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Hélène Bokanowski (Traducteur)Marcel Duhamel (Traducteur)
EAN : 9782070378555
576 pages
Éditeur : Gallimard (14/01/1988)
4.2/5   99 notes
Résumé :
Bigger Thomas est le jeune chauffeur noir de la famille Dalton. La fille de ses patrons, Mary, dilettante de gauche, se fait conduire par lui dans un bistrot du ghetto noir. Elle s'enivre au point que, de retour chez elle à l'aube, Bigger doit transgresser malgré lui le premier tabou de la ségrégation raciale et la porter dans sa chambre. Alertée par le bruit, la mère aveugle de Mary pénètre dans la chambre où Bigger, pris de panique, tente d'étouffer les balbutieme... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
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Erveine
  11 janvier 2014
Un Enfant du Pays c'est l'histoire d'un jeune noir qui commence à exister le jour où il obtient enfin la reconnaissance de ses semblables. Comme chacun sait, nul ne saurait vivre seul sur une île déserte, y a un moment, les poissons ça suffit plus pour causer...
Et bien là, notre jeune ami existe pour la première fois de sa vie, tout le monde s'occupe de lui, on lui demande s'il a bien mangé... s'il est d'accord pour... la permission de... il a un photographe, il a même un avocat, un psychologue, plus tard, un prêtre viendra recueillir ses voeux... Il y a là toute une société qui se penche sur lui et c'est chaque entité qui viendra l'entourer tour à tour. Sauf que maintenant qu'il est un homme, reconnu par ses pairs et pouvant jouer dans la cour des grands et bien non ! Même s'il a droit à toute cette prestigieuse instance pour s'exprimer, l'autorité requise devant laquelle il peut témoigner en son âme et conscience pour rendre compte de ses actes, comme tout citoyen peut y être un jour invité, et bien non ! Là, il ne peut pas.
Non ! Il ne peut pas, il ne peut plus ! Il ne peut plus être un homme. Il n'y aura pour lui de reconnaissance que celle de tout individu à prétendre au jugement dernier devant cette communauté d'hommes, égaux en droit. Notre personnage vient de naître à la vie et pourtant il est mort. Il est simultanément passé de vie à trépas. Il a tué en lui l'étincelle de vie. Une étincelle qui n'a jamais irradié de son vivant que les ruelles du ghetto noir de son enfance jusqu'à ce jour, un jour qui lui réclame d'être en présence de sa vie d'homme.
Et donc, nous voyons Thomas, du moins nous le construisons dans notre imaginaire, s'il n'apparaît pas sur la page de couverture... Il est là, il est amoureux pour la première fois de sa vie, il est heureux, il vibre à cette émotion nouvelle, il exulte, mais voilà que quelqu'un entre dans la pièce et Thomas à peur.....
Thomas a tué, il s'est tué lui-même en ce jour de lumière ou l'amour à jaillit. Il a tout tué en lui, autour de lui, la vie, l'amour, et l'homme naissant. Il est tombé dans l'abîme de l'horreur et puisqu'en lui, l'homme est mort, il a tué à nouveau, comme si tuer à nouveau n'était somme toute que le même acte recommencé, une fois, deux fois, trois fois, l'homme est déjà mort de toute façon, alors c'est la terreur qui parle et qui agit....
Maintenant, je vous laisse tourner les pages, je vous y invite car ça vaut le détour, c'est une oeuvre magistrale qui m'a profondément émue et en plus il y a là de la belle écriture...
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PiertyM
  20 mai 2017
Un livre émouvant, qui choque à un point qu'on se demande comment les choses en sont arrivées là! Richard Wright s'y prend tellement bien qu'on s'embarque dans ce funeste voyage de Bigger avec beaucoup de patience et bien sûr avec beaucoup de surprises. On part de la haine d'un individu vers la haine de toute une nation dans une période où les États-Unis vivent encore sous les lois de la ségrégation raciale. L'auteur place son héros dans un cercle vicieux où tout ne fait que s'envenimer jusqu'à une issue dont les tournures bouleversantes vont faire d'un criminel une voix par laquelle va s'exprimer la race réprimée...
Une excellente écriture, et je me rends compte que je l'ai savouré, ce livre, parce que je n'avais pas lu le résumé au préalable, car, le résumé retrace toutes les étapes du livre au risque de ne pas permettre aux lecteurs de se délecter des surprises que lui réserve le livre. Si la promotion du livre se focalise sur la deuxième partie du livre où l'affaire Bigger devient une affaire politique, le noir devient un terrain de dispute entre communistes et capitalistes, moi, je me suis plutôt régaler de la première partie où l'homme face à lui-même sait déjà qu'il est exclu de la vie!
