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EAN : 9782746736177
184 pages
Éditeur : Autrement (08/01/2014)

Note moyenne : 3.4/5 (sur 25 notes)
Résumé :
Directement inspiré de l'histoire de la propre famille de l'auteur, touchée par l'explosion du dancing de West Plain (drame réel survenu en 1928), Un feu d'origine inconnue est le récit captivant du destin dramatique de plusieurs générations de "petits Blancs" américains frappés par la Grande Crise.
En 1965, Alek, douze ans, est envoyé chez sa grand-mère Alma, qui lui raconte par bribes ce qui s'est passé trente-cinq ans plus tôt : l'explosion du Arbor Danceh... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
horline
  20 janvier 2014
L'incendie du Arbor Dance Hall survenu en 1929 ne s'est jamais réellement éteint pour cette petite communauté isolée de miséreux et de petits bourgeois du Mid West. Trente ans après, nourrie de questions demeurées sans réponse, cette tragédie laisse une empreinte indélébile dans les mémoires. Mais aussi dans le marbre d'une stèle commémorative surmontée d'un ange noir qui ravive les obsessions et la rancoeur affichées de la vieille Alma lorsqu'elle se promène dans le cimetière.
Recueillant Alek son petit-fils pendant les vacances d'été, Alma DeGeer Dunahew, retrace alors une histoire douloureuse entre rumeurs persistantes, détails connus, convictions accusatoires que les souvenirs agitent sous forme d'un désordre d'images confuses.
Pas de récit linéaire, le présent est comme hanté par le passé avec des témoignages, des portraits, des souvenirs tous éclatés qui, une fois reconstitués, donnent à lire un roman mince par le nombre de pages mais fort par la capacité de l'auteur à décrire une réalité impitoyable, désespérément humaine que chacun des habitants connaît mais que beaucoup souhaitent oublier.
Avec une langue grave et subtile, Daniel Woodrell signe un superbe roman qui revêt toute la force des drames muets, digne des plus grands romans sombres américains. Il laisse résonner tout au long de l'histoire les cris de ceux qui sont restés coincés dans l'incendie du dancing ainsi que la voix de cette famille Dunahew embourbée dans la misère. Habité par une forme insaisissable de désespoir, le récit laisse flotter entre les lignes un profond sentiment d'abandon et d'abnégation mêlés…comme si chacun des personnages appartenaient à un monde oublié ou en voie de disparition. Un monde rural clivé où les pauvres étaient très pauvres et les riches très riches mais que la tragédie avaient unis dans une sorte compassion mutuelle.
Magistral. Malheureusement trop court.
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Commenter  J’apprécie          312
cardabelle
  15 février 2017
" Un feu d'origine inconnue " est, selon Newsweek , "le couronnement splendide d'un grand maître américain ".
"Couronnement", je ne sais pas, un bon Woodrell, c'est sûr.
C'est autour d'un drame , l'incendie d'un dancing en 1929, que se construit le récit au fil des souvenirs d'Alma , la grand-mère d'Alek, le conteur.
Ainsi,apparaissent portraits et pans de vie de l'entourage d'Alma ou d'autres habitants d'une petite bourgade du Missouri.
Incendie criminel ou accidentel ?
Une explosion qui fut un tel traumatisme que trente ans plus tard, elle est toujours présente dans les mémoires.
Et, autour de ce drame, bien des mystères, bien des non-dits, des secrets d'alcôves...
C'est avec subtilité et finesse que l'auteur va faire de son récit tantôt une chronique sociale, tantôt une enquête criminelle en se livrant pour cela à des études psychologiques fouillées permettant au lecteur de jouer au fin limier .
Mais, rien n'est affirmé, tout est suggéré ,jusqu'à la fin !

Et, c'est aussi l'occasion pour l'auteur de mettre en lumière le quotidien des petites gens, dénonçant les inégalités sociales en ce début du vingtième siècle.
Ce qui d'ailleurs semble être une constante chez Woodrell.
Mais, comme toujours, ce sont la sensibilité et la pudeur qui donnent au récit un impact humanitaire , intemporel hélas!
A la délicatesse du style, vient s'ajouter l'originalité.
Le récit est construit comme une mosaïque.
