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Nathalie Azoulai (Traducteur)
EAN : 9782267049961
180 pages
Christian Bourgois Editeur (01/02/2024)
3.54/5   59 notes
Résumé :
Recherché pour meurtre et poursuivi par la police, un Noir américain s'est glissé dans un trou d'égout.
Réfugié sous la ville, il découvre un monde étrange, humide et mystérieux, un monde aux règles différentes de celui " sur terre ", celui des Blancs.
Que lire après L'homme qui vivait sous terreVoir plus
Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
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Un homme noir est accusé d'un crime qu'il n'a pas commis et forcé à signer des aveux qu'ils n'a pas fait après avoir été mis à mal par des policiers blancs. Une pratique plutôt banale dans l'Amérique des années 1960, sauf que ... le protagoniste décide de s'enfuir et se cache.. dans les égouts.
Lui ne se transforme pas en insecte (ou en rat), à l'opposé du héros de Kafka, mais il assiste à des scènes très étranges ou lugubres.

Il y avait longtemps que ce livre était dans ma PAL, et j'ai choisi de commencer par celui-ci car j'ai voulu éviter l'erreur de débuter avec le chef-d'oeuvre de Ricahrd Wright - à savoir le très célèbre Black Boy - pour m'épargner des déceptions.

Le rythme de cette novella est haletant et traduit bien l'anxiété et la perte de repères du personnage. J'avoue ne pas avoir toujours bien suivi le cours de ses pensés (et actions) délirantes.
Au final, l'auteur parvient à décrire un moment de vie (plus ou moins long?) où le dessus et le dessous se confondent, l'innocent devient coupable, la vérité devient mensonge, ... Et le lecteur ne sait plus trop à quoi se fier.

Ce roman n'est, pour moi, ni mauvais ni transcendant mais cela ne m'a pas dissuadée de relire Richard Wright, au contraire!
Je suis contente d'avoir découvert l'univers de Wright, où le système injuste , dirigé par des blancs aliène des noirs. Sans pour autant avoir un récit où tout est noir...ou blanc !




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« Mais il en va d'une oeuvre comme d'un arbre : plus les racines s'enfoncent dans la nuit dense de la terre, plus grand est le morceau de ciel que la ramure peut embrasser. » Michel Tournier. ..« l'homme qui vivait sous terre » , nouvelle de Richard Wright, est de ces arbres.
Ses racines plongent dans la cruauté d'un monde, de son injustice, de son absurdité, de ses fictions, de sa réalité. Nuit dense, profondeurs létales. A la surface de ce monde : mensonges, illusions, absurdes croyances, fausses richesses, théâtres hallucinants où dansent des ombres macabres.
Dans le ventre de ce monde, dans la densité de sa nuit, les bruits, les heures connaissent une autre horloge, embrasse un autre temps . D'autres valeurs. Un autre regard. Dans la densité de cette nuit, une autre lumière, une vérité, atroce, cruelle. La réalité.
A la surface, ...mais dans le fond.
C'est ici l'autopsie d'un corps social.
Dans les entrailles du monde, la lumière se fait.
Faisant apparaître, entendre, toucher, ce qui jusqu'à lors était invisible.
Terrible et insupportable, et presque prothétique nouvelle de Richard Wright : Celui qui s'expose et fait remonter à la surface la vérité sera assassiné.
Il serait intéressant d'analyser la nouvelle de Richard Wright à travers la lecture du mythe de Jonas...dans le ventre de la baleine, ..trois jours et trois nuits…, recraché sur le rivage...  «  Lève-toi, va à Ninive et crie contre elle car sa méchanceté est montée jusqu'à moi. » .
La baleine,..le poisson…
Comment ne pas repenser aux mots de Richard Wright durant l'interview qu'il avait accordé au journal l'Express le 18 août 1960, lorsqu'il était interrogé sur la valeur symbolique de son roman Fishbelly : « « Qu'entendez-vous par le titre de votre livre Fish Belly ?  
Ce titre a une certaine portée symbolique ; l'estomac d'un poisson est généralement blanc, mais cela ne se voit pas de l'extérieur, et ce que je voulais faire comprendre au lecteur, c'est que mon personnage regarde avec des yeux de Noir les valeurs des Blancs, mais qu'il a entièrement absorbé les valeurs de la société dans laquelle il vit... C'est ce qu'un de ses compagnons de jeux exprime dans le livre lorsqu'il dit : "Le ventre des poissons est blanc". » »
https://www.lexpress.fr/culture/livre/1960-entretien-avec-richard-wright_2027196.html.

Il est parfois intéressant de lire une nouvelle séparément du recueil auquel elle appartient. "L'homme qui vivait sous la terre" appartient au recueil "Huit hommes", recueil que j'ai précédemment eu le plaisir de lire. Cette nouvelle, il est vrai, avait à cette époque déjà retenu mon attention. Mais lu ainsi, séparément, sa relecture m'a permis de saisir peut être plus nettement, je pense, la densité de cette nuit.
https://www.babelio.com/livres/Wright-Huit-hommes/199142/critiques/1271107

Astrid Shriqui Garain



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Peut-on espérer une autre vie que celle que les circonstances nous imposent ? injustice, pauvreté, assignation . . . Les maux ne manquent pas et Richard Wright abordait déjà cette question dans "Black boy".

Dans ce texte, il emprunte la voie de l'imaginaire mais le héros contraint de se cacher dans les égouts afin d'échapper à un funeste destin lui ressemble. Cette fois, il n'est pas question d'esquiver des coups comme lui naguère ou de quitter son Etat.

