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Critiques sur Mrs Dalloway (138)
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CDemassieux
  17 juin 2014
« Mrs Dalloway dit qu'elle se chargerait d'acheter les fleurs »…ça commence comme ça, légèrement, imperceptiblement.
Avec Clarissa Dalloway, nous ne rencontrerons pas l'exacerbation des sentiments des Hauts de Hurle-Vent d'Emily Brontë : ici, l'introspection n'est pas violente.
Mais derrière les préparatifs anodins d'une réception ressurgit le passé de l'héroïne – chargé de regrets, évidemment – et son inévitable corollaire : le bilan.
Clarissa Dalloway apparaît alors comme l'une des plus attachantes figures féminines de la littérature, « née » d'une « semblable », car qui d'autre qu'une femme pouvait l'écrire et rendre avec une telle grâce l'atmosphère de « calme » mélancolie qui règne dans ce roman ?…C'est un homme qui parle !
Jusque dans le style tout est femme dans cette histoire. Marc Porée, dans son article de l'Encyclopédie Universalis sur Mrs Dalloway, écrit ceci : « Avec Mrs. Dalloway, Virginia Woolf trouve sa voix en déclinant le modernisme au féminin […] (et) aura été l'une des premières à théoriser, puis à mettre en pratique, un système d'écriture en rupture avec la grammaire d'interprétation propre au monde masculin. »
Il y a enfin la présence prophétique de ce personnage à part : Septimus Warren Smith, brisé par son expérience du Front de 14-18. Il se suicidera, ce qui résonne désormais douloureusement puisque Virginia Woolf, elle-même, se donnera la mort en 1941, l'écriture n'étant, au final, pas parvenue à la sauver.

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CLAVIE
  07 août 2012
Je l'ai entamé après avoir lu Les Heures, le chef d'oeuvre de M. Cunningham. Je voulais connaître la particularité de l'écrivaine. Et je suis restée un peu décue.

Je trouve ce livre construit comme une pièce de théâtre, dans laquelle Mrs Dalloway nous fait passer de scène en scène, ponctuant sa journée. Je m'attendais à un grand lyrisme, mais il n'en est rien; il s'agit plutôt d'une succession d'épisodes décrivant cette société rigide qu'était celle de l'Angleterre du 19ème.

Néanmoins, du style épuré de V. Woolf émane toujours un sentiment d'espoir; chose étonnante quand on lit sa biographie!
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ay_guadalquivir
  27 août 2010
En reprenant Mrs Dalloway après quelques années, sur le conseil enthousiaste d'une amie lectrice qui se reconnaîtra, je pensais entrer dans un univers un peu poussiéreux, ayant à l'esprit des images tronquées du film The hours. L'univers de Virginia Woolf est bien plus complexe, et loin d'être lisse. Sous couvert des préparatifs d'une réception londonienne, elle creuse les contradictions d'une société que l'on jugerait caricaturale de simplicité, mais qui peine malgré tout à étouffer les aspirations des individus. Ce texte écrit dans les années vingt résonne des soubresauts de la Grande Guerre, mais aussi des félures de l'Empire chancelant. Virginia Woolf touche le lecteur en creusant au coeur des individus.
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AMR
  01 octobre 2017
Ce roman, publié en 1925, est une déambulation au sens propre, puisque nous partageons les promenades des personnages dans Londres, par une belle journée de fin de printemps, rythmée par Big Ben et les horloges de la ville. Mais c'est aussi et surtout une succession de monologues intérieurs.

Ainsi, nous accompagnons Clarissa Dalloway, sortie de chez elle afin d'effectuer quelques courses et d'acheter les fleurs destinées à décorer sa maison pour la soirée qu'elle organise chez elle le soir même. Nous la suivons au cours de cette longue journée, faite de rencontres et de préparatifs prévus mais aussi de péripéties imprévisibles.
Nous découvrons que Mrs Dalloway, dame distinguée de la haute société londonienne, est aussi Clarissa, une femme sensible et fragile, convalescente, qui s'est perdue dans la vie sociale, toute en représentation, qui se sent vieillir bien qu'elle n'ait que cinquante-deux ans.
Nous comprenons qu'elle a fait le choix sécurisant d'épouser Mr Dalloway, qui la délaisse aujourd'hui, pris par des occupations politiques ; les deux époux ne communiquent plus vraiment et Richard ne parvient même plus à dire à Clarissa qu'il l'aime. Nous assistons aux difficultés relationnelles entre Mrs Dalloway et sa fille Elisabeth dont elle désapprouve le rapprochement avec une de ses professeurs, « lourde, laide, commune, sans grâce ni bonté ». La promenade en omnibus de la jeune fille est un passage plein de sous-entendus révélateurs.
En même temps, il nous est donné à lire les divagations des pensées de Mrs Dalloway, entre réflexions et souvenirs : réflexions sur sa vie et ses choix passés et souvenirs de sa jeunesse. le retour inopiné de Peter Walsh, son ancien soupirant, également en proie à ses propres doutes et interrogations, la perturbe et la renvoie face à ses contradictions ou ses regrets. Elle se souvient de son amie Sally et de leurs émois d'adolescentes, de leur attirance mutuelle.

À l'issue de sa visite inattendue à Clarissa, Peter Walsh se promène lui aussi dans Londres et laisse vagabonder ses pensées et ses souvenirs, occasions de mieux connaître le personnage principal du roman grâce à tout un enchainement de retours en arrières.
Mr Dalloway, quant à lui, est invité chez Lady Bruton, un femme riche et influente ; la description de ce déjeuner est une succession de points de vue, de réflexions personnelles des uns sur les autres, sur les rapports entre les hommes et les femmes, sur l'héroïne éponyme ; les deux femmes se rencontrent rarement, entre indifférence et hostilité.
Parallèlement, nous vivons la dernière journée de Septimus Warren Smith, un vétéran rescapé des combats de la première guerre mondiale, suicidaire et en proie à des hallucinations en compagnie de son épouse qui fait des efforts désespérés pour le sortir de sa dépression ; les médecins consultés, pleins « de décision et d'humanité » préconisent un internement.
Virginia Woolf ajoute aussi des détails concernant des passants sans rapport avec l'intrigue proprement dite, qui se trouvent simplement dans la rue ou dans le parc en même temps que les protagonistes principaux : une nurse et un jeune enfant, une jeune fille à peine arrivée à Londres, une vieille mendiante, ou encore la vieille dame qui habite la maison d'en face…
Les divers personnages se croisent, se perçoivent, s'interrogent les uns sur les autres…, diffractant à l'infini les points de vue.

Le point de jonction entre les trois histoires principales autour de Clarissa Dalloway, Peter Walsh et Septimus Warren Smith, se trouve être un des médecins de ce dernier, Sir William Bradshaw, puisqu'il figure parmi les invités de la soirée organisée par Mrs Dalloway.
Le récit du suicide de l'ancien soldat va particulièrement déranger l'héroïne, au point qu'elle va abandonner ses invités et s'éclipser de la réception, dont la réussite comptait tant pour elle ; cet homme, blessé moralement, qu'elle ne connaissait pas, fait irruption dans sa vie et la pousse à s'interroger sur le sens profond de la vie et de la mort : « elle se sent très semblable à lui, au jeune homme qui s'est tué. Elle est heureuse qu'il l'ait fait, qu'il ait rejeté la vie tandis que les autres continuent à vivre ». Nous pouvons ainsi voir dans ce personnage secondaire une allusion à l'état mental de Virginia Woolf elle-même ; en effet, l'étude de sa vie et de ses oeuvres par des psychiatres a permis de conclure qu'elle présentait tous les signes d'un trouble bipolaire, souvent associé avec une grande créativité mais conduisant parfois au suicide. le portrait à charge du docteur William Bradshaw dénonce la manière dont étaient traitées au début du XIXème siècle les personnes atteintes de maladies psychiatriques, victimes de la « malfaisance obscure » d'un corps médical qui leur rendait la vie intolérable.

La réception qui clôture cette longue journée est une véritable représentation théâtrale, peinture d'une société mondaine qui vit dans un univers superficiel, qui exhibe une « panoplie du bonheur » entachée d'égoïsme. Les réalités de Mrs Dalloway paraissent bien insignifiantes en effet, même si pour elle, tenir salon, inviter des gens importants et célèbres, paraître snob dans un « engrenage de visites, de cartes, d'amabilités » revient simplement à aimer la vie, à se sentir vivante, à faire des « offrandes pour la joie d'offrir ». Les passages où la domesticité s'exprime sur le déroulement de la soirée sont particulièrement savoureux.
C'est aussi une soirée de retrouvailles, puisque Peter a finalement accepté de venir et que Sally, de passage à Londres, est venue sans pourtant avoir été invitée.

Mrs Dalloway est un roman introspectif, tragique même dans la relative banalité de la journée décrite : unité de lieu, de temps et d'action… Tout se passe à Londres, un jour de printemps et l'action principale n'est tout simplement que la préparation et le déroulement d'une réception. Donc, dans l'objectivité des faits, il ne se passe pratiquement rien, si ce n'est dans la tête du personnage éponyme et dans celles des personnages secondaires. L'atmosphère de Londres au début du XIXème siècle est rendue de manière poétique et métaphorique, la ville devenant un personnage à part entière.
Ce roman est un enchainement de monologues à la troisième personne, une mise en scène d'états d'âme. On peut y lire en filigrane des inspirations autobiographiques, notamment dans l'attirance entre deux femmes, la mélancolie ou encore les divagations et hallucinations représentées de l'intérieur.
Virginia Woolf est considérée comme l'une des plus grandes romancières du XXème siècle ; elle incarne les débuts du roman dit psychologique. Novatrice en ce domaine, elle délaisse l'intrigue proprement dite pour se focaliser sur le ressenti de ses personnages. Elle défendait le pacifisme, les contacts humains et le culte de la beauté contre les inhibitions et l'étroitesse des valeurs bourgeoises de la société anglaise de son époque.
C'est avec un immense plaisir que j'ai relu Mrs Dalloway pour participer à la lecture commune de ce mois de septembre 2017.
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Ingannmic
  04 février 2017
Avant d'entamer la lecture de « Mrs Dalloway » (le 1er roman que je lis de cette auteure), j'imaginais que Virginia Woolf était une femme à l'écriture complexe, torturée, laborieuse. Je n'imaginais pas si mal… du moins en ce qui concerne la complexité, et par conséquent, la nécessité à certains moments de faire preuve d'une certaine concentration pour suivre le cheminement de son récit (donc, oui, c'était parfois un peu laborieux aussi !)

Peut-on d'ailleurs véritablement parler de récit, concernant « Mrs Dalloway » ? L'action s'y déroule sur une seule journée, et culmine avec la description des quelques menus préparatifs auxquels s'attèle Clarissa Dalloway en vue de la réception qu'elle donnera en soirée. Et pourtant, j'ai souvent éprouvé au cours de ma lecture une sensation de mouvement incessant, presque de frénésie, qui tient au procédé de narration utilisé par l'auteure : tout le roman est la restitution des pensées, souvenirs, des divers personnages, qui se succèdent souvent sans transition.

Ces personnages parfois se croisent, parfois se connaissent. Virginia Woolf s'attarde davantage sur certains d'entre eux, et notamment sur cette fameuse Mrs Dalloway. Arrivée à la cinquantaine, mariée à un célèbre député dont elle a eu une fille, celle-ci fait preuve d'un état d'esprit qui peut sembler confus car émaillé de réflexions contradictoires. En effet, elle s'émerveille de bonheurs simples, fait preuve d'une humeur égale et sereine, puis manifeste soudain des regrets quant à la femme qu'elle est devenue, qui agit sous l'influence du regard d'autrui, va jusqu'à penser qu'elle aurait aimé être quelqu'un d'autre… Et surtout, elle laisse transparaître, sous-jacente, une angoisse, voire une terreur de la mort, qui à certains moments sera même clairement exprimée...

Les considérations de Peter Walsh, l'amour de jeunesse de Clarissa, confirme la dualité évoquée plus haut : s'appliquant à plaire à la classe dominante pour entretenir les relations mondaines de son époux, elle a acquis une rigidité préjudiciable à son sens critique et à sa vivacité d'esprit. Et pourtant, il lui reconnaît toujours un « sens du comique exquis », un caractère agréable et facile. Quant à lui, son retour après 5 années passées aux Indes (alors colonie anglaise) fournit un prétexte à l'auteure pour souligner les changements intervenus après la première guerre mondiale (le roman se passe en 1923) en Angleterre, la fin du conflit insufflant un vent de liberté qui se traduit par une évolution des comportements : Peter constate ainsi que les anglais se montrent moins pudibonds qu'auparavant, la censure morale semble être moins pesante. Un personnage d'ailleurs plutôt sympathique que ce Peter, qui se soucie peu du « qu'en dira-t-on », se contentant de suivre ses envies, ses impulsions, affichant une forme d'épicurisme débonnaire et aussi quelque peu enfantin. Lui-même se décrit comme étant « à la fois gai et bougon », sa bonne humeur alternant parfois avec des accès de mélancolie provoqués par une certaine nostalgie de la jeunesse.

Plus tragiques et beaucoup plus sombres sont les pensées de Septimus, un autre des protagonistes qui occupe une place importante dans le roman. Se promenant dans les rues de Londres au bras de Rezia, son épouse italienne, ce rescapé de la guerre, atteint d'une profonde dépression, sombre dans la folie…

Par la transcription des pensées, des états d'âme de ses personnages, Virginia Woolf a su donner à son récit une réelle consistance, l'enveloppant d'un réseau complexe de sentiments et de réflexions plus ou moins conscientes. Il s'en dégage au final une vague impression de mal-être existentiel, une difficulté pour les individus à accéder au véritable bonheur, à jouir de la maturité et de la sérénité que pourrait leur conférer l'âge. S'agit-il de l'écho des angoisses et de l'instabilité mentale de l'auteure ? On notera à plusieurs reprises l'évocation du suicide ou de la délivrance que peut apporter la mort, considérée aussi à certain moment comme un « enlacement »…
Lien : https://bookin-ingannmic.blo..
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Sami33
  26 janvier 2017
Me revoici aujourd'hui avec un nouveau classique de la littérature britannique que je vous propose de découvrir pour certains et de redécouvrir pour les autres.


Je ne connaissais pas cet ouvrage, c'est avec une grande curiosité et intérêt que je me suis lancée dans cette lecture ! "Mrs Dalloway" est l'un des roman les plus connu de l'auteur, autant vous dire que j'ai placé la barre très haute pour cet ouvrage.


On est plongé, le temps d'une journée, dans la vie de Clarissa. Elle est en plein préparatif pour une réception qui aura lieu le soir même, pleine de nostalgie, elle fait le point sur sa vie lorsque Peter Walsh, un ancien soupirant et ami vient lui rendre une petite visite...


Mrs Dalloway est une héroïne tellement humaine, commune que l'on s'attache facilement à elle. La lectrice va facilement pouvoir se sentir proche d'elle. On va partager avec elle telle une amie ses souvenirs, son choix de mari (Monsieur Dalloway), ses espérances pour la soirée à venir mais aussi pour son avenir... A travers Clarissa, nous devinons que se cache Virginia Woolf elle-même, qui décrit ses pensées.


A côté de ça, on découvre une multitude de personnages qui évoluent à Londres dont Septimus Warren Smith, un jeune homme traumatisé par la guerre, qui sombre petit à petit dans la folie, malgré l'amour que lui porte sa femme, Lucrezia...


Je ne vais pas vous leurrer, certains passages sont long, très long à se demander si l'auteur ne s'est pas un peu perdu ! Mais en y regardant d'un peu plus près, on se rend compte, que ce n'est pas si inutile que ça finalement. C'est une lecture sentimentale, les émotions retranscrites par l'auteur sont intenses, vraiment troublantes, bouleversantes. J'ai été touché par ces petits portraits d'hommes et de femmes, si différents, mais finalement liés par une même destinée : la mort.


Une très belle réflexion sur la condition humaine. Cette lecture m'a redonné l'envie de me plonger dans la saga des "Rougon-Macquart" de Zola.
Lien : http://leslecturesdeladiablo..
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Keikana
  12 juillet 2016
Je suis une grande admiratrice du travail de Virginia Woolf. Je n'ai pas encore tout lu d'elle parce que ses écrits sont très forts et profonds, il me font toujours l'effet d'une claque et il me faut du temps pour les absorber. Ils retranscrivent tellement parfaitement la vie, les émotions, le caractère étrange de l'être humain que tout lire d'un coup serait trop d'émotions pour mon petit cerveau. Je préfère lire son oeuvre en pointillés, semer ces révélations tout au long de ma vie.

Il a fallu que je m'y reprenne par trois fois pour enfin finir Mrs Dalloway. Jusqu'à maintenant, je l'ai toujours abandonné à mi-chemin. Je n'arrivais pas à m'accrocher au texte, à la mélodie des mots bien que je pressentais que, si je persévérais, j'allais adorer ce chef d'oeuvre de la littérature anglaise.

Et puis j'ai compris. Ce n'était pas parce que ce n'était pas le bon moment ou parce que j'étais trop jeune pour apprécier cette lecture que je n'arrivais pas à le finir, c'est parce que je m'y prenais mal! On ne lit pas Mrs Dalloway entre deux métros, deux pages avant de dormir ou en parallèle d'autres lectures. Mrs Dalloway est un flux de pensées qu'il faut interrompre le moins possible si on veut le comprendre. Il faut avoir conscience de ce qu'on est en train de lire, il faut s'y plonger complètement comme on lirait les pensées de quelqu'un. Alors, les pages se tournent à toute vitesse. Sans chapitre, sans pub, sans correspondances pour nous arrêter, on glisse à travers la journée de Clarissa. Une journée à la fois des plus banales et à la fois l'exemple le plus intense de ce qu'est la vie.

Une lecture troublante, portée par les images récurrentes de Woolf : le Temps, l'eau, le vent, les vagues,… tout ce qui est insaisissable, cette auteure le capte et nous le fait ressentir merveilleusement. Elle entremêle les destins, lie toutes choses entre elles, recrée le monde tel qu'il est réellement, elle efface la frontière entre les mots et la réalité.

Une lecture qui laisse un sentiment doux-amer de beauté et de fatalité, qui traduit si bien qu'on puisse être à la fois, au même instant, intensément heureux et profondément triste. Un texte quasi prophétique pour l'auteure au destin malheureux qui renforce chez le lecteur ce sentiment étrange que tout est lié. Un magnifique moment de littérature.
Lien : https://thebmuffin.wordpress..
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Marti94
  01 avril 2016
J'ai enfin comblé une lacune grâce à cette lecture de « Mrs. Dalloway », roman le plus connu de Virginia Woolf publié pour la première fois en 1925. Il est surtout celui qui a donné naissance à une forme nouvelle de roman : le roman psychologique où les frontières s'abolissent entre intériorité et extériorité, action et introspection.
Ce livre raconte le vécu d'une femme à Londres, Clarissa Dalloway, et, plus précisément, une journée de cette élégante femme du monde d'une cinquantaine d'années qui s'apprête à donner une réception. Nous sommes en juin 1923 et le livre mêle impressions présentes et souvenirs. Clarissa se livre à un monologue intérieur et des personnages vont surgir du passé, comme son ancien amant Peter Walsh, rencontré l'été de leurs dix-huit ans à Bourton, ou encore des membres de sa famille et de son entourage, croisés au gré de ses pérégrinations dans les rues de Londres.
Situé au lendemain de la Première Guerre mondiale, le roman fait une part non négligeable aux séquelles psychiques héritées du conflit dont témoigne Septimus Smith qui se suicide à la fin du livre, dernière victime du culte de la grandeur impériale. Les femmes ont aussi une place importante notamment à travers leur implication en politique et le droit de vote.
Mais « Mrs. Dalloway » est avant tout un livre sur la transformation des consciences même si la technique de Virginia Woolf consiste à décrire des bribes de vies.

Lu en mars 2016
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LydieetsesLivres
  19 septembre 2014
Mrs Dalloway est un livre qu'il faut avoir lu et l'écriture de Virginia Woolf est magnifique, c'est incontestable ! Cependant, cette lecture m'a demandé quelques efforts de concentration, il ne s'offre pas facilement.

Le récit constitue une journée dans la vie de Mrs Dalloway, il débute alors qu'elle se rend chez le fleuriste pour la réception qu'elle organisera le soir et se termine sur cette même réception. Cette journée que Virginia Woolf a choisi de nous conter est également la journée où Peter Walsh, ami et ancien courtisan de Clarissa Dalloway, après un long exil en Inde, va réapparaitre dans la vie de l'héroïne. Au cours de cette journée, chaque rencontre, chaque événement à première vue anodin va remémorer dans l'esprit de cette bourgeoise anglaise quelques souvenirs plus ou moins enfouis.
Le retour de Peter Walsh n'est pas sans lien avec cette journée remplie de souvenirs et de questionnements sur sa condition de femme. Si elle n'avait pas éconduit Peter, sa vie aurait elle été la même ? A l'évidence non… Voilà l'occasion pour Virginia Woolf d'écrire une critique assez sévère de la société anglaise post deuxième guerre mondiale, une société qui vit plus dans le paraitre que dans l'être. L'auteur oppose Clarissa à Mrs Dalloway, l'héroïne est Clarissa quand elle libérée de ses contraintes sociales et qu'elle revit l'insouciance de sa jeunesse et devient Mrs Dalloway lorsqu'il est question de ses obligations. J'ai beaucoup aimé cette dualité dans le personnage de Mrs Dalloway.
Nous sommes à Londres, en 1924, dont nous arpentons les rues et découvrant différents personnages dépeints par Mrs Dalloway et Mr Waslh et en particulier en jeune homme traumatisé par la guerre.
Le premier titre que Virginia Woolf donna à ce livre est The hours et l'on comprend rapidement pourquoi. En effet, que serait Londres sans Big Ben et Big Ben occupe une part importante dans ce récit puisque qu'il sonne chacune des heures voire des demi-heures permettant aux personnages comme au lecteur de se repérer dans la journée.
Ne nous mentons pas, il ne se passe pas grand chose dans ce livre mais le constat de l'auteur sur sa vie, sur la vie de son héroïne, sur la vie des anglaises en ce début de XXième siècle est sans appel et il est servit par une plume subtile et gracieuse.

Lien : http://mesexperiencesautourd..
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Siegebert
  08 août 2013
« Elle en était venue à penser que c'étaient les seules choses qui méritaient d'être dites — les choses qu'on ressentait. Être brillant n'avait aucun intérêt. On devait dire tout simplement ce qu'on ressentait. »
Voilà qui pourrait résumer l'esprit de Mrs Dalloway. Si tant est qu'il soit possible de le résumer : ce roman n'est qu'une phrase, c'est un bloc, une unité, et tenter d'en extraire un morceau est voué à l'échec. Impossible de délimiter la structure de ce livre monolithique, sans chapitres, qu'il faudrait citer ici en entier pour le résumer. Ce roman est pure essence, les mots y sont plus que jamais un simple support portant un flot d'émotions, de sensations, de souvenirs, reportés instant après instant comme ils viennent, désordonnés, surprenants, émouvants, profonds.
À proprement parler, Mrs Dalloway ne raconte pas d'histoire, si ce n'est quelques heures de la vie de Clarissa Dalloway, bourgeoise londonienne du début du siècle dernier — et encore, peut on parler de « quelques heures » là où il n'y a qu'une succession d'instants et de pensées soudaines ? Et en conséquence, ce cadre est également bien trop restrictif : à travers ces quelques heures d'évocations, c'est la vie de Mrs Dalloway (et de son entourage à travers elle) tout entière qui est esquissée pour le lecteur.
Pour qui sait se poser, se plonger dans un livre, communier à travers le temps avec les émotions d'un auteur (car Virginia Woolf est omniprésente, en filigrane, dans ce roman), Mrs Dalloway est une merveille. Virginia Woolf a réussi à saisir chacun de ces petits moments, chacune de ces petites émotions, qui donnent à la vie ce goût indescriptible qui fait son charme et son tragique ; derrière ces personnages que l'on voit agir au rythme ample de leurs ressentis, c'est toute une vision de la condition humaine et de la fuite du temps qui est proposée : pourquoi cette vie de sensations et de sentiments ?
Rarement une vision d'une telle acuité à été pointée vers l'existence humaine : ce livre est indéniablement l'un des grands chefs-d'oeuvre de la littérature du vingtième siècle.
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