Les chapitres, souvent courts, suivent la pensée d'Alma sans ordre chronologique ,sans lien évident avec le précédent, un va et vient mental qui attache moins d'importance à l'ordre qu'à la précision ou à l'émotion .
Et pourtant, le tout constitue bien un ensemble harmonieux, une sorte de puzzle savamment reconstitué.
Un effet qui ne doit sa réussite qu'à de la force d'un talent.
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tynn
  26 janvier 2015
Un soir de 1929, un dancing du Missouri explosa et le bruit s'entendit jusqu'au comté voisin : 42 morts carbonisés, pulvérisés, écrasés par l'effondrement, méconnaissables...un fait resté inexpliqué qui provoque colère et douleur dans toute une région.
Qui avait des raisons de faire sauter le Arbor Dance Hall? Un règlement de compte de mafieux? Un jugement divin? Une vengeance en affaire de moeurs? Des peines de coeur qui laissent des cicatrices?
La vieille Alma à la tête un peu folle, a partagé ses souvenirs avec Alek, son petit-fils de 12 ans, rabâchant des vieilles rancunes recuites: une jeunesse de miséreuse sous l'emprise de l'alcoolisme et de la violence paternels, une vie indigente d'employée de maison, un mari pochard, trois enfants à élever seule. Et la douleur de la perte de sa jeune soeur Ruby dans le grand incendie.
La vieille Alma a vécu le reste de sa vie avec une colère noire, cherchant justice.
Voici ce que je classe dans les romans à Ford T.
"Cambrousse et bouseux"dit un malfrat de passage.
Un livre de plus, pourrait on dire, dans le contexte de la pauvreté rurale des Etats Unis du début du 20eme siècle.
Un livre sombre, à la construction un peu elliptique, au ton original, qui peut dérouter au premier abord, mais qui reste très agréable à lire par ses chapitres entrecroisés dans les faits et les époques. La plume est vivante, alerte, effrontée parfois. L'auteur, avec une maitrise de la concision remarquable dit tout en moins de 200 pages, ses digressions sont éclairantes pour l'intrigue, ses personnages forts et fouillés.
La narration façon puzzle, en récit social proche du reportage d'enquête et de faits divers, remet en situation une population faite de petites gens modestes, de banquiers à gros cigare, de prédicateurs vindicatifs, d'hommes de main à borsalino. Toute une petite ville du Middle West faite de compromissions et de secrets.
La tragédie de l'explosion du dancing, en 1928 à West Planes/Missouri a réellement existé, faisant 36 morts et 18 blessés.
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encoredunoir
  14 mai 2014
En 1929 West Table, Missouri, quatre mille âmes, est une petite ville rurale avec les habitants qui vont avec : prêtre fanatique, notables bien installés, vagabonds de passage ou clochards à demeure, ouvriers, journaliers… Malgré les différences, c'est la ville en son entier qui est touché par l'énorme incendie qui détruit le Arbor Dance Hall tuant quarante deux personnes et en mutilant des dizaines d'autres.
Trente ans plus tard, Alma, qui a vécu de près les évènements qui ont mené à ce drame confie à son petit-fils, Alek, sa vérité.
Derrière la révélation, le retour sur l'enquête bâclée, et les états d'âme d'un narrateur écartelé entre les deux branches de sa famille, Daniel Woodrell se lance avant tout dans la chronique d'une petite ville américaine dans la première moitié du vingtième siècle et de la complexité des liens sociaux. Dans une communauté où une minorité possède la plus grande part des richesses et où une grande part du reste de la population travaille à son service en essayant de survivre, haines, révoltes, secrets d'alcôves, mais aussi affection et amours interdites naissent.
C'est de tout cela dont Woodrell parle ici en plongeant dans l'intimité de la ou plutôt des familles de son narrateur. Pas de lutte des classes pour autant, mais deux mondes qui cohabitent, se frôlent mais ne doivent pas se mélanger, où le paternalisme des riches vis-à-vis des pauvres est de bon ton pour les premiers et humiliant pour les seconds, où la transgression se paie mais procure aussi son lot de frissons, jusqu'à ce que l'irréparable soit commis et que l'on tente de dissimuler tout cela… mais allez donc dissimuler et oublier quarante deux morts, essayez d'ignorer les mutilés que vous croisez chaque jour…
Sous nos yeux, West Table prend ainsi vie par la grâce des mots de Daniel Woodrell et le lourd secret mal enfoui se révèle peu à peu à travers les destins et les vérités de tous les personnages dont il nous permet de suivre les trajectoires.
