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Sylvie Servan-Schreiber (Traducteur)
ISBN : 2070309053
Éditeur : Gallimard (15/06/2006)

Note moyenne : 4.18/5 (sur 453 notes)
Résumé :
En 1903, Mary Mackenzie embarque pour la Chine où elle doit épouser Richard Collingsworth, l'attaché militaire britannique auquel elle a été promise. Fascinée par la vie de Pékin au lendemain de la Révolte des Boxers, Mary affiche une curiosité d'esprit rapidement désapprouvée par la communauté des Européens. Une liaison avec un officier japonais dont elle attend un enfant la mettra définitivement au ban de la société. Rejetée par son mari, Mary fuira au Japon dans ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (118) Voir plus Ajouter une critique
Gwen21
  15 novembre 2015
Je ne connais rien à la Chine, je ne connais rien au Japon mais j'aime le gingembre et je suis curieuse. D'autant plus que cela fait déjà plusieurs années qu'on me recommandait chaudement la lecture de ce roman et qu'à présent, je me mettrais bien des baffes pour ne pas avoir obéi plus tôt.
Le récit (sous forme de journal et de lettres) débute en 1903 pour s'achever quarante plus tard. Il retrace l'histoire et la vie de Mary, une jeune bourgeoise écossaise partie épouser un officier anglais en poste à Pékin.
Mary a vingt ans, toutes ses dents, un solide bon sens, un caractère bien trempé qui malgré une éducation traditionnelle va la mener en dehors des clous de la société. Très isolée dans la compagnie étriquée et suant l'ennui des diplomates, souffrant du manque de communication avec son époux, curieuse par nature, moderne par bien des aspects de sa personnalité, Mary va rompre, presque s'en le vouloir, avec ses racines, sa vie, ses espoirs et sa famille. Commence alors un incroyable parcours de débrouillardise et de cheminement au Japon où elle s'est réfugiée, pays où elle tentera de se construire pendant quarante ans.
Passions, guerres, désillusions, épreuves, déchirements, joies... c'est tout cela à la fois que le lecteur découvre avec délice avec "Une odeur de gingembre", un roman né sous la plume d'un homme mais qui retrace avec beaucoup de subtilité et de sensibilité ce destin de femme hors du commun, courageuse et digne. Si ses cent premières pages m'ont un peu fait craindre un rythme trop lent pour moi - impatiente lectrice -, j'ai été rapidement rassurée et n'ai plus lâché mon livre jusqu'à l'émouvant épilogue.
Quel voyage !

Club de lecture Babelio novembre 2015
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LePamplemousse
  04 septembre 2015
Mary semble bien naïve quand nous faisons sa connaissance au début du roman sur un bateau qui l'emmène, jeune écossaise de 18 ans, jusqu'en Chine pour aller rejoindre son futur époux.
Et lorsque nous refermons le livre, quelques 450 pages plus tard, c'est une femme de presque 60 ans que nous quitterons.
Entre les deux, nous aurons accompagné cette jeune fille, cette femme, cette mère, cette épouse, cette amante, cette femme qui aurait pu se briser des dizaines de fois, mais qui continue à tenir bon malgré une vie chaotique.
J'ai beaucoup aimé cette héroïne hors norme, une jeune fille qui a vécu très protégée et qui se retrouve projeté dans un univers à mille lieux de sa petite vie, elle va devoir affronter un pays (la Chine et plus tard le Japon) où rien ne semble facile, où les femmes et en particulier les étrangères n'ont pas vraiment leur place et pourtant, Mary va tenter de s'adapter, d'apprendre à connaître les gens, la culture, la langue.
Cette femme volontaire fera des choix durant toute sa vie et ces derniers lui feront dégringoler l'échelle sociale de façon inéluctable, mais rien ne semble pouvoir la détruire, on a l'impression qu'à chaque claque qu'elle se prend, elle se relève et marche droit devant, sans bien savoir où tout ceci va la mener, mais elle y va, toujours droite dans ses bottes.
