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EAN : 9782290362457
352 pages
J'ai Lu (04/05/2022)
3.89/5   153 notes
Résumé :
" Partout, il y avait trop de bruit, trop de discours. Un jour, j'en ai eu marre de cette frénésie et je suis parti. Certains vont chercher le bonheur en Alaska ou en Sibérie, moi je suis un aventurier de la France cantonale : je lorgne du côté d'Aubusson, du puy Mary et du plateau de Millevaches... "

Sans le moindre sou en poche, misant sur la générosité des gens, un jeune aspirant jésuite s'échappe de la ville et de la modernité avec le désir de re... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (35) Voir plus Ajouter une critique
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Quel randonneur remplacerait son téléphone portable par « L'imitation de Jésus Christ » et sa Carte de Crédit par les « Oeuvres complètes » d'Arthur Rimbaud, Edition La Pléiade ?

C'est le choix réalisé par Charles Wright et Benoit Parsac pour pérégriner d'Angoulême à Notre Dame des Neiges dans les montagnes ardéchoises. Sept cents kilomètres, en été, vers l'abbaye où Charles de Foucauld fut moine avant de rejoindre l'Afrique du Nord. Dans des paysages variés, en partie désertés, au milieu d'une faune et d'une flore magnifiques, nos deux marcheurs ont le temps de lire, de méditer, de discuter, de se disputer.

Ils sont l'un et l'autre au noviciat jésuite de Lyon. Benoit semble être un Soldat de Jésus discipliné ; Charles a le profil d'un corsaire en quête de découvertes. Esprit éclectique il a publié un ouvrage sur « Casanova ou l'essence des Lumières » et un autre sur « Le chemin du coeur » consacré à l'Abbé du monastère trappiste Du Mont des Cats, puis ermite, André Louf (1929-2010). Toujours en train de vivre le grand écart, sa progression est aussi curieuse que joyeuse et confronte ses méditations aux enseignements de « L'imitation de Jésus Christ », aux errances des oeuvres de Rimbaud et aux questionnements de Charles de Foucauld.

Démarche qui rappelle les excursions de Sylvain Tesson ou celles de François Sureau dans « Ma vie avec Apollinaire ». A la grande différence que ceux là avaient leur téléphone portable et des moyens de paiement.

Quêter le gite et le couvert durant plusieurs semaines, dans une région en déclin, en dépeuplement, est une école d'humilité car les refus, les mépris, les craintes sont nombreux. Mais c'est aussi la source de rencontres authentiques, variées, parfois croustillantes. Benoit et Charles ont été accueillis tour à tour dans les salons dorés d'une préfecture ou le logis plus modeste d'une employée d'un EHPAD. Croyants ou incroyants, jeunes ou vieux, leurs hôtes, ouvrent leurs coeurs, leurs interrogations, leurs passions et ces rencontres sont à chaque fois fort différentes et m'ont passionnées et réjouies.

Le chemin des estives nous mène au coeur d'une France rurale, oubliée par nos gouvernants, vivant à son rythme paisible, où les habitants sont la véritable richesse et l'espoir d'un avenir où « le bonheur est à portée de main, il suffit de faire confiance et d'ouvrir les yeux ».

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Je l'avoue , j'avais éprouvé un immense plaisir à lire ," Immortelle randonnée " de Rufin et "Sur les chemins noirs " de Tesson et c'est tout naturellement que j'ai voulu découvrir " le chemin des estives "de Charles Wright . Mon intérêt pour ce livre était du reste décuplé par le fait que , le Massif Central et plus particulièrement le département de la Creuse , département cher à mon coeur,étaient le cadre de cette longue aventure et qu'il me plaisait particulièrement de les découvrir à travers le regard d'un pèlerin de passage .Un pèlerin ou plutôt deux puisque Charles était accompagné de Parsac , jésuite en quête de réponse à une foi particulièrement forte mais sans certitude quant à la poursuite d'une vocation qui pouvait s'en trouver renforcée ou ...ébranlée.

Imaginez , deux pélerins sans le moindre sou en poche , sans lieu de repos bien défini , il en faut du courage et de la volonté....

Je n'en dirai guère plus sur ce contexte particulier et cette épreuve que l'auteur nous donne à partager , tout est sur la quatriéme .

