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Marie Darrieussecq (Traducteur)
EAN : 978B083V6SQFX
197 pages
Éditeur : Gallimard (27/02/2020)

Note moyenne : 4.17/5 (sur 662 notes)
Résumé :
A Room of One's Own (1929) - Publié en français sous le titre "Une chambre à soi", et sous le titre "Un lieu à soi" en 2016.

Un lieu à soi rassemble une série de conférences sur le thème de la fiction et des femmes que Virginia Woolf prononça en 1928 à l'université de Cambridge. Ce vaste sujet a donné naissance à une tout autre question, celle du lieu et de l'argent, qui donne son titre à l'essai : "Une femme doit avoir de l'argent et un lieu à elle s... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (95) Voir plus Ajouter une critique
palamede
  02 juin 2016
Virginia Woolf analyse avec ironie les causes du silence littéraire des femmes pendant de nombreuses décennies. Pour elle si les hommes jugent les femmes inférieures et les cantonnent dans des tâches subalternes c'est pour éviter de mettre en danger leur confiance en eux. Et comme les femmes qui n'ont pas accès aux études et ne sont pas autorisées à travailler sont dépendantes financièrement et intellectuellement, elles sont dans l'impossibilité de penser aux choses en elles-mêmes, donc d'écrire.
Heureusement au XIXe siècle des femmes ont bravé les interdits. Emily et Charlotte Brontë, George Eliot et surtout Jane Austen ont écrit, même si elles l'ont fait en cachette, sans chambre à elles pour s'isoler. Elles sont celles qui ont permis aux femmes d'accéder à la création littéraire. Des femmes qui par la suite ont acquis pour la plupart une indépendance financière grâce à leurs écrits.
Avec ce discours féministe Virginia Woolf montre les contraintes au développement de la littérature féminine dans une société patriarcale, mais aussi que " la littérature élisabéthaine aurait été très différente de ce qu'elle est si le féminisme avait pris naissance au XVIe siècle et non au XIXe."
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Myriam3
  16 janvier 2016
Quelle bonne surprise que cet essai! Pour tout dire, je l'ai choisi pour l'auteur et le titre, après un bref coup d'oeil à la quatrième de couverture pour en garder le plaisir de découverte, et j'ai goûté chaque page qui se tournait avec délice.
On y suit la narratrice - Virginia Woolf? Mary Beton, Seton? - qu'importe dit-elle, une femme anglaise qui écrit dans les années 30, s'interroger sur ce qui peut unir la littérature et les femmes. Quand je dis "on y suit", je parle bien sûr littéralement: dans le parc de l'université, avant qu'elle ne soit refoulée à l'entrée de la bibliothèque universitaire en tant que femme non accompagnée, puis au dîner - car "on ne peut ni bien penser, ni bien aimer, ni bien dormir, si on n'a pas bien dîné" - et avec elle on observe ces passants par la fenêtre, prend un livre écrit par une femme sur les étagères, puis un autre, chaque nouvelle observation dirigeant le fil de la réflexion.. C'est ainsi que se déroule le récit, puisque la narratrice tient à nous expliquer le cheminement de sa pensée jusqu'à cette "chambre à soi".
Pourquoi y a-t 'il eu si peu, voire pas du tout, de femmes écrivains jusqu'au 18ème siècle? Virginia Woolf nomme bien sûr le peu de liberté accordée aux femmes jusqu'à il y a peu, leur dépendance financière, leur manque d'instruction, la nécessité de garder leur vertu, leur réclusion dans la maison, et les considérations masculines - disons plutôt leur manque de considération pour celles qui tentent d'être autre chose que des mères - tous ces aspects en défaveur des femmes créatrices, des femmes intellectuelles.
