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Jean Talva (Autre)
ISBN : 2253034991
Éditeur : Le Livre de Poche (01/09/1984)

Note moyenne : 3.57/5 (sur 96 notes)
Résumé :
Capter l'insaisissable, le flux du temps, telle est la préoccupation majeure de Virginia Woolf à travers son oeuvre. Dans ce troisième roman, publié en 1922, elle entend faire le portrait de Jacob, jeune britannique de petite noblesse, mort très jeune au champ de bataille de la Première Guerre mondiale. Plutôt que de tenter de trouver la voix de Jacob, l'écrivain s'approche de ceux qui l'ont connu de près ou de loin, persuadée que c'est en accordant leurs visions qu... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (23) Voir plus Ajouter une critique
Merik
  07 janvier 2018
Un roman de 1922 pour le moins original, dans lequel le personnage incontournable et central, Jacob, glisse et se faufile comme une anguille dans l'univers feutré et coloré de Viriginia Woolf.
« Il est vain de vouloir résumer les gens. On doit s'en tenir à des indices, le dit n'est pas exactement fiable, le fait ne l'est pas non plus entièrement. Certaines personnes, il est vrai, savent d'emblée définitivement prendre la mesure d'un caractère. D'autres hésitent, s'attardent, vont où souffle le vent. »
Ce parti pris d'un portrait en creux ne rend pas la lecture aisée. Si dans l'ensemble la narration est chronologique, elle suit surtout le fil d'associations d'idées, de consciences différentes, de situations diverses, de thématiques à peine effleurées (comme la mort), pour finir par constituer une toile de la vie de Jacob, comme un réseau humain. Une sorte de Facebook avant l'heure. Par moment j'ai eu la sensation qu'un papillon tenait une caméra et s'invitait à la suite de Jacob. Alors un papillon, ça s'intéresse pas forcément à ce que le lecteur voudrait savoir. Il peut admirer un paysage le papillon. Ou s'intéresser à d'autres personnes que Jacob. Prendre de la hauteur, ou au contraire se poser pour des détails scrupuleux.
Quant à l'histoire, d'aucuns diraient qu'il ne s'y passe rien. Ce qui est un peu réducteur. Il s'y passe tout de même (parfois en filigrane) des bribes de vie de Jacob enfant, de Jacob adolescent, de Jacob jeune homme. Et de Jacob mort à la guerre vraisemblablement, mais là c'est à peine suggéré (à part dans la quatrième de couv'). Bref une vie quoi, parmi tant et tant. Avec sa grosse part d'évanescence futile.
Il m'a fallu beaucoup d'effort de concentration pour en arriver à bout, de ce roman. La suggestion ou l'effleurement en écriture n'accroche pas vraiment le lecteur, il me semble. Mais j'ai quand même beaucoup aimé par moments... quand à d'autres j'ai beaucoup zappé.
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araucaria
  30 juillet 2013
Je crois que j'ai un peu de mal avec Virginia Woolf. Ce livre n'a pas fait exception, je m'y suis ennuyée, j'y ai trouvé des longueurs, et pourtant il s'agit paraît-il d'un très grand écrivain... Problème de traduction... problème de rythme plutôt qui ne me satisfait pas. Ou alors c'est bien trop intellectuel pour la petite lectrice que je suis. Il faut savoir faire preuve d'humilité parfois et accepter ses limites.
Lien : http://araucaria20six.fr/
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ivredelivres
  09 septembre 2010
« Lire Virginia Woolf prend du temps. Son oeuvre est longue, variée, touffue, et sa manière d'écrire si peu conventionnelle que l'on doit faire attention, être vigilant, avancer à petits pas pour ne rien perdre et pour ne pas s'y perdre »
Voilà vous être prévenu, ce point du vue extrait de la biographie signée Agnès Desarthe et Geneviève Brisac, vous introduit dans l'univers littéraire de Virginia Woolf, je n'ai pas résisté à la curiosité quand est paru La chambre de Jacob dans une nouvelle traduction d' Agnès Desarthe.