Non , je vais plutôt vous parler de mon ressenti , de mon intérêt qui s'est un peu émoussé au fil des quelques 700 kilomètres du parcours . Déjà , il ne faut pas ignorer le contexte religieux qui anime les deux personnages , un contexte qui pourrait gêner certains lecteurs , et qui entérine le fait que le christianisme connait un grand déclin dans les régions traversées . Les églises y sont souvent trés mal entretenues , les paroisses confiées à des prêtres africains ou polonais . Ensuite , il y a les gens dont l'accueil n'est pas toujours à la hauteur, désintérêt oblige , où le statut de pèlerin n'est plus un laisser - passer universel comme cela a pu être le cas dans un passé révolu . Certes , certaines personnes restent généreuses mais on se pose la question de savoir s'il ne s'agit pas plus de vaincre l'ennui et la solitude dans un monde rural de plus en plus dépeuplé que de pratiquer la charité chrétienne .

Les bourgs traversés sont ( trop ? ) rapidement décrits , le plus souvent là aussi pour traduire leur absence de vie . Reste la nature et là, le charme opère : solitude , liberté de l'esprit , absence des médias , des réseaux sociaux et une grand paix intérieure qui s'installe , avec la fatigue comme seule compagnie . C'est amusant , le maire d'un des villages traversés où j'ai travaillé quelques années m'avait dit que le département de la Creuse deviendrait un jour un " département ressource ", idée parfaitement " juste " que l'on peut du reste étendre à toute la contrée parcourue . Alors , Charles Wright nous confie ses yeux mais , surtout , il nous livre ses pensés érudites , vraiment trés érudites pour délivrer des messages qui , s'ils sortent des ornières du chemin , peuvent paraître redondantes et fastidieuses . J'avoue m'être parfois ennuyé en dehors des moments de rencontres du soir , drôles ou émouvantes . A peine saurons nous que Parsac sortira de cette épreuve conforté dans ses idées , contrairement à Charles mais leurs échanges de points de vue qui auraient pu s'avérer essentiels n'auront jamais lieu .

Aprés , il faut le reconnaître , l'écriture est belle et efficace .

Peut - être ce livre subjuguera - t -il ,nombre de croyants qui y verront des motifs d'espérer et tant mieux . Pour moi qui suis une personne baptisée , qui a fait sa Communion (trois jours d'école en moins , tout de même ,et des cadeaux !!! ) qui s'est mariée à l'église et qui souhaite passer par l'Eglise pour le grand départ ( plus tard , les valises sont pas faites ) , bref , une personne qui a suivi le chemin des hommes et femmes de l'époque , sans croire , athée , donc , mais pour faire " comme tout le monde " et trés respectueuse par contre des idées des gens convaincus , certains faisant du reste partie de mes amis proches , je n'ai sans doute pas pu percevoir le message profond que , néanmoins , je n'attendais pas .

Un avis mitigé , certes , mais aucun regret de m'être lancé sur ce " chemin des estives " et traversé une contrée fabuleusement belle , au calme extraordinaire .

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Une ode à la liberté, découvrir et se redécouvrir entre les monts d'Auvergne. Oser penser et oser vivre simplement sans l'injonction des ondes !

L'étonnante invitation au voyage, de Charles Wright, est servie par la savoureuse métaphore de Rimbaud, " j'irai par les sentiers, picoté par les blés", "rêveur, j'en sentirai la fraîcheur, à mes pieds".

Et en même temps citant "arides et desséchés sont les chemins, qu'il faut suivre"... Charles Wright semble se contredire. La fin de la phrase, " jusqu'à la source", dévoile le propos, vivre avec son corps toutes les rencontres, mais soutenir aussi une autre quête : quelle sera ma place demain dans ce monde ?

L'exercice de la marche est peut être une mode, l'envisager comme un temps de repos ou de recul, une nécessité. Inverser toutes nos priorités devient les premiers jours une pirouette insensée, stupide ou dangereuse pour les uns, après 5 jours de marche, changer l'ordre de ses ultimes devoirs, une évidence.

Beaucoup ont adoré Sylvain Tesson et ses Bois noirs, d'autres Stevenson et son âne...Combien sont émus de raconter leurs St Jacques. Charles et Benoît Parsac difficilement miscibles forment un couple bancal qui à pas comptés finiront par aplanir leurs amertumes pour mieux optimiser l'attelage.

