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Claude-Edmonde Magny (Traducteur)
EAN : 9782072941252
128 pages
Éditeur : Gallimard (04/03/2021)
3.63/5   34 notes
Résumé :
Recherché pour meurtre et poursuivi par la police, un Noir américain s'est glissé dans un trou d'égout.
Réfugié sous la ville, il découvre un monde étrange, humide et mystérieux, un monde aux règles différentes de celui " sur terre ", celui des Blancs.
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Under_the_Moon
  14 mai 2013
Un homme noir est accusé d'un crime qu'il n'a pas commis et forcé à signer des aveux qu'ils n'a pas fait après avoir été mis à mal par des policiers blancs. Une pratique plutôt banale dans l'Amérique des années 1960, sauf que ... le protagoniste décide de s'enfuir et se cache.. dans les égouts.
Lui ne se transforme pas en insecte (ou en rat), à l'opposé du héros de Kafka, mais il assiste à des scènes très étranges ou lugubres.
Il y avait longtemps que ce livre était dans ma PAL, et j'ai choisi de commencer par celui-ci car j'ai voulu éviter l'erreur de débuter avec le chef-d'oeuvre de Ricahrd Wright - à savoir le très célèbre Black Boy - pour m'épargner des déceptions.
Le rythme de cette novella est haletant et traduit bien l'anxiété et la perte de repères du personnage. J'avoue ne pas avoir toujours bien suivi le cours de ses pensés (et actions) délirantes.
Au final, l'auteur parvient à décrire un moment de vie (plus ou moins long?) où le dessus et le dessous se confondent, l'innocent devient coupable, la vérité devient mensonge, ... Et le lecteur ne sait plus trop à quoi se fier.
Ce roman n'est, pour moi, ni mauvais ni transcendant mais cela ne m'a pas dissuadée de relire Richard Wright, au contraire!
Je suis contente d'avoir découvert l'univers de Wright, où le système injuste , dirigé par des blancs aliène des noirs. Sans pour autant avoir un récit où tout est noir...ou blanc !


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ATOS
  11 décembre 2020
« Mais il en va d'une oeuvre comme d'un arbre : plus les racines s'enfoncent dans la nuit dense de la terre, plus grand est le morceau de ciel que la ramure peut embrasser. » Michel Tournier. ..« l'homme qui vivait sous terre » , nouvelle de Richard Wright, est de ces arbres.
Ses racines plongent dans la cruauté d'un monde, de son injustice, de son absurdité, de ses fictions, de sa réalité. Nuit dense, profondeurs létales. A la surface de ce monde : mensonges, illusions, absurdes croyances, fausses richesses, théâtres hallucinants où dansent des ombres macabres.
Dans le ventre de ce monde, dans la densité de sa nuit, les bruits, les heures connaissent une autre horloge, embrasse un autre temps . D'autres valeurs. Un autre regard. Dans la densité de cette nuit, une autre lumière, une vérité, atroce, cruelle. La réalité.
A la surface, ...mais dans le fond.
C'est ici l'autopsie d'un corps social.
Dans les entrailles du monde, la lumière se fait.
Faisant apparaître, entendre, toucher, ce qui jusqu'à lors était invisible.
Terrible et insupportable, et presque prothétique nouvelle de Richard Wright : Celui qui s'expose et fait remonter à la surface la vérité sera assassiné.
Il serait intéressant d'analyser la nouvelle de Richard Wright à travers la lecture du mythe de Jonas...dans le ventre de la baleine, ..trois jours et trois nuits…, recraché sur le rivage...  «  Lève-toi, va à Ninive et crie contre elle car sa méchanceté est montée jusqu'à moi. » .
La baleine,..le poisson…
Comment ne pas repenser aux mots de Richard Wright durant l'interview qu'il avait accordé au journal l'Express le 18 août 1960, lorsqu'il était interrogé sur la valeur symbolique de son roman Fishbelly : « « Qu'entendez-vous par le titre de votre livre Fish Belly ?  
Ce titre a une certaine portée symbolique ; l'estomac d'un poisson est généralement blanc, mais cela ne se voit pas de l'extérieur, et ce que je voulais faire comprendre au lecteur, c'est que mon personnage regarde avec des yeux de Noir les valeurs des Blancs, mais qu'il a entièrement absorbé les valeurs de la société dans laquelle il vit... C'est ce qu'un de ses compagnons de jeux exprime dans le livre lorsqu'il dit : "Le ventre des poissons est blanc". » »
https://www.lexpress.fr/culture/livre/1960-entretien-avec-richard-wright_2027196.html.
Il est parfois intéressant de lire une nouvelle séparément du recueil auquel elle appartient. "L'homme qui vivait sous la terre" appartient au recueil "Huit hommes", recueil que j'ai précédemment eu le plaisir de lire. Cette nouvelle, il est vrai, avait à cette époque déjà retenu mon attention. Mais lu ainsi, séparément, sa relecture m'a permis de saisir peut être plus nettement, je pense, la densité de cette nuit.
https://www.babelio.com/livres/Wright-Huit-hommes/199142/critiques/1271107
Astrid Shriqui Garain

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TiboLexie
  21 avril 2021
Peut-on espérer une autre vie que celle que les circonstances nous imposent ? injustice, pauvreté, assignation . . . Les maux ne manquent pas et Richard Wright abordait déjà cette question dans "Black boy".
Dans ce texte, il emprunte la voie de l'imaginaire mais le héros contraint de se cacher dans les égouts afin d'échapper à un funeste destin lui ressemble. Cette fois, il n'est pas question d'esquiver des coups comme lui naguère ou de quitter son Etat.