Inspiré de l'explosion 1928 du Bond Dance Hall de West Plains, ville dans laquelle demeure Daniel Woodrell, Un feu d'origine inconnue dresse le portrait intime et terriblement tendre d'une communauté. Et démontre si l'en était encore besoin la formidable aptitude de Woodrell à aimer chacun de ses personnages sans pour autant l'idéaliser, cette capacité d'empathie à l'égard de chacun qui ne sombre pas dans le pathos et qui en fait un des meilleurs portraitistes de la littérature contemporaine.

Lien : http://www.encoredunoir.com/..
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Sylviegeo
  31 mai 2014
Le Missouri, entre 2 guerres, une petite ville de province, plus ou moins 5000 âmes. Voilà où nous sommes. Et survient une tragédie qui touchera tous les membres de cette petite communauté de West Table: l'explosion de la salle de danse faisant près d'un trentaine de morts et des dizaines de blessés. Que des victimes sans coupables, sans réelles explications.
L'auteur relate le récit de cette tragédie et donc, de cette petite communauté, avec les mots d'Alma racontant cette histoire à son petit fils 30 ans plus tard. En racontant l'explosion, Alma nous brosse le parcours de sa famille, de ses employeurs, de sa vie...C'est prétexte pour Woodrell à dénoncer les velléités des uns, les vertus des autres, l'hypocrisie régnante et surtout et toujours la main mise des mieux nantis imposant morale, code de conduite et décidant pratiquement de l'avenir des plus démunis. Ces acteurs sont tous plus ou moins désenchantés par les belles grandes valeurs américaines et l'auteur ne se gêne pas pour en faire un portrait des plus critiques. Une excellente lecture.
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
RenodRenod   18 août 2016
Malgré son nez amputé et sa vie de labeur, la mère était accusée de profiter des moments où Cecil dormait pour coucher avec des inconnus, au bord de la rivière probablement, car à force de cogiter sous la véranda il avait fini par se convaincre que la jolie petite Ruby {sa fille} devait être le fruit d’une fornication à laquelle il n’avait pas pris part. Physiquement, elle ne ressemblait ni à Cecil {le père} ni à aucun membre connu de sa famille, ce qui faisait d’elle une simple bouche à nourrir, un derrière à botter, un jeune corps sans lien de parenté dont il lui arrivait de palper longuement la croupe et les tétons naissants jusqu’à ce que son souffle devienne si pesant qu’il était obligé de s’allonger auprès de la catin, sa mère, pour en tirer un piètre soulagement.
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SofiertSofiert   21 mars 2021
Au cours des dix premières années qui suivirent la déflagration, on recueillit une bonne dizaine d'aveux complets ou plus ou moins evasifs qui tous, furent aisément réfutés, et les confessés furent rendus à des familles aux prises avec les difficultés de la crise, qui promettaient de veiller sur ces parents seuls à l'esprit un peu dérangé.
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horlinehorline   20 janvier 2014
Devant le nombre de jeunes morts ou défigurés, dans une ville qui comptait à peine quatre mille habitants, une clameur d'indignation désespérée s'éleva, appelant à la justice.
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ElectraElectra   13 mars 2019
Jour après jour, en cet été de mes douze ans, je fus réveillé en sursaut en la voyant, le dos éclairé par la lumière de l’aube, dans le léger grincement des ressorts, une brosse à manche d’os glissant le long d’une chevelure digne d’un conte de fées, et peut-être pas des plus heureux. Elle se prénommait Aima et il lui était égal d’être appelée Grandma ou Mamaw, mais il lui arrivait de lâcher une gifle si l’on s’adressait à elle en l’appelant Grannie. Elle était vieille, seule et fière, et mon père m’avait expédié depuis notre ville en bordure du Missouri, non loin de Saint Louis, en signe de réconciliation.
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