Un roman mosaïque sans intrigue dont le personnage principal, Jacob Flanders, apparaît dans une série de scènes retraçant sa vie de son enfance à sa disparition. Ces scènes sont brèves, et la personnalité de Jacob se dessine peu à peu à travers les récits, les observations ou les critiques de ses amis, les réactions des jeunes femmes qui l'aiment, les apparitions de sa mère.
Nous le suivons ainsi sur la plage de son enfance, au collège à Rugby, à Cambridge dans sa chambre d'étudiant, à la bibliothèque... Nous croisons les jeunes filles qu'il séduit, ses conquêtes inavouables, celles qui l'aiment ou qui le trompent.
Nous le suivons dans son grand tour de Paris à la Grèce en passant par l'Italie.
Au fil des pages des petits cailloux sont semés qui annoncent la mort et la guerre : cimetière, cloche funèbre, détonations qui évoquent le futur bruit du canon jusqu'au choix du nom de Flanders. le temps est l'acteur principal du roman, l'on passe sans que rien ne soit précisé, de l'enfance à l'adolescence à la vie adulte
Les sentiments, les détails matériels de la vie de jacob ne sont jamais donnés, seules subsistent des images furtives et colorées
Le lecteur est toujours à l'extérieur, les choses sont effleurées, suggérées, Virginia Woolf tisse une toile aérienne et les motifs n'apparaissent que petit à petit, les images sont fugaces , la vie est passée aussitôt qu'esquissée
A travers ce roman on retrouve des thèmes chers à Virginia Woolf : le temps béni de l'enfance et des vacances à St Ives, le traitement inégal des filles à qui l'on interdit les études et l'université, « le chaos faussement ordonné de nos jours »
Virginia Woolf capte pour nous l'insaisissable, le temps qui passe furtivement, l'inconstance des sentiments.
Je laisse pour finir la parole aux deux biographes de Virginia Woolf
« La chambre de Jacob, récit autour de l'absent, à l'écriture presque dérangeante, marque une volonté de s'affranchir d'une tradition lénifiante, et une capacité hors du commun à traduire en mots les maux d'une époque. L'écrivain est comme traversée par son temps. »
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NMTB
  19 décembre 2014
La chambre de Jacob est le premier des trois livres de Virginia Woolf - avant Les vagues et Vers le phare - que le préfacier qualifie de romans élégiaques. Il raconte la courte histoire de Jacob Flanders, de son enfance à sa mort sur les champs de bataille de la première guerre mondiale. Mais, au fond, Jacob apparait assez peu, il est autant question de son entourage, de sa mère, de ses amis, ses connaissances, des femmes qui sont amoureuses de lui ou dont il est amoureux. Il y a beaucoup de personnages pas vraiment secondaires dans ce roman, et c'est à travers eux qu'on apprend à connaître Jacob.
C'est aussi un roman fait d'expériences littéraires. Par exemple, on peut noter la position du narrateur, qui semble la plupart du temps traditionnelle, omnisciente et hors du récit, mais où la voix personnelle de Virginia Woolf n'hésite pas, parfois, à se faire entendre. Ou les dialogues, qui ont toujours une touche de bizarrerie ; ce ne sont pas des paroles qui se répondent vraiment, mais c'est comme si les personnages lançaient des flèches qui n'atteignaient jamais tout à fait leur but. Des paroles vouées à l'incommunicabilité.
Mais ce qui est le plus frappant c'est la manière dont l'auteure use de l'ellipse, du non-dit, des phrases qui s'arrêtent en cours de route, des idées qui restent en suspens. Il faut beaucoup deviner, beaucoup de sentiments ou d'actions sont passées sous silence. Non seulement cela donne une grande vigueur au récit car on s'arrête assez peu sur les détails, mais aussi une vraie liberté d'imagination au lecteur. le mieux est encore de donner un exemple. Voici un tout petit passage, au début du roman, qui met en scène Mrs Flanders, la mère veuve de Jacob, alors qu'elle vient de recevoir une lettre du précepteur de ses fils tout en s'occupant des provisions :
« Alors comme ça Mr Floyd l'a apporté lui-même ? Il me semble que le fromage doit être dans le paquet, dans l'entrée – c'est ça, dans l'entrée… » car elle était en train de lire. Non, il ne s'agissait pas des garçons.
