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EAN : 9782253030577
286 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (11/09/2002)

Note moyenne : 4.17/5 (sur 338 notes)
Résumé :
Les Vagues (The Waves), publié en 1931, est le roman le plus expérimental de Virginia Woolf. Il a été traduit en français par Marguerite Yourcenar.

Il consiste en monologues parlés par les six personnages du roman : Bernard, Susan, Rhoda, Neville, Jinny, et Louis. Percival, le septième personnage, est aussi important, bien que les lecteurs ne l'entendent jamais parler lui-même. Les monologues sont interrompus par neuf brefs interludes à la troisième p... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (30) Voir plus Ajouter une critique
vincentf
  27 juin 2010
Ces voix qui s'entremêlent sans jamais se toucher, ces personnages qui n'en sont pas parce qu'ils ne sont que des paroles, cette quête désespérée d'une unité du moi, tantôt approchée, tantôt éloignée, ce mouvement de la vague, va-et-vient des personnages les uns vers les autres et vers eux-mêmes, ce rythme qui fait oublier qui parle parce que Bernard, Neville, Louis, Suzanne, Jinny et Rhoda sont une seule voix même s'il y a des restes de personnages, des situations particulières irréductiblement différentes, Bernard qui raconte des histoires, qui prend la parole au point de la monopoliser à la fin du roman, Bernard qui est une vague, tantôt trouvant le calme de la solitude, un rivage possible, puis retrouvant les détails de la vie ordinaire qui lui font raconter des histoires, se perdre, n'être plus que Bernard qui écrit des phrases dans un carnet, Neville qui aime, Suzanne qui s'enracine, devient un arbre, Louis qui efface son accent australien, Jinny qui n'est qu'un corps, Rhoda qui est un fantôme sans visage. Mais tous sont des fantômes sans visage.
Il y a au coeur de ce roman une absence, la mort de Perceval, dont on n'entend jamais la voix mais qui est au centre de tout. Quelque chose flotte. Les personnages s'estompent et font place aux paysages. Perceval est mort et n'a jamais existé. J'ai la bizarre impression de ne pouvoir parler de ce livre qu'en en prenant le style, cette constante analyse intérieure qui fait que quelque chose échappe toujours, et que quelque chose, c'est tout.
Il y a dans Les Vagues un condensé de l'expérience humaine moderne, cette avancée dans la vie où tout évolue sans vraiment changer, les souffrances et peut-être, mais ça semble moins sûr chez Virginia Woolf, les joies prenant juste plus de poids, mais les mardis succèdent aux lundis indéfiniment et les vagues ne cessent pas de se heurter contre le rivage. Il n'y a jamais de rupture dans ce texte, malgré ses six narrateurs que tout oppose et que tout réunit, ses descriptions de paysages qui viennent interrompre les monologues, les années qui passent de l'enfance à l'âge mûr. Même la mort de Perceval ne parvient pas à briser la monotonie du roman, parce que Perceval n'existait pas avant sa mort.
Nos vies, ma vie (comme les personnages de ce roman, j'oscille sans cesse entre mon identité personnelle et mon identité humaine) coulent sans que nous trouvions (sans que je trouve) qui nous sommes (qui je suis). Solitude à la fois irrémédiable et impossible, désirée et rejetée de toutes mes forces, comme l'appel de l'autre qui fait de moi à la fois un Neville disant à l'autre "viens plus près", et une Rhoda, que l'autre horrifie et qui se cache, se vampirise, et tout à coup, sans crier gare, se retrouve morte.
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Nadael
  03 mars 2015
Jour après jour l'astre solaire poursuit sa course folle, faisant miroiter ses reflets changeants sur la mer, elle-même en perpétuel mouvement. Allégorie de la vie. Trajectoire de l'homme. de l'aube au crépuscule, de l'enfance à la vieillesse, il grandit, il apprend, il pense, il se construit. Son existence est traversée de joies, de peines, de souffrances, de tendresse, de cruauté, de solitude, d'amours, d'amitiés, d'incertitudes, d'illusions et de désillusions... des remous incessants qui se fracassent dans son corps et dans sa tête, à l'image des vagues se brisant contre les rochers. Tantôt elles bercent, tantôt elles sèment la confusion, toujours les vagues ondulent et agitent l'esprit.
