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EAN : 9782246824732
400 pages
Grasset (11/03/2020)
3.94/5   36 notes
Résumé :
Le 17 mars 2018, le monde entier se réveille en découvrant les noms de Cambridge Analytica et de Christopher Wylie. The Guardian et The New York Times révèlent une opération sans précédent d'utilisation de données à grande échelle pour influencer des élections. Convoqué devant le Congrès américain, l'ex-directeur de recherche de Cambridge Analytica dévoile tout : les financements, les liens avec les équipes de campagne de Trump et celles en faveur du Brexit, les tec... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Bouldegom
  05 avril 2020
La plupart d'entre nous, j'en suis sûre, se souviennent des accusations contre Facebook pour avoir partagé des données d'utilisateurs avec d'autres entreprises. Mais a-t-on réellement mesuré ce qu'il s'était passé? Et malheureusement ce qui se passe encore...
Dans ce livre, nous sont révélés les agissements de la société britannique "Cambridge Analytica" qui, avec les données achetées à Facebook, ont influencé des millions d'utilisateurs, notamment pour le vote en faveur du Brexit, et l'élection de Donald Trump, le tout avec l'aide active de la Russie.
L'auteur, Christopher Wylie, est bien placé pour en parler; il est le créateur de l'algorithme qui a permis de "profiler" des millions de personnes, de les étudier dans les moindres recoins de leur vie privée et de même pour leurs "amis". Pourquoi l'a-t-il écrit, et dénoncé le système qu'il a lui-même initié, ainsi que beaucoup de ses anciens collaborateurs? Selon lui parce qu'il a réalisé que cette création mettait en danger les démocraties, et la vie réelle des gens. Certains doutent de sa sincérité mais quoiqu'il en soit, les faits sont réels et vérifiables. Et glaçants!
Il m'est impossible de résumer ce livre tant il est dense en faits, en rebondissements, en noms de personnes et de pays, mais que faut-il retenir? Qu'il n'y a aucune vie privée sur Internet, à partir du moment où c'est posté, on ne peut plus revenir en arrière, les gens les moins bien intentionnés peuvent accéder à vos données. Nous, simples utilisateurs, nous n'imaginons même pas à quel point nous sommes manipulés. Que les grands patrons de ces géants du Web que sont Google, Amazon, Facebook etc, sont les nouveaux maîtres du monde, et ils n'ont que faire de nos démocraties. Qu'il est encore temps de légiférer, et d'encadrer fermement ce qui se passe dans ces entreprises.
Même si Cambridge Analytica a été mise en faillite, elle a fait naître un tas d'autres petites entreprises qui elles, existent encore, et font exactement la même chose.
Comme un homme averti en vaut deux (et une femme quatre ;-) ), je ne saurais trop vous conseiller de lire ce livre. On ne pourra pas dire que l'on ne savait pas...
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ileana
  16 mars 2020
Le donneur d'alerte témoigne : en 2018, il a rendu publique l'utilisation frauduleuse de données personnelles à grande échelle pour influencer les élections aux Etats Unis et aussi le referendum du Brexit.

Le sujet est intéressant mais l'auteur, un jeune canadien, me semble un manipulateur indigne de confiance.
Son employeur, la société Cambridge Analytica, s'est emparé de données appartenant à 87 millions d'utilisateurs Facebook ; suite à ce scandale, le patron de Fb a dû se soumettre à une audition du Congrès US.
Pourquoi à mes yeux l'auteur est indigne de confiance :
- Dans son témoignage, il prétend avoir compris tardivement les louches agissements de sa boîte Cambridge Analytica. Hé non, il savait parfaitement ce qui se passait : avant d'intégrer cette structure, il a eu son diplôme en droit à la London Scool of Echonomics (la jurisprudence de la propriété intellectuelle)
- Parallèlement à son job, il a fondé en 2014 sa propre startup où il a utilisé le même jeu de données acquis frauduleusement ; il a démarché les mêmes acteurs politiques en leur faisant miroiter la victoire électorale.
Quant à Mr Nix, le PDG de sa boîte, c'était un mythomane et un mégalo. Il parait qu'il était également un bon vendeur, car il promettait monts et merveilles à ses clients fortunés.
Il prétendait : « Aujourd'hui aux USA nous disposons d'environ quatre mille ou cinq mille éléments d'information sur chaque individu. Nous modélisons la personnalité de chaque adulte à travers le pays, quelques 230 millions d'individus. [ en 2016] » Source wiki anglophone.