L'invitation de Charles Wright n'est pas d'aller à la découverte du plus déprimant des parcours. Au coeur de la France, un espace unique nous ouvre des paysages et des sentiers à saisir d'émotion le plus desséché de nos citadins. L'Auvergne déversera tout au long de leurs découvertes une nature démesurée. Les arbres centenaires vous livreront les notes cristallines, de leurs locataires musiciens, des oiseaux perchés sur les plus hautes branches.

Tout devient émerveillement et l'accueil des pèlerins engendre une richesse indicible dans le calme des repas partagés d'une lenteur auvergnate. C'est le temps que nos deux compagnons, cultivent pour abuser des pauses. Les siestes et les lectures voient défiler Julien Gracq, Rimbaud, La Roche Foucauld, Camus, le Tao, Chardin, Homère....

On commence à comprendre que la sobriété n'est pas une vie de basse intensité, avouent-ils, page 167. " Ces petits riens si on sait les saisir, révèlent leur poids de beauté et de mystère."

Au terme de ce sentier les deux novices suivront deux chemin différents, l'un devenant Jésuite, Charles trop sensible à son besoin de grande liberté poursuivra sa route en dehors du noviciat.

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Je remercie Babelio et les éditions Flammarion, J'ai Lu pour ce livre dont j'ai été bénéficiaire lors de la dernière opération masse critique.

Le début du livre est de bon augure. Cette édition de poche glisse des caractères de bonne taille, l'interligne est généreux, les chapitres sont titrés, l'éditeur a eu la bonne idée de schématiser le tronçon du GR 4 parcouru avec des points d'étapes illustrés, le tout ne peut que rencontrer mon approbation.

Charles Wright a 37 ans. Il nous dit que son année au noviciat l'a mis face à son inaptitude à épouser une forme de vie, à se décider sur une orientation à prendre. Parcourir à pied 700 km d'Angoulême à l'abbaye Notre Dame des Neiges où a vécu, une petite année, Charles de Foucauld devrait donner selon lui une réponse à sa désorientation. Ce sera une marche éprouvante, dans une partie de France dépourvue de population, à perte de vues des pâtures, des bois, des crêtes, des volcans, une France sauvage. Sur ce projet, une grosse difficulté qui s'ajoute aux autres, voyager avec un compagnon qu'il n'a pas choisi. Pendant quatre semaines, ils devront se supporter et tâcher d'avancer ensemble, dans une promiscuité de chaque instant et des conditions de vie qui mettra les nerfs à rudes épreuves.

Voilà, Charles en route avec Benoit Parsac, quarante ans. Ils mendieront la nourriture au bout de journées de trente kilomètres de marche. En effet, il était décidé qu'ils voyageront sans un sou en poche. Pas de smartphone, pas de tente, juste une carte IGN. le dimanche sera, journée de repos, ponctué par une eucharistie.

Le narrateur est Charles qui aura pris des notes pour témoigner de faits survenus lors de ce pèlerinage. Il ne cachera pas les difficultés rencontrées avec son compagnon de route. Il nous apprendra que les campagnards sont plus généreux que les citadins, qu'il ne faut pas être chrétien pour être généreux.

Les parties du récit sur lesquelles, moi lecteur, je me suis le plus accordé, ce sont, les couples, les solitaires, les cabossés qui ont offert le gîte et le couvert, qui ont vidés leur sac, c'est-à-dire qu'ils se sont timidement livrés sur leurs difficultés de vie. A cela Charles précise : « Parsac et moi nous avons été les réceptacles de ces coeurs qui s'épanchent, d'écouter sans juger, et s'il faut absolument dire quelque chose, de les assurer que nous sommes frères dans le malheur. Ce sera une amitié d'un jour. Nous poursuivrons notre route, eux la leur ».

Une femme de quatre-vingt -douze ans nous donne à boire. Elle nous dit : « Mes petits, quand je repense à ma vie, ce qui m'a rendu heureuse, c'est les gens à qui j'ai rendu service …. Charles pense alors à une parole de Jean de la Croix : « Au soir de notre vie, on sera jugé sur l'amour. »

Lors d'une rencontre Charles souligne : Une fois de plus, je reçois une leçon d'humanité de la part de deux incroyants. Certains doctrinaires crachent des anathèmes et cherchent à tout prix à amener les autres à la vérité dont ils se croient dépositaires. Mais le christianisme n'est pas une opinion, une idée à laquelle on tient. le chrétien doit manifester de l'accueil, une relation aimante. Dominique et Marie ne sont pas chrétiens mais ils nous manifestent une hospitalité. le Christ nous enseigne dans l'Evangile : « J'ai eu faim et vous m'avez donné à manger. J'ai eu soif et vous m'avez donné à boire. »

Charles met en toile de fond de la marche ce qu'ont dit et réalisés Rimbaud et Charles de Foucauld sur lesquels, il est très documenté.