Le lecteur entend le ressac comme un écho, la résonnance de voix intérieures qui se mêlent à la sienne. Car Virginia Woolf explore la conscience de six personnages à travers leurs pensées profondes. Elle guette leur métamorphose au fil du temps. Pas d'actions, pas d'interractions, pas de dialogues entre les personnages, juste la voix intérieure de chacun, sa perception du monde, sa quête, ses désirs, son interprétation des choses...
Ils se sont connus sur les bancs de l'école ; Bernard aime raconter des histoires, Neville jamais satisfait cherche inlassablement l'amour, Suzanne est attachée aux arbres, à la nature, au foyer, à ses enfants, Jinny est belle et séductrice, elle prend soin de son apparence, Louis c'est l'étranger venu d'Australie, il paraît venir d'une autre époque, d'un autre temps, sans cesse rattrapé par la réalité qui le déçoit, quant à Rhoda, elle est insaisissable, mystérieuse ou angoissée, elle se tient souvent à l'écart. Et puis, il y a Perceval, le lumineux Perceval dont on n' entend jamais la voix mais qui est essentiel dans le coeur des six autres... Chaque chemin de vie nous est donc conté, avec ses soubresauts, mais les faits importent peu, ce qui compte c'est le ressenti.
Virginia Woolf nous emmène dans les profondeurs de l'être humain, et nous inonde de lumière en offrant des descriptions poétiques de la nature. Ce roman singulier au style si expérimental ne se lit pas comme un livre classique, l'enchevêtrement de monologues intérieurs lui confèrent une certaine monotonie. Il est nécessaire d'oublier ses habitudes de lecture et se laisser envahir par la voix de chacun, pénétrer leurs pensées, être en accord avec la nature environnante. La musique qui nous paraît discordante finit par s'harmoniser. le tumulte du flux et du reflux des vagues, indomptables, contribue à la richesse d'une vie, lui donne de la substance, de la couleur, de la chaleur, de la force aussi, permettant d'entrevoir la mort avec sérénité.
Lien : https://lesmotsdelafin.wordp..
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HermantM
  26 octobre 2012
Difficile de faire une critique des Vagues, c'est un texte qui se ressent mais seulement d'une façon absolue. Envahissant comme le flux de l'esprit, des émotions, du cours profond de l'existence... Je l'ai lu il y a longtemps, il est toujours aussi présent dans ma mémoire, il m'habite et m'enrichit. Pas seulement à cause de ma résonance avec l'essentiel de ce qui y est livré (et des extraits que j'y ai pieusement relevés), plutôt par l'émerveillement de découvrir là une forme de perfection en littérature. La forme est libérée mais pour mieux vibrer et diffuser, avec une richesse que bien des romans actuels, ennuyeux et froids à force de se vouloir dépouillés des contraintes, n'ont jamais pu égaler. C'est un rêve, mais le temps de ce rêve, c'est toute l'essence de la vie qui passe...
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ElizaLectures
  15 juin 2013
Tout commence par six enfants, jouant dans un jardin. Leurs pensées se déroulent l'une après l'autre, s'emmêlent, se croisent et se répondent. L'un se cache dans un buisson pour rester seul (c'est Louis), l'une le trouve et l'embrasse, cherche à la faire sortir (c'est Jinny), une autre voit la scène et sent monter en elle la jalousie (c'est Susan), un autre voyant sa détresse lui court après pour la consoler (c'est Bernard), un autre encore ne voit pas tout cela car il est absorbé dans ses pensées (c'est Neville) et enfin il y a celle qui a peur et qui pour se rassurer tente de faire voguer des pétales dans une bassine (c'est Rhoda). le septième personnage, c'est Percival. Rencontré au collège, il est le centre de toutes leurs attentions. Mais dans ce livre, c'est le seul qui ne s'exprime pas. Et lorsqu'il meurt, tous se sentent affectés.
