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ISBN : 2072840082
Éditeur : Gallimard (27/02/2020)

Note moyenne : 4.3/5 (sur 5 notes)
Résumé :
Un lieu à soi rassemble une série de conférences sur le thème de la fiction et des femmes que Virginia Woolf prononça en 1928 à l'université de Cambridge. Ce vaste sujet a donné naissance à une tout autre question, celle du lieu et de l'argent, qui donne son titre à l'essai : Une femme doit avoir de l'argent et un lieu à elle si elle veut écrire de la fiction. À la manière d'un roman, et s'appuyant sur l'histoire littéraire, Virginia Woolf retrace ainsi le chemineme... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Killing79
  10 mars 2020
A l'heure où une révolution féminine se met en marche, il me semblait intéressant de revenir à un texte classique, précurseur de cette cause.
Dans cet essai, Virginia Woolf s'intéresse « aux femmes et à la fiction » et tente d'expliquer l'absence de celles-ci dans la littérature et dans la poésie, depuis des siècles. L'ancienne traduction de ce texte de Virginia Woolf s'intitulait « Une chambre à soi ». A travers ce court texte, il est bien sûr question de l'impossibilité pour les femmes d'avoir accès à une pièce dédiée à l'écriture. Mais outre cet obstacle matériel, l'époque et les coutumes ont aussi beaucoup fait à cette anomalie historique. C'est pourquoi, après la lecture de ces pages, je trouve que cette nouvelle adaptation, « Un lieu à soi », s'éloigne du titre original mais représente bien mieux le contenu.
En effet, l'autrice prouve que les femmes ont de multiples autres raisons de ne pas s'être libérées avec leur écriture. L'histoire de l'humanité traîne derrière elle des usages ancestraux qui ont pénalisé leurs ambitions. Elles n'avaient ni le temps (avec leurs tâches domestiques), ni l'accès à l'argent, ni la possibilité d'une éducation pour accéder à cette pratique. Elles devaient aussi composer avec les préjugés masculins et féminins qui les ont confortées dans leur complexe d'infériorité. Tous ces handicaps découlaient bien entendu de leur rapport aux hommes.
C'est un exposé exigeant par le style, très travaillé. J'ai eu un peu de mal avec les quelques digressions qui parsèment le début. Mais une fois le discours recentré, la plume percute et développe ses propos avec force.
Cette grande écrivaine du siècle dernier avait déjà une vue assez réaliste de la situation. Depuis son époque, plusieurs choses ont bougé, mais il subsiste tout de même quelques restes du patriarcat persistant. Les femmes ont donc encore un certain nombre de combats à mener afin d'éradiquer les injustices. Ce discours peut être une des bases du changement !
Lien : http://leslivresdek79.com/20..
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
AelleAelle   20 mars 2020
Toute cette chicane d'un sexe contre un sexe, d'une qualité contre une qualité; toute cette revendication de supériorité en imputant de l'infériorité, tout cela relève de la cour d'école de l'existence humaine, où il y a des «côtés », et où il est nécessaire pour un côté de battre l’autre, et de la plus haute importance de grimper sur une estrade et de recevoir des mains du Maître lui-même un pot finement ornementé. Quand les gens mûrissent, ils cessent de croire aux côtés ou aux maîtres ou aux pots finement ornementés. En tout cas, pour les livres, il est notoirement difficile de coller des étiquettes ou des bons points qui ne se décollent pas. Les critiques de littérature contemporaine ne sont-elles pas une perpétuelle illustration de la difficulté de juger? « Ce grand livre », « ce livre sans valeur», le même livre est qualifié des deux. La louange et le blâme ne signifient plus rien. Non, si délicieux soit ce passe-temps, évaluer est la plus vaine des occupations, et se soumettre aux décrets des évaluateurs est l'attitude la plus servile. Tant que vous écrivez ce que vous avez envie d'écrire, c’est tout ce qui compte: et que cela compte pour des siècles ou seulement pour des heures, nul ne peut le dire. Mais sacrifier un cheveu de votre vision, une nuance de sa couleur, en déférence à quelque maître avec un pot en argent dans les mains ou à quelque professeur avec une règle dans la manche, voilà la tricherie la plus abjecte; en comparaison, le sacrifice de la richesse et de la chasteté, qu’on disait être le plus grand des désastres humains, n’est qu'une piqûre de puce.
Page 160
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AelleAelle   20 mars 2020
C'est pourquoi Napoléon et Mussolini ont tous les deux insisté si emphatiquement sur l'infériorité des femmes, car si elles n'étaient pas inférieures, elles cesse raient de faire loupe. Cela explique en partie la nécessité que représentent si souvent les femmes pour les hommes Et cela explique pourquoi la critique féminine les rend si nerveux; et pourquoi il est impossible à une femme de leur dire que tel livre est mauvais, tel tableau ou telle chose faible, sans leur infliger bien plus de souffrance et sans soulever bien plus de colère que la même critique faite par un homme. Car si une femme commence à dire la vérité, la silhouette dans le miroir rétrécit; l’aptitude de l’homme à la vie est diminuée. Comment va-t-il continuer à délivrer son jugement, à civiliser des indigènes, à faire des lois, à écrire des livres, à s’habiller pour discourir à des banquets, s’il ne peut plus se voir, au petit déjeuner et au dîner, au moins deux fois plus grand qu’il n’est ?
Page 64
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AelleAelle   20 mars 2020
Et me voilà, de façon amateur, à esquisser une carte de l’âme où deux pouvoirs présideraient en nous, l’un mâle, l’autre femelle; et dans le cerveau de l'homme l'homme l’emporte sur la femme, et dans le cerveau de la femme la femme l'emporte sur l'homme. L'état d'esprit normal et confortable, c'est quand les deux vivent ensemble en harmonie, en coopération spirituelle. Quand on est un homme, la part féminine du cerveau doit quand même avoir un effet ; et une femme doit aussi fréquenter l’homme en elle. C'est peut-être ce que Coleridge a voulu dire quand il écrit qu'un grand esprit est androgyne. C’est quand cette fusion a lieu que l’esprit est pleinement fertilisé et fait usage de toutes ses facultés. Peut-être un esprit purement masculin ne peut-il pas créer, pas plus qu'un esprit qui serait purement féminin.
Page 150
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AelleAelle   20 mars 2020
C’est peut-être vrai, c'est peut-être faux - qui peut le dire-mais ce qui est vrai là-dedans, du moins il me semble, en repensant à l'histoire de la sœur de Shakespeare telle que je l'ai inventée, c'est qu'une femme née avec un grand talent au XVIe siècle avait toutes les chances de devenir folle, de se tuer, ou de finir ses jours dans quelque cottage solitaire à l’extérieur du village, moitié sorcière moitié magicienne, crainte et moquée à la fois. Car nul besoin d’être grand psychologue pour savoir qu'une fille hautement douée qui se serait essayée à son talent poétique aurait été en butte à tant de harcèlement, aurait eu tant de bâtons dans les roues, et aurait été si torturée et mise en pièces par ses propres instincts contraires, qu'elle en aurait nécessairement perdu la santé et la raison.
Page 84
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AelleAelle   20 mars 2020
Les femmes n’écrivent pas des livres sur les hommes – un fait que je ne pouvais m’empêcher d’accueillir avec soulagement, car si je devais d’abord lire tout ce que les hommes ont écrit sur les femmes, et ensuite tout ce que les femmes ont écrit sur les hommes, l’aloès qui fleurit une seule fois en cent ans fleurirait deux fois avant que je puisse me mettre à écrire.
Page 52
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Videos de Virginia Woolf (38) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Virginia Woolf
Marie Darrieussecq est une romancière fêtée. Vingt-trois ans après la parution tonitruante de l'inaugural Truismes, elle affiche une ample et belle bibliographie (Bref séjour chez les vivants, le Pays, Il faut beaucoup aimer les hommes...) dont La Mer à l'envers, le dernier jalon en date, paru mi-août aux éditions P.O.L, s'impose comme le roman-phare de cette rentrée littéraire 2019. « Comment peut-on écrire aujourd'hui sur un autre sujet que les migrations ? », s'interrogeait-elle lorsqu'on l'a rencontrée au début de l'été, à Paris, pour évoquer avec elle cette fiction à la fois grave et légère qui met en scène une jeune femme dont l'existence ordinaire est soudain bouleversée par sa rencontre avec un jeune réfugié nigérien. Marie Darrieussecq est aussi traductrice (notamment de Virginia Woolf et de James Baldwin), elle préside depuis l'an dernier la Commission d'avance sur recettes au Centre national du cinéma (Cnc) et s'apprête à prendre en charge la chaire d'écrivain en résidence récemment créée à Science Po. Où trouve-t-elle le temps et l'énergie ? Quel est son moteur : la curiosité, la passion, ou la peur de l'ennui ?
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