En VO : « Today in the United States we have somewhere close to four or five thousand data points on every individual ... So we model the personality of every adult across the United States, some 230 million people. »
A tout cela s'ajoute la platitude de l'écriture ; à éviter.
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Ogrimoire
  12 avril 2021
Christopher Wylie nous révèle ici comment, en partant des données personnelles de millions de personnes, généreusement déversées sur les réseaux sociaux par leur détenteurs eux-mêmes, il est possible de créer de véritables armes de guerre psychologique. Même pas besoin d'acheter ou de dérober les masses de données nécessaires pour cela : elles sont là, accessibles à tout un chacun, sur Facebook, Instagram, partout ! Grâce à elles, vous pouvez déterminer des profils et modéliser des comportements : c'est le micro-ciblage. Puis, en fonction des cibles que vous avez identifié, vous diffusez des informations dont vous savez qu'elles vont affecter la façon dont le groupe fonctionne, pour orienter les pensées et, finalement, peser sur les choix. Naturellement, cela fonctionnera d'autant plus efficacement que vous avez aussi étouffé les récits des opposants, et créé un brouillard de contre-récits.
Il n'y a, au fond, rien de nouveau dans ces techniques, qui sont employées depuis des années par les experts de la désinformation, et, plus largement, depuis les débuts de l'humanité, de façon plus ou moins inconsciente. Ce qui est nouveau, c'est le changement d'échelle, l'industrialisation du processus, rendu possible par la technologie.
De premiers tests sont menés sur le terrain, en Inde, à l'occasion des élections législatives de 2014 et à Trinité-et-Tobago, par des filiales du groupe Strategic Communication Laboratories (SCL), avec succès.
La campagne de manipulation du Brexit, avec la complicité de Boris Johnson, a tenu lieu de test grandeur nature, une sorte de gigantesque « proof of concept ». Grâce à la collaboration involontaire – mais pas forcément naïve… – de Facebook, SCL – alias Cambridge Analytica – a pu accéder à de nombreuses données personnelles : discussions, messages privés, likes, amis, publications, consultations, critères de classifications, scoring, etc. pas moins de 4000 critères par personne ! Et comme, par construction, le fait d'avoir accès aux données d'un compte donne un accès implicite à ses contacts, les chiffres sont tout de suite exponentiels. SCL a ainsi pu traiter les données de 87 millions de comptes !
Une fois ces données exploitées et de véritables « communautés » identifiées, il ne restait plus qu'à saturer les fils d'actualités Facebook d'annonces, de news – plus ou moins fake -, de publicités pour provoquer la colère et l'indignation. Vous piratez quelques boîtes emails, vous alimentez Wikileaks avec quelques fausse fuites de données, et vous laissez macérer, pour que la manipulation opère. L'aveuglement, la peur, le mensonge, les menaces, les fausses nouvelles permettent alors de faire converger des votes… Aux États-Unis, l'élite fortunée de la droite américaine la plus dure s'en est alors emparé… avec pour résultat l'élection de Donald Trump en 2016.
Mindfuck décrit et documente minutieusement la construction de cet « outil de harcèlement automatique et de maltraitance psychologique à grande échelle », mais de façon à la fois accessible et vulgarisée, tous les éléments cités étant vérifiables. Ce livre se lit comme un roman, même si, en réalité, Christopher Wylie, comme lanceur d'alerte, a déclenché une gigantesque enquête internationale, qui a notamment permis de relativiser les scrutins manipulés, mais a aussi jeté le discrédit sur Facebook. La vie de l'auteur en a naturellement été bouleversée : menacé de mort, il a été contraint à la déconnexion et à l'anonymat. Il y a d'ailleurs une sorte de clin d'oeil du destin : comme Donald Trump, il a été banni de Facebook, accusateur comme accusé… le réseau social a peut être espéré qu'en coupant le son, il serait épargné. Et peut-être cela suffira-t-il : en effet, force est de constater que l'enquête, si elle a mis en lumière diverses malversations, n'empêche pas SCL, sous d'autres noms et au travers d'autres filiales, de poursuivre ses activités. le Brexit est en place, Boris Johnson est premier ministre. Donald Trump a été au bout de son mandat. Les services (NCA, MI5, FBI, SEC, FTC, le Congrès…) qui ont pris part à l'enquête n'ont pas pu, su ou voulu extirper le mal à la racine.