Il est également très documenté sur les vaches limousines, de salers, les Aubrac et que sais-je encore. Il a sur elles un regard bien veillant, un échange confiant qui se manifeste par une caresse, qui lui vaut en retour un coup de langue râpeuse.

Lors d'un repas où nous sommes accueillis, Bertrand nous dit : « L'Eglise se défait à vue d'oeil. Pendant des siècles, ce coin de terre était quadrillé par près de trois cents paroisses. Il n'y en a plus que six. du christianisme, il ne reste que des lambeaux : le culte des morts, les enterrements, la Toussaint, les Rameaux … ; quelques femmes fidèles, souvent âgées maintiennent la lampe allumée de l'église de village ; elles veillent quand tout s'éteint. Qui ouvrira l'église à leur mort ?

Plus loin, dans le texte, quelques lignes que je partage entièrement. « … la souffrance n'a pas de sens, et ne sert qu'à envenimer les existences. Elle est contre nature. Nous sommes faits pour le bonheur. L'Evangile, qui orchestre le passage des larmes du Vendredi saint à la joie du dimanche de Pâques, de l'humilité du Golgotha au Glorifié de la Résurrection, ne dit pas autre chose.

J'ai résisté à faire un saut, en cours de lecture, sur le dernier chapitre ou l'épilogue, me demandant que va apporter à Charles ces 700 kilomètres de marche, parfois et même souvent de tortures ?

La réponse s'offre à vous futurs lecteurs !

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Je confesse que le confinement m'a laissé des séquelles. La plus importante, c'est cette envie de liberté, de ne plus avoir de périmètre ni d'horaire de sortie. Alors je marche, je vis dehors, je fais du vélo. Je recherche l'immensité au bout de la rue, la vue dégagée sur la mer, les sommets ou du vert. Et bien entendu, je lis des livres de marcheurs, d'ermites, de road trips. Des livres sur le choix d'être où on veut. Alors quand j'ai vu sur Facebook (parce que parfois un réseau social ça a du bon), la photo d'une lectrice tant absorbée par sa lecture de ce roman lors d'un voyage en train, tentée de louper son arrêt, voire de tirer sur le signal d'alarme pour prolonger le moment, je n'ai pas hésité.

Je viens de le refermer et comme son auteur, je suis un peu triste que le voyage soit déjà fini. J'ai vraiment passé un moment délicieux. Les pages ont fait résonné en moi une multitude de cordes sensibles. J'aurais bien aimé que l'auteur puisse rencontrer ma grand-mère. Elle était de ces croyants qui vivent leur foi au quotidien, par une multitude de petits gestes vers l'autre, sans en faire de publicité. Au contraire de certains donneurs de leçon qui vivent sans générosité, mais font un pèlerinage annuel qui devrait racheter leurs fautes des 12 derniers mois. Elle était joyeuse, blagueuse, marcheuse. Parfois elle partait en retraite. Elle m'a légué j'espère son naturel joyeux, un peu de sa gentillesse et surtout son goût pour la marche. Enfant, elle m'emmenait à l'église et je chantais à tue-tête. Elle ne me l'a jamais interdit ; on s'asseyait juste vers fond pour ne pas déranger les autres. En revanche, la foi n'étant pas génétique, je suis passée à côté. Peut-être pas toujours convaincue par les discours parfois un peu poussiéreux et austères de certains catholiques. Il reste que j'aime les églises et l'épaisseur de leurs silences. Cette odeur particulière de cire, d'encens, de poussière et de pierre froide. J'aime aussi entrer dans un lieu de culte d'une autre religion. Où la densité de silence s'intensifie de mystère, d'inconnu. J'aime le recueillement. Je regrette le manque de spiritualité de notre vie actuelle. Alors je lis. Alors je marche.