En vraie anglaise, Virginia Woolf aborde toutes ces discriminations qui ont enfermé ou rejeté les femmes avec humour et ironie, et la lecture de cet essai est un délice tout comme une source de réflexion sur la femme mais aussi la littérature de manière plus générale. On y découvre son admiration pour la liberté que s'autorisaient Shakespeare et Jane Austen, chassant négligemment contraintes et critiques pour écrire des oeuvres géniales. Et puis, en filigrane, se révèle ce qui incita V. Woolf à écrire Mrs Dalloway tel qu'elle l'a fait, ou à choisir un Orlando homme et femme.
Alors finalement, pourquoi ce titre, "une Chambre à soi"? Je vous laisse le plaisir de le découvrir!
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isabellelemest
  15 janvier 2016
La création littéraire a-t-elle été toujours accessible aux femmes ? Pour Virginia Woolf, invitée à donner une conférence sur ce thème en 1928 devant le public féminin du Newnham College, la réponse est non.
Le patriarcat, ses préjugés sur "l'infériorité physique morale, intellectuelle des femmes", leur absence d'indépendance matérielle et financière pendant des millénaires, leur confinement à un statut et à des travaux domestiques, l'impossibilité pour elles de poursuivre des études universitaires jusqu'au début du XXe siècle, ont rendu impossible, selon Virginia Woolf, l'épanouissement d'une créativité littéraire féminine, malgré quelques devancières isolées au XVIIe siècle, méprisées sous le sarcasme de "bas-bleus", avant l'émergence des grandes romancières du début du XIXe siècle, Jane Austen, les soeurs Brontë, George Eliot, qui pourtant, malgré leurs dons innés, avaient écrit en se cachant, en étant confinées dans un cadre oppressant, ou en subissant l'opprobre d'une vie à peine libérée du conformisme.
Telle est la thèse de V.Woolf, qu'elle illustre dans un premier chapitre plein d'humour par les interdictions successives qui lui sont faites, en tant que femme en 1928, dans un campus anonyme d'"Oxbridge" de marcher sur le gazon ou d'accéder à la bibliothèque. Elle note malicieusement les différences entre l'argent qui coule à flot à "Oxbridge" et permet de délicieuses chères, contrastant avec le malheureux ragoût suivi de pruneaux, seul menu que peut se permettre l'indigente faculté de jeunes filles de "Fernham". Quant à ses recherches à la bibliothèque du British Museum, elles ne peuvent qu'échouer, car il lui manque la méthode de travail que confèrent des études universitaires, que son sexe lui a interdites.
Peut-être ignore-t-elle justement, ou alors occulte-t-elle, que de grandes poétesses ou romancières, pour ne citer que Sappho, Marie de France, Louise Labbé, Mme de la Fayette, etc, ont devancé les débuts du roman anglais classique. Elle préfère imaginer, comme exemple emblématique de la discrimination des sexes en matière de création artistique, le triste destin qu'aurait eu une soeur géniale de Shakespeare, si elle avait tenté de suivre l'itinéraire du barde de Strawford : moquée, brutalisée, violentée, elle serait morte victime de la misère et des sévices.
L'ouvrage est féministe et veut inciter les femmes en ce début du XXe siècle à écrire en tant que femmes, à renverser les modes de pensées masculins, à ignorer les critiques et les jugements dépréciatifs et hostiles de leurs partenaires de l'autre sexe. Fort heureusement dans sa conclusion, Virginia Woolf se révèle surtout aussi bonne critique que grand écrivain : il serait erroné d'opposer un cerveau masculin et un autre féminin : tout créateur, selon Coleridge, est avant tout androgyne, "ce n'est que quand cette fusion a lieu, que l'esprit est pleinement fertilisé et peut faire usage de toutes ses facultés".
Une défense et illustration des droits des femmes à l'indépendance matérielle ("une pièce à soi") et financière (500 livres de rente), seules conditions de leur émancipation en tant qu'écrivains, tant de philosophie ou de science que de fiction, en plus d'une leçon de lecture critique des grands auteurs.