Ces sont ses mots que nous lisons, que ce soit son journal intime ou les lettres qu'elle envoie à sa mère ou à une amie, et cela nous permet d'approcher cette femme de façon encore plus intime.
Déjà lu il y a une dizaine d'années, je sais que je le relirai avec le même plaisir dans un futur indéterminé.
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lyoko
  29 avril 2016
J'ai toujours eu une affection particu;lière pour les romans épistolaires ou les "carnets intimes". Et ce roman ne fait pas exception.
Mary une jeune femme naïve part en chine pour épouser un officier anglais en poste là bas. La vie ne sera pas facile et sa naiveté va vite s'eclipser au profit d'un caractère bien trempé et d'une envie de s'en sortir seule.
C'est un livre a la fois touchant et plein de poésie. L'auteur, qui est un homme, a su parfaitement retranscrire les sensations et les sentiments de Mary. C'est aussi un bel hymne au Japon et à la Chine.
j'ai apprécié l'écriture de l'auteur qui est fluide et qui nous emporte sur le paquebot et à la rencontre des serviteurs.
Je ne vais pas épiloguer pour moi ce livre est une perle
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fabienne2909
  26 mai 2015
Quel courage hors du commun que celui de Mary Mackenzie, l'héroïne d'« Une odeur de gingembre », tout au long de sa vie !
Dans ce roman épistolaire, celle-ci quitte l'Écosse, sa mère, ses amis en 1905, à l'âge de vingt ans, pour retrouver le mari qu'elle s'est choisi, Richard Collingsworth, un attaché militaire britannique installé en Chine. Très vite, la jeune femme, d'une grande curiosité de la vie et plutôt ouverte d'esprit, se défait peu à peu des conventions victoriennes rigides avec lesquelles elle a été élevée.
Après quelques mois de vie commune, la jeune femme se rend très vite compte de l'erreur commise en épousant un homme qu'elle ne connaît pas : très loin de l'image que chacun s'était fait de l'autre, Mary et Richard ne s'entendent pas. En outre, elle ne parvient pas à se faire à la maison dans laquelle elle vit, et à la société diplomatique britannique, se faisant peu d'amis, à l'exception de diplomates français.
Mary étouffe donc rapidement dans cette vie trop étriquée et à laquelle elle souhaite échapper. La seule issue qu'elle trouve, sans le vouloir vraiment, est plutôt dramatique : à l'occasion de l'absence de son mari et de vacances avec ses amis français, elle devient la maîtresse, le temps de quelques après-midi, du comte Kentaro Kurihama, un officier japonais, de qui elle tombe enceinte.
Chassée par son mari, rejetée par sa mère avec qui elle n'aura plus aucun contact (à part les lettres que Mary lui envoie et auxquelles elle ne répondra jamais), elle arrive au Japon, protégée par le comte Kurihama qui l'installe comme sa maîtresse. Elle accouche d'un garçon qui lui sera enlevé par ce dernier, afin de le placer dans une famille japonaise. Au début du XXe siècle en effet, le Japon, même s'il s'industrialisait, était encore très ancré dans ses traditions, notamment celle des « yoshi », ces enfants adoptés par de grandes familles sans héritier, afin de perpétuer leur lignée.