Alors que l'écriture semble se déverser avec fracas sans ordre ni but, le récit est pourtant le fruit d'une remarquable construction littéraire. Huit grandes parties composent le roman, chacune d'entre elles correspond à un âge de leur vie. Entre chaque partie, la course du soleil sur la mer, du matin jusqu'au soir, ses reflets dans des objets du quotidien posés sur une table au jardin. Quelques renseignements sur leur famille ("mon père, banquier à Brisbane"), quelques événements énoncés au détour d'une phrase ("elle m'a dit oui, je vais me marier"), leurs voyages, nous en apprennent un peu plus sur ces six personnages. Au gré du récit, le lecteur les identifie un peu mieux : Susan, mère nourricière et protectrice, Neville, amoureux de Percival, Louis, homme d'affaires, Bernard, celui qui fait des phrases, Jinny, qui passe de bras en bras, et enfin Rhoda, la "femme sans visage". Tandis que les trois femmes sont radicalement différentes, les trois hommes partagent un attachement profond pour la littérature, et surtout l'écriture. Mais seul Louis est vraiment un poète, car lui seul vit dans une mansarde alors qu'il a fait fortune dans le commerce. le récit s'ouvre et se referme (excepté un dernier chapitre où seul Bernard prend la parole) par un moment où les six personnages sont ensemble : d'abord au jardin lorsqu'ils sont enfants, puis enfin lors d'un dîner à Hampton Road, alors qu'ils sont bien plus âgés. Au milieu, un deuxième déjeuner, dont Percival est le principal attrait.
Les contours de ces six personnages restent flous, ils sont le monde, ils sont nous. Et leurs pensées, leurs angoisses et leurs espoirs sont les nôtres.
Impossible de vous en dire plus sur l'histoire des Vagues. Impossible de tenter de retrouver l'infinie beauté et poésie des mots que Virginia Woolf nous offre comme un bouquet. Impossible de décrire ce qui m'a ensorcelé dans ce texte. L'extraordinaire pouvoir des images qu'elle met devant nos yeux, le rythme lancinant des phrases agit comme une filet qui nous happe et nous entraîne dans les eaux profondes. Et même si parfois mon esprit s'échappait pour suivre le cours de mes propres pensées, cela fait aussi partie de l'envoûtement de ce livre. À lire absolument.
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chris49
  26 octobre 2019
A la relecture des « Vagues » de Virginia Woolf se pose à moi la question de la réception de cette œuvre parue en 1931. Virginia Woolf a déjà publié à l'époque de grandes œuvres telles que « La traversée des apparences », « Mrs Dalloway », « La Promenade au phare », « Orlando », « Une chambre à soi »... Avec « Les Vagues », l'auteure étend son exploration stylistique encore plus loin, à un degré d'émancipation inédit. Cette œuvre expérimentale, plus proche en effet de l'élégie que du roman, rencontre pourtant un vif succès, dès sa sortie. L’œuvre est construite sur une série de monologues, entrecoupés de brefs intermèdes descriptifs qui dépeignent les métamorphoses successives d'un paysage marin à neuf moments de la journée, de la levée du jour jusqu'au crépuscule. Le lecteur suit les personnages, de l'enfance à l'âge adulte, et comprend que ceux-ci, loin de toute psychologie, représentent une seule et même conscience éclatée, dans laquelle l'auteure entend cristalliser la mouvance de l'existence. L'adhésion de cette œuvre auprès des lecteurs britanniques, d'abord dans le cercle restreint de l'aristocratie intellectuelle, puis auprès de la presse et du grand public, et dont on compare aujourd'hui la modernité à « Ulysse » de Joyce, me pose la question suivante : L’œuvre de Virginia Woolf fait partie des classiques de la littérature et, de ce fait, est largement connue. Mais, une telle œuvre, paraissant aujourd'hui, remporterait-elle le même succès ?... J'en doute. Qui lit de la poésie aujourd'hui ? Une poignée d'irréductibles. Quant aux éditeurs, ils sont pour la plupart ces mêmes poètes délaissés.
J'ai choisi de relire « Les Vagues » dans la première traduction qui en a été faite en 1937 par Marguerite Yourcenar et qui, il y a fort longtemps, m'avait déjà éblouie. Cette traduction rencontre, elle aussi, l'adhésion du public francophone dès sa parution. Deux autres traductions ont vu le jour depuis, celle de Cécile Wajsbrot en 1991, et celle de Michel Cusin, pour la Pléiade, en 2012.
