AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Rose Celli (Traducteur)Agnès Desarthe (Préfacier, etc.)
ISBN : 275781205X
Éditeur : Points (05/02/2009)

Note moyenne : 3.75/5 (sur 26 notes)
Résumé :
"Le seul conseil en effet qu'une personne puisse donner à une autre à propos de la lecture c'est de ne demander aucun conseil, de suivre son propre instinct, d'user de sa propre raison, d'en arriver à ses propres conclusions."
Loin d'imposer un quelconque jugement, Virginia Woolf partage sans détour sa connaissance profonde et son indéfectible amour de la littérature. Elle admire Proust et Austen, se demande si on peut comprendre Tolstoï sans parler russe et ... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr
Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Titine75
  01 février 2011
Dans “L'art du roman”, Virginia Woolf nous parle de son amour inconditionnel de la lecture et nous explique l'évolution d'un jeune genre de la littérature : le roman. Ce livre est constitué de différents articles ou conférences réalisés autour de ce thème durant toute la vie de l'auteur. L'association des articles s'est fait après le décès de l'auteur mais je trouve l'ensemble plutôt homogène.
Le roman est un genre assez récent dans la littérature anglaise mais Virginia Woolf note son extraordinaire essor durant le XIXème siècle. de très nombreux courants se développent à cette époque qui sont détaillés par Virginia Woolf dans le chapitre intitulé “Les étapes du roman”. Les plus grands auteurs anglais s'y retrouvent dans différentes catégories comme les réalistes avec Defoe, Trollope, les colporteurs de personnages comme Dickens ou Jane Austen, les satiriques comme Sterne ou Peacock, etc… Ce chapitre permet à Virginia Woolf d'insister sur l'incroyable inventivité des romanciers et leurs possibilités infinies de création. Mais pourquoi cette forme littéraire s'est-elle ainsi développée ? Virginia Woolf l'explique par la volonté des écrivains de créer des personnages et de les approfondir : “Autrement dit je crois que tous les romans ont affaire au personnage et que c'est pour exprimer le personnage - pas pour prêcher des doctrines, chanter des chansons ou célébrer les gloires de l'Empire britannique - que la forme du roman, si lourde, si verbeuse, si peu dramatique, si riche, si élastique, si vivante, s'est développée.” le personnage comme centre de la création artistique a apporté un changement d'importance : l'arrivée des femmes en littérature. Elles sont de grandes observatrices de la vie quotidienne et des personnes qui les entourent. Cette prédisposition et la possibilité de disposer d'espaces intimes leur permettent d'investir le champ du roman. Mais, comme pour les hommes, leur matériau principal reste l'humain, son comportement et ses émotions. Virginia Woolf fait le même constat en Russie où le roman a également pris son essor au XIXème siècle. L'âme humaine est le sujet principal des oeuvres de Dostoïevski ou Tolstoï.
Après l'écrivain, Virginia Woolf consacre de longs passage au deuxième acteur du roman : le lecteur. le rôle du lecteur est essentiel car il peut influencer le goût de l'époque. le lecteur doit avant tout suivre son instinct et s'éduquer grâce à ses multiples lectures. Virginia Woolf souligne d'ailleurs la difficulté d'être lecteur : “Ainsi, aller d'un grand écrivain à un autre, de Jane Austen à Hardy, de Peacock à Trollope, de Scott à Meredith, c'est être arraché et déraciné, projeté ici puis là. Lire un roman est un art difficile et complexe. Il vous faut être capable non seulement d'une grande finesse de perception mais encore d'une grande hardiesse d'imagination si vous voulez mettre à profit tout ce que le romancier - le grand artiste - vous apporte.” le lecteur, à force de lectures, devient plus critique et recherche la qualité ce qui, normalement, doit élever le niveau des livres écrits.
L'époque contemporaine, à partir de 1910, permet d'ailleurs une démocratisation de la lecture avec l'ouverture d'écoles et de bibliothèques publiques. On assiste également à une démocratisation du métier d'écrivain. AU XIXème siècle et au début du XXème, l'écrivain est issu, à l'exception de Charles Dickens et D.H. Lawrence, des classes sociales les plus élevées. Cette ouverture, espère Virginia Woolf, permettra une diversité créatrice accrue. Cette nouvelle génération d'écrivains doit trouver sa place et chercher de nouveaux moyens d'expression. La période est instable politiquement, les guerres mondiales ont profondément modifié les comportements et bouleversé l'ordre social. Aussi la période semble peu propice à la naissance de chefs-d'oeuvre. Malgré cela, Virginia Woolf attend et croit beaucoup en l'avenir du roman qui ne peut que s'enrichir de tous ces changements.