Ce livre montre comment l'instrumentalisation des données personnelles peut corrompre la démocratie, en permettant d'identifier, pour les manipuler, des groupes et des communautés. Il souligne aussi comment, par construction, le modèle sur lequel est basé Facebook favorise ce genre d'action à grande échelle. Comme l'indique Christopher Wylie, il ne s'agit pas de démanteler les grandes entreprises numériques ou de limiter leur champs d'action, mais bien plutôt de les rendre responsables. Rappelons-le, ces entités n'existent qu'à travers nous et nos données !
Lien : https://ogrimoire.com/2021/0..
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Acerola13
  23 mars 2022
Mindfuck est l'autobiographie de Christopher Wylie, à qui l'on doit le scandale de Cambridge Analytica. Rédigé à la première personne, ce livre est le récit d'une vie d'un jeune handicapé surdoué en informatique.
Si certains détails techniques peuvent freiner le lecteur, la manière dont Christopher Wylie décortique les bases logiques des algorithmes est très intéressante, et permet de mieux comprendre les hypothèses et les modélisations qui en découlent. J'ai particulièrement apprécié et me suis passionnée pour la double dimension sociologique et politique du travail du lanceur d'alerte, dont la mission est de maximiser, grâce à des algorithmes, l'impact de publicité sur des populations très ciblées, et segmentées.
On plonge à la fois dans un univers de contre culture où de jeunes gays se déhanchent dans la nuit londonienne et se perdent dans des discussions politiques, tout en travaillant pour une aristocratie aux moyens illimités pour manipuler l'opinion publique et l'amener à leurs propres conclusions. Mindfuck souligne aussi les liens étroits qui lient le monde anglophone et les échanges intenses entre Ottawa, Londres et les États-Unis, notamment sur les questions politiques et les nouvelles méthodes de communication lors des campagnes (notamment celles du Brexit et de l'élection de Donald Trump)...Les noms de Facebook, Palantir et de Wikileaks reviennent à plusieurs reprises, et sont concomitants à l'essor de l'entreprise Cambridge Analytica, qui entretient des liens bien troubles avec certaines sphères...
Le récit de la bataille juridique engagée par Christopher Wylie est également très intéressant, et permet de mieux saisir le rôle et ce à quoi s'expose un lanceur d'alerte : naïveté touchante, prise de conscience, difficultés face à la justice qui est une arme à double tranchant, réactions différentes en fonction des pays, et conséquences souvent ahurissantes.
Un bouquin vraiment passionnant et qui se lit d'une traite, au style direct et étonnant : l'auteur se perd parfois en conjonctures personnelles, et livre un récit très centré sur lui-même, avec certains passages (notamment vers la fin du livre) qui n'apportent pas grand chose à l'ensemble et sont plus ennuyants. Au-delà des révélations et du courage qu'il aura fallu à Christopher Wylie pour dénoncer les agissements auxquels il a contribué, on peut douter de sa prétendue naïveté et l'on s'étonne qu'il ne se soit pas insurgé plus tôt des missions qui lui étaient confié (dont certaines avait pour but avoué de déstabiliser des régimes démocratiques africains)...Même si on lui est reconnaissant d'avoir fini par tout déballer.
Glaçant et fascinant.
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myfabulousreading
  27 avril 2020
Le cours des données a dépassé celui du pétrole et devient la "denrée" la plus rentable au monde! Bienvenue dans l'ère du numérique où nous ne sommes rien d'autre qu'une marchandise aux yeux des Big Five, j'ai nommé les GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft).
L'auteur, Christopher Wylie, est devenu lanceur d'alerte lorsqu'il a compris l'effet destructeur de ce qu'il avait aidé à créer, au sein de Cambridge Analytica. Il coopère donc avec les journalistes pour avertir le grand public. Ce coming out en tant que lanceur d'alerte a provoqué la plus grande enquête criminelle de l'histoire, sur des données informatiques.
Des datas ont en effet été utilisées pour établir des profilages psychologiques afin d'influencer les citoyens américains lors de l'élection de Trump mais aussi dans le cadre du Brexit! Oui oui, ça va très loin. Et encore je ne vous parle pas du massacre des Rohingyas ou des guerres civiles dans les pays d'Afrique...Bref vous l'aurez compris, c'est une arme de destruction psychologique massive du 21e, pour ce que l'on appelle les guerres silencieuses. On parle quand même d'outils qui pourraient être classés comme arme militaire!