Son double, si j'ose dire vit sous terre, à l'abri de ce monde d'en haut, lumineux en apparence mais terriblement effrayant pour des gens comme lui. Par contre, sous terre règne en apparence l'obscurité mais l'espérance y est saisissante, telle une lumière pour n'importe qui.
Trop peut-être, tant il s'acharne à vouloir empêcher une injustice, auprès de ceux-là même qui sont à l'origine de sa décadence. Parviendra-t-il ?
Malgré l'alternance de narrateurs qui peut dérouter le lecteur, cet ouvrage conserve sa force de dénonciation de l'injustice et de célébration de la dignité humaine.
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Diabolau
  06 décembre 2020
Cette courte descente sous terre m'a laissé perplexe.
Déjà, j'ai trouvé le style assez médiocre, et je ne sais trop qui en accuser, de l'auteur ou du traducteur. Mais des choses comme "fermer la lumière" ou "sucer le milieu d'une pomme", c'est quand même pas agréable à lire.
Ensuite, les pérégrinations du héros dans les égouts m'ont assez peu intéressé, d'autant que je ne voyais pas bien où Wright voulait en venir, et malgré le fait que l'ensemble reste très court, il y a tout un passage que j'ai lu en diagonale, sautant des paragraphes entiers.
Ce qui est étrange, c'est qu'en fait, cette expérience d'enfermement sous terre donne lieu à très peu d'introspection, le plus gros du texte étant consacré aux scènes auxquelles le héros assiste, voire participe, dans les nombreuses salles en sous-sol auxquelles on peut accéder par les égouts (ça aussi, c'est bizarre, d'ailleurs).
La fin gagne quand même en intérêt, curieusement à partir du moment où il sort à l'air libre, sans non plus casser des briques, jusqu'au dénouement tragique que l'on voyait d'ailleurs venir depuis un moment.
Bref, un bouquin récupéré dans une boîte à livres, et qui va y retourner aussi sec.
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patachinha
  13 mai 2010
Je considère ce livre à la fois extrêmement étrange mais en même temps très captivant. Après cette lecture vous ne regarderez plus de la même façon les bouches d' égout... Tout au long du livre le personnage vivra des aventures rocambolesques, qui m'ont tour à tour donné envie d'avoir de la peine , voir de la pitié pour lui, à d'autres moments je m' indignais par son attitude que j'ai pu trouver éxécrable.
La fin est aussi inattendue que surprenante et contient véritablement un sens philosophique qu' il convient de signaler...
A son retour parmi les hommes, il ne sera plus qu' une âme folle et errante dans cette Cité...
Qu' adviendra-t- il de son innocence ou de sa culpabilité? A quel sort sera-t-il abandonné au final?
Je vous laisse le découvrir c'est vraiment très intéressant, vous ne serez pas déçus de ce grand auteur!
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
Under_the_MoonUnder_the_Moon   13 mai 2013
Il alla vers un kiosque dont le marchand était parti et regarda une pile de journaux. Il vit un gros titre :
CHASSE AU NEGRE ASSASSIN
C'était comme si quelqu'un s'était glissé derrière lui, et était en train de le déshabiller ; (...). Ils savent que je n'ai rien fait, chuchota-t-il. Mais comment le prouver ? Il avait signé une confession. Quoique innocent, il se sentait coupable, condamné.
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TiboLexieTiboLexie   20 avril 2021
Il continua à ramper longtemps, puis s'arrêta, à la fois effrayé et curieux. Il allongea son pied droit en avant : le pied se balançait aujourd'hui du vide ; pris de peur, il se rejeta en arrière. Il se mit à trembler, voyant en imagination la terre s'ébouler et l'enterrer vivant. Il frotta une allumette et vit que le sol de terre dégringolait abruptement et s'élargissait en une sorte de grotte quelque cinq pieds au-dessus de lui. Un égout désaffecté, murmura-t-il.
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Video de Richard Wright (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Richard Wright
L?adoption en 1944 du GI Bill par le gouvernement américain permet aux soldats démobilisés de la Seconde Guerre mondiale de financer leurs études universitaires ou artistiques. Elisa Capdevila nous entraîne dans le sillage de ces artistes qui, à l?instar du héros de la comédie musicale oscarisée de Vincente Minnelli Un Américain à Paris, ont choisi la capitale française pour se rêver les nouveaux Hemingway ou Picasso. Nous suivons le parcours de Richard Wright, Chester Himes, Mary McCarthy, William Burroughs, Sidney Bechet, Miles Davis, William Klein, Jules Dassin, John Berry et de tant d?autres : écrivains, auteurs de polars, jazzmen, peintres expressionnistes abstraits, poètes beatniks ou réalisateurs, ils empruntent à leur tour l?itinéraire de leurs aînés de la Génération perdue, celle des Miller et Hemingway pour qui « Paris est une fête ». Pour certains d?entre eux, artistes noirs américains, avant-gardistes mal perçus dans leur pays ou victimes du maccarthysme, Paris est aussi vu comme une terre d?asile et de liberté. Leur passage dans la ville sera pour certains déterminant, premiers pas vers une reconnaissance internationale, parenthèse fertile permettant de réorienter une carrière, source nouvelle d?inspiration liée à des rencontres et à des visites multiples. L?auteure nous fait découvrir ce pan de notre histoire que nous avions un peu oubliée et qui s?était achevée sous les pavés de mai 68. Elisa Capdevila enseigne l?histoire en lycée et à Sciences Po Paris. Elle est spécialiste d?histoire culturelle. http://www.armand-colin.com/des-americains-paris-artistes-et-bohemes-dans-la-france-de-lapres-guerre-9782200614904
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