Ce recueil d'articles de Virginia Woolf est passionnant et passionné. Elle nous transmet son plaisir de lectrice et ses goûts. Ses fines et pertinentes analyses éclairent à la fois l'histoire du roman mais également ses choix d'écrivain. Lire “L'art du roman” incite à lire de plus en plus et comme le dit fort bien Virginia Woolf : “(…) on ne saurait jamais trop lire.”
Lien : http://plaisirsacultiver.unb..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          100
keisha
  15 novembre 2009
Présentant une dizaine d'articles et de conférences s'étalant de 1919 à 1940, où Virginia Woolf, modeste et brillante à la fois, parle avec passion du roman en général, mais aussi de poésie, de lecture, des romanciers, des critiques, ce livre est devenu pour moi absolument incontournable.
Je vais essayer de vous allécher sans trop en dévoiler non plus.
Elle parle de son amour pour les romans russes et évoque avec humour la fameuse "âme russe". J'ai relevé aussi un intéressant passage sur les traductions de romans étrangers.
Dans Mr. Bennett et Mrs Brown (1924) elle décrit avec brio les différences entre les romanciers contemporains .
Le texte le plus long, Les étapes du roman, est absolument passionnant pour un lecteur vorace et éclectique et montre le parcours, j'allais dire logique, disons argumenté, dudit lecteur, des romanciers de la réalité (Swift, Maupassant), aux romantiques (Scott, Stevenson), puis aux colporteurs de personnages (Austen, Dickens), vers les psychologues (James, Proust), et les satiriques (Sterne), pour terminer par les poètes.
Evidemment j'ai lu avec grand intérêt Les femmes et le roman, où Woolf précise qu'il n'y a pas eu de femmes écrivains en Angleterre avant le fin du 18ème siècle, et donne pour cela des raisons intéressantes.
Mais il me semble qu'en France il y a eu des auteurs féminins bien avant (Madame de Sévigné, Madame de la Fayette, oui finalement des femmes d'un certain milieu). Qu'en pensez-vous?
J'avoue n'avoir jamais lu de roman de Virginia Woolf (me ferait-elle peur?) mais j'ai été séduite par son style fluide, son humour discret, son intelligence. N'attendez pas forcément des réponses aux multiples questions posées, la dame reste modestement en retrait, mais elle propose des pistes de réflexions et des remarques passionnantes. On n'est d'ailleurs pas obligé d'adhérer à toutes ses opinions et projections sur l'avenir du roman, ainsi qu'à son avis sur Dickens (si, elle l'aime quand même!).
Je ressors donc de cette lecture copieuse mais digeste avec une envie furieuse de lire ses romans, (ainsi que Guerre et paix et Tristam Shandy).
Lien : http://en-lisant-en-voyagean..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          80
Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
ay_guadalquiviray_guadalquivir   31 mars 2010
Le seul conseil en effet qu'une personne puisse donner à une autre à propos de la lecture c'est de ne demander aucun conseil, de suivre son propre instinct, d'user de sa propre raison, d'en arriver à ses propres conclusions.
Commenter  J’apprécie          810
FifrildiFifrildi   01 mars 2016
Quand vous avez changé tous les mots d'une phrase, du russe à l'anglais, et ainsi un peu altéré le sens et complètement le son, le poids et l'accent des mots dans leurs rapports mutuels, rien ne reste du sens d'une version brute et "en gros". Ainsi traités, les grands écrivains russes sont comme des hommes dépouillés par un tremblement de terre ou une catastrophe de chemin de fer non seulement de leurs vêtements mais encore de quelque chose de plus subtil et de plus important : leur manière d'être, les singularités de leur nature. Comme l'ont prouvé les Anglais par leur admiration fanatique, ce qui reste est quelque chose de très profond, de très puissant, mais étant donné ces mutilations il est difficile de savoir avec certitude jusqu'à quel point nous pouvons nous fier à nous-mêmes pour ne pas leur prêter, pour ne pas déformer, pour ne pas lire en eux un accent qui n'est pas le vrai.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          70
MarianneDesroziersMarianneDesroziers   12 juillet 2010
La vie n'est pas une série de lanternes de voitures disposées symétriquement; la vie est un halo lumineux, une enveloppe semi-transparente qui nous entoure du commencement à la fin de notre état d'être conscient. N'est-ce aps la tâche du romancier de nous rendre sensible ce fluide élément changeant, inconnu et sans limites précises, si aberrant et complexe qu'il se puisse montrer, en y mêlant aussi peu que possible l'étranger et l'extérieur ?
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          70
ay_guadalquiviray_guadalquivir   21 juillet 2009
Mais toutes les déductions que nous pourrions tirer en comparant deux arts romanesques si infiniment distincts sont vaines, sauf quand elles nous submergent sous le flot des innombrables possibilités de l'art ; quand elles nous rappellent que l'horizon est sans limite et que rien, ni "méthode" ni expérimentation, même de ce qu'il y a de plus extravagant, n'est interdit, mais seulement l'insincérité et le faux-semblant.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