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CelineTH7854
  12 décembre 2019
Un livre émouvant... On est pris dans la spirale infernale de la ségrégation et du racisme, et la fin est inéluctable. État de l'Illinois, années 1940. C'est l'histoire d'un jeune noir, Bigger, qui avait bien des ambitions, mais qui ne peut pas les réaliser parce qu'il est noir. Alors avec ses copains, il commet quelques larcins. Et puis un jour, il est obligé par le bureau de bienfaisance d'aller travailler comme chauffeur pour l'homme qui détient la société immobilière qui loue à sa mère, son frère et sa soeur une unique chambre insalubre, avec des rats en prime, dans un quartier où les noirs sont parqués et dont le loyer est plus cher que ce qui serait pratiqué pour un blanc. Chez un homme qui dépense des millions pour payer à des noirs des tables de ping pong, ou tout de même payer l'école à quelques-uns (mais pourquoi aller à l'école quand on n'a pas le droit de devenir ce qu'on veut au bout du compte ni même oser l'exprimer ?). Et tout bascule lorsque Bigger fait la rencontre de sa fille, qui fait tout pour aller à l'encontre de son père et qui fraie avec des communistes, tout aussi détestés que les noirs, les juifs, etc. etc. Alors que Bigger voudrait juste qu'on le laisse tranquille, qu'on ne vienne pas empiéter sur son territoire, parce qu'il a peur, parce qu'il a la haine, il est obligé dès le premier soir de ramener cette fille saoule jusque dans sa chambre. Pour les blancs, ce serait un premier crime si cela devait se savoir, et c'est là que pour Bigger tout va basculer.
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grumpydoll
  28 décembre 2013
A vrai dire, je l'ai commencé, et vu la tournure des événements et donc l'angoisse créée par la fatalité qui s'en déduit, je ne suis pas arrivée encore à aller plus loin. L'intolérance sur un petit fait qui provoque une cascade de faits qui ne cessent de faire empirer la catastrophe, imbriqués à la suite les uns des autres jusqu'à la fin sur laquelle j'ai jeté un coup d'oeil. Je n'ai pu constater qu'un truc : il semble compris, ce qui rend déjà son fardeau moins lourd.
Le thème de ce livre, en gros : un lynchage programmé, un héros qui essaie de fuir et de survivre comme une bête traquée à une sorte de chasse à l'homme haineuse par des gens qui la pensent "justifiée", et on sent d'avance qu'il ne peut pas y avoir de miracle, no happy end comme on en voudrait tous et toujours (l'hégire est le récit d'une fuite qui se termine bien, la fuite dans le désert du peuple de Moïse, et etc : dans tous les récits épiques, il y a un moment de fuite... sans doute dans toute vie? le Christ est-il comme cet enfant du pays, n'ayant pas pu survivre à sa fuite?)
Est-il arrivé au moins à ne pas être attrapé par ceux qui se permettent d'infliger une fin trop "violente"? Je n'ai pas encore tout lu.
Mais ce qui m'a le plus passionné, ce sont les textes de la Postface.
Bigger n°4, qui considère que le travail proposé est un esclavage et le refuse. Et on peut le dire ainsi, si la "liberté" gagnée oblige à payer le loyer d'une case "gratuite" auparavant sans pour autant permettre un changement fondamental de la qualité de vie! Et ce refus l'a finalement envoyé à l'hôpital psychiatrique...
Ensuite, il y a cette phrase : "je fis cette découverte que Bigger T. n'était pas noir tout le temps, il était blanc aussi" et le fait qu'il considère que Lénine en est un aussi, deux pages plus loin, ce qui est un point de vue intéressant aussi à considérer (avec l'explication qui va avec).
Bref, la description d'un désastre, celui que l'on fait de l'intelligence humaine en assujettissant les individus, avec les résultats qui s'ensuivent.
Le seul écrivain noir de cette époque, et heureusement qu'on l'a eu finalement, car comme le dit le poète, "un seul être vous manque et tout est dépleuplé"... Ces exceptions qui nous permettent de mieux comprendre certains phénomènes.
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vince971
  12 juin 2020
Scandaleusement brillant! Un thriller social qui fait l'effet d'une bombe, surtout à la lumière des récents évènements aux Etats-Unis. Il est au moins aussi percutant que "Black Boy". Peu de romanciers savent créer de la tension comme Richard Wright. Dans le surpeuplé Chicago des années 30, en proie à la ségrégation et aux inégalités galopantes, on a là les prémisses d'une explosion sociale. Alors quand les Communistes s'en mêlent aussi, ça ne va pas être beau à voir... Wright aborde la brulante question raciale avec toupet et brio. Cela a été écrit en 1940 mais la voix de Wright se révèle tellement prophétique. J'avais le coeur qui palpitait en lisant alors je n'ose imaginer l'impact pour le lecteur à l'époque de la ségrégation. Etonné que ce roman soit si peu évalué sur le site, c'est un pur chef d'oeuvre de la littérature américaine. Bigger Thomas va me hanter pendant un bon moment. PS: NE LISEZ PAS LE RESUME BABELIO QUI VOUS GACHERA TOUT LE PLAISIR!!