J'aime aussi l'idée que l'autre est bon. Qu'on n'est pas tous méchant. Je me dis que si l'on met de la bonté dans sa vie, elle va finir par déteindre sur les autres et se multiplier. Alors cette marche , au rythme de la générosité des bonnes âmes, a été une bouffée de fraicheur, d'espérance. La connaissance de pas mal de coins auvergnats a ajouté à mon enchantement. Je salue le courage des deux compagnons. Je l'avoue, je n'oserais pas. Trop habituée à prévoir, j'ai besoin d'avoir un chemin et un planning, même flou. Mais j'aspire à me défaire de ces marottes qui peuvent devenir des tares. Et ce récit donne des bouffées d'allègement. Des envies de se débarrasser du trop. Trop de choses, trop de mails, trop de bruit, trop de réseaux sociaux. Bon, on garde babelio quand même.

Ce qui est appréciable, dans ce récit, c'est la candeur et la franchise de l'auteur à dire que non, ce n'est pas évident. Avec son compagnon de route ils ont mal aux pieds, ils tâtonnent à trouver la façon de demander à manger ou un toit pour la nuit, ils s'agacent, ils cherchent des toilettes, ils avouent leur foi chancelante, ils s'émerveillent des paysages et de la générosité qui se cache derrière des portes ou des visages inattendus.

Et on se pose fatalement la question : et moi, est-ce que j'ouvrirais ma porte à des vagabonds ?

C'est également en filigrane, une étonnante double biographie de Arthur Rimbaud et Charles de Foucauld . Comme je connaissais un peu le premier (peu versée dans la poésie) et très peu le second (encore moins versée dans la vie des saints), ce fut aussi l'occasion d'enrichir ma culture générale.

Je suis juste navrée pour Charles Wright qu'il ait du traverser cette zone en n'aimant pas le fromage. C'est un…sacrilège.

Alors, faut-il le lire ? Oui. Ce livre est une lumière, un sourire. Pas de panique si vous n'êtes pas de la partie (catholique) : ce n'est pas non plus un récit qui tente de convaincre les incroyants. Même si ce roman a du forcément et à juste titre passer en bonne place dans les conseils de lecture de Pèlerin magazine, il est tout public. Humain.

Message pour l'auteur : moi non plus je n'ai pas encore réussi à voir celui qui peint les petits traits rouges et blancs sur les GR.