Ce qu'annonce Marguerite Yourcenar dans sa préface est le reflet sans pareil d'une rencontre merveilleuse entre les deux poétesses : « Les quelques pages qui vont suivre auront atteint leur but si je parviens à persuader le lecteur de l'intense sentiment d'humanité qui se dégage d'une œuvre où il est permis de ne voir d'abord qu'un ballet admirable que l'imagination offre à l'intelligence. »
Quant à mon élan personnel, s'il a quelque intérêt, il se résume ainsi : Allez-y ! Plongez-y ! Noyez-vous dans ce flot langagier d'une force inouïe. Chaque phrase est un tourbillon qui nous retourne la cervelle.
http://www.christinamirjol.com/
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Citations et extraits (135) Voir plus Ajouter une citation
KittiwakeKittiwake   10 mai 2011
Pourtant, la vie est supportable, la vie a de bons moments. Lundi est escorté par mardi, puis mercredi leur succède. l'esprit s'élargit d'année en année comme le tronc d'un chêne; le sentiment du moi se fortifie ; la douleur même se fond dans la sensation de cette continuelle croissance. Les soupapes de l'esprit s'ouvrent et se ferment sans cesse vec une précision musicale de plus en plus parfaite; la hâte fébrile de la jeunesse trouve son emploi, et tout l'être semble manoeuvrer avec la perfection d'un mécanisme d'horloge. Avc quelle rapidité le flot nous porte de janvier à décembre. Nous sommes entrainés par le torrent des choses; et ses coses nous sont devenues si familières que nous n'apercevons pas leur ombre. Nous flottons sur la surface du fleuve
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aleatoirealeatoire   09 octobre 2012
J'ai peur du choc de la sensation qui bondit sur moi parce que je ne peux pas la traiter comme vous le faites - je ne peux pas fondre l'instant dans l'instant qui suit. Pour moi ils sont tous violents, tous distincts [...] Je n'ai pas de but en vue. Je ne sais pas relier les minutes aux minutes et les heures aux heures, les dissoudre par une force naturelle pour composer la masse pleine et indivisible que vous appelez la vie.
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JoohJooh   06 septembre 2014
Quelque chose m’a grandi dans le cœur (…). Quelque chose de dur, il ne s’agit ni de soupirs, ni de rires joyeux, ni de phrases souples et ingénieuses ; (…) Ce que je sens est lourd. Je ne puis flotter doucement à la surface, mêlée aux autres êtres. […] Car bientôt, à l’heure chaude de midi où les abeilles bourdonnent autour du chèvrefeuille, mon bien-aimé viendra. Il ne prononcera qu’une parole ; et je ne lui répondrai qu’un seul mot. Je lui ferai don de tout ce qui a grandi en moi.
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JoohJooh   25 août 2014
Il m’arrive parfois de penser (à moi, qui n’ai pas encore vingt ans), que je ne suis pas une femme ; que je suis le rayon de soleil qui éclaire cette barrière, ce coin de sol. Il m’arrive parfois de penser que je suis les saisons, le mois de janvier, le mois de mai, le mois de novembre : que je fais partie de la boue, du brouillard et de l’aube.
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JoohJooh   31 août 2014
Le ciel est noir comme l’os poli de la baleine. Mais là-haut quelque chose s’allume ; est-ce une lueur de lampe, ou bien l’aurore ? Et quelque chose s’éveille : des oiseaux pépient sur un platane. Partout se répand le pressentiment de la naissance du jour. […] Oui, c’est bien l’éternel renouveau, l’incessante montée qui suit une retombée sans fin.
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Videos de Virginia Woolf (39) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Virginia Woolf
"De quoi avait peur Virginia Woolf ?" par Raymond Las Vergnas. Première diffusion le 20/09/1968 sur France Culture. Dans sa conférence, Raymond Las Vergnas, spécialiste de la littérature anglo-américaine, proposait plus une étude psychologique, clinique de Virginia Woolf elle-même, qu’une analyse de son œuvre. Et la vie de Virginia Woolf s’était déroulée dans la peur…peur indispensable pour créer.
Source : France Culture
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Virginia Woolf a grandi dans une famille que nous qualifierions de :

classique
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