« Oui, assez pour faire des croquettes de poisson demain, certainement. Peut-être le capitaine Barfoot… » Elle était arrivée au mot « amour ».
Evidemment, sorti du contexte ce passage perd beaucoup. Pourtant, il reflète toute la maitrise de Virginia Woolf. Passons sur l'idée amusante de mélanger fromage et poisson avec lettre d'amour ; cette association de trivialité et de sentiments nobles est l'un des ressorts du roman. Mais la façon qu'a Virginia Woolf d'insinuer beaucoup de choses en si peu de mots est simplement magnifique. Car lorsqu'on lit ces quelques phrases dans le cours du roman, on voit réellement cette femme s'affairer avec sa bonne, poser d'abord distraitement son regard sur la lettre, puis son visage changer d'expression, son attention se porter du fromage à la lettre, ses sourcils se froncer, et se dessiner dans ses yeux un mélange d'espoir et de peur. Et pourtant Woolf n'écrit rien de tout cela, et d'ailleurs ce n'est que mon interprétation. Disons que c'est l'ensemble de tout ce qui a été écrit avant qui fait travailler l'imagination du lecteur. Bref, c'est de la littérature. Et seulement un exemple parmi tant d'autres de l'art de Virginia Woolf.
Sinon, les descriptions sont toujours aussi belles. En particulier les paysages très colorés, les jeux de lumières sur la mer ou les ombres violacées. Tout cela rappelle souvent les peintures impressionnistes.
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zohar
  30 mars 2011
Ce livre se présente comme un grand puzzle où la vie des personnages n'est donnée que par fragments : nous ne connaissons l'histoire de Jacob Flanders, héros du récit, que par les pensées, et perceptions de ceux qui ont côtoyé sa vie (ses amis d'enfance, sa mère ou les filles qu'il a séduit, etc.).
On n'entre pas non plus dans les détails des autres personnages secondaires : ce sont des fragments de vies, de sentiments, et d'émotions qui se dessinent au fur et à mesure des pages…
L'impossibilité de connaître autrui revient comme un leitmotiv dans « la Chambre de Jacob » : plus précisément, c'est l'incommunicabilité entre les êtres, un des thèmes majeurs du roman que l'on retrouve, par ailleurs, dans « La Traversée des apparences » mais de façon plus affirmée.
La personnalité insaisissable du héros, et sa vie composée de scènes disparates nous rendent comptent et soulignent l'idée de l'incohérence de l'existence.
C'est peut-être là une des clefs de lecture de ce roman ! Ici, la solitude des êtres repliés dans leurs angoisses se révèle encore plus nette que dans le roman « Mrs Dalloway ». Et si Mrs Dalloway finit par avoir la brusque révélation du prix de la vie, et le sentiment intense d'exister.
Dans « la Chambre de Jacob », V.Woolf abandonne clairement l'approche objective des personnages pour ne s'intéresser qu'à la dimension subjective qui constitue leur vécu.
Plutôt qu'un roman, c'est un long poème éclatant de lyrisme. Empli d'images, rythmé par une écriture incantatoire. le recours à des personnages masqués rapproche également cette oeuvre complexe du théâtre.
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Citations et extraits (36) Voir plus Ajouter une citation
SachenkaSachenka   16 juillet 2016
On dit que le ciel est partout le même. Les voyageurs, les naufragés, les exilés et les mourants tirent de cette pensée du réconfort ; et si l'on a des dispositions au mysticisme, nul doute qu'une consolation - et même une explication - ne tombe comme une nuit bienfaisante de cette morne étendue.