Passionné, convaincant, militant, mais aussi ironique ou parfois poétique, le texte manifeste force et habileté mais aussi révèle une grande prosatrice et un auteur aux multiples talents.
Lu en V.O.
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Ambages
  11 juillet 2020
« Je sais, vous m'avez demandé de parler des femmes et du roman. »
Voilà le thème de cet essai. Je suis ravie de cette lecture, riche, percutante, fine et écrite dans un style romanesque, où la narratrice me donne ses pensées, ses avis tout en s'inscrivant dans le décor d'une vie réelle, décor qui alimente d'autant sa réflexion sur la femme au fil des siècles, à l'aune des ouvrages qu'elle regarde dans les bibliothèques, qu'elle touche et parcoure. Ces livres lui donnent l'image de la femme sous le double timbre : celle qu'elle a d'elle-même et celle que les hommes en ont. L'idée d'un esprit androgyne est très intéressante, tout comme le fait qu'elle précise l'idée que les livres se continuent, s'enrichissent les uns des autres et indiquent au travers de leur évolution celle qui est faite à la place des femmes ainsi que la vision féminine d'elle-même, sans perdre de vue que cette évolution se fait dans la tête des deux sexes (même si malheureusement la vue masculine est bien lente au changement… oui je sais…). C'est un livre intemporel, éclairant et brillant. Après cette lecture, inévitablement j'en ressors changée. Enfin, un peu au moins. J'espère… parce qu'il faut du temps (beaucoup, je me connais), une chambre à soi et cinq cents livres de rente. Ça aide !
« Elle me fit sentir que loin d'être sérieuse et profonde et humaine, je pouvais – pensée moins séduisante – n'être que paresseuse d'esprit et conventionnelle par-dessus le marché. »
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IreneAdler
  13 juin 2012
L'histoire officielle britannique ne compte quasiment pas de femmes entre le 16è et le 19è siècle (il en va probablement de même en France). de même qu'en littérature. Pourquoi, demande Woolf. Parce qu'elles n'ont ni temps, ni argent, ni place à elles seules.
La situation évolue lentement à partir du 19è siècle, mais la plupart des textes restent marqués par l'amertume de n'être que d'éternelles mineures ; à moins de finir sa vie dans la solitude. La plupart des femmes écrivains brûlent de l'intérieur. Woolf espère que le 20è siècle permettra aux femmes de s'émanciper de cette violence et de trouver des codes pour un roman féminin, dans le bon sens du terme : qu'il soit, dans l'esprit des critiques, des universitaires et du public, égal à celui des hommes. Égal mais différent.
Un essai un peu dépassé actuellement, puis que les femmes sont entrées aussi bien dans l'histoire que dans la littérature. Et que les attaques sexistes ont presque disparues (maintenant, il y a du répondant en face).
Il reste intéressant néanmoins pour avoir un aperçu de la difficulté qu'ont eu les femmes pour exister en littérature, les difficultés, à l'orée des années 1930 à réunir des fonds pour leur permettre de faire des études universitaires. Ce que l'on conçoit mal maintenant.
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Citations et extraits (185) Voir plus Ajouter une citation
mathoulefmathoulef   22 juillet 2020
Seule Jane Austen eut ce génie et cette probité et aussi Emily Brontë. C’est là une nouvelle plume, peut-être la plus belle de leur chapeau. Elles écrivaient comme écrivent les femmes et non comme écrivent les hommes. Parmi les milles femmes qui alors écrivaient des romans, elles furent les seules à ignorer complètement les perpétuels conseils de l’éternel pédagogue : écrivez ceci, pensez cela.
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PiatkaPiatka   02 juillet 2014
Écrivez ce que vous désirez écrire, c'est tout ce qui importe, et nul ne peut prévoir si cela importera pendant des siècles ou pendant des jours. Mais sacrifier un cheveu de la tête de votre vision, une nuance de sa couleur, par déférence envers quelque maître d'école tenant une coupe d'argent à la main ou envers quelque professeur armé d'un mètre, c'est commettre la plus abjecte des trahisons.