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critiques presse (1)
LeFigaro   06 mai 2021
L’auteur a traversé à pied le Massif central sans argent, ni tente, ni téléphone. Une expérience initiatique décapante.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (126) Voir plus Ajouter une citation
À la liste des droits de l'homme, Baudelaire suggérait qu’on ajoutât « le droit de se contredire et le droit de s'en aller ». L’aventurière Isabelle Eberhardt revendiquait, elle, le « droit à l'errance et au vagabondage ». Dans Heures de Tunis, elle écrit : « Pour qui connaît la valeur et aussi la délectable saveur de la solitaire liberté, l'acte de s'en aller est le plus courageux et le plus beau. » Je me suis toujours senti de mèche avec les gens qui enferment leurs vies dans une valise et qui s'en vont. Rimbaud, Casanova, Charles de Foucauld, Kerouac, Benoît-Labre, une mystérieuse parenté m’attire depuis toujours vers ces destins de moines, de pèlerins, de vagabonds célestes. Ces irréguliers ont eu le courage de rompre. Ils ont pris la tangente comme on prend le maquis.
L’année dernière, un concours de circonstances m'a donné de marcher sur les pas de ces détachés. Le hasard a de l'humour : plus de vingt ans après la fugue, il m'offrait gratis l'occasion d'une nouvelle échappée
Pour expliquer cette incongruité, Je dois faire mon coming out chrétien. J'ai bien conscience qu’afficher cette qualité n'est pas la meilleure façon d'entrer dans un livre. Avouer par les temps qui courent que renseignement d'un charpenrier juif donne du sel à votre vie, la conduit même vers les profondeurs, c'est se condamner à récolter des haussements d'épaule.
Manifestant un certain dédain pour les modes, je m'accommodais de cette relégation. J’avais découvert que les béatitudes valaient leur pesant d'or. À les prendre pour balise, l'existence voguait vers des bonheurs qui surpassaient les engouements du moment.
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Que le christianisme soit perçu comme une religion qui donne le bourdon me semble incongru au possible. Pour moi, c'est la religion de la vie intense, un grand éclat de rire, comme celui que laisse échapper Sarah quand elle apprend qu'à son vieil âge, elle va enfanter un fils, Isaac, qui signifie « Dieu rit ».
Le christianisme est joie, jubilation, allégresse, c'est une religion solaire, celle qu'expriment avec tant d'allant François d'Assise, Charles de Foucauld, Séraphim de Sarov, Aliocha et le staretz Zozime dans Les Frères Karamazov. Comment en serait-il autrement ?
Quand on sait que le néant n’a pas le dernier mot, on est gagné par une franche gaieté et une folle envie de danser...
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- Margeride, Aubrac, Causses, Cévennes : les quatre régions qui forme la Lozère sont des solitudes. Ce département est une addition de déserts, dis-je, fasciné.
- Oui, il bat tous les records, mais c’est inversés. C’est le département le moins peuplé de France, avec la plus faible densité au kilomètre carré, le plus petit chef-lieu, la plus petite sous-préfecture. On dirait qu’il s’excuse d’exister, qu’il veut disparaître, ne pas se faire remarquer.
- Ce mauvais élève à d’autres arguments à faire valoir. A l’heure du cloud et de l’homme augmenté, l’irruption de ce désert, avec ses rocailles, ses troupeaux, son silence, nous ramène au point de l’origine. Dans ce royaume du pur espace et du rien, on peut éprouver comme nulle par ailleurs une sorte de conjugalité fabuleuse avec le monde. Une incomparable qualité de solitude, aussi. (p 305/306)
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C’était en 1996. Jacques Chirac était président de la République. Sa jovialité et sa classe décontractée avaient tiré le pays de la torpeur bourgeoise des années Balladur. Pendant l'hiver, une ambiance de kermesse s'était répandue dans Paris après que les bottes de Juppé eurent jeté les gens dans la rue. Nous vivions encore sous l'ancien régime : Internet balbutiait, les téléphones portables n'existaient que dans l'imagination d'ingénieurs fous. Les existences se déroulaient sans textes, ce qui n'était ni sans charme, ni sans désagrément. Ainsi, quand nous devions œnter fleurette, il fallait franchir la douane des parents :
— Bonjour madame, pardon dc vous déranger, pourrais-je parler à Camille s'il vous plaît, de la part de Charles ?
Le Top 50 passait en boucle les chansons d’Oasis, dc Doc Gynéco et Lemon Tree, Ie tube des Fools Gardens.
Raphaël et moi avions quatorze ans. Notre amitié avait éclos sur les bancs d'une école maternelle du quartier Mouffetard.
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Entremêlant à son français de vieux mots de patois, elle nous cause du pays avec un accent à couper au couteau. En écoutant cette logorrhée chantante, je songe au mot de Stendhal, quittant la France méridionale, au parler sonore, pour celle du Nord qui lui paraît triste, cérémonieuse, compassée : « On dirait que le bonheur disparaît avec l’accent.»
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Videos de Charles Wright (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Charles Wright
Grande Soirée « CANONISATION DE CHARLES DE FOUCAULD : un saint pour aujourd'hui ? » à la librairie La Procure Paris VIe le jeudi 19 mai 2022, animée par Antoine Bellier, éditeur aux éditions Salvator.
Les trois invités étaient : • Charles Wright ; • Mgr Claude Rault ; • Margarita Saldaña Mostajo.
Charles Wright : Écrivain et journaliste, il vit entre l'Ardèche et Paris. Il est notamment l'auteur d'un livre très remarqué (prix littéraire Europe 1-GMF ; Prix de la liberté intérieure 2021) : le Chemin des estives (Flammarion en 2021) et récemment réédité en version poche chez J'ai lu. Il a également publié une biographie de Dom Louf : le Chemin du coeur. L'expérience spirituelle d'André Louf (Salvator en 2017).
Claude Rault : Prêtre de la Société des Missionnaires d'Afrique (Pères Blancs) et évêque de Laghouat de 2004 à 2017, il a longtemps vécu en Algérie où il a oeuvré avec beaucoup d'autres chrétiens au dialogue islamo-chrétien. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages dont Désert, Ma cathédrale (DDB, 2008) et Jésus, l'homme de la rencontre (Chemin de dialogue, 2020).
Margarita Saldaña Mostajo : Laïque consacrée au sein des Petites soeurs du Sacré-Coeur de Charles de Foucauld, journaliste de formation et théologienne, elle est également aide-soignante à la maison médicale Jeanne Garnier à Paris. Elle a publié plusieurs livres dont : le Mystère de la vie cachée : comment habiter le quotidien à la manière de Jésus (Lessius, 2021) et Terre de Dieu. Pour une spiritualité de la vie quotidienne (Salvator, 2022).
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