Mary fera face, tout au long de sa vie, à l'adversité en gardant une force de caractère, un talent de compréhension de l'autre et de la civilisation japonaise (qui pourtant n'était guère accueillante vis-à-vis des étrangers) qui force le respect, à l'instar de l'arbre que Mary préférera dans le jardin de sa maison : « Il y a un autre arbre qui déplaît à Sato [le jardinier de Mary] jusqu'à l'en aigrir, très vraisemblablement parce qu'il n'arrive pas à l'identifier. Sato vient de Kyushu où le climat presque subtropical donne beaucoup de variétés exotiques, mais il n'a jamais vu d'arbre de ce genre. Il dit avec une sorte de haine dans la voix que c'est une chose étrangère. En réalité, cet arbre tout à fait inoffensif ne pousse pas bien vite et a d'assez jolies feuilles pointues qui rougissent en automne. Quand on froisse une de ces feuilles entre ses doigts, il se dégage une légère odeur de gingembre, et même si sa forme de buisson le rend un peu incongru dans un jardin japonais classique, surtout près du point crucial qu'est une lanterne de pierre sur une colline miniature, je refuse de laisser Sato y toucher. […] le fait qu'il dépare ainsi le restant du jardin, avec son allure de plante venue d'ailleurs, accentue encore, à mes yeux du moins, la perfection savamment entretenue de ce qui l'entoure ». Un arbre étranger comme elle, à l'aspect presque japonais comme elle, et qui ne se laissera pas abattre, même après les tremblements de terre : « J'ai jeté un coup d'oeil aux reste de mon vieux pin devenu quasiment du charbon de bois avant de monter sur le petit terre-plein d'où saillait le chicot de l'arbre à gingembre comme un piquet passé à la créosote. Je n'en croyais pas mes yeux, quand j'ai vu ce qui luttait contre les mauvaises herbes pour gagner sa part de soleil : une pousse verte toute nouvelle, émergeant d'un amas de racines noircies, et qui portait déjà neuf de ces feuilles aromatiques si facilement reconnaissables. J'en ai pincé une pour être bien sûre, qui m'a laissé sur les doigts cette odeur de gingembre ».
J'ai énormément aimé « Une odeur de gingembre » et son héroïne, pour la femme qu'elle est et son écriture, si poétique, vivante, belle. C'est le seul ouvrage à ma connaissance d'Oswald Wynd, ce qui est fort dommage, tant il a réussi à rendre le personnage de Mary vivant et crédible.
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Hyelana
  02 décembre 2015
Mary Mackenzie, jeune écossaise d'une petite vingtaine d'années, se rend en Chine par bateau pour épouser Richard Collingsworth. Nous sommes en 1903, après la révolte des Boxers, et nous suivons la vie de Mary, jeune et bien naïve, au travers de ce qu'elle écrit dans son journal et dans les lettres qu'elle adresse à sa mère et à ses amies. le roman retrace l'évolution de Mary dans sa vie de femme, les aléas de la vie auxquels elle se retrouve confrontée, et la manière qu'elle a d'affronter tout cela.
J'ai beaucoup aimé ce roman. Tout d'abord, j'adore la forme qui permet une vision très intime du personnage principal et qui lui donne tout son relief. Cela nous permet de voir à quel point Mary évolue au fur et à mesure du récit pour passer de la jeune fille prisonnière des moeurs de son époque à la femme très ouverte, moderne et indépendante, ce qui est plutôt précurseur pour ce début de XXe siècle.
Ensuite, ce roman nous fait découvrir la vie en Chine et au Japon à cette époque, surtout au travers des occidentaux, mais la curiosité et le caractères de Mary la poussant à s'intéresser à ce qui l'entoure, elle nous rend finalement plutôt bien l'environnement complet dans lequel elle évolue ; elle reste tout au long du récit assez détachée des autres occidentaux dont elle croise la route, et au final on la sent parfois plus proche, plus sincère, avec les chinois ou les japonais qui croisent son chemin.
Bien des malheurs arrivent à cette jeune femme, qu'elle en soit ou non la cause d'ailleurs. Cela nous pousse à l'empathie et en ce qui me concerne ça fonctionne plutôt bien. J'ai trouvé que ce personnage faisait preuve d'une grande modernité et d'une toute aussi grande ouverture d'esprit pour son époque, et que ce mélange est à l'origine de la plupart de ses maux. L'écriture est légère, agréable, envoûtante, en tout cas, elle m'a conquise ; et autre point positif, la fin ne m'a pas laissée sur ma faim comme je le redoutais, elle clos le roman d'une façon très délicate et touchante à mon sens.
En bref, c'était une excellente lecture, reposante, qui nous fait voyager. Ce sont 5 étoiles que je lui attribue et j'en garderai un bon souvenir je pense.