FifrildiFifrildi   28 février 2016
Nous sommes des âmes, des âmes malheureuses, torturées, dont la seule affaire est de parler, de révéler, de confesser, d'extraire au prix de n'importe quel déchirement de la chair et des nerfs ces tortueux péchés qui rampent sur le sable au fond de nous.
Commenter  J’apprécie          100
Videos de Virginia Woolf (30) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Virginia Woolf
Bonjour et bienvenue dans le monde de notre Vie Intérieure. Nous parlons aujourd?hui de l?expérience de voir son image dans un miroir?
« Clarissa (se dirigeant vers la table de toilette) plongea au c?ur même de l?instant, le cloua sur place, l?instant de ce matin de juin sur lequel s?exerçait la pression de tous les autres matins, voyant comme pour la première fois le miroir, la table de toilette, et tous les flacons, se rassemblant toute entière en un point (en se regardant dans le miroir), regardant le visage rose, délicat? de Clarissa Dalloway ; d?elle-même. Elle l?avait vu des milliers de fois, son visage, et toujours avec cette même imperceptible contradiction? Oui, c?était bien elle? » Virginia Woolf, Mrs Dalloway.
Le miroir n?a pas toujours existé sous sa forme actuelle : il fut longtemps un objet rudimentaire, en métal poli, n?incitant guère à la contemplation de soi. Il ne s?est popularisé dans les foyers qu?à la fin du XVIIIe siècle. Depuis, les miroirs et leurs avatars (photos et réseaux sociaux) sont omniprésents dans nos vies, et nous permettent de nous assurer de notre bonne apparence.
Mais se regarder dans un miroir peut être aussi l?objet d?expériences existentielles plus intéressantes que la simple vérification de son image. L?occasion d?une rencontre avec soi, d?une exploration des liens éventuels entre essence et apparence, avec ce goût particulier que procurent les expériences de sortie de son corps. Car se regarder dans un miroir, c?est se voir comme les autres nous voient, c?est observer un corps vivant, mobile, réactif, changeant? Et dont la contemplation prolongée va activer notre vie intérieure, bien davantage que ne le font les considérations esthétiques, qui sont l?usage habituel des miroirs?
Face à son miroir, sans autre but que mener une expérience de psychologie, on peut donc s?arrêter, et prendre son temps. Il va d?abord falloir laisser s?épuiser les automatismes mentaux, qui se déclenchent tout seuls face à notre image : on vérifie son apparence, on se dit qu?on a pris un coup de vieux, ou au contraire qu?on est resté jeune d?allure, on fait ses petites grimaces sociales (sourire, incliner la tête, froncer les sourcils, mimer différentes émotions?). Une fois passées ces babouineries, comme dit Albert Cohen dans Belle du Seigneur, on passe aux choses sérieuses?
On se regarde longtemps, en se répétant « c?est moi, c?est moi? » Au bout d?un moment, on ressent une impression aussi étrange que lorsqu?on se répète un même mot en boucle : « chocolat, chocolat, chocolat? » Après quelques minutes, survient un phénomène de dissociation entre le mot et l?objet qu?il désigne. Et des interrogations : pourquoi ce mot, et pas un autre, pour désigner cette chose ? de même, face au miroir, surviennent peu à peu des interrogations et sentiments troublés, devant notre reflet : pourquoi suis-je doté de ce corps, de ce visage, et pas d?autres ? Pourquoi ces traits sont-ils associés à mon identité ? Pourquoi cette « partie antérieure de ma tête », comme la définit le dictionnaire, a-t-elle tant d?importance à mes yeux, et à ceux des humains qui me croisent ? Que peut-on penser de moi d?après mes traits ? Mon visage reflète-t-il ce que je suis ?
Et puis, finalement, est-ce que tout ceci est si important ?
Vous vous souvenez du mythe de Narcisse : ce jeune homme était si captivé par sa beauté qu?il finit par mourir d?inanition, en contemplant son reflet à la surface d?une eau limpide. Comment faire pour que notre statut d?animal social, soucieux d?être aimé et accepté par les autres, ne nous conduise pas à être un animal narcissique, pensant que c?est notre image qui compte le plus pour être aimé ? Regardez un peu mieux le miroir : autour de votre visage, il y a le commencement du reste du monde. Il est temps d?y revenir et de le parcourir?
À demain, et ne perdez jamais le lien? avec vous-même.
Plus d'info sur La Vie Intérieure https://www.editions-iconoclaste.fr/livres/la-vie-interieure/
+ Lire la suite
Dans la catégorie : Science fictionVoir plus
>Littérature : généralités>Rethorique>Science fiction (16)
autres livres classés : écritureVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr





Quiz Voir plus

Virginia Woolf

Virginia Woolf a grandi dans une famille que nous qualifierions de :

classique
monoparentale
recomposée

10 questions
140 lecteurs ont répondu
Thème : Virginia WoolfCréer un quiz sur ce livre