Son double, si j'ose dire vit sous terre, à l'abri de ce monde d'en haut, lumineux en apparence mais terriblement effrayant pour des gens comme lui. En revanche, sous terre règne en apparence l'obscurité mais l'espérance y est saisissante, telle une lumière pour n'importe qui.

Trop peut-être, tant il s'acharne à vouloir empêcher une injustice, auprès de ceux-là même qui sont à l'origine de sa décadence. Parviendra-t-il ?
Malgré l'alternance de narrateurs qui peut dérouter le lecteur, cet ouvrage conserve sa force de dénonciation de l'injustice et de célébration de la dignité humaine.
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Deuxième essai transformé avec cet auteur américain après son magistral Black boy l'année dernière. Cette nouvelle fait partie d'un recueil intitulé Huit hommes qui fut publiée en 1962.

Fred Daniels est noir, accusé à tort de meurtre et pourchassé par la police. Il échappe à leur poursuite en se réfugiant dans les entrailles de la ville. Commence alors son périple solitaire sous terre. Les repères sont faussés, les bruits plus ou moins feutrés, les odeurs démultipliées. Des briques déplacées sur son parcours lui permettent d'observer la vie du dessus, celle des blancs, et de porter un regard décalé sur cette société où le racisme est encore omniprésent. Il chaparde de quoi subsister ou transforme sa grotte en palais des mille et une nuits.
La vie du dessus, celle du dessous, la vie des blancs, celle des noirs dans cette Amérique où la ségrégation a encore quelques années à vivre (cette nouvelle fut écrite en 1942).

C'est un texte court mais d'une puissance incroyable pour dire le racisme et dénoncer l'injustice qui mène à la folie.
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L'homme qui vivait sous Terre s'y est réfugié après avoir été violemment et gratuitement tabassé par une troupe de policier. Après sa journée de travail, Fred Daniels se fait donc arrêter par des policiers blancs qui l'accuse du double meurtre des Peabody, voisins de ses employeurs.

L'entrée en matière de ce livre est particulièrement abject, n'épargne pas son lecteur. L'injustice des coups portés par les policiers est flagrante, elle nous met à mal, créée un malaise indicible.
Par miracle, Fred Daniels réussit à s'échapper et se réfugie alors sous terre où il va arpenter les égouts, découvrir un monde qui lui était inconnu. Son escapade sous terre est anxiogène, la noirceur des murs, l'oppression des tunnels se ressentent avec intensité. Puis, Fred Daniels prend une décision, il ira se rendre à la justice, les poches pleines de ses vols.

Roman porté sur l'Amerique du XX siècle, où le racisme prédomine, confirme la gratuité des actes, des mots, des jugements portés par les blancs envers les noirs. Est-ce que la vie de Fred Daniels aurait pu être différente ? Sa couleur de peau induisait-elle d'avance son sort ? Comment continuer à espérer quand l'ombre plane constamment ? Une lecture qui a été difficile, les actes répugnants y sont pour quelque chose, mais nécessaire.
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
Il alla vers un kiosque dont le marchand était parti et regarda une pile de journaux. Il vit un gros titre :
CHASSE AU NEGRE ASSASSIN
C'était comme si quelqu'un s'était glissé derrière lui, et était en train de le déshabiller ; (...). Ils savent que je n'ai rien fait, chuchota-t-il. Mais comment le prouver ? Il avait signé une confession. Quoique innocent, il se sentait coupable, condamné.
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Il continua à ramper longtemps, puis s'arrêta, à la fois effrayé et curieux. Il allongea son pied droit en avant : le pied se balançait aujourd'hui du vide ; pris de peur, il se rejeta en arrière. Il se mit à trembler, voyant en imagination la terre s'ébouler et l'enterrer vivant. Il frotta une allumette et vit que le sol de terre dégringolait abruptement et s'élargissait en une sorte de grotte quelque cinq pieds au-dessus de lui. Un égout désaffecté, murmura-t-il.
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Il marcha à peu près un quart d'heure, pataugeant sans but, tâtonnant soigneusement en avant de soi avec la barre. Puis il s'arrêta, les yeux fixes, attentif. Qu'est-ce que cela ? Une image étrangement familière, à la fois fascinante et repoussante : éclairé par les lianes de lumière jaune qui tombaient d'une autre trappe, le petit corps d'un bébé nu, coincé par des détritus et à demi recouvert par l'eau. Pensant que le bébé était vivant, il se dirigea vers lui impulsivement ; mais ses nerfs surexcités lui disaient qu'il était mort, froid, redevenu néant, ce même néant qu'il avait ressenti en regardant les gens qui chantaient dans l'église. L'eau s'épanouit autour des petites jambes, des petits bras, de la petite tête, et continua sa course en avant. Ses yeux étaient fermés, comme s'il dormait ; ses poings fermés, comme s'il protestait ; et sa bouche s'ouvrait, sombre, dans un cri silencieux.
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Il força les boîtes de métal et les aligna côte à côte sur le sol poussiéreux. Il eut un large sourire devant ce qu'elles contenaient d'or et de feu. D'une boîte il tira une pleine poignée de montres d'or qui faisait tic tac et les balanca au bout de leurs chaînes d'or. Il sourit pendant quelque temps dans le vague, puis se mit à les remonter ; il n'essaya pas de les mettre à une heure quelconque, car le temps n'existait plus pour lui désormais. Il prit une poignée de clous, les enfonça dans le mur tapissé et y suspendit les montres, les laissant se balancer au bout de leurs chaînes étince-lantes, tremblotant et faisant diligemment tic tac sur un fond vert, tandis que le reflet jaune citron de la lumière électrique, illuminant les boîtiers métalliques des montres, transformait les disques d'or en des globes d'une substance jaune liquide.
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Videos de Richard Wright (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Richard Wright
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