Je ne vais pas m'étendre sur le sujet. On pourrait en parler pendant de longues heures tant il est vaste et riche, je vous laisse donc aller découvrir cette mine d'informations par vous-même, si vous êtes intéressés par le sujet.
Et à ce propos pour le compléter,je vous conseille d'ores et déjà, si ce n'est pas encore fait, de regarder le documentaire Netflix, The Great Hack où le même sujet est traité du point de vue d'une journaliste qui a enquêté sur Cambridge Analytica et de la lanceuse d'alerte Brittany Kaiser, ancienne directrice commerciale de CA et qui a été la collègue de Christopher Wylie. Surtout, cela vous permettra de mettre des visages sur les personnes citées dans ce livre.
En conclusion, je pense tout de même que Christopher Wylie à aussi sa part d'ombre dans toute cette histoire et que ses agissements peuvent parfois paraître douteux, mais bon, qui n'a pas le droit à la rédemption?
Lien : https://www.instagram.com/p/..
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Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
BouldegomBouldegom   05 avril 2020
Je mentirais si je prétendais ne pas être bien plus cynique aujourd'hui qu'au début de cette aventure.Mais je ne me suis pas résigné pour autant. Au contraire, je pense que j'en ressors encore plus radical. Avant, je pensais que, bon an mal an, notre système fonctionnait correctement. Je me disais qu'il devait bien y avoir quelqu'un, quelque part, avec un plan pour résoudre les problèmes posés, par exemple par Cambridge Analytica. J'avais tort. Notre système est cassé, nos lois ne fonctionnent pas, nos régulateurs sont faibles, nos gouvernements ne comprennent pas ce qu'il se passe, et notre technologie est en train d'usurper la place de notre démocratie.
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BouldegomBouldegom   01 avril 2020
La semaine suivante, Kogan envoya à SCL des dizaines de milliers de profils Facebook, et nous fîmes quelques tests pour nous assurer que les données étaient aussi utilisables que nous l'avions espéré. Elles étaient encore meilleures que prévu. Le jeu contenait le profil complet de dizaines de milliers d'utilisateurs - leur nom, leur genre, leur âge, leur ville, leurs mises à jour de statut, leurs "likes", leurs "amis", - tout, en fait. Kogan nous dit alors que son appli pouvait même récupérer les messages privés. "OK, ai-je dit, vas-y."
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ileanaileana   18 mars 2020
« Quand j’avais commencé [à travailler pour une filiale de Cambridge Analytica ], l’entreprise travaillait sur des programmes de lutte contre les narcotrafiquants dans des pays d’Amérique du Sud. La stratégie consistait en partie à identifier des cibles faciles à manipuler pour perturber de l’intérieur les cartels de trafic de drogue. La première chose, c’était de trouver le point faible de l’organisation, c’est-à-dire les individus qui étaient susceptibles de devenir paranoïaques et instables. Puis l’entreprise se mettait à leur suggérer subrepticement des idées : ‘Tes patrons te volent’ ou encore ‘Ils vont se servir de toi comme bouc émissaire’. [ ]

L’objectif était de les retourner contre leur organisation : parfois, quand une personne s’entend suffisamment répéter une chose, elle finit par y croire. [ ]
Ils commençaient alors à partager des rumeurs et à s’entrainer mutuellement toujours plus loin dans la paranoïa. [ ]

Cette fois, l’organisation que visait [mon employeur] était l’Amérique et son fer de lance, les réseaux sociaux. [ ] Avec le temps, l’entreprise parvint à créer un mouvement national de citoyens conspirationnistes et névrosés. L’alt-right. P228
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Acerola13Acerola13   10 mai 2021
Je dois préciser à son crédit que Cummings fait partie des rares personnes intelligentes que j'ai pu rencontrer dans les écuries d'Augias de la médiocrité que constitue le monde politique britannique. Ce que j'ai apprécié dans cette rencontre, c'est que nous n'avons pas parlé de ce qui, en temps normal, obsède les professionnels de la politique. Cummings avait parfaitement compris que les gens étaient plus occupés à regarder les Kardashian ou Pornhub qu'à suivre le scandale politique du jour sur Newsnight, sur la BBC.
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BouldegomBouldegom   01 avril 2020
C'est comme ça que j'ai commencé à travailler pour Cambridge Analytica, le projet qui changea l'histoire, fit voter le Brexit, élire Donald Trump, et qui signa la mort du droit à la vie privée: en vagabondant en bagnole à travers les Etats-Unis. (p.164)
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