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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
gavarneurgavarneur   14 février 2019
Je sais que ces rouges, Max et Erlone, t'ont raconté tout ce qu'ils allaient faire pour toi. Mais les crois pas. Ils cherchent qu'à se faire de la publicité, mec, à faire parler d'eux sur ton dos, tu vois ? Ils peuvent que dalle pour toi ! T'as à faire à la justice, maintenant !
Page 281

I know these reds, Max and Erlone, have told you a lot of things about what they're going to do for you. But, don't believe 'em. They're just after publicity, boy ; just after building themselves at your expense, see ? They can't do a damn thing for you ! You're dealing with the law now !
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nath45nath45   15 mai 2012
Que dire de plus alors que Débézed et Gringo ont bien cerné le livre, un livre qui parle de l'injustice, de la condition des noirs dans les années 30…
Bigger, jeune afro-américain d'un ghetto de Chicago, est obligé de postuler chez les Dalton comme chauffeur. Le soir même de son embauche il doit conduire la fille des Dalton, Mary à l’université, mais en fait, elle lui ordonne d’aller prendre son petit ami Jan qui est communiste. Durant la soirée, Mary et Jan lui demandent de leur faire découvrir son quartier, ils l’invitent à dîner. A la fin de la soirée, Jan prend le tram et Bigger raccompagne Mary totalement ivre dans sa chambre, c’est à ce moment que la tragédie commence, Mme Dalton qui est aveugle entre dans la chambre de sa fille, Bigger pour ne pas être surpris en tant que noir dans la chambre d’une jeune fille blanche, empêche Mary de parler en lui mettant un oreiller sur la tête, elle meurt par étouffement. Il met en place un alibi qui ne tiendra pas très longtemps, alors commence la chasse à l’homme, un autre meurtre, un procès qui mènera Bigger à la chaise électrique.
Un roman qui nous interpelle, vraiment à découvrir.
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PiertyMPiertyM   19 mai 2017
Et les blancs riches n'étaient pas tellement durs avec les noirs. C'étaient des blancs pauvres qui détestaient les noirs. Ils détestaient les noirs parce qu'ils n'avaient pas leur part du gâteau.
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EFournEFourn   19 juillet 2013
Aidé par le sentiment nouveau de sa propre valeur, fût-il obscur et fugitif, qui lui était venu grâce à sa conversation avec Max, il essaya d'y voir clair et se dit que puisque Max avait pu discerner en lui l'homme caché sous ces actes violents et cruels, sous la peur, la haine et le meurtre, la fuite et le désespoir, alors lui, Bigger, haïrait aussi, s'il était à leur place, comme en cet instant il les haïssait et comme eux le haïssaient. Pour la première fois de sa vie, il sentait un sol ferme sous ces pieds et il aurait voulu l'y tenir.
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CelineTH7854CelineTH7854   12 décembre 2019
Ils n'ont pas voulu me laisser vivre, alors j'ai tué.
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Video de Richard Wright (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Richard Wright
L?adoption en 1944 du GI Bill par le gouvernement américain permet aux soldats démobilisés de la Seconde Guerre mondiale de financer leurs études universitaires ou artistiques. Elisa Capdevila nous entraîne dans le sillage de ces artistes qui, à l?instar du héros de la comédie musicale oscarisée de Vincente Minnelli Un Américain à Paris, ont choisi la capitale française pour se rêver les nouveaux Hemingway ou Picasso. Nous suivons le parcours de Richard Wright, Chester Himes, Mary McCarthy, William Burroughs, Sidney Bechet, Miles Davis, William Klein, Jules Dassin, John Berry et de tant d?autres : écrivains, auteurs de polars, jazzmen, peintres expressionnistes abstraits, poètes beatniks ou réalisateurs, ils empruntent à leur tour l?itinéraire de leurs aînés de la Génération perdue, celle des Miller et Hemingway pour qui « Paris est une fête ». Pour certains d?entre eux, artistes noirs américains, avant-gardistes mal perçus dans leur pays ou victimes du maccarthysme, Paris est aussi vu comme une terre d?asile et de liberté. Leur passage dans la ville sera pour certains déterminant, premiers pas vers une reconnaissance internationale, parenthèse fertile permettant de réorienter une carrière, source nouvelle d?inspiration liée à des rencontres et à des visites multiples. L?auteure nous fait découvrir ce pan de notre histoire que nous avions un peu oubliée et qui s?était achevée sous les pavés de mai 68. Elisa Capdevila enseigne l?histoire en lycée et à Sciences Po Paris. Elle est spécialiste d?histoire culturelle. http://www.armand-colin.com/des-americains-paris-artistes-et-bohemes-dans-la-france-de-lapres-guerre-9782200614904
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