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LillyLilly   03 juin 2010
Les îles Scilly viraient au bleu ; et soudain un éclat bleu, violet, puis vert envahit la mer ; la laissa grise ; imprima une raie qui aussitôt disparut ; mais lorsque Jacob eut passé sa chemise par-dessus sa tête toute l'étendue des vagues était bleu et blanc, ondulante et fraîche, bien que, de temps à autre, une large marque violette apparût à a surface, comme un hématome ; ou encore il arrivait qu'un plein émeraude flottât, teinté de jaune. Il plongea. Il avala de l'eau, la recracha, frappa de son bras droit, frappa de son bras gauche, fut remorqué par une corde, suffoqua, éclaboussa, et fut hissé sur le pont.
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Josepha_AnhJosepha_Anh   02 février 2013
Nonobstant, cinq minutes après avoir dépassé la statue d'Achille, elle avait le regard rêveur d'une personne mêlée à la foule par un après-midi d'été quand les arbres sont bruissants, quand les rayons des roues jaunes étincellent ; quand le tumulte du temps présent est une sorte d'élégie à la jeunesse envolée, aux étés défunts ; si bien qu'une étrange tristesse naissait dans son âme, comme si au travers des gilets et des robes, le temps et l'éternité devenaient visibles ; comme si elle voyait les humains marcher tragiquement vers leur destruction.
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araucariaaraucaria   31 juillet 2013
Les vagues entourèrent la femme en noir; ce n'était qu'une roche couverte de ces algues qui font : Ploc! quand on les écrase. Jacob se sentit perdu. Il allait se mettre à hurler, quand il aperçut, gisant parmi des bouts de bois noirci et de la paille, au pied de la falaise, un crâne, un crâne complet, celui d'une vache, peut-être, et peut-être avec toutes ses dents. Sanglotant, mais oubliant tout, Jacob courut de toutes ses forces, droit devant lui : jusqu'au montant où il tint entre ses bras le crâne, qui était en réalité celui d'un mouton.
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Corboland78Corboland78   01 novembre 2018
J’aime les livres dont toute la valeur tient dans deux ou trois pages. J’aime les phrases qui ne bougent pas même si des armées les traversent. J’aime que les mots soient durs – telle était la position de Bonamy, et elle lui valait l’hostilité de ceux dont le goût est tout entier pour les pousses nouvelles du matin, qui ouvrent grand la fenêtre, et trouvent les coquelicots éparpillés au soleil, et ne peuvent retenir un cri de jubilation devant la fécondité extraordinaire de la littérature anglaise. Ce n’était pas tout la façon de voir de Bonamy. Le fait que son goût en littérature affectait ses amitiés, et le rendait taciturne, secret, pointilleux, et seulement tout à fait à l’aise dans la seule compagnie d’un ou deux jeunes hommes qui pensaient comme lui, voilà les seules charges retenues contre lui.
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Videos de Virginia Woolf (33) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Virginia Woolf
Amélie Nothomb, morte ? Elle ne se souvient de rien. Voici pourtant qu?une dénommée Plectrude lui annonce la sinistre nouvelle. Elle lui révèle également qu?une identité posthume est attribuée à chacun au terme d?une cérémonie. L?un ira au paradis des cinéastes et l?autre au paradis des boulangers, par exemple. L?éternité est moins longue lorsqu?on échange autour d?une passion commune... Amélie s?attend donc à retrouver Stendhal et Virginia Woolf au paradis des écrivains. Stupeur ! Elle se retrouve au paradis des philosophes, aux côtés de Platon et de Nietzsche ! S?agit-il d?une erreur ? En faisant appel de cette décision, Amélie va subir un drôle de Jugement dernier au cours duquel viendront témoigner les illustres gloires de la philosophie, depuis Spinoza jusqu?à Sartre.
Écrit « à la manière » d?Amélie Nothomb, ce conte philosophique de Marianne Chaillan est un voyage aussi drôle que méditatif qui invite le lecteur à découvrir autrement l??uvre de la romancière mondialement célèbre.
https://www.albin-michel.fr/ouvrages/ainsi-philosophait-amelie-nothomb-9782226397140
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