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Citations et extraits (95) Voir plus Ajouter une citation
ssstellassstella   24 septembre 2018
J'ai jeté un coup d’œil aux restes de mon vieux pin devenu quasiment du charbon de bois, avant de monter sur le petit terre-plein d'où saillait le chicot de l'arbre à gingembre comme un piquet passé à la créosote. Je n'en croyais pas mes yeux, quand j'ai vu ce qui luttait contre les mauvaises herbes pour gagner sa part de soleil : une pousse verte toute nouvelle, émergeant d'un amas de racines noircies, et qui portait déjà neuf de ces feuilles aromatiques si facilement reconnaissables. J'en ai pincé une pour être bien sûre, qui m'a laissé sur les doigts cette odeur de gingembre.
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Gwen21Gwen21   11 novembre 2015
Une chose à laquelle je ne suis pas encore habituée, c'est l'odeur de Pékin. Elle vous suit partout, comme si elle était contenue à l'intérieur des murs de la ville. Ce n'est pas du tout une de ces odeurs épicées qu'on pense être la caractéristique de l'Orient, mais cela fait plutôt penser à du beurre rance qu'on aurait un peu fait chauffer dans une poêle. L'odeur semble surgir de partout, mais elle s'échappe d'une manière particulièrement tenace des couvertures de fourrure que l'on vous met sur les genoux dans les pousse-pousse.
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ssstellassstella   17 août 2018
Marie m'a expliqué ensuite que l'éducation des Japonais veut qu'ils ne prennent jamais leur repas avec les femmes de la maisonnée, et qu'il leur est impossible de s'habituer à s'asseoir autour d'une table avec des femmes. Marie dit qu'il lui est très souvent arrivé, au cours de dîners officiels qu'elle donnait chez elle, d'avoir l'impression que le comte Kurihama était sur le point de lui ordonner de retourner à sa place, à la cuisine, pour laisser les hommes entre eux à la besogne sérieuse de boire et de manger.
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ssstellassstella   16 août 2018
Si les Japonais ont l'intention d'encourager les visiteurs étrangers à venir dans ce pays, il va falloir que leur cuisine fasse des progrès ! Les voyageurs occidentaux ne vont sûrement pas défaillir d'enthousiasme devant les bouchées de riz froid enveloppées dans des algues, aussi exquises en soit la présentation dans des bols en laque, et la garniture d'autres produits marins censés comestibles. Un très agréable coup d’œil à un repas peut causer de grandes déceptions !
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KATE92KATE92   18 avril 2012
"Une équipe d'ouvriers doit commencer aujourd'hui à préparer la terre de mon jardin, qui sera livré au début de la semaine prochaine. Je suis restée à la maison pour surveiller les travaux. Il ne pousse plus que des mauvaises herbes, c'est du moins ce que je croyais. Les graines n'auraient pas pu survivre à ce brasier, les vents d'hier ont donc dû en apporter d'autres. J'ai jeté un coup d'oeil aux restes de mon vieux pin devenu quasiment du charbon de bois avant de monter sur le petit terre-plein d'où saillait le chicot de l'arbre à gingembre comme un piquet passé à la créosote. Je n'en croyais pas mes yeux, quand j'ai vu ce qui luttait contre les mauvaises herbes pour gagner sa part de soleil : une pousse verte toute nouvelle, émergeant d'un amas de racines noircies, et qui portait déjà neuf de ces feuilles aromatiques si facilement reconnaissables. J'en ai pincé une pour être bien sûre, qui m'a laissé sur les doigts cette odeur de gingembre.
Je ne crois pas aux présages, sauf quand ils sont bons. Et c'était un bon présage. Je suis de retour dans une maison qui sent encore la menuiserie fraîche, et ressens une joie parfaitement ridicule. Je vais rester avec les terrassiers toute la journée, pour être bien sûre qu'une colline artificielle sera de nouveau dominée par cet arbre venu d'ailleurs."
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