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EAN : 9782923682334
80 pages
Éditeur : Les Allusifs (16/04/2014)

Note moyenne : 3.65/5 (sur 13 notes)
Résumé :
« Pourquoi, se demanda-t-elle, ne puis-je sentir toujours la même chose, être certaine que Miss Milan a raison, que Charles a tort, et m’y tenir, être certaine au sujet du canari et de la pitié et de l’amour, au lieu de me laisser chambouler à la seconde même où j’entre dans une pièce remplie de gens ? »

Comment, lors d’une soirée mondaine, notre être intime se trouve-t-il soudain exposé ? À Travers ces nouvelles rédigées par Virginia Woolf pendant et... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
keisha
  03 juillet 2015
Mieux valait regarder la réalité en face : ce volume comprenant toutes les nouvelles de Virginia Woolf écrites au cours de sa vie, et en VO en plus, ne sera jamais lu (première tentative, août 2013) si je ne contourne pas finement l'obstacle. Entre 1922 et 1925 elle écrivit plusieurs nouvelles autour de la soirée chez les Dalloway relatée dans le roman Mrs Dalloway.
La préface rappelle que la nouvelle Mrs Dalloway in Bond Street fut écrite au cours de l'été 1922 et à l'automne Virginia Woolf notait dans son journal que la nouvelle s'était ramifiée en un livre. Elle envoya cependant la nouvelle pour une parution en magazine, notant que Mrs Dalloway ne lui semblait pas complète comme elle était.
Débutant par 'Mrs Dalloway said she would buy the gloves herself' - oui, pas les fleurs-, la nouvelle voit Mrs Dalloway dans Londres et une boutique de gants, et se termine par son exclamation ravie 'Miss Anstruther' lorsque le nom lui revient en mémoire.
Toujours d'après la préface, après avoir écrit son roman et pensant à son prochain, Vers le phare, Virginia Woolf se sentit le désir d'écrire des nouvelles autour de la réception donnée chez Mrs Dalloway.
Mabel en est sûre : sa robe neuve, de couleur jaune, est une horreur (The new dress). La soirée est gâchée, elle ne pense qu'à cela, se sentant 'une vieille mouche décrépite, mal fagotée, affreusement minable.' L'image reviendra en fil conducteur de la nouvelle.
"Nous ressemblons tous à des mouches essayant de franchir le rebord de la soucoupe, pensait Mabel, et elle se répétait cette phrase comme si elle se signait et tentait de trouver une formule pour exorciser sa douleur et rendre son angoisse supportable. (...)Et voici qu'elle pouvait voir des mouches franchissant lentement le rebord d'une soucoupe pleine de lait, leurs ailes toutes collées.(...) Elle était une mouche, mais les autres étaient des libellules, des papillons, de beaux insectes, légers, gracieux, dansant et elle était la seule à se hisser hors de la soucoupe."
"Mabel a une robe neuve, dit-il, et la pauvre mouche fut littéralement poussée au milieu de la soucoupe. Mabel était persuadée qu'il voulait qu'elle se noie."
Finalement elle fuit, enveloppée dans son bon vieux manteau chinois...
Rencontre tout en subtilités, à la soirée, entre Stuart Elton et Mrs Sutton (Happiness). Il lui confie être allé à Kew dans l'après-midi, comme s'il jetait bouts de tissu et de biscuits à des loups le poursuivant en forêt. Et Virginia Woolf s'amuse à continuer de paragraphe en paragraphe : 'with this whole pack of famished wolves in pursuit'. Mrs Sutton revient à la charge : 'A kew, seul?' 'Ah, the wolf yapped in his ear'...
Et cette phrase, justifiant qu'on lise VW en VO : 'making dashes and splashes about him like a man dabbing putty here there trying to cement bricks together'
Mrs Vallance se remémore sa famille (Ancestors) tout en parlant avec Jack Renshaw. Terminant les larmes aux yeux.
Mrs Dalloway elle-même présente (Introduction) Lily Everit à un groupe de jeunes invités, dont Bob Brinsley. Lily devient consciente de son état de femme, 'all made her feel that she had come out of her chrysalis and was being proclaimed what in the comfortable darknessof chilhood she had never been - this frail and beautiful creature, before whom men bowed, this limited and circumscribed creature who woud not do what she liked, this butterfly with a thousand facets to its eyes and delicat fine plumage, and difficulties and sadnesses innumerable; a woman.'
Je ne me hasarde pas à traduire, disons que la femme serait une jolie petite chose fragile...
Alors que les hommes. 'high towers, solemn bells, flats built every brick of them by men's toil, churches built by men's toil, parliaments too.', voilà des bâtisseurs d'empire!
Brinsley : 'Je suppose que vous écrivez? Sans doute des poèmes.'
Sa réponse : 'des essais'.
Je passe rapidement Together and apart, pour ne pas trop allonger, citant juste
'their lives, seen by moonlight, as long as an insect's and no more important.'
The man who loved his kind
et A summing up, histoire de prouver la difficulté de traduire
'catching cod, catching cold, influenza, rheumatism and Keats'
Le talent de Virginia Woolf est fort présent dans ses nouvelles, ce peut être un moyen d'aborder l'auteur. Pour parler -maladroitement- de ces nouvelles, j'ai dû relire, et chaque fois je découvrais d'autres facettes. Désolée de n'avoir pas traduit, c'est mission impossible.Désolée de ne pas avoir tout décortiqué. Il me restera plein d'autres nouvelles à savourer...
On ne lit pas ces nouvelles pour leur chute, il n'y en a pas vraiment, mais pour la langue, les images, l'ambiance, la subtilité, l'humour et l'émotion se mêlant... Une vraie plongée dans les pensées et les ressentis, sans appuyer.
Lien : http://enlisantenvoyageant.b..
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nathalie_MarketMarcel
  18 avril 2015
Les nouvelles de ce recueil sont soit antérieures, soit postérieures à l'écriture de Mrs Dalloway. Elles s'intéressent à l'héroïne ou à d'autres personnages de la soirée, parce qu'une réception est un kaléidoscope. Chacun y arrive avec ses préoccupations, une robe peut occuper une place monumentale dans un esprit, tandis qu'un invité fera ses politesses en pensant aux pauvres croisés le matin dans la rue – on croise beaucoup de pauvres dans les rues de Londres pendant cette réception. Woolf s'y exerce au portrait de l'identité cassée et vacillante, oscille entre souvenirs et phrases convenues.
Par rapport au roman, ce sont comme quelques notes de musique s'échappant d'un concert : on y entend des bribes, la musique est déformée (bizarrement, Clarissa m'a paru beaucoup moins intéressante, plus soucieuse du regard extérieur avec ce mot d'ordre intérieur incessant pour redresser le corps), mais la mélodie revient tout à la fin par une ouverture de la fenêtre. Ce n'est pas aussi bien que le roman, parce que certaines pages sont peut-être des essais pour tourner autour de la formule finale, mais le charme est là.
Lien : http://chezmarketmarcel.blog..
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Pitchoubinou
  18 juillet 2014
Je n'avais encore rien lu de Virginia Woolf, même si elle m'intéresse depuis longtemps (j'ai lu la biographie de Viviane Forrester, vu le film The Hours avec un immense plaisir). Je me disais que des nouvelles proches de Mrs Dalloway pourraient être un bon premier contact. Je ne peux pas dire que j'ai eu une révélation. Mais je ne m'avoue pas vaincue ! Et mention spéciale pour l'éditeur Les Allusifs, leurs livres sont vraiment de beaux objets. (juillet 2014)
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Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
JoohJooh   06 mars 2015
C'est peut-être cela qui ressortait, et qui demeurait; cela allait avec la robe, et les menus gestes de galanterie et de respect dans le salon; tout cela lui faisait sentir qu'elle avait quitté sa chrysalide et que, désormais, on la reconnaissait officiellement pour ce qu'au long des ténèbres confortables de l'enfance elle n'avait jamais été: cette créature frêle et belle, limitée et circonscrite, cet être délicat qui ne pouvait faire ce qu'il voulait, ce papillon doté d'yeux à mille facettes, d'un duvet très fin, et d'innombrables difficultés, sensibilités et tristesses: une femme.
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JoohJooh   18 mars 2015
La nature avait toujours été une passion chez elle: la montagne, la mer. Alors qu'ici à Londres, lorsqu'on regardait par la fenêtre, on ne voyait que d'autres maisons. On avait la sensation terrible des êtres humains entassés les uns sur les autres dans de petites boîtes. Personnellement, elle n'aurait pu vivre dans un tel univers; déjà elle ne supportait pas de marcher dans Londres et de voir les enfants des rues. Peut-être était-elle trop sensible; la vie serait impossible si tout le monde lui ressemblait - mais lorsqu'elle se rappelait sa propre enfance, et ses père et mère, la beauté et les soins dont ils avaient entouré leurs enfants...
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JoohJooh   09 mars 2015
Rien au monde n'est plus étrange que les rapports humains, se dit-elle, en raison de leurs mutations, de leur incroyable irrationalité, car son aversion pour l'homme venait de se muer en rien de moins qu'un amour intense et euphorisant - mais elle rejeta le mot "amour" dès qu'il affleura, songeant à nouveau comme l'esprit est insondable, car il dispose de si peu de mots pour toutes ces perceptions étonnantes, toutes ces alternances entre douleur et plaisir.
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JoohJooh   15 mars 2015
"Peut-être, dit Miss O'Keefe, êtes-vous indifférent à la beauté." (Il lui avait dit qu'il n'avait pas vu La tempête, ni lu tel livre; avec ses moustaches, son menton, sa chaîne de montre en argent, il avait l'air débraillé.) Elle se dit que tout le monde avait accès à cela; les musées étaient gratuits, la National Gallery aussi; et la campagne. Elle connaissait certes les objections: la lessive, la cuisine, les enfants; mais la racine des choses, ce qu'ils avaient tous peur de dire, c'est que le bonheur était bon marché. On peut l'avoir gratis. La beauté.
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JoohJooh   10 mars 2015
Bien que timide et à peu près incapable d'articuler un mot quand on la présentait à un inconnu sans crier gare, fondamentalement humble, elle nourrissait une authentique admiration pour les autres. Elle eût trouvé merveilleux d'être eux - mais, condamnée à être elle-même, elle devait se contenter, à sa manière silencieuse et enthousiaste, depuis sa place assise dans un jardin, d'applaudir la société des hommes, dont elle était exclue.
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Videos de Virginia Woolf (38) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Virginia Woolf
Marie Darrieussecq est une romancière fêtée. Vingt-trois ans après la parution tonitruante de l'inaugural Truismes, elle affiche une ample et belle bibliographie (Bref séjour chez les vivants, le Pays, Il faut beaucoup aimer les hommes...) dont La Mer à l'envers, le dernier jalon en date, paru mi-août aux éditions P.O.L, s'impose comme le roman-phare de cette rentrée littéraire 2019. « Comment peut-on écrire aujourd'hui sur un autre sujet que les migrations ? », s'interrogeait-elle lorsqu'on l'a rencontrée au début de l'été, à Paris, pour évoquer avec elle cette fiction à la fois grave et légère qui met en scène une jeune femme dont l'existence ordinaire est soudain bouleversée par sa rencontre avec un jeune réfugié nigérien. Marie Darrieussecq est aussi traductrice (notamment de Virginia Woolf et de James Baldwin), elle préside depuis l'an dernier la Commission d'avance sur recettes au Centre national du cinéma (Cnc) et s'apprête à prendre en charge la chaire d'écrivain en résidence récemment créée à Science Po. Où trouve-t-elle le temps et l'énergie ? Quel est son moteur : la curiosité, la passion, ou la peur de l'ennui ?
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