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NadaelNadael   25 janvier 2011
Les difficultés matérielles auxquelles les femmes se heurtaient étaient terribles ; mais bien pires étaient pour elles les difficultés immatérielles. L'indifférence du monde que Keats et Flaubert et d'autres hommes de génie ont trouvée dure à supporter était, lorsqu'il s'agissait de femmes, non pas de l'indifférence, mais de l'hostilité. Le monde ne leur disait pas ce qu'il disait aux hommes : écrivez si vous le voulez, je m'en moque...Le monde leur disait avec un éclat de rire : Ecrire ? Pourquoi écririez-vous ?
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NadaelNadael   25 janvier 2011
 Enlevez toute protection aux femmes, exposez-les aux mêmes efforts, aux mêmes activités que les hommes, faites-en des soldats, des marins et des mécaniciennes et des docteurs, et les femmes ne mourront-elles pas si vite et si jeunes qu'on dira : « J'ai vu une femme aujourd'hui », comme on disait autrefois : « J'ai vu un avion ». Tout pourra arriver quand être une femme ne voudra plus dire : exercer une fonction protégée, pensais-je, ouvrant ma porte.
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CalamityJahCalamityJah   26 juin 2015
Ne vaudrait-il pas mieux tirer les rideaux, laisser au-dehors les distractions, allumer la lampe, restreindre l'enquête et demander à l'historien, qui enregistre non pas des opinions mais des faits, de décrire les conditions dans lesquelles les femmes vivaient, non pas à travers les siècles, mais en Angleterre, au temps d'Élisabeth, par exemple. Pourquoi aucune femme, quand un homme sur deux, semble-t-il, était capable de faire une chanson ou un sonnet, n'a écrit un mot de cette extraordinaire littérature, reste pour moi une énigme cruelle. Quelles étaient les conditions de vie des femmes ? me demandais-je ; car la fiction, œuvre d'imagination s'il en est, n'est pas déposée sur le sol tel un caillou, comme le pourrait être la science ; le roman est semblable à une toile d'araignée, attachée très légèrement peut-être, mais enfin attachée à la vie par ses quatre coins. Souvent les liens sont à peine perceptibles ; les pièces de Shakespeare, par exemple, semblent être suspendues tout naturellement sans aucune aide. Mais quand la toile est tirée sur le côté, arrachée sur ses bords, déchirée en son milieu, on se souvient que ces toiles ne sont pas tissées dans le vide par des créatures incorporelles mais sont l'œuvre d'une humanité souffrante et liée à des choses grossièrement matérielles, tels la santé, l'argent et les maisons où nous vivons.
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Videos de Virginia Woolf (38) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Virginia Woolf
Deborah Levy revient sur sa vie. Elle fuit à Majorque pour réfléchir et se retrouver, et pense à l'Afrique du Sud, ce pays qu'elle a quitté, à son enfance, à l'apartheid, à son père – militant de l'ANC emprisonné –, aux oiseaux en cage, et à l'Angleterre, son pays d'adoption. À cette adolescente qu'elle fut, griffonnant son exil sur des serviettes en papier. Telle la marquise Cabrera se délectant du “chocolat magique”, elle est devenue écrivaine en lisant Marguerite Duras et Virginia Woolf. En flirtant, sensuelle, avec les mots, qui nous conduisent parfois dans des lieux qu'on ne veut pas revoir. Ce dessin toujours inédit que forme le chemin d'une existence.
"Ce que je ne veux pas savoir" est une oeuvre littéraire d'une clarté éblouissante et d'un profond secours. Avec esprit et calme, Deborah Levy revient sur ce territoire qu'il faut conquérir pour écrire. Un livre talisman sur la féminité, la dépression, et la littérature comme une opération à coeur ouvert.
Traduction de Céline Leroy
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