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Critiques sur De la maladie (7)
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Shan_Ze
  07 mars 2018
Je suis tombée sur ce petit livre d'à peine 60 pages dans une boîte à livres... Je n'ai pas lu les romans de Virginia Woolf (juste Elles, un essai sur les auteurs féminins) et je me suis dit pourquoi pas ?
De la maladie est un essai qui parle de cet état étrange où on se trouve quand on attrape une maladie, une grippe par exemple. Il permettrait de mieux appréhender, de comprendre certaines choses (certains ouvrages de littérature par exemple) Ou au contraire, de passer comprendre à côté. La maladie grave qui cloue au lit sans possibilité de réfléchir aux choses de la vie, n'est pas réellement abordée. Heureusement que l'essai est court, je ne suis parvenue à accrocher à ce cheminement de pensées qui ne m'a finalement pas intéressée...
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Musardise
  03 septembre 2016
Je suis un peu sur les fesses de découvrir ce texte après tout le bien que j'en ai lu et entendu. Si le sujet me paraissait d'emblée à la fois orignal, universel, intéressant, il me semble que les différentes critiques et analyses qu'on en a tirées en donnent une idée assez fausse. J'en ressors très déçue et il me semble qu'il s'agit là d'un cas de surestimation flagrante d'un texte auquel on ne saurait trouver aucun défaut parce que son auteure serait en quelque sorte intouchable.

Et pourtant... Et pourtant ce thème de la maladie - pas celui de la maladie grave, du type cancer, mais de la maladie habituellement bénigne, du type grippe, qui touche tout le monde -, est effectivement presque absent de la littérature. de mémoire, à part Proust et Banana Yoshimoto, ainsi que, peut-être, des livres pour enfants que j'ai lu il y a fort longtemps et dont je ne garde que des souvenirs très flous, j'ai peu lu d'auteurs qui s'y consacraient. Il me semble que Viriginia Woolf a donc mis le doigt sur quelque chose d'essentiel et que chacun est en mesure de partager : ce bouleversement de la pensée qui s'effectue lorsqu'on est malade, amoindri, alité. Cette particularité que possède la maladie de bousculer notre vision du monde, de notre entourage, d'à peu près tout, en fait. "Il devrait exister, nous disons-nous, des romans consacrés à la grippe et des épopées à la typhoïde, des odes à la pneumonie et des poèmes lyriques à la rage de dents.", nous dit l'auteure.

Or, si Virginia Woolf s'intéresse, au sortir d'une grippe (me suis-je laissé dire) à ce qu'on peut bien appeler un manquement de la littérature, elle ne va pas beaucoup plus loin. Peu importe que son texte soit court. Il insiste sur cette étrange omission pour ensuite ne s'intéresser qu'à quelques particularités de la maladie, à savoir sa capacité à nous faire voir le ciel, les fleurs, bref, la nature, différemment, à nous faire sentir que le monde mène sa petite vie sans nous, et qu'il continuera sans nous - la maladie serait l'occasion de provoquer un état méditatif. Sauf que, pour être confronté à cette vision nouvelle de la nature (et à condition qu'on n'y ait vraiment jamais réfléchi auparavant, ce qui suppose d'être franchement très autocentré), il faut pouvoir contempler depuis son lit de douleur ledit ciel et lesdites fleurs. En gros, il faut disposer d'une chambre d'où l'on puisse contempler tout ça, ce qui n'est le cas de pratiquement personne - aujourd'hui comme hier, tout le monde ne vit pas dans l'aisance financière de Virginia Woolf. En revanche, tout le monde tombe malade. Suis-je trop prosaïque ? C'est que, d'une part, la maladie l'est, et, d'autre part, quelle déception de constater que, pour aborder un sujet qui nous concerne tous, l'auteure utilise un argument on ne peut moins universel. Parler de la fièvre, des bouleversements qu'elle provoque dans la pensée, s'attarder sur la faiblesse qu'engendre le moindre état grippal et nous fait éprouver la moindre tâche habituelle comme un effort monumental, voilà qui donnait, me semble-t-il, davantage à réfléchir.

D'efforts, il est pourtant bien question, lorsque Woolf aborde la question de la lecture, qui peut devenir épuisante - ou tout aussi bien se révéler à nous, par le truchement de l'état amoindri que provoque la maladie. Mais ne voilà-t-il pas qu'elle se met proprement à délirer pendant plusieurs pages sur je ne sais quel roman anglais, durant lesquelles elle nous en livre le résumé pour une raison qui m'échappe complètement. Si la première partie du texte fut écrite au sortir d'une maladie, celle-ci semble bien avoir été écrite sous l'emprise de la fièvre...

On en retirera tout de même que Virginia Woolf fut un des rares auteurs à s'être intéressé clairement à la question de la maladie, de ses sensations et des bouleversements de la pensée qu'elle ordonne. Elle donne à réfléchir à la question, ce qui n'est déjà pas si mal. On s'arrêtera également sur la forme particulière de ce texte, qui relève de l'essai, de l'autobiographie, et même, peut-être, d'un nouveau genre. Et ce, bien avant Barthes et "La chambre claire".
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Montana
  24 février 2018
Dès les premiers mots de cet texte très court, on reconnait le style inimitable et incomparable de Virginia Woolf.
Elle mène ici une réflexion sur la maladie, sur ses effets et les changements que celle-ci provoque en nous ; et comme elle a coutume de le faire, elle va faire appel à tous nos sens (odeurs, sons, couleurs) pour restituer les impressions que la maladie provoque en nous :
Le malade ne pouvant plus agir "normalement", car privé d'une partie de ses moyens, va devoir -pour ne pas s'exclure totalement du monde - saisir l'essentiel de ce qui l'entoure.
Son idée centrale est que la fragilité du corps va impliquer pour le malade, qui n'est plus dans l'action, une nouvelle appréhension du monde. Il va ainsi développer d'autres formes de richesses telles que la contemplation, une sensibilité accrue à tout ce qui l'entoure, et même à la poésie.
Un point de vue intéressant, comme toujours avec Virginia!
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EtrangesHistoires
  25 juin 2014
Ce petit livre n'est pas un roman, pas un essai, pas un témoignage, non rien de tout celà. C'est simplement une petite conversation avec Virginia Woolf, qui traverse le temps pour venir nous dire ce qu'elle pense de l'état psychologique dans lequel se trouve toute personne frappée brutalement par la maladie. du jour au lendemain, elle ne fait plus parti du monde, elle est comme en retrait, non pas parce qu'on l'a isolé mais tout simplement parce que le monde continue a tourner et que ralenti par la maladie, le malade ne peut plus suivre le mouvement...
(Paru en 1930 sous le titre : -On Being Ill-)
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Elyria
  27 mars 2011
Un essai éclairé et original sur la maladie dans lequel nous pouvons tous nous reconnaître
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Errant
  29 mai 2019
Ce court essai a été ma première lecture de cette auteure: quelle plume! Sur un sujet somme toute plutôt austère, on sent la détermination que procure les idées claires, l'amour des mots, les tournures de phrases ciselées, l'originalité des images. Sur le fond, plaider pour élever la maladie au rang des grands déterminants de l'existence humaine est à la fois surprenant et audacieux d'une certaine façon. Qu'elle m'ait convaincu ou pas reste vraiment secondaire tellement son écriture m'a frappée. Un seul bémol à cette lecture; le très long prologue de Élise Argaud qui donne son interprétation en long et en large du texte qu'on s'apprête à lire... Peut-on laisser les lecteurs faire leurs propres découvertes plutôt que de les tenir par la main.
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womens_books
  25 janvier 2019
Virginia Woolf souffrait de dépression et de divers symptômes comme les migraines pour lesquelles on lui arrachait des dents afin de tenter de la soulager...

Dans son Journal, elle clamait pourtant : "Ce sont nos efforts pour saisir au passage tous les aspects de la vie qui la rendent si passionnément intéressante."

Dans ce court texte publié en 1926 dans la revue Forum, elle s'interroge sur la maladie. Elle ne partage ni ses maux, ni sa souffrance. Non, elle évoque plutôt comment la maladie force l'humain à se poser et à réfléchir sur ce qui l'entoure, à saisir l'essence même de toute chose face à la vacuité de la vie. Lorsque le corps ne peut plus, lorsque l'humain est forcé de se reposer, il n'a d'autre choix que d'entrer dans une phase de contemplation tournée vers l'essentiel. Elle partage ainsi son amour de la poésie, clame la force de cette écriture succincte, où le choix particulier de quelques mots sauront toucher les malades, ceux qui n'ont pas la force ou le temps de lire des centaines de pages.
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