle s'enferme en solitaire dans son atelier, se nourrit à peine et se néglige totalement pendant dans des semaines afin de pouvoir accoucher de ses tableaux. Retour aux clichés de l'artiste fou et incapable de libre arbitre devant l'élan incontrôlable de l'inspiration – c'est déjà vu et revu. Faire échouer tous ces artistes à bout de nerfs dans un même endroit salvateur, une sorte de sanatorium secret basé en Turquie, il fallait y penser. le décor, le contexte est intéressant, les règles de l'endroit sont quelque peu loufoques, mais tout cela prend son sens globalement, on aime l'idée de ce lieu rédempteur – même si totalement inutile, à ce stade, pour nos personnages principaux.
Le roman se découpe en quatre temps : plantage du décor, mémoires d'avant Portmantle, retour au présent, chute. La partie la plus crédible et la mieux écrite reste celle des mémoires d'Elspeth, son parcours pour devenir peintre : une fille d'ouvriers qui se démène dans l'Angleterre des années 1960 pour se faire une place sur la scène artistique londonienne, ses premiers amours, et ses premiers ébats. Jusqu'au jour où tout dérape, et elle sombre dans une dépression atroce où elle n'arrive plus à peindre des tableaux ayant du sens, de la profondeur. Tout part en vrille – et ça part vraiment très loin.
A peine la troisième partie du récit commencée, le lecteur comprend rapidement ce qu'il se cache derrière les grilles de Portmantle, derrière ces règles absurdes et le personnage énigmatique de ce garçon étrange. C'est attendu finalement, sujet déjà souvent traité par la littérature et le cinéma – et déjà mieux exploité si vous voulez mon avis. C'est dommage, Benjamin Wood consacre les deux tiers de son roman à faire monter la tension dramatique pour la laisser retomber maladroitement dans le dernier tiers. Après avoir minutieusement décrit les endroits, les ressentis, les pensées, il passe rapidement sur les mécanismes psychologiques latents et passionnants qu'il s'était pourtant donné les moyens d'explorer. La fin est bâclée, et notre lecture aussi.
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eemmaabooks
  03 août 2017
Le roman se décompose en 3 parties. Pour la première partie nous sommes dans le cottage de Portmantle, lieu isolé du reste du monde ou les artistes, compositeurs, peintres, essayent de retrouver l'inspiration, un paradis pour les auteurs en mal d'inspiration. Knell est une jeune artiste peintre qui après avoir connu un certain succès à Londres a sombré dans la dépression, cette retraite longue durée lui permet de se retrouver et de travailler sur de nouveaux projets artistiques. Elle et d'autres (un architecte, un dramaturge…), McKinney, Pettifer ou encore Quickman, sont les plus anciens locataires du cottage, ils voient semaines après semaines les nouveaux arrivants retrouver l'inspiration et retourner dans le monde réel. Jusqu'au jour où un jeune artiste Fullerton arrive sur l'île. C'est un jeune homme très perturbé, qui va menacer la tranquillité de nos habitants, Knell va s'attacher à lui et tenter de percer le personnage.
Cette première partie m'a beaucoup intéressé et intriguer, j'aime cet aspect de l'île isolée de l'influence et des critiques du monde, les habitant sont dans un havre de paix, idyllique où rien n'est attendu d'eux, où ils peuvent simplement attendre l'inspiration et passer des jours paisibles.
Pour la seconde partie du roman nous revenons en arrière, aux prémices du talent de Knell (de son vrai nom Elspeth) et à la montée de sa carrière en tant que peintre reconnue puis sa déchéance. On apprend à connaitre plus particulièrement ce personnage torturé par les épreuves de la vie, les critiques, les attentes et espoirs que fondent les autres sur son talent. Et c'est à ce moment du roman que ma lecture déjà lente et devenue vraiment pénible. Les chapitres interminables n'ont eu parfois d'autres intérêts que de nous détailler les projets artistes tous plus que vagues les uns que les autres de Knell, je n'arrivais jamais à me faire une idée, à me représenter son travail malgré les longs développements qui composent le récit.
J'avoue avoir dû lire des spoilers pour comprendre toute l'étendue du roman et sa face cachée, ce qui a rendu ma lecture beaucoup un peu plus agréable et a réveillé ma curiosité et mon intérêt. Sur la seconde partie du roman j'étais un peu déçue de quitter l'ile de Portmantle et de ne pas comprendre la direction que prenait le roman.
Difficile de résumer un tel livre, de par sa complexité, sa lenteur et surtout le détail fournit dans les descriptions des peintures et autres travaux de Knell.
Si le roman a su me séduire pendant la première partie de vie sur l'île, il m'a déçue pendant le 2nd et m'a complétement perdue lors de la 3ème. le concept est novateur, l'idée originale, recherché, intéressante, très approfondit mais l'auteur va vraiment trop dans le détail. Il passe des paragraphes à nous décrire toutes les techniques de Knell pour préparer sa peinture, récolter des champignons phosphorescents, les découper selon telle ou telle méthode, les faire sécher de telle ou telle façon etc., et même si c'est un contexte intéressant il en devient soporifique assez rapidement.
Alors j'ai aimé ma lecture, elle m'a intrigué, mais ce n'est pas un roman que je garderai longtemps en mémoire et j'ai finalement dû sauter de nombreux passages pour arriver finalement à finir ma lecture et avoir le fin mot de l'histoire qui pour le coup m'a surprise.
Ce livre me fait penser un peu aux romans de Donna Tartt, une intrigue qui promet mais un livre tellement lent qu'il me perd à chaque fois en cours de route !
Lien : https://eemmabooks.wordpress..
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vero35
  20 août 2017
Une très belle découverte : je n'ai pas lâché ce livre à partir du moment où je l'ai commencé, et ai été cueillie par le twist final , qui m'a permis de mesurer le talent de cet auteur que je ne connaissais pas. Grâce au personnage de la narratrice, la jeune peintre de talent Elspeth Conroy, l'histoire nous fait partager les affres de la création artistique, dans les années 1960, création qui passe certes par un travail très physique au contact de la matière, quelle qu'elle soit ( processus qui est très bien décrit, dans le détail) , mais aussi par un travail de recherche intellectuelle et aussi un travail sur soi, ce qui permet au roman d'aborder la question des traitements psychiatriques pendant les années 1960. Ce personnage de Elspeth Conroy est très attachant dans ses errements, ses passions, ses exigences artistiques. Autour d'elle gravitent des personnages tout aussi attachants : son professeur aux Beaux-Arts, son ami Jim, sa galeriste Dulcie, son psychiatre .... la liste est longue, mais chaque personnage existe à part entière. L'histoire est solidement charpentée, sans temps mort, et ménage bien des rebondissements.. Elle nous entraîne aussi bien sur une île turque qu' en Écosse, ou à Londres, ou sur un paquebot en route vers New York, suivant les parties. J'ai apprécié celles-ci de façon égale, même si les atmosphères et les milieux décrits sont très différents : l'île turque abrite une résidence d'artistes en mal d'inspiration, et les pages qui lui sont consacrées se lisent comme une dystopie, les pages consacrées à l'Écosse, elles, font basculer dans une espèce de réalisme social, mais les différentes parties se combinent très bien. Cette exploration de différents milieux, ainsi que la recherche de la nuance dans les descriptions, font parfois penser au Chardonneret de Donna Tartt, pour notre plus grand bonheur.
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Lucillius
  22 août 2017
J'avais adoré et dévoré le Complexe d'Eden Bellwether. Ce qui explique que j'étais impatiente de lire le nouveau roman de Benjamin Wood et que j'avais des attentes assez fortes.
J'aurai aimé que la première partie du roman qui se situe près d'Istanbul, dans une sorte de résidence pour artistes divers, nous apporte plus de réponses, elle pouvait mener à une sorte d'enquête sur son origine et ce qui s'y passe. Je pensais de plus, que l'art d'Elspeth, l'héroïne allait nous mener à la production d'une oeuvre majeure en rapport avec le titre du roman et que cela allait nous renseigner sur la psychologie de l'héroïne etc. La fin de ce roman est une déception, j'aurais aimé plus d'explication et ne pas rester dans ce flou artistique.
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MissAlfie
  28 août 2017
Après le complexe d'Eden Bellwether, Benjamin Wood revient avec un second roman au moins aussi fascinant que le premier et qui poursuit son exploration de la folie. Ici, le lecteur suit une jeune femme peinte qui est hébergée au refuge de Portmantle. Ce lieu, au coeur du roman, se dévoile au fil des pages, à la fois résidence d'artistes et maison de convalescence d'où l'on ne ressort qu'avec un projet achevé.
Si les artistes qui y logent explorent des univers très différents (romanciers, dramaturges, poètes, peintres, architectes, musiciens...), L'Ecliptique évoque surtout la peinture. Après la puissance de la musique et les touches des orgues et pianos d'Eden Bellwether, nous voilà entourés de toiles, d'enduits, de tubes de gouache, de parfums de vernis, d'essence de térébenthine... Benjamin Wood faisait preuve d'un grand talent pour raconter la musique dans le complexe d'Eden Bellwether, il témoigne ici du même talent pour créer de toute pièce des oeuvres picturales qui prennent vie devant nos yeux grâce à ses mots.
Si j'avoue avoir eu pendant de nombreux chapitres la sensation que L'Ecliptique serait moins puissant que le complexe d'Eden Bellwether, je peux vous assurer à l'issue de cette lecture qu'il n'en est rien. Voilà la confirmation qu'on tient un excellent auteur qui sait particulièrement bien faire état des affres de la folie, qui sait nous entraîner dans des extrêmes où seules les passions réelles peuvent nous faire plonger.
Lien : http://croqlivres.canalblog...
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Citations & extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
LucilliusLucillius   31 juillet 2017
Ce n'était pas le genre d'homme à susciter une attirance immédiate. De prime abord, on n'avait ni le souffle coupé ni les jambes en coton et, à vrai dire, les femmes de ma génération avaient trop de jugeote pour attendre ce genre de chose. Au lieu de cela, il désaccordait peu à peu les cordes de votre cœur, l'air de rien, jusqu'à ce que sa tonalité singulière devienne si familière que vous finissiez par croire qu'elle était la seule.
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LucilliusLucillius   25 juillet 2017
C'est bizarre, je ne compatis presque jamais aux malheurs de l'homme dans ce genre de scénario...d'habitude, c'est la femme qui doit faire tous les compromis et tout pardonner. J'ai trouvé ça assez rafraîchissant.
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LucilliusLucillius   17 août 2017
Je le laissai me besogner avec la détermination impassible d'un derrick dans un champ de pétrole, et me raccrochai à l'espoir qu'il remarquerait la déception dans mes yeux et tenterait de se rattraper; mais il n'eut même pas la délicatesse de se retirer.
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LucilliusLucillius   31 juillet 2017
Au bout d'un certain temps, je finis par comprendre que ses griefs exprimaient davantage le point de vue d'un esthète que celui d'un vaniteux. Il avait la curiosité des imperfections, était capable de s'émerveiller des heures durant des craquelures d'une assiette en porcelaine, des soies de pinceau prises dans le vernis d'un châssis de porte, des coquilles du journal. Il estimait que tout ce qui était sans défaut était artificiel et suspect.
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MissAlfieMissAlfie   14 août 2017
Mais en art, la ténacité ne remplace pas l'inspiration. L'ivresse de la peinture tourne très vite à la confusion si vous n'y prenez garde, et personne ne peut vous aider à retrouver vos repères après cela. Sauf à le tenir fermement en main, le talent sombre dans des abîmes obscurs comme une corde au fond d'un puits, mais serrez-le trop fort et vous pouvez être certain qu'il vous fera sombrer aussi.
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Benjamin